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	<title>Le Hangar - Espace artistique &#187; poétique</title>
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		<title>L’art Urbain, Part 2 – Banksy, Wall and Piece</title>
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		<pubDate>Mon, 25 Jan 2010 11:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Parler de graffiti est toujours chose difficile, encore plus lorsque l’on prend le partie de citer un graffeur comme artiste. Afin de pouvoir m’exprimer le plus librement sans pour autant me retrouver face à des mails injurieux, je vais essayer de clarifier certains points d’histoire et de vocabulaire. Si le principe de graffiti existe depuis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Parler de graffiti est toujours chose difficile, encore plus lorsque l’on prend le partie de citer un graffeur comme artiste. Afin de pouvoir m’exprimer le plus librement sans pour autant me retrouver face à des mails injurieux, je vais essayer de clarifier certains points d’histoire et de vocabulaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Si le principe de graffiti existe depuis l’Empire Romain (il reste notamment des traces d’inscriptions murales à Pompéi) il renait aux alentours des années 60 / 70 à Philadelphie avant de s’expatrier à New York. Etroitement lié, dans un premier temps, aux gangs qui à l’aide de « Tag » (c’est-à-dire de signature) marquent leur territoire. Il devient peu à peu une composante de la culture Hip Hop, mode d’expression moins éphémère que le rap – qui n’est pas encore enregistré – ou la danse. Le métro est alors le lieu privilégié pour le tag. Si l’amalgame est souvent fait entre graffiti et tag, il faut savoir que le tag est un « genre » de graffiti se limitant à l’écriture du surnom du graffeur. Il est la forme originelle de ce qu’est le graffiti qui au fil du temps à su se développer. Ainsi, des techniques de plus en plus diverses ont vu le jour. Les fresques ont commençaient à faire leur apparition, ainsi que les divers styles de lettrages. A noter que, les buts des graffeurs peuvent être divers ; entre prise de risque, ou simple besoin d’exposition, les causes défendues peuvent être plus politiques, ou au contraire, le tag peut être détourné à des fins publicitaires (exemple de tag « Never hide » sur le pavé des rues commerçantes faisant la promotion d’une marque de lunettes de soleil…). C’est d’ailleurs car les convictions de ces artistes sont diverses, et parfois dignes d’intérêts (comme je l’ai déjà montré avec le photographe JR que l’on peut facilement rattacher à cette mouvance d’artistes de la ville) qu’il faut s’y arrêter et ne pas considérer le travail de ces gens seulement comme une nuisance.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec le temps est peu à peu apparue une forme de graffiti qui va nous intéresser plus particulièrement : le pochoir (stencil en anglais).</p>
<p style="text-align: justify;">Pourquoi cette forme nous intéresse ? Je m’en vais vous introduire à un des graffeurs les plus influents des dernières années, ayant peint dans beaucoup de grandes villes du monde à l’aide de pochoir : Banksy.</p>
<p style="text-align: justify;">Graffeur engagé, ses travaux sont pour la plupart satirique. Dans le recueil de ses œuvres majeures Wall and Piece, il parle de ses motivations. J’ai trouvé la réflexion intéressante car pertinente et loin du cliché du vandale écervelé. Si j’ai toujours eu une certaine attirance pour ce mouvement, je sais qu’un nombre important de personnes de mon entourage ne le comprennent pas. Banksy, d’un acte de vandalisme passe à un acte de résistance. Il explique, en introduction : <span style="color: #993300;"><em>“People who run our cities don’t understand graffiti because they think nothing has the right to exist unless it makes a profit, which make their opinion worthless. They say graffiti frightens people and is symbolic of the decline in society, but graffiti is only dangerous in the mind of three types of people; politicians, advertising executives and graffiti writers. The people who truly deface our neighbourhoods are the companies that scrawl giant slogans across buildings and buses trying to make us feel inadequate unless we buy their stuff”</em></span>. (<em>Les gens qui dirigent nos villes ne comprennent pas la culture du graffiti car pour eux, rien n’a le droit d’exister s’il ne fait pas du profit, ce qui rend leur avis sans intérêt. Ils dissent que les graffiti terrorisent la population et est un symbole du déclin de notre société, mais le graff est dangereux seulement pour trois genres de personnes : les politiques, les promoteurs publicitaires et les graffeurs. Ceux qui défigurent vraiment nos quartiers sont les compagnies qui étalent des slogans géants sur les buildings, les bus tentant de nous faire sentir mal à l’aise pour que l’on achète leurs produits.</em>)</p>
