Samedi 13 février 2010 Par Hazel dans Vos oeuvres

Sans titre, par Aurore

Coupe la tête. Ecrase, écrase, écrase. Sens, appuie, explose, détruis, crache.
Secouer le prunier, faire tomber les fruits. Exterminer.
Je ne sais pas où je vais. J’ai bien peur de perdre tout contrôle. Aspire. La sève est en ébullition, les pores sont hypersensibles. Peur panique.

Qu’il est doux de ne rien faire de sa journée. S’entasser sur son lit avec sa guitare, son dioxyde en boîte de 20 et son sacraliseur d’images… Save me. Scratch. Poum poum. Poum poum. Poum… Poum.
Et renaître. Encore une fois, réapparaître le sourire aux lèvres et les pensées amères.

Entrée dans l’imperméable solicitude que l’on attend de moi. Tiraillée entre des désirs insupportables et des centaines de milliards de litres de ressentiments. Pas le temps de perdre une minute de sa vie à apaiser un venin maléfique. Vient-il de moi ou des autres ? Vivre en société n’est pas si facile qu’on ne le croit. Vomir le contact physique. Je ne peux toucher ce que je répugne à regarder. Aimer toujours. Aimer encore. Absorber la dernière lettre d’un mot pour en pervertir son sens. Le commencement se rattache à une fin. C’est la fin, c’est le début, c’est le fruit de mon imagination. Traupisme. Comment peut-on à ce point s’éloigner de la réalité sans pourtant en perdre une miette. Perpétuelle spectatrice du plaisir ou de la douleur d’autrui. Et lorsque c’est moi qui suis en scène, je suinte, je fuis, je goûte, je perds, je scande et cri ce qui ne m’appartient pas. Tergiverse. Accable. Evince. Envie. Tu n’as que ça à faire. Que ça à montrer. L’être le plus accrocheur, marque son territoire et n’y fait entrer les autres que pour combler son ennuie et décorer son quotidien. Etiquetter les uns et les autres, sans jamais lire ce qu’il y a de plus profond. Tout n’est que surface. Se dire esthet là où le regard ne décèle qu’apparence. Révoltante cessité. Absolutisme de la clairvoyance. Horreur de ne pas voir les aspirations se réaliser. Horreur de voir les siennes prendrent corps et s’en aller, loin, loin, loin, très loin de moi. Etre le spectateur de sa propre vie, de ses propres désirs.. Se faire violer chaque nuit par soi-même. Soi-même. Je suis, ce que je veux paraître, je suis, ce que je ne veux que cacher, je suis, ce que la nature a fait de moi, je suis, ce que je parviens à la force de mes dents à extirper du monde, je suis, ce que vous faites de moi, je suis, ce que vous voulez bien voir, je suis, ce que vous souhaitez que je sois, je suis, à votre image, ou votre exact opposé. La détermination n’a rien à voir là-dedans.
Le destin te rattrape toujours.
Cours et cours et cours jusqu’à en perdre haleine, toute la journée, toute la nuit, toute la vie.
Don’t tuche me please I can’t stay away from you. Prendre à part. Expliquer pourquoi. Paumes de ses mains. Animal. Murmurer. Sourire. Toisé de loin. Se leurrer. Ignorance opposée à ostentation de toutes faiblesses. Jamais oublier. Stupide méprise. Accrue. Prouver. Abandonner. Epuisement. Parler. Dévoiler. Imbécil(e).

Merci à Aurore, pour ce texte, qui est le 100ème article publié sur le Hangar.

6 commentaires 

6 avis sur “Sans titre, par Aurore”

  1. ode.the ode.the dit :

    sois, et devient  » ce qui est en toi  » !

  2. adel habbassi adel habbassi dit :

    Je suis perplexe…!
    Est-ce que cette « confusion pronominale », ces terminaisons et ces « dés-accords » sont des effets de sens (de style) à mettre sur le compte d’une   esthétique (écriture) ou bien des fautes…?  J’encourage Aurore, mais je crois que « Le Hangar » devrait prendre en main ces jeunes plumes en les invitant à relire leurs textes.

  3. Audrey M. Audrey M. dit :

    Plutôt que de m’attarder sur la forme (fautes d’ortographe et compagnie, et puis on a déjà vu bien pire…),  je préfère  commenter le fond de ce texte. J’en ai beaucoup apprécié la lecture. Je comprends ce que l’auteure s’attache à décrire, je partage ces émotions,  et je trouve original ce florilège de mots, d’onomatopées, cette touche d’anglais mélée au français… Je ne sais pas, je trouve que c’est différent…  et c’est une grande qualité en matière d’écriture, non ? Bref, je ne suis pas une experte, encore moins critique littéraire,  juste une lectrice qui aime ce texte et accorde le droit à sa plume de ne pas être parfaite (encore heureux !) Amicalement.

  4. Audrey M. Audrey M. dit :

    Pardon… je voulais dire « faute d’ortHographe » (celle-ci était d’ailleurs une faute de frappe, mille excuses !)

  5. Aurore Aurore dit :

    Oui, la « confusion pronominale » ainsi que les « dés-accords » sont voulus. Je voulais simplement exprimer un combat intérieur. Qui dit combat dit violence et dualité. C’est pour cela que se mêlent infinitifs, impératifs,  premières et deuxièmes personnes.  J’ai écrit ce texte en m’essayant à l’écriture automatique. En revanche il y a bien une faute à la première ligne avec « détruit » qui ferait mieux de prendre un « s ».
    Que cela laisse à désirer je veux bien l’admettre. Mais en tout cas, merci pour ces avis.

  6. Hazel Hazel dit :

    La faute à la première ligne a été corrigée !
    Merci encore pour ce texte !

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