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  • juil

    2

    ECHOS : Les bigoudis, par Charlotte Monégier

    Par Hazel

    Et voilà, le concours est fini, et nous reprenons les publication des textes des internautes. Nous inaugurons ce début avec un texte de Charlotte, qui nous amène dans un bistrot à une heure du matin. Le personnage, une femme sans age, nous raconte une heure passée dans ce bar; ses réactions, sa situation, nous sont expliquées dans le troisième paragraphe. Je vous laisse vivre, ces quelques instants avec elle…

    Les Bigoudis

    Une heure.

    Le serveur passe mollement son chiffon sur le comptoir. Je le regarde discrètement en savourant ma dernière Gitane. Les ronds de fumée se dispersent dans la pièce avec volupté. Leurs formes s’allongent et se rétrécissent, bougent paresseusement en fonction de l’oxygène et de la force de mon souffle. Puis s’évanouissent sur un bras de chaise, comme si elles n’avaient jamais existé. Le garçon essuie toujours. Il a l’air de s’appliquer au mieux. C’est son travail, à cette heure-là : effacer tout passage de clients, imbibés d’alcool, sombres et soucieux de trouver un peu de compagnie le temps d’une soirée. C’est pour ça qu’on vient tous ici. Vaincre une solitude, celle de l’enfermement dans un F2 étroit, à contempler des conneries sur le petit écran. Manger des pâtes pas chères et dormir quinze heures par jour, tant on n’a rien d’autre à faire.

    Les sourcils du garçon de café marquent un angle aigu. Sa bouche est serrée – par le poids de la concentration, sans doute. Je lui demande : Tu veux de l’aide ? Il agite la tête, sans m’observer, de gauche à droite, ce qui signifie : Non. Il se tourne un instant, trempe sa serpillère dans un liquide transparent posé à sa droite, puis revient à son bar, droit comme une barre de fer, et poursuit son grand nettoyage. Au rythme de ses mains, le zinc s’éclaircit. Il y a des tâches grises qui deviennent blanches, et d’autres, marron, qui tombent peu à peu dans le beige clair. La couleur la plus triste qui soit. Beige clair. Au plafond, les néons jaunes ressemblent à de petites lunes virtuelles fixées sur un ciel de crépi. Leur lumière apparaît dans ses ronds d’eau de javel, puis disparaît lorsque la propreté reprend ses repères.

    A mes côtés, Serge. Toujours aussi chauve. Quelques poils lui poussent encore au-dessus des oreilles. Mais ils sont gris et abîmés, ses poils, et je pense que ce seront les derniers. Lorsqu’ils seront tombés, au printemps prochain, son crâne sera aussi lisse que le verre énorme qui trône devant moi.

    Serge me prend par la taille. Mais je le repousse. D’un regard insistant, je lui fais comprendre que cette nuit, il la passera sans moi. Il me lance des yeux méchants et le store s’abaisse. Son bruit métallique transperce mes tympans. Je déteste ce bruit. Serge finit par partir, à reculons, sans quitter ma bouche de ses deux iris, étonnamment réduits. C’est moi qui baisse la tête la première. Il pousse la porte et disparaît dans la nuit.. J’aperçois une dernière fois son imper gris voler au vent. Il prend sur la gauche. J’entends la portière de sa voiture claquer, puis le moteur démarrer. Je suis seule, ça y est..

    Deux heures.

    Le serveur est occupé à aligner les dernières chaises sur les tables. C’est comme à l’usine. Les sons sont réguliers, vifs. Ils viennent par à-coups heurter mes souvenirs, quand je me levais tôt le matin pour mettre des piles dans des téléviseurs, ou des raviolis dans des conserves. Quand il fallait que j’obéisse au chef, avec son sifflet qui hurlait en permanence, ses insultes et ses ordres mal dits. Les déjeuners à la cantine, avec les autres ouvriers. Toutes ces entrées, tous ces plats que je n’ai jamais pu me payer tant mon salaire était dérisoire. C’était il y a dix ans et c’était mon dernier emploi.

    Par terre, des traces de pas fuient vers les toilettes. Le garçon les a négligées. C’est pas grave. Je vais les suivre. Je prends mon sac de faux cuir rouge et mon portefeuille, puis me dirige vers les sanitaires. Pas pour pisser, non, mais pour voir la gueule que j’ai ce soir.

    Devant la glace, mes cheveux ne veulent pas rester en place. Des mèches rousses s’envolent dans tous les sens. On dirait qu’elles sont devenues folles. Ça fait quatre mois que je ne suis pas allée chez le coiffeur. Pour ma mise en plis. Ça coûte bien trop cher. Je sors mon rouge à lèvre, j’en dépose une couche épaisse et coruscante sur mon muscle triangulaire, puis m’occupe de mes cils fatigués. Un coup de Rimmel, un peu d’ombre à paupière. Et du parfum, pour camoufler l’odeur de cigarette qui imprègne mon manteau et mon cou.

