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Jeudi 25 juin 2009 Par Novembre dans Concours

Sélection finale – Concours Eté 2009

Vous les attendiez tous avec impatience : voici les résultats des sélections du concours de l’Eté 2009 organisé par le Hangar.

Mais nous tenons tout d’abord à remercier les 59 plumes qui ont participé à notre concours et dont vous retrouverez la liste exhaustive à la fin de cet article. Nous avons, pendant ces deux semaines, examinés avec attention tous les textes reçus, nous avons débattu, réfléchi longuement, pour en arriver à cette sélection de cinq textes, que vous allez enfin pouvoir découvrir. Ils sont ici classés par date de réception. Cliquez dessus pour les découvrir.
Mais nous tenons tout d’abord à  féliciter « green_little_angel » (pas de pseudonyme précis), pour sa participation au concours, reçue dans notre boîte le 18 juin à 23h59 et 36 secondes. Bien joué, mais peut-être une prochaine fois pour la sélection ;-)   !

1) Veronique Dessaint (www.paracelsicart.com)
pour son texte « Corps »

2) Azalaïs (www.marge-ou-greve.over-blog.com)
pour son « Hommage à Niki de saint-Phalle »

3) A. (www.letters-from-jericho.cowblog.fr)
pour ses « Secrets. »

4) Pierre (www.artywall.canalblog.com)
pour ses « Phases. »

5) Leena (www.texte.over-blog.com)
pour ses « Fleurs de braise. »

Comme prévu, vous êtes maintenant tous conviés, sélectionnés ou pas, participants ou simples lecteurs, habitués ou nouveaux, à voter pour le texte qui vous aura le plus plu, le plus ému, en somme, pour celui que vous préférez.

Règlement du sondage :

  • A la fin du sondage, la régularité des votes sera contrôlée afin de détecter toute triche éventuelle.
  • Les votes en trop (plusieurs par votant) seront effacés pour qu’il n’en reste qu’un par personne.
  • Si l’un des participants au concours est coupable de triche, il sera disqualifié.

Vous pouvez aussi voir le texte de Novembre, hors concours naturellement !

Le Corps est une guitare

flamenco;
catin comme une guitare
elle se laisse prendre
sur mille genoux
flattée, que malgré son
bois craquelé,
l’on puisse encore
aimer ses cris.

l’homme, au toucher habile
déplace ses doigts
entre les frettes, au creux du dos,
et consomme péniblement
son chat dans la gorge.

déçue de n’avoir pu chanter à deux
elle somnole,
désaccordée,
rosace béante, attendant
qu’à nouveau on la couvre
de sueur.

Merci à tous de votre participation, et rendez-vous le Dimanche 28 juin pour le résultat définitif du concours.

Liste des participants au concours (merci à eux) : Nesrine Boudhmine, Ju-lia, Littlestarintheskin, Emora, Veronique Dessaint, Didier Jullien, Kerfon le Celte, Bernard, Alis, Jean-Pierre, Bigornette, Óðínn-Hermóðr de Warenghien,Sebfou31, Azalaïs, Maurice Druguet, Penny, Chantal Champ, Didier Buffet, Chimères, Beignetcaramel, Jude, Cédric Lebonnois, Plumeacide, Paloma, Dubruel, Pépé, Manhattan-blues, Pierre, Squishee, Christian Wacrenier, Kasimir, Natasha Salazar, Lila, Iougenaie, Arlie Caelan Poe, Naftaline, Insupportable, Samia Nasr, Mikaël, Pernot Mathilde, Sido, M. Choiset, Caliope, Mendy Maï, gentle 13, Monia Bousselmi, Fleur de Plume, Nath Deygas, Leena, Gauthier, Anjimu, Birdyumi, Christian Warenghien, Solange Aussiette, Célia Roser, Vespertine, Joe, Liedlich.

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Vendredi 12 juin 2009 Par Novembre dans Vos oeuvres

La dorade Rose, par Aglaé

Sur le blog d’Aglaé, on trouve des poèmes et des textes en touts genres. Celui qu’elle nous a envoyé est une scène qui se passe au restaurant. Elle a le chic de savoir employer un langage parfois familier tout en restant littéraire, un peu à la Queneau, auteur dont elle parle un peu sur son blog. Et malgré le fait qu’on soit au restaurant ce n’est pas la nourriture décrite qui nous fait baver, mais ses tournures de phrase, et son style. Bonne lecture, car cette courte histoire est fort agréable et amusante à lire.