<p style="text-align: justify;">Le débat peut être lancé, quel mal est le plus violent entre la publicité à outrance et la coloration de la ville ? Le livre retrace de manière chronologique les œuvres de Banksy qui ira toujours un peu plus loin, jusqu’à détourner des œuvres d’art et les afficher dans des galeries de musées. Ses actions sont là pour dénoncer en grande partie les politiques sécuritaires qui sévissent en Angleterre, notamment le CCTV (un système de surveillance par caméra installé dans toute la ville de Londres). Il va même jusqu’à écrire des messages d’indépendance dans des enclos de zoos.</p>
<p style="text-align: justify;">Une de ses œuvres est maintenant exposée au British Museum de façon permanente dans la section antiquité. Elle représente une pierre sur laquelle est dessiné à la manière des hommes préhistorique un homme poussant un caddie.<br />
Inscrit dans leur temps, ces œuvres, plus ou moins éphémère sont des appels à la réflexion et la résistance à la porté de tous et compréhensibles par tous, ce qui fait pour moi, de Banksy un artiste universel.</p>
<p style="text-align: justify;">Quelques œuvres :</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black; margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" src="http://www.iconoclasm.dk/images/banksy.jpg" alt="Banksy" width="453" height="340" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black; margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" src="http://www.saardrimer.com/pics/banksy_england.jpg" alt="Banksy détournement" width="451" height="339" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black; margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" src="http://www.inspirationblog.nl/photos/uncategorized/banksy_barcode.jpg" alt="Banksy animaux" width="447" height="313" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black; margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" src="http://www.boston.com/bostonglobe/ideas/brainiac/Banksy2CCTVSPL_468x443.jpg" alt="CCCTV Banksy" width="446" height="422" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black; margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" src="http://cache.gawker.com/assets/resources/2008/04/banksy.jpeg" alt="Banksy" width="362" height="356" /></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: justify;">Site web : <a href="http://www.banksy.co.uk">Banksy</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Autres articles sur l&#8217;art urbain :<br />
- <a href="http://www.le-hangar.com/art-pictural/jr-photographe-urbain-lart-urbain-partie-1" target="_blank">L&#8217;Art Urbain, Part 1 &#8211; JR, Photographe Urbain</a><br />
- <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/lart-urbain-part-3-musique-et-rue-du-slam-au-rap-en-passant-par-la-chanson-francaise/" target="_blank">L&#8217;Art Urbain, Part 3 &#8211; Musique et rue : du Slam au Rap en passant par la chanson française</a></p>
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		<title>Le Clézio &#8211; Le chercheur d’or</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Nov 2009 21:42:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est le premier livre de Le Clézio que je lis et je crois que c&#8217;est la première fois que je ressens à ce point cette envie de me farcir sa biographie complète. Dans Le chercheur d&#8217;or, Le Clézio, prix Nobel de littérature l&#8217;an passé, nous emmène sur les traces d&#8217;Alexis, sur l&#8217;île Maurice. Le jeune [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img style="border: 1px solid black; margin-left: 10px; float: right;" src="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/4/2/8/9782070380824.jpg" alt="" width="186" height="311" />C&#8217;est le premier livre de Le Clézio que je lis et je crois que c&#8217;est la première