Rencontre du constant désir
À Jeanne-Marie Rugira
Elle embrasse mon mouvement
Pour lui donner un second souffle
Me recycle dans l’orage pur
Et me laisse naître
Sur l’herbe fraîche et gorgée
Je goûterai les jours qui suivront
Ma saveur
Par des miettes de hasard
Qui n’ont de hasard
Que mon incapacité à les relier
J’ai le goût du sang neuf dans la bouche
Sève vivifiante et vigoureuse
Comme un dessein longtemps mûri
La vie me veut
En chair et en âme
Comme une femme désirante depuis longtemps
Sait reconnaître le moment opportun
Aujourd’hui elle m’apparut personnellement
De toutes les manières
Qu’elle a eu le loisir de choisir
Tout le monde croyait
Que je lisais paisiblement Cohen
Alors que je laissais ses effets
À cette leçon à propos
Prolongement des doigts
De ton amour maternel
Alors que je n’y pensais plus
Tout apparut soudain
Entre deux vers
Elle a dit, Sois pas niaiseux, Len.
Prends ton désir au sérieux¹
D’accord d’accord
Et puis
[…] pour ce qui est des femmes
et de la musique
il y en aura en abondance
au paradis¹.
¹Léonard Cohen, Livre du constant désir
Par Dany Héon


J’aime beaucoup la sensualité qui s’en dégage ! félicitations ode