La Dorade Rose

Quelle idée d’être entrée là-dedans ! Le restau le plus zinzineux du coin ! mais toutes les autres gargotes sont fermées… Je n’ai pas le choix. Sûr que je vais être le plus mal possible pour le plus cher possible. Difficile de ressortir et d’ailleurs le garçon arrive vers moi avec un sourire professionnel et un arrondi du bras qui ne permet aucune retraite.
J’insiste pour m’asseoir devant une petite table isolée. J’ai dit « non » devant une belle petite place en vue au milieu de cette immense salle glaciale.
- Oui, un kir, je veux bien.pourquoi « Dorade Rose » ?!
- Cassis et champagne rosé, madame.
- D’accord !
Je pense que tout va être comme ça. J’espérais une omelette et une salade…ça va être coton…et même, j’y renonce tout de suite. Disons le menu du jour et n’en parlons plus. Quelle soirée merdique, sans mon bonhomme, et dans cette boîte à touristes de luxe, tout ce que je hais.
Tiens des mariés ! Pas difficile à repérer… tout le monde les voit et ils ne voient personne. Une bulle autour d’eux. Ils viennent de descendre de leur chambre et vont y remonter le plus vite possible. C’est con mais je les envie quand même !
Des bobos, un peu seizième arrondissement mâtiné d’un peu de décontraction à la mode. Ils voudraient bien ne ressembler à personne et, justement, ils ressemblent à tout le monde. Petit couple propret… je me demande ce qu’ils se permettent au lit. D’accord, je suis un peu peau d’hareng mais j’en ai besoin. Je me sens mieux !
Combien sont-ils, là-bas, autour de la grande table le long de la baie vitrée ? Au moins huit, je crois, pas de la même famille. Plutôt une association de pêcheurs à la ligne ou un gueuleton pour la retraite de celui que je vois de face. Soixante ans, un crâne largement essarté… Que je suis bête ! Essarté… Chauve tout simplement ! Il a son beau costume gris et une étrangleuse à rayures, il est certainement le héros du jour. Plusieurs bouteilles de rouge sur la table et deux minces serveuses qui s’activent autour d’eux. Menu gastronomique à coup sûr, et même… astronomique ! Les dames sont convenables à un point incroyable. Petit tailleur Chanel selon la mode de leurs vingt ans. Colliers moches, précieux, comme il s’en vend à la pelle dans toutes les bijouteries de la ville. Un bon point pour eux : ils rigolent de bon cœur aux plaisanteries d’une espèce de marrant de la noce, petit et rondouillard, en veine de joyeusetés pour la durée du repas. J’entends pas, c’est dommage.

Attention à mes escargots….ne pas renverser du beurre sur mon futal comme d’habitude. En plus, je me retourne un peu pour apercevoir derrière moi des gens que je ne vois pas mais dont j’entends la conversation en grande partie; trois hommes que j’ai pris pour des médecins mais qui sont probablement des infirmiers ou des kiné ou des orthophonistes, quelque chose comme ça. Ils ont un grand plat de fruits de mer devant eux, dressé sur un plat glacé garni de goémon. Le beau plat… je regrette d’être seule une fois de plus.
Ils s’activent à grand coups de casse noix tout en discutant ferme. Ils parlent de leurs clients, et encore plus de leurs clientes, et c’est marrant comme tout. Pas vraiment machos leurs propos. Ils n’en parlent pas comme ils pourraient le faire de femmes rencontrées dans une soirée ou dans une piscine. Je sens malgré tout, qu’une patiente n’est pas une femme comme une autre, qu’entre elles et eux il reste toujours une distance particulière.

- Tu vois quand j’ai un rendez vous avec la petite mère Joignant, crois moi si tu veux, je roupille à l’avance. L’autre jour, je baillais en montant son escalier. Elle dégage un ennui terrible cette femme là; elle a une voix plate sans intonation. Lalala et lalala… quoiqu’elle dise, gai ou triste, c’est la même voix morne. On a envie de lui foutre des baffes. De la réveiller. Et encore, je suis gentil. La vérité c’est que j’ai des envies de meurtre. Il faut vraiment que je m’en débarrasse. Je vais lui conseiller de voir un autre kiné, meilleur que moi.
- C’est pas possible, Jean. Tu es le meilleur !
- Déconne pas. Je supporte plus cette bonne femme. C’est à toi ce tourteau ?
- Non, vas-y
- Je finis cette petite étrille et c’est tout pour moi. Trop de trucs sur ces plateaux là, je le dis toujours !

Je m’amuse toute seule. Je repense à toutes ces conversations, dans toutes les familles , selon les professions. Ici, des médicaux, mais ailleurs, des juristes, des architectes, des fonctionnaires, des bâtisseurs.

Ils poursuivent :
- C’est pas pour dire, vieux frère, mais tu te plains toujours de tes clientes. Celles qui sont trop lourdes, celles qui sont en retard, t’en as même une, la grosse Mercier, qui pue et une qui pleure en racontant qu’elle est cocue à longueur de séance…
- Mais celle là elle me fait rigoler. Elle donne tous les détails et quelquefois, je reste derrière elle pour qu’elle ne me voie pas me bidonner.
- Ce qui compte, c’est quand même de rendre service à tous ces gens…
- Et de gagner notre croûte convenablement.
- Tu l’as dit bouffi ! Garçon ! Soyez gentil d’enlever ces carcasses, on croirait un ossuaire et ça nous rend triste.