fois que je ressens à ce point cette envie de me farcir sa biographie complète. Dans <span style="text-decoration: underline;">Le chercheur d&#8217;or</span>, Le Clézio, prix Nobel de littérature l&#8217;an passé, nous emmène sur les traces d&#8217;Alexis, sur l&#8217;île Maurice. Le jeune garçon baigne dans le rêve, passe ses journées dans les champs de cannes à sucre, à courir après le soleil en compagnie de son ami Noir, Denis. Puis, il y a l&#8217;amour de la mer et de son doux bruit, l&#8217;admiration de la nature, les jeux, et surtout : le Corsaire inconnu, un pirate qui laissa voilà plus d&#8217;un siècle un fameux trésor sur une île alentour, que le père d&#8217;Alexis convoite. Mais le bonheur ne peut durer indéfiniment, et Alexis grandit, son père meurt, et il décide de partir à la recherche du trésor du Corsaire inconnu. Il connaitra l&#8217;amour, avec Ouma, le désespoir, la folie, la nature, et même la guerre, sur le chemin de sa vie. Au final, notre héros aura mis trente ans à comprendre qu&#8217;il n&#8217;y a de trésor qu&#8217;au fond de soi, dans l&#8217;amour et l&#8217;amour de la vie, dans la beauté du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec ce roman, écrit dans un style extrêmement pur et envolé, très poétique, Le Clézio nous fait voyager dans le milieu toujours peu connu de l&#8217;insularité, il nous transporte dans cet univers plein d&#8217;une nature splendide, baigné par cette mer magnifique et infinie, si bien qu&#8217;il est difficile de lâcher le livre pour se résoudre à dormir.</p>
<p style="text-align: justify;">Autres livres de Le Clézio sur le Hangar : <a href="http://www.le-hangar.com/livres/le-proces-verbal-j-m-g-le-clezio" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Le Procès-verbal</span></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></p>
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		<title>Le bel ailleurs, par Angèle</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Nov 2009 16:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Angèle nous offre ici un très beau poème, qui vaut la peine d&#8217;être lu à vois haute car sa musique plaît aux oreilles, et ses mots nous emmènent au loin, dans nos songes. Le bel ailleurs Mes mots explosent Et s’envolent Tant de couleurs Tant de parfums Sur la varangue le soir La lune se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #888888;"><em>Angèle nous offre ici un très beau poème, qui vaut la peine d&#8217;être lu à vois haute car sa musique plaît aux oreilles, et ses mots nous emmènent au loin, dans nos songes.</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le bel ailleurs</strong></span></p>
<p style="text-align: center;">Mes mots explosent<br />
Et s’envolent</p>
<p style="text-align: center;">Tant de couleurs<br />
Tant de parfums</p>
<p style="text-align: center;">Sur la varangue le soir<br />
La lune se lève<br />
Dans le ciel tendre<br />
Une goutte de sueur<br />
Je soupire</p>
<p style="text-align: center;">La clameur du village<br />
L’ylang odorant<br />
Les makis funambules<br />
Et la pirogue sereine.</p>
<p style="text-align: right;">Par Angèle.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Avis et critiques sont les bienvenus.</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>L’arret du coeur, par Isabelle Pin</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 18:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>non-inscrit</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une poésie, proposée par Isabelle, rythmée sur nos battements de cœur, qui se lit en un souffle. L&#8217;arrêt du cœur Trouble pour troubles Autant se jeter A Avancer Près du bord Le cœur battait Le cœur - Ainsi donc vous n’étiez pas morte Très chère ? Ainsi donc C’est curieux - Fort curieux Le cœur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #999999;"><em>Une poésie, proposée par Isabelle, rythmée sur nos battements de cœur, qui se lit en un souffle.</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;arrêt du cœur</span><br />
</strong></p>
<p style="text-align: center;">Trouble pour troubles<br />
Autant se jeter<br />
A<br />
Avancer<br />
Près du bord</p>
<p style="text-align: center;">Le cœur<br />
battait<br />
Le cœur<br />
- Ainsi donc vous n’étiez pas morte<br />
Très chère ?<br />
Ainsi donc<br />
C’est curieux<br />
- Fort curieux<br />
