Tout poète le sait, il est extrêmement difficile d’écrire en vers rimés sans commettre de lourdeurs ou sans brouiller l’esthétique d’un poème. Cependant, ce texte que nous a envoyé Gavroche, traite d’un sujet original, en y mêlant sans peine une élocution élégante et légère, que l’on suit avec plaisir…
Le limon
Aux confins de l’étang d’un bleu tonitruant,
Se dandine une brise de limon gluant.
C’est une algue grise, sur les rivages humides
Qui appâte la ferveur des poissons timides.
Le plongeur démasqué rie de leur veulerie
Quand, tous petits, ils sortent de leur sablerie !
Aux confins de l’étang d’un bleu tonitruant,
On se bat dans la flore d’un limon gluant.
Et le plus fiévreux des poissons s’échoue et meurt.
Son corps si fin laisse une douleur sans humeur.
Non ! Ne pleurez pas, songez aux airs mélodieux.
C’était une perle de sable dans vos yeux.
Ses compagnons l’oublient, radieux et sans adieux.
C’était une perle de sable dans vos yeux.
Aux confins de l’étang d’un bleu tonitruant,
La mort vient dans la faune d’un limon puant.
Et la troupe, transie par la fraicheur des eaux,
Ballote ses écailles mièvres dans les flots.
L’étang se vide, seuls subsistent les roseaux,
Et la faune tombe de ses derniers sanglots.
Note de l’auteur : Le mot « humeur », dans le dixième vers, est employé au sens vieilli du terme (ici synonyme de « sang » ou de tout autre liquide organique).
Par Gavroche
Avis et critiques sont bienvenus.


Vraiment de très jolis vers, j’aime beaucoup la couleur sonore de l’étang. Félicitations Gavroche !
J’aime beaucoup ce texte, c’est vrai que le thème est original.