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Mardi 30 mars 2010 Par gouttesdo dans Littérature

Ruiz Zafon – Le jeu de L’ange

Robert Laffont
ISBN : 978-2-221-11169-7
Année 2009 pour la traduction, 2008 en traduction originale El Juego del Angel

À observer la couverture de l’édition Robert Laffont, le lecteur sait déjà que l’atmosphère embrumée de Barcelone sera au cœur du roman, la ville oppressante à l’instar du roman précédent de Carlos Ruiz Zafon, l’Ombre du vent.

Nous étions nombreux, je pense, à attendre la traduction de ce second roman de Carlos Ruiz Zafon, victimes d’une addiction à l’univers fascinant mis en scène dans l’ouvrage précédent. Le jeu de l’Ange nous permet de plonger à nouveau dans Barcelone, et d’y retrouver maints repères qui accrochent les deux romans comme deux wagons d’un même train dévalant les voies pentues et tortueuses de la même ville… Sauf que Carlos Ruiz Zafon nous surprend en remontant le temps. L’Ombre du vent nous emmenait sur les traces de Daniel Sempere dans l’atmosphère suspicieuse du franquisme des années 1950, alors que le spectre de la guerre civile empoisonnait par la défiance et la terreur les investigations du jeune homme. Le jeu de l’Ange se situe dans une période largement antérieure, le roman s’ouvre en 1917, où le narrateur a alors 17 ans. David Martin, orphelin miséreux, bénéficie d’une première chance grâce à l’amitié d’un dandy fortuné Pedro Vidal, journaliste à « la Voz de la Industria ». L’influence de Pedro Vidal lui vaut sa première expérience d’écrivain, et sera déterminante tout au long du récit.
Au fil des souvenirs qu’ordonne David, nous sommes invités à retrouver le cimetière des livres oubliés et son atmosphère étrange. Devinez qui intronise le jeune garçon dans le labyrinthe mythique de la culture universelle ? Mais oui, vous pressentez bien, il s’agit d’un généreux libraire nomme Sempere ! Je ne connais pas l’Espagnol, mais mes souvenirs de latin me ramènent à l’étymologie de « semper =toujours » et je ne peux pas imaginer que ce patronyme n’y trouve pas sa source… Le lecteur avisé se livrera donc à une petite gymnastique salutaire pour découvrir que cet humaniste ne peut-être que le grand-père du Daniel Sempere de l’Ombre du vent… Voilà bien la construction d’un univers qui met en place une généalogie romanesque sans pour autant créer des ponts qui gêneraient l’accès à un ouvrage faute d’avoir lu le précédent. Je ne sais si Zafon a l’intention de créer une saga, mais ces deux romans peuvent fonctionner indépendamment.

L’enfance misérable de David s’est construite à travers le prisme fondateur des Grandes espérances de Dickens. Il est en droit de s’attendre à la réalisation de son rêve. Hélas, la misère et la mesquinerie humaines lui collent à la peau. « Dans le monde où je vivais, les espérances, grandes et petites, devenaient rarement réalités. » Il est le personnage que le destin englue inévitablement dans la noirceur; par ailleurs, son attirance pour le fantasme mélodramatique lui permet de trouver le moyen de survivre et même de concrétiser un de ses nombreux rêves. Sous le pseudonyme d’Ignatius B. Samson, David écrit des romans à deux sous pour des éditeurs à la moralité douteuse. Ce succès peu glorieux offre en compensation les moyens d’habiter une demeure aussi mystérieuse qu’imposante, où il s’isole alors, inconscient de la destruction personnelle qui le gagne… David et Pedro Vidal conservent leurs liens d’amitié, fondés sur une estime réciproque, et si le lecteur ignore encore les raisons de l’intérêt que le dandy fortuné lui voue, nous n’ignorons pas que le luxe dans lequel il vit stimule l’ambition du narrateur. D’autant que sans oser y donner libre cours, David et Cristina, la fille du chauffeur de Pedro, ressentent une forte attirance.
La destinée de notre narrateur s’assombrit encore quand il se découvre malade et condamné. Pourtant, il croise à plusieurs reprises un étrange personnage insaisissable, Andréas Corelli, éditeur à Paris, qui lui laisse entrevoir une possibilité de collaboration pleine de promesses… Corelli lui adresse des missives ornées d’un ange, mais ses apparitions se nimbent d’un sentiment tenace de malaise, malgré la guérison soudaine de notre écrivain…