Le cœur pourtant reposait<br />
En son habitacle<br />
De verre<br />
Comme d’ordinaire</p>
<p style="text-align: center;">Le légiste<br />
Avait signalé<br />
L&#8217;arrêt<br />
hier</p>
<p style="text-align: center;">Mais il<br />
Battait encore<br />
Un coup<br />
Sur deux<br />
Un coup<br />
Sur trois<br />
Un coup<br />
Sur deux</p>
<p style="text-align: center;">Oui<br />
Le cœur battait<br />
En son habitacle de verre<br />
Comme d’ordinaire.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://www.myspace.com/alisarinecrimson" target="_blank">Isabelle Pin</a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Avis et critiques sont les bienvenus.</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Le Terrorisme Poétique</title>
		<link>http://www.le-hangar.com/chroniques/art-pictural/le-terrorisme-poetique/</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Sep 2009 18:25:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Chadagova</dc:creator>
				<category><![CDATA[Art Pictural]]></category>
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		<description><![CDATA[Chers lecteurs, vous avez surement été victimes d&#8217;attentats, plusieurs fois. Des attentats pas comme les autres, certes, des attentats poétiques. Vous avez probablement, habitant ou visitant simplement une métropole, croisé des vers de Baudelaire tagués sur un mur, ou un portrait de Rimbaud fait au pochoir. Tel est le terrorisme poétique, s&#8217;imposer dans la vie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>Chers lecteurs, vous avez surement été victimes d&#8217;attentats, plusieurs fois. Des attentats pas comme les autres, certes, des attentats poétiques. Vous avez probablement, habitant ou visitant simplement une métropole, croisé des vers de Baudelaire tagués sur un mur, ou un portrait de Rimbaud fait au pochoir. Tel est le terrorisme poétique, s&#8217;imposer dans la vie des citoyens, leur imposer la poésie, la littérature, les sensibiliser aux mots, en direct. Je me permets de poster ici un texte de Hakim Bey, personnage assez mystérieux en outre, mais grand théoricien du terrorisme poétique </em></p>
<p style="text-align: center;"><em><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black; margin-top: 5px; margin-bottom: 5px; vertical-align: middle;" src="http://www.20th.ch/poetic_terrorism_small.jpg" alt="" width="394" height="395" /><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Hakim Bey :</strong></p>
<div style="text-align: justify;">
<p>C’est une danse étrange et nocturne dans les guichets automatiques des banques. Des feux d’artifice tirés illégalement. L’art-paysager, des travaux de terrassement, ou des objets bizarres dans les Parcs Publics. Rentrez par effractions dans des maisons, mais au lieu de les cambrioler, laissez y des objets de terrorisme poétique. Kidnappez quelqu’un et rendez-le heureux. Prenez une personne au hasard et persuadez la qu’elle vient d’hériter d’une fortune colossale, inutile et surprenante &#8211; 1000 hectares en Antarctique, un éléphant de cirque trop vieux, un orphelinat à Bombay, ou une collection de vieux manuscrits alchimiques. Cette personne réalisera plus tard que durant un moment, elle a cru en quelque chose d’extraordinaire, et elle sera peut-être amenée à rechercher un autre mode de vie, plus intense.</p>
<p>Erigez des plaques commémoratives en cuivre dans les endroits (publics ou privés) où vous avez connu une révélation ou une expérience sexuelle particulièrement satisfaisante&#8230;</p>
<p><em>Go naked for a sign.</em></p>
<p>Organisez une grève dans votre école ou sur votre lieu de travail sous prétexte que vos besoins en indolence et en beauté spirituelle n’y sont pas satisfaits.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black; margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" src="http://www.20th.ch/perdu_mes_illusions.jpg" alt="" width="344" height="478" /></p>
<p>Les graffitis apportent une certaine grâce aux métros si laids et aux monuments publics si rigides &#8211; le Terrorisme Poétique peut également servir dans les endroits publiques : des poèmes gribouillés dans les toilettes des palais de justice, de petits fétiches abandonnés dans les parcs et les restaurants, des photocopies artistiques placées sous les essuie-glaces des pare-brise des voitures en stationnement, des Slogans écrits en Caractères Enormes collés sur les murs des cours de récréations ou des aires de jeux, des lettres anonymes postées au hasard ou à des destinataires sélectionnés (fraude postale), des émissions radio pirates, du ciment humide&#8230;.</p>