Je me dis que les hommes sont cancaniers entre eux, c’est pas croyable. Tous les ragots de leurs clientèles vont y passer avant la fin de la soirée. Je ris et constate que ma mauvaise humeur s’est envolée. Faut dire que les rognons grand’mère sont fameux. Juste rosés mais pas saignants. Un délice.
Je suis sortie fumer une cigarette pour ne pas avoir de discussion avec personne sur ce sujet. Fumer ou pas fumer, d’accord, mais pas discuter cent sept ans sur ce sujet idiot. Pourquoi pas les OGM ou le principe de précaution ? Je supporte pas ces sujets à la mode où chacun matraque son opinion comme si c’était une vérité éternelle.
Quand j’ai regagné ma place, après l’entre acte, il me restait à attaquer une pêche melba somptueuse. Les tables autour de moi s’étaient peu à peu dégarnies à part une brave famille de trois enfants d’ailleurs charmants, qui n’avaient pas attirés mon attention de toute la soirée. Ils étaient beaux. Tous les cinq. J’aime que les gens soient beaux; pas des stars de cinéma. Ni des mannequins. Non ! Mais quelque chose comme une bonne santé physique et mentale, comme une impression globale d’intelligence, un sourire, une lueur d’humour dans les yeux. Ceux là, je les sens comme des frères. Je suis un peu nunuche car cette impression est facilement trompeuse, sous cet équilibre apparent se cache, qui sait, des conflits, de la haine, mille laideurs que ne peut soupçonner. Tant pis, je vais pas gâcher ma pêche melba avec ces considérations délétères.
C’est à ce moment que le plus jeunes des trois fils est venu vers moi.
- Madame…  mes parents me demandent… de vous dire…
- Oui, je t’écoute, n’aie pas peur !
- Hé bien ! Ils ont vu que vous étiez toute seule et nous, nous fêtons la réussite de mon frère au concours d’entrée de l’Ecole des Beaux Arts. Alors… ils seraient contents que vous veniez à notre table pour le café…
Je vous l’avais dit que c’étaient des tout mignons ceux là. On ne trompe pas le flair d’une vieille biche comme moi dans une forêt familière.

par Aglaé.

Avis et critiques sont bienvenus.

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Lundi 18 mai 2009 Par Hazel dans Vos oeuvres

Églantine.. )et l’adonis_., par Arlie Caelan Poe

C’est son « bouquet de pensées pour commencer un printemps qui tarde cependant à arriver », nous confie-t-elle. Elle aime jouer dans ses courts textes sur les pauses, la ponctuation. Sa poésie est facile, et ces fleurs qu’elle nous offre de bon cœur sentent la légèreté.

Églantine.. )et l’adonis_.

Quand tu t’absinthes je chrysanthème.
Quand tu hellébores je me mauves dans mes ancolies,
au liseron de tes traits orchidées.
Quand tu es lys mon sourire
tu me trouves si amarante.
Alors je centaurée d’un bois
J’aster aussi à tes regards et ne me bourrache plus le cœur
J’ai mimosa dans tes deux bras et
magnolia dans ton jardin
Oui et mélisse attendent toujours
jacinthe encore les gentianes.
Je fritillaire mais personne vient

par Arlie Caelan Poe.

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Dimanche 3 mai 2009 Par A. dans Vos oeuvres

Sans titre, par A.

A. comme Alexis, poète, philosophe à ses heures, écrivain, photographe et fin mélomane nous propose ce poème en prose riche en jeux de mots, de sonorités, de sens, toute l’expression d’une virtuosité à la Mozart, facile appropriation du texte, A. dévoile ses talents de poètes pour notre plus grand plaisir…Que penserez-vous de la folie libertine teintée de fin du monde qu’il nous offre ?

I. Folie

Libido libertine louvoyant les limites lubriques de la littérature ludique. Liqueur libre dans larynx ivre. Lueur lyrique entre lignes, laideur maligne. Lymphatique, l’intelligence lâchera sa rime : au loin l’idée s’animera. Lasso lent : l’assaut plus long. Lourd litre d’huile sans lipides et lances liquides longeant le ciel vide. Brûlures, luxures et larges débats métalliques : simple flics de l’idée et de l’envie. L’ivoire large louant les mérite de l’ivraie. Violons violents et l’acouphène en enclise.

II. Apocalypse

Accolés aux litanies maladives des lions qu’ils sont, elle est lui, lui en elle ; rien : il l’est sans elle. Ailes de l’ange léchant ses hanches. Lisant, de fait, les préceptes qui nous lient à la vie — Ainsi nul l’ignore : la loi du plus faible est celle que l’on arbore. L’animal qui l’habite tremble blanc dans son pelage noir. L’orange éclair de l’orage sombre, simple lanterne ; triste retour à la terre.

Autre texte de cet auteur : The Jimmy Jim’s rise and fall


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