Carlos Ruiz Zafon mène sans repos ses lecteurs dans les dédales d’une intrigue qui se resserre de plus en plus. L’atmosphère du décor urbain, les brumes polluées émanant du port autant que des usines, les quartiers sinistres ou luxueux juxtaposés sur le relief de la cité en un labyrinthe morbide, l’omniprésence de la nuit dans laquelle évolue le plus souvent le narrateur, tous ces éléments créent un monde à la limite du rationnel. La comparaison avec l’ouvrage précédent s’impose encore, dans les scènes d’obscurité ambiante où suinte la noirceur des âmes. David n’est pas un « bon jeune homme », il s’oublie dans les arcanes des passions qui le dévorent. Quand il rencontre une bonne fée en la personne de la jeune Isabella, son premier réflexe est de la repousser, malgré l’intervention du bon libraire Sempere, qui continue de veiller sur David comme sur un filleul. Celui-ci semble doué pour refuser le bonheur, et quand il passe enfin à portée de main… D’autres événements étranges, apparemment fortuits, dressent alors autour du personnage une spirale d’inquisition, un maillage de doutes insidieux sur la nature humaine, une suspicion infernale plus qu’angélique sur la tournure des péripéties.

Avec ce roman étrange où la narration navigue entre confession néoréaliste et intrigue occulte, Carlos Ruiz Zafon confirme son talent de conteur fascinant à l’univers très personnel. En quelques phrases, dès le premier chapitre du roman, il établit un univers précis et cohérent, il donne vie à des personnages englués dans leur fatum, scellés aux trottoirs de la ville omniprésente. Impossible d’échapper à la cité tentaculaire, si ce n’est pour mieux se heurter à la cruauté du destin. Si vous n’êtes pas d’humeur romanesque, sans doute cet univers vampirisant vous semblera parfois lourd, et le flirt ambigu que l’auteur mène avec le fantastique peut vous déranger. Mais si vous acceptez les règles du jeu, vous suivrez avec délices l’ensorcelante partie qui livre le narrateur aux forces de l’Ange.

Évidemment, l’homme qui confère à Barcelone une telle intensité dramatique est catalan.
Carlos Ruiz Zafon est né en 1964. Il se lance très tôt en Écriture, puisque son premier roman voit le jour quand il n’a que 14 ans…
Après un passage dans la publicité, Carlos Ruiz Zafon connaît un premier succès en 1993 avec son quatrième roman, El principe de la niebla (Le prince du brouillard) qui remporte en 2000 le prix de la jeunesse d’Édebé.
Une nouvelle carrière de scénariste s’ouvre alors pour Carlos Ruiz Zafon, qui émigre à Los Angeles, d’où il poursuit en parallèle son œuvre personnelle. Le considérable succès de l’Ombre du Vent, couronné du prix Planeta en 2004, vaut au roman d’être traduit du Castillan en Anglais, français, allemand et …Catalan !

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Vendredi 26 mars 2010 Par Novembre dans Littérature

Steinbeck – Rue de la Sardine

Toujours sur ma bonne lancée, je suis allé me fournir en romans de Steinbeck, et je dois avouer à tous que je ne suis vraiment pas déçu. Là, il s’agit de Rue de la Sardine, un roman qui expose à son lecteur la petite vie peu banale d’une rue  à Monterey, en Californie. On y retrouve de ces personnages à la fois normaux et étranges, typiques de Steinbeck, avec quelque chose d’attachant, de sensible : Dora et son lupanar, Lee Chong et son épicerie, Doc et son laboratoire, Mack et ses copains, qui résident libres et heureux au Palais des Coups. Pas vraiment d’intrigue principale, comme à l’habitude, sinon la vie du quartier. La force du livre réside dans l’entremêlement de dizaines de courts récits, des petites histoires relatives au quartier ou aux personnages principaux. On suit tout de même l’incroyable motivation de Mack et ses amis à organiser quelque chose de grand pour Doc, car « c’est un chic type ». Mais l’idée se solde bien souvent par un cuisant échec.

Le style Steinbeck est extraordinaire. Il est à lui seul reconnaissable entre tous. Non seulement au niveau de la plume, qui n’a rien à se reprocher, glissant de somptueuses descriptions à des formulations d’un humour sans équivoque, mais aussi dans le scénario : le lieu et la description que Steinbeck en fait, même chose pour les personnages, tout baigne dans une innocence extraordinairement soufflante et attachante. Steinbeck nous montre que les rapports humains, tout comme l’authenticité des caractères ne sont pas tant à déplorer que cela dans ce monde et qu’une alternative à l’empoisonnement de la société est toujours possible en chacun de nous.

Un livre pas comme les autres, donc forcément à lire. Du très bon.