<p>La réaction du public ou le choc esthétique produit par le Terrorisme Poétique devra être au moins aussi intense que le sentiment de terreur &#8211; de dégoût puissant, de stimulation sexuelle, de crainte superstitieuse, d’une découverte intuitive subite, d’une peur dadaesque &#8211; il n’est pas important que le Terrorisme Poétique soit destiné à une ou plusieurs personnes, qu’il soit « signé » ou anonyme, car s’il ne change pas la vie de quelqu’un (hormis celle de l’artiste), il échoue.</p>
<p>Le Terrorisme Poétique n’est qu’un acte dans un Théâtre de la Cruauté qui n’a ni scène, ni rangées, ni sièges, ni tickets, ni murs. Pour fonctionner, le Terrorisme Poétique doit absolument se séparer de toutes les structures conventionnelles de consommation d’art (galeries, publications, médias). Même les tactiques de guérillas Situationnistes comme le théâtre de rue sont peut-être actuellement trop connues et trop attendues.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black; margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" src="http://www.20th.ch/des_actes_desesperes_small.jpg" alt="" width="420" height="232" /></p>
<p>Une séduction raffinée, menée non seulement dans l’optique d’une satisfaction mutuelle, mais également comme un acte conscient dans une existence délibérément belle &#8211; pourrait être l’acte ultime de Terrorisme Poétique.</p>
<p>Le Poète Terroriste se comporte comme un farceur de l’ombre dont le but n’est pas l’argent mais le <em>changement</em>.</p>
<p>Ne pratiquez pas le Terrorisme Poétique pour d’autres artistes, faites le pour des gens qui ne réaliseront pas (du moins durant quelques temps) que ce que vous avez fait est de l’art. Evitez les catégories artistiques identifiables, évitez la politique, ne traînez pas pour éviter de raisonner, ne soyez pas sentimentaux ; soyez sans pitié, prenez des risques, pratiquez le vandalisme uniquement sur ce qui doit être défiguré, faites quelque chose dont les enfants se souviendront toute leur vie &#8211; mais ne soyez pas spontanés à moins que la Muse du Terrorisme Poétique ne vous possède.</p>
<p style="text-align: justify;">Déguisez-vous. Laissez un faux nom. Soyez mythique. Le meilleur Terrorisme Poétique va contre la loi, mais ne vous faites pas prendre. L’art est un crime ; le crime est un art.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black; margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" src="http://www.20th.ch/des_mots_des_mots_des_mots.jpg" alt="" width="437" height="246" /></p>
</div>
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		<title>Céline &#8211; Voyage au bout de la nuit</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2009 11:00:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline, publie Voyage au bout de la nuit en 1932 et il obtient le Prix Renaudot la même année. Ce livre raconte l&#8217;histoire de Ferdinand Bardamu, fortement inspiré par l&#8217;auteur lui-même, un jeune homme étudiant en médecine, qui participe à &#171;&#160;l&#8217;abattoir international&#160;&#187; qu&#8217;est la guerre de 14-18. Céline lui-même ayant vécu cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img style="border: 1px solid black; margin: 5px; float: right;" src="http://cherea.files.wordpress.com/2009/10/voyage-au-bout-de-la-nuit.jpg" alt="" width="218" height="360" />Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline, publie <span style="text-decoration: underline;">Voyage au bout de la nuit</span> en 1932 et il obtient le Prix Renaudot la même année. Ce livre raconte l&#8217;histoire de Ferdinand Bardamu, fortement inspiré par l&#8217;auteur lui-même, un jeune homme étudiant en médecine, qui participe à &laquo;&nbsp;l&#8217;abattoir international&nbsp;&raquo; qu&#8217;est la guerre de 14-18. Céline lui-même ayant vécu cette guerre exprime à travers son livre tout son dégoût pour le conflit, pour le genre humain conquérant. Du point de vue de l&#8217;engagement, <span style="text-decoration: underline;">Voyage au bout de la nuit</span> est une merveille. Bardamu est un lâche, pour lui, la guerre n&#8217;a pas lieu d&#8217;être, elle