    Me voilà de retour derrière le zinc. Je n’ai pas voulu de Serge. Je l’ai trop eu en moi ces derniers temps. Trop eu au point de croire qu’il pourrait peut-être m’aimer. Les désillusions, ce n’est plus pour moi. Alors cette nuit, j’essaierai le serveur. Il vient d’enfiler son blouson et d’éteindre le dernier néon. Avec son argent, je m’achèterai enfin des bigoudis.

    par Charlotte Monégier

    Avis et critiques sont bienvenus.

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    juin

    30

    Nouveau sur le Hangar : publiez vos articles !

    Par Hazel

    Bonsoir à tous !

    L’équipe du Hangar, toujours pour renforcer l’esprit communautaire du site, propose désormais à tous les membres la possibilité d’envoyer vos critiques de livres, vos chroniques (sur des événements, d’autres arts, etc.), qui seront alors soumises au jury. Ce dernier décidera de la publication (ou non) de votre article qui devra répondre aux critères orthographique, d’objectivité et d’authenticité. Vous pouvez donc nous envoyer vos textes, éventuellement accompagnés par des images (sous forme d’URL uniquement) pour les chroniques, sachant que nous disposons des couvertures nécessaires à accompagner tous les livres dont on parle. Une autre règle à respecter : ne pas citer la quatrième de couverture du livre en question, l’intérêt est de proposer une analyse nouvelle, ou du moins personnelle.

    Dans ce but, le formulaire de contact (disponible dans le menu à votre gauche) a été complètement refait et vous permet désormais de choisir le sujet de votre email (critique, chronique, question, textes à publier ou autres) ainsi que le titre que vous souhaitez y joindre. N’oubliez pas de préciser votre email (sans quoi l’envoi est impossible) et l’adresse de votre blog.

    Merci à tous,
    toute l’équipe à hâte de recevoir les premières tentatives !

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    juin

    30

    Nouveautés

    Par Hazel

    Bonjour à tous !

    Désolé pour cette petite absence d’articles, mais l’équipe du Hangar s’affairait au bon déroulement du transfert du blog et à la mise en place des nombreux nouveaux modules dont vous allez pouvoir profiter !

    Parmi les nouveautés du Hangar :

    • Nouveau nom de domaine : ce n’est plus un secret, puisque vous êtes là, vous avez bien dû remarquer que http://le-hangar.cowblog.fr, n’existe plus et que la nouvelle adresse du site est : www.le-hangar.com
    • Partagez les articles : un article vous a plu, sur le Hangar ? Faites en profiter votre communauté en le partageant avec vos amis (Facebook, Google, Twitter, Technorati etc.)
    • Inscrivez-vous ! C’est en effet tout nouveau: vous pouvez vous inscrire sur le Hangar. Cette inscription est totalement gratuite et réversible et vous fera bénéficier de beaucoup d’avantages. Vous pourrez en effet, bénéficier des services suivants :
    • Newsletter : elle vous tient au courant de toutes les actualités du blog, des nouveaux concours. Vous pouvez choisir de recevoir des notifications (quotidiennes, hebdomadaires, ou mensuelles) des nouveaux articles parus sur le Hangar.
    • Tagboard : vous disposerez, une fois inscrit, d’un pseudonyme réservé sur la tagboard.
    • Profil : vous pourrez en dire plus sur vous et le partager avec les autres utilisateurs, profitez-en pour promouvoir vos blogs ! Les informations enregistrées sur votre profil seront automatiquement insérées dans vos messages sur la tagboard et dans vos commentaires.
    • Favoris : étant inscrit au hangar, vous pourrez bénéficier de l’option « Ajouter un article à mes favoris» , vous permettant de lister vos articles préférés. Idéal pour établir une petite liste de lecture !
    • Liste des Membres : vous aurez accès à la liste des membres et à un lien vers leurs profils. Votre profil, sera, de même, visible par les autres membres.

    Ces nouvelles installations font partie du projet de faire du Hangar une véritable communauté littéraire, donc si vous aimez notre concept, inscrivez-vous !

    J’en profite pour vous rappeler qu’il ne reste plus que deux jours avant la fin du concours : à partir de Jeudi 18 Juin, à 23h, toute participation ne sera plus acceptée. Le prochain rendez-vous est fixé le Samedi 20, à 20h pour l’affichage de la sélection finale et le déroulement du vote.

    Le Dimanche 28 juin, les résultats officiels des votes seront connus et le gagnant retrouvera chez lui son lot, sous peu de temps.