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Jeudi 18 mars 2010 Par Mélusine dans Littérature

Stendhal – Le Rouge et le Noir

Mais que se cache-t-il donc derrière ce titre trop souvent entendu ? Une histoire de lecture, une histoire de crise sociale, une histoire de héros perdu dans un siècle qui n’est pas le sien.

stendhal

Tout commence lorsque Henri Beyle, dit Stendhal, entend parler d’un sordide fait divers dans son Isère natale. En 1828, un jeune homme brillant est condamné à mort à l’âge de vingt-cinq ans pour avoir tiré sur sa maitresse, qui l’avait engagé comme précepteur pour ses enfants. La trame du roman est là.

rouge noirJulien Sorel n’est pas né dans la bonne famille. Fils d’un solide artisan scieur, il n’arrive pas à faire accepter sa passion pour la lecture et son désir des « choses intellectuelles » comme il le dit. Malingre mais cultivé, il ne peut rependre le travail paternel. Il connaît par contre très bien les textes religieux, le grec, le latin, et voue un véritable culte à Napoléon, son modèle. Il parvient donc à se faire engager comme précepteur chez Monsieur de Rênal, le maire de Verrières. Il gagne vite la sympathie des enfants, mais surtout remarque vite qu’il ne laisse pas indifférente Madame de Rênal, l’épouse de son employeur. Quelle fierté pour ce fils d’artisan qu’une femme du monde succombe à son charme ! Le voilà son amant. Mais on jase, on jase… Des rumeurs sur « l’adultère » de la femme du maire commencent à se répandre. Inquiet, Monsieur de Rênal décide de se séparer de Julien. Grâce à son intelligence, il parvient encore à se faire recommander : le voici maintenant secrétaire particulier du Marquis de la Mole. Et l’aristocrate a une fille, un beau parti, qui elle aussi s’intéresse vite au petit paysan fier et passionné.

Ambition sociale, quand tu nous tiens… Julien Sorel est un personnage que j’ai à la fois adoré et détesté. La vie s’est tout simplement trompé de monde pour lui, qui a une âme de marquis, une âme d’aristocrate (la preuve, elles se l’arrachent !) Ce roman, c’est donc une vraie histoire romantique, avec des passions déchaînées, des jalousies et des trahisons, des dénonciations de tout ce qui vient empêcher le bonheur et particulièrement la hiérarchie sociale que Julien Sorel exècre et retrouve partout (même là où il est le seul à la voir, d’ailleurs). Têtu, impulsif, imbu de lui même, il mérite parfois une bonne paire de gifles. Mais c’est aussi un vrai roman réaliste, avec tout ce qu’il peut avoir de pessimiste sur un monde hypocrite et cynique. Stendhal cible sur l’action, les événements, l’intensité, tant il déteste les descriptions (lui qui allait jusqu’à les remplacer par des schémas dans ses manuscrits). Julien Sorel sort tout droit de tous les livres qu’il a lu et reste un personnage de livre, qui fait pleurer les femmes mais qui ne changera pas le monde. C’est donc avant tout un lecteur, qui illustre le pouvoir des livres sur notre vie. Et rien que pour ça, je l’aime.

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Dimanche 7 mars 2010 Par Novembre dans Actualités, Art pictural, Cinéma

Ghost Writer, un film de Roman Polanski

A voir en VO, les voix françaises sont dignes d’une série B…

C’est le 3 mars 2010 qu’est sorti en France le dernier film de Roman Polanski, tiré du roman de Robert Harris (The Ghost) :  Ghost Writer. L’histoire est intéressante : un ancien Premier ministre britannique, Adam Lang (Pierce Brosnan) veut publier son autobiographie. Mais naturellement, comme tout bon homme politique, il n’a pas un passé totalement blanc et fait appel à un nègre littéraire (Ewan McGregor) pour enjoliver son passé et son parcours politique. Ce dernier, découvre avec stupeur les tréfonds de tout personnage politique et s’aperçoit vite qu’il s’est engagé dans plus compliqué qu’il ne le pensait, malgré la belle prime de 250 000£ promise. En effet, le manuscrit semble vouloir sans cesse échapper à ses mains, et il marche sur les pas de son prédécesseur, Mike McAra, mystérieusement suicidé en laissant un mauvais texte. S’ensuivent des scènes d’action et d’investigation poussées pour notre héros, qui se fera à vite à l’idée que son chemin compliqué va vite tourner au vinaigre…

Polanski nous livre une réalisation parfaite, de très beaux plans filmés sur une île américaine, dans des lieux privilégiés comme cette maison magnifique posée quelque part sur la plage où vont loger les personnages pendant une bonne partie de l’histoire. Pas de grand défaut pour ce très bon film, sinon une intrigue un peu tirée par les cheveux, une naïveté du personnage principal parfois un peu excessive, et surtout l’enchaînement de six coïncidences qui vont brusquer le déroulement de l’histoire (je ne révèle pas lesquelles pour ne pas vous gâcher le plaisir du film) mais que l’on doit sans douter plus au texte de base qu’au choix de Polanski.