est le fruit de l&#8217;absurdité de l&#8217;homme, du monde, et pour lui, et c&#8217;est d&#8217;ailleurs une idée que Céline affirme résolument : pour résister à cette folie, il faut être un lâche. Alors nous voilà face à un personnage débordant de lâcheté, affirmée, revendiquée &#8211; puisqu&#8217;il va même jusqu&#8217;à se faire interner &#8211; et qui pourtant nous devient extrêmement vite attachant. On se met dans la peau de Bardamu, qui extirpe toutes nos idées patriotiques stéréotypées sur le courage. Une œuvre antipatriotique<strong> </strong>donc, mais pas seulement, car le périple de Bardamu est long et sinueux, ainsi son passage en Afrique dénonce le colonialisme, son voyage aux Etats-Unis dresse une critique affolante de<strong> </strong>la société capitaliste et de son fordisme. En plus de ces idées fortement engagées s&#8217;ajoute la dimension politique du personnage de Bardamu, qui refuse fermement toute autorité. Un tantinet anar&#8217; le Bardamu.</p>
<p style="text-align: justify;">De par son contenu, <span style="text-decoration: underline;">Voyage au bout de la nuit</span><em> </em>est une œuvre extraordinaire, résolument engagée, et extrêmement bien ficelée, mais le style de Céline contribue à l&#8217;explosion monumentale que vous procurera la lecture d&#8217;un tel ouvrage. Un style qui fit scandale à l&#8217;époque, bourré d&#8217;argot et d&#8217;impolitesses, de sentiments dégoutants exposés crus comme des tripes sur une table de boucherie. Le récit est violent, plein de force, de cris, de langage parlé, et populaire. Mais il peut aussi extrêmement drôle et Céline se sert bien de son humour, de son ironie pour renforcer encore une fois la dimension critique de cet ouvrage écrit à la première personne.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est très difficile de s&#8217;attaquer à <span style="text-decoration: underline;">Voyage au bout de la nuit</span>, beaucoup de gens ne l&#8217;ont pas terminé, l&#8217;ont laissé inachevé, tout simplement par mésentente avec le style de Céline, plus rarement par dégoût du personnage, mais laissez vous plonger, franchissez le cap des cinquante premières pages qui brusqueront vos mœurs littéraires et l&#8217;auteur vous entraînera dans les profondeurs abyssales de la nuit.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></p>
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		<title>Faites de la musique, par Mémé Nénette</title>
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		<pubDate>Sun, 23 Aug 2009 20:00:14 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Et voilà, le grand retour du Hangar est sonné avec ce texte de Mémé Nénette qui a convaincu le jury ! Nous vous rappelons que vous pouvez nous envoyer vos textes, comme Mémé Nénette, afin de les voir publier sur le Hangar; pour avoir plus d&#8217;informations rendez vous sur Comment publier dans le Hangar ?. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #999999;"><em>Et voilà, le grand retour du Hangar est sonné avec ce texte de Mémé Nénette qui a convaincu le jury ! Nous vous rappelons que vous pouvez nous envoyer vos textes, comme Mémé Nénette, afin de les voir publier sur le Hangar; pour avoir plus d&#8217;informations rendez vous sur <a href="http://www.le-hangar.com/?page_id=105">Comment publier dans le Hangar ?</a>. N&#8217;oubliez pas que vous pouvez aussi nous envoyer vos critiques de livres ainsi que vos chroniques s&#8217;étendant sur tous types d&#8217;arts. Si vous souhaitez nous contacter afin de nous envoyer un texte ou pour nous poser une question, rendez-vous sur le <a href="http://www.le-hangar.com/?page_id=140">formulaire de contact</a>.</em></span></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Faites de la musique</strong></span></p>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: justify;">L&#8217;avantage des anniversaires, c&#8217;est que l&#8217;on peut picoler sans compter les verres. On a le droit. C&#8217;est le seul jour de l&#8217;année où je peux l&#8217;avouer. J&#8217;ai terminé la bouteille de Suze, mais je ne me sentais pas assez saoule, alors, j&#8217;ai entamé la bouteille de Calvados. Elle va en faire une tête, Marinette, mon aide-ménagère, quand elle verra ça! Je vais avoir droit à la grande morale. &laquo;&nbsp;A votre âge, c&#8217;est pas raisonnable, et puis avec vos problèmes de hanches&#8230;&nbsp;&raquo; A chaque fois, j&#8217;ai envie de lui répondre que je ne bois pas avec mes hanches, mais j&#8217;aurais droit à d&#8217;interminables remontrances. Elle est tellement tarte, qu&#8217;elle ne soupçonnerait même pas que je me fous de sa gueule. Elle m&#8217;expliquerai par A+B, le lien lointain de cause à effet de ma bouteille de Suze, aux hanches qui s&#8217;usent.</p>