    Les publications « normales»  des textes des internautes, reprendront à partir de cette date; vous pourrez donc tenter d’être publié dans le Hangar (voir «Comment publier dans le Hangar?» et «Qu’est-ce que le Hangar?»)

    D’ici là, portez-vous bien !

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    juin

    29

    Concours été 2009 – Le résultat final !

    Par Hazel

    Malgré les quelques conflits d’intérêts (à prendre avec humour) qui ont remué le Hangar, le concours se termine tant bien que mal et il est désormais temps de révéler qui des cinq sélectionnés pour la finale a été récompensé par les lecteurs.
    Bien que la date du concours ait été avancée au 28 juin, et que par conséquent les votes ne se sont déroulés que sur une semaine, le vote a totalisé 132 voix. Toute l’équipe tient à remercier l’ensemble des lecteurs du Hangar et des votants, ainsi que tous les participants dont vous pouvez retrouver la liste ici.

    Voici donc, la grande gagnante :

    Azalaïs, (42 voix)
    pour son texte « Hommage à Niki de Saint-Phalle» 

    Les Nanas de Niki
    pansues, fessues et dévêtues,
    dodues, joufflues, inattendues,
    les Nanas de Niki
    poupées ventrues et ingénues,
    danseuses clowns ou acrobates
    elles bullent, elles coulent,
    elles roue coulent
    dans les fontaines, souveraines,
    dans les bassins, en maillot de bain.

    Les Nanas de Niki
    elles cascadent, cascabellent,
    rouletaboulent, rendent maboules
    les hippopo qui popotament
    devant les dames de Niki
    au bikini si bien garni.

    Elles voltigent, elles callipygent,
    elles dégorjettent, elles fleurifessent,
    elles s’enrobent, elles s’enrouent,
    pour les courroies et les pistons
    du cathartique Tinguely.

    Tinguy, Tingué !
    Oh ! mon Tinguy, mon Tinguely,
    mon roue doudou, mon mécano,
    ma dynamique mécanique,
    roule moi une pelle
    sur le charnu, dans le goulu
    de mes lèvres lippues,
    roule moi une pelle,
    coule moi une bielle,
    siphon, siphonne,
    moi, je rayonne,
    piston, pistonne,
    je fanfaronne !

    Tourne tourne, Tinguy !
    Moi, je suis ta plastique Vénus,
    ta Sissi reine baleine,
    ton paradizozio,
    ton éléphantastique,
    ton rhino pas féroce,
    ta coquine Arlequine,
    ta rondine prâline,
    ton bubble gum dans l’aquarium,
    ton amuse zizique…

    Tourne tourne, Tinguy,
    le monde est rond,
    le monde est roue,
    il est cyclique, cataclysmique,
    astrocomique, sismogymnique,
    sadophysique,
    iconoclastique…

    Mais moi, j’m’en fous ,
    je m’en bassine,
    je chapeau flotte
    je barbote
    je serpentine, je barbotine,
    je jacousine, je dégouline,
    je gargouille, je crachouille,
    je grenouille, je patouille.

    Je montgolfière mes flotteurs,
    je mamelonne mes rondeurs,
    je pétogonfle mes bombeurs.
    J’ondoie, j’ondine, je jardine,
    j’ai colorié toutes mes peurs,
    rouge est mon cœur !

    Son blog ici.

    Viennent ensuite Manhattan-blues avec 26 voix, Leena et Véronique Dessaint, avec chacune 24 voix, puis Pierre avec 17 voix.
    Merci infiniment à vous quatre pour vos textes !

    Azalaïs recevra donc chez elle la récompense du concours : Les correspondances de Franz Kafka à Milena Jesenska.
    Merci encore à tous pour vos participations et vos votes ! L’équipe espère que les contestations des votes se feront muettes et que tous les candidats feront preuve de fair-play.

    Bien à vous tous !

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    juin

    26

    Exercices de style – Raymond Queneau

    Par Hazel

    Voilà un livre qui a été écrit pour les amoureux de l’écriture et non de la lecture. En effet, le titre  n’est pas un jeu de mots; au contraire, il est à prendre au sens propre. Exercices de Style, qui est l’un des ouvrages les plus célèbres de Raymond Queneau paru en 1947, retrace 99 fois une seule et même histoire d’environ une page. Mais, de 99 façons différentes. Paris elles, Récit (façon roman), Comédie (façon théâtre), Anagramme (en mélangeant les lettres de chaque mot), Italianisme (en écrivant chaque mot avec l’accent italien)… et 95 autres façons différentes. Ce livre est un excellent exemple précurseur du mouvement Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle, fondé en 1960) donc Queneau sera l’un des fondateurs.
    Autres livres de cet auteur : Pierrot mon Ami

    Avez-vous lu ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?
    Exprimez-vous !

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