On découvre un Pierce Brosnan parfait dans le rôle de l’homme politique bellâtre mais un peu idiot, dont la femme, Ruth (jouée par Olivia Williams) se fait la manipulatrice caractérielle, maîtresse de son cheminement politique à sa propre insu. Le personnage principal joué par Ewan McGregor reste néanmoins le plus intéressant. L’acteur nous livre un bon jeu, ni excessif ni pauvre, simplement bien ancré dans son rôle et conservant une bonne crédibilité.

Un film à voir, car je pense important dans la fin de carrière imposée de Roman Polanski, malgré ses deux heures qui peuvent parfois paraître longues dans les moments d’inactivité de l’intrigue.

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Mercredi 3 mars 2010 Par Mélusine dans Littérature

Diderot – Jacques le Fataliste et son maître

Et s’il me plaisait, moi, chers internautes, de ne pas vous parler du roman de Diderot, et de vous raconter plutôt ma journée d’aujourd’hui ?  Que vous importe, après tout ?

Bienvenue dans l’anti-roman par excellence. Denis Diderot le commence en 1765 et le poursuivra jusqu’à sa mort en 1784. Et ce n’est que douze ans après sa mort qu’il sera publié. Curieux parcours…

diderot

Portrait de Denis Diderot, par Louis-Michel Van Loo, 1767

Déroutant du début à la fin, voici son incipit :

jacques le fataliste« Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe ? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l’on sait où l’on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien ; et Jacques disait que son capitaine disait que tout ce qui nous arrive de bien et de mal ici-bas était écrit là-haut. »

Et l’histoire n’ira pas beaucoup plus loin. Le maitre et le valet marchent et Jacques propose de raconter ses aventures amoureuses pour passer le temps, mais jamais ils n’arriveront au terme de ce récit. Au fil de leur voyage, une multitude de récits annexes, eux-mêmes sans cesse interrompus, repris, ne respectant pas de chronologie, vont venir s’intercaler avec l’histoire de Jacques et de son maître. Et dans chacune de ces parenthèses, Diderot saisit une occasion d’exprimer ses idées sur différents sujets chers aux Lumières : matérialisme, anticléricalisme, mais aussi sexualité vont trouver leur place. La critique sociale de Diderot est évidente : c’est bien évidemment le valet qui surpasse le maître. La philosophie de Jacques : le monde est régi par le fatalisme qui détermine chaque être humain de mille et une manières.

Mais Diderot ne veut pas faire de traité philosophique sous couvert d’un roman. L’ironie de Diderot sur son époque est mordante, notamment sur les ecclésiastiques, débauchés et fourbes. Les situations rocambolesques et absurdes s’accumulent, sans parler de croustillantes maximes (« Je ne sais ce que c’est des principes, sinon des règles qu’on prescrit aux autres pour soi »). Ainsi notre Jacques, blessé, ne se soignera jamais mieux qu’à coup de bouteilles de vin. Sans parler de la manière dont il tombe amoureux, alors que la jolie servante frotte et frotte encore sa blessure sur sa cuisse… Diderot se permet d’ailleurs un bel éloge de la lascivité en littérature, une manière d’égratigner au passage les convenances hypocrites de la bonne société. Mais surtout, régulièrement, le narrateur intervient dans sa propre histoire, pour y faire des commentaires sur l’action, sur les discours des personnages, sur leur morale ou même sur un sujet parallèle. Une manière pour Diderot de briser l’illusion romanesque : non lecteur, tu ne t’installeras pas confortablement dans une reproduction de ton petit monde en mieux, où les décors, les actions et les personnages sont tous en rapport les uns avec les autres pour faire ce que Flaubert appellera « la pyramide », une construction bien cohérente, avec un début, un milieu et une fin. Non, ici, l’auteur peut décider de ne pas finir son histoire, ou d’en raconter une autre, tiens, pourquoi pas :

« Vous voyez, lecteur, que je suis en beau chemin, et qu’il ne tiendrait qu’à moi de vous faire attendre un an, deux ans, trois ans, le récit des amours de Jacques, en le séparant de son maître et en leur faisant courir à chacun tous les hasards qu’il me plairait »

Roman polyphonique, roman rhapsodique, qui rassemble artificiellement et emprunte un peu de partout, tant à la comédie qu’au roman picaresque, ce livre est un patchwork, un ovni de la littérature française. Et pourtant ce n’est rien comparé à la Vie et aventure de Tristram Shandy de l’anglais Lawrence Sterne, dont il s’est largement inspiré. Digression tentante, mais je vous en fais grâce !

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