<p style="text-align: justify;">En tout cas, c&#8217;est vrai que j&#8217;étais bien éméchée! Je ne me souviens même pas m&#8217;être couchée. Et comme à chaque anniversaire, toute seule, j&#8217;ai parlé, je me suis raconté mon passé. J&#8217;ai mis un vieux disque de Joe Dassin, mais ça m&#8217;a fait pleurer, alors je l&#8217;ai rangé. La chanson: Les petits Pains au Chocolat, me fait pleurer. Cette chanson passait à la radio quand j&#8217;ai appris la mort d&#8217;Henri. Henri, c&#8217;est celui avec qui j&#8217;aurais dû passer ma vie&#8230;.</p>
<p style="text-align: justify;">Après la guerre, j&#8217;ai épousé Marcel. J&#8217;avais vingt-trois ans, il fallait se dépêcher. Henri était dans la Résistance, il ne revenait pas, tout le monde disait qu&#8217;il était mort. Il est revenu, j&#8217;étais engagée. Il a épousé Coralie, la voisine d&#8217;en face. Lui et moi, on se voyait par la fenêtre, on se souriait. Depuis tout jeunes, on s&#8217;aimait&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin! C&#8217;est loin tout ça! J&#8217;ai donc arrêté d&#8217;écouter Les petits Pains au Chocolat et j&#8217;ai mis un disque de Barbara: Il pleut sur Nantes. J&#8217;ai le sens de la mise en scène, tout de même. On ne pleure pas sur Les petits Pains au Chocolat, mais sur du Barbara, on a le droit.</p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: right;"><strong>Par <a href="http://memenenette.centerblog.net/ " target="_blank">Mémé Nénette</a></strong></p>
<p style="margin-bottom: 0cm; text-align: center;"><strong>Avis et critiques sont bienvenus.</strong></p>
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		<title>Perse &#8211; Amers</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Jul 2009 09:14:05 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Saint-John Perse publie Amers en 1957 après avoir passé trois ans à l&#8217;écrire. Ce recueil sous forme de poème est une ode à la mer et à l&#8217;amour. Saint-John Perse fut lauréat du prix Nobel de littérature en 1960 (NDLR). Extraordinaire. N’étant pas comme les autres ressort la différence nobélisable. Je dois le mettre à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2009/07/perse-amers.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2220" style="margin: 5px;" title="perse amers" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2009/07/perse-amers.jpg" alt="" width="200" height="291" /></a><br />
Saint-John Perse publie <span style="text-decoration: underline;">Amers</span> en 1957 après avoir passé trois ans à l&#8217;écrire. Ce recueil sous forme de poème est une ode à la mer et à l&#8217;amour. Saint-John Perse fut lauréat du prix Nobel de littérature en 1960 (NDLR).</em></p>
<p style="text-align: justify;">Extraordinaire. N’étant pas comme les autres ressort la différence nobélisable. Je dois le mettre à côté de Rimbaud, sinon au-dessus. Il sait écrire, et il a des visions époustouflantes. On lui doit sa couronne – et le prix Nobel mérité. Comme Paul Morand et Léon-Paul Fargue, il use du dictionnaire, qui n’a plus de secret pour lui, comme d’un stylet très précis. Et son souffle circule dans l’orbe qui couronne la tête de Dieu : solaire, céleste et impayable.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour lui, tout est songe et texte. La mer est songe; l’oiseau est texte, ainsi de suite. Il est le génie, et nous témoins, qui interprètent ce mystère qui fait de l’homme une divinité participante à la mer intercesseur de la patrie de Dieu, partout autour et en nous.</p>
<p style="text-align: justify;">Je cite quelques mots, qui trouveraient leur émules ailleurs dans le livre:</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>« L’incorporelle et très-réelle, imprescriptible; l’irrécusable et l’indéniable et l’inappropriable; inhabitable, fréquentable; immémoriale et mémorable – et quelle et quelle, et quelle encore, inqualifiable? L’insaisissable et l’incessible, l’irréprochable irréprouvable, et celle encore que voici: Mer innocence du Solstice, ô Mer comme le vin des Rois!&#8230;»</em></span></p>
<p style="text-align: right;"><strong>par <a href="mailto:fredericma@sympatico.ca" target="_blank">Frédéric Marcotte</a></strong></p>
<p style="text-align: right;">Autres critiques de Frédéric Marcotte sur le Hangar : <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/spleen-de-paris-baudelaire/" target="_blank">Baudelaire &#8211; <span style="text-decoration: underline;">Spleen de Paris</span></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les bigoudis, par Charlotte Monégier</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Jul 2009 11:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>non-inscrit</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Et voilà, le concours est fini, et nous reprenons les publication des textes des internautes. Nous inaugurons ce début avec un texte de Charlotte, qui nous amène dans un bistrot à une heure du matin. Le personnage, une femme sans age, nous raconte une heure passée dans ce bar; ses réactions, sa situation, nous sont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #999999;"><em>Et voilà, le concours est fini, et nous reprenons les publication des textes des internautes. Nous inaugurons ce début avec un texte de Charlotte, qui nous amène dans un bistrot à une heure du matin. Le personnage, une femme sans age, nous raconte une heure passée dans ce bar; ses réactions, sa situation, nous sont expliquées dans le troisième paragraphe. Je vous laisse vivre, ces quelques instants avec elle&#8230;</em></span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Les Bigoudis</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Une heure.</p>
<p style="text-align: justify;">Le serveur passe mollement son chiffon sur le comptoir. Je le regarde discrètement en savourant ma dernière Gitane. Les ronds de fumée se dispersent dans la pièce avec volupté. Leurs formes s’allongent et se rétrécissent, bougent paresseusement en fonction de l’oxygène et de la force de mon souffle. Puis s’évanouissent sur un bras de chaise, comme si elles n’avaient jamais existé. Le garçon essuie toujours. Il a l’air de s’appliquer au mieux. C’est son travail, à cette heure-là : effacer tout passage de clients, imbibés d’alcool, sombres et soucieux de trouver un peu de compagnie le temps d’une soirée. C’est pour ça qu’on vient tous ici. Vaincre une solitude, celle de l’enfermement dans un F2 étroit, à contempler des conneries sur le petit écran. Manger des pâtes pas chères et dormir quinze heures par jour, tant on n’a rien d’autre à faire.</p>
<p style="text-align: justify;">Les sourcils du garçon de café marquent un angle aigu. Sa bouche est serrée – par le poids de la concentration, sans doute. Je lui demande : Tu veux de l’aide ? Il agite la tête, sans m’observer, de gauche à droite, ce qui signifie : Non. Il se tourne un instant, trempe sa serpillère dans un liquide transparent posé à sa droite, puis revient à son bar, droit comme une barre de fer, et poursuit son grand nettoyage. Au rythme de ses mains, le zinc s’éclaircit. Il y a des tâches grises qui deviennent blanches, et d’autres, marron, qui tombent peu à peu dans le beige clair. La couleur la plus triste qui soit. Beige clair. Au plafond, les néons jaunes ressemblent à de petites lunes virtuelles fixées sur un ciel de crépi. Leur lumière apparaît dans ses ronds d’eau de javel, puis disparaît lorsque la propreté reprend ses repères.</p>
<p style="text-align: justify;">A mes côtés, Serge. Toujours aussi chauve. Quelques poils lui poussent encore au-dessus des oreilles. Mais ils sont gris et abîmés, ses poils, et je pense que ce seront les derniers. Lorsqu’ils seront tombés, au printemps prochain, son crâne sera aussi lisse que le verre énorme qui trône devant moi.</p>
<p style="text-align: justify;">Serge me prend par la taille. Mais je le repousse. D’un regard insistant, je lui fais comprendre que cette nuit, il la passera sans moi. Il me lance des yeux méchants et le store s’abaisse. Son bruit métallique transperce mes tympans. Je déteste ce bruit. Serge finit par partir, à reculons, sans quitter ma bouche de ses deux iris, étonnamment réduits. C’est moi qui baisse la tête la première. Il pousse la porte et disparaît dans la nuit.. J’aperçois une dernière fois son imper gris voler au vent. Il prend sur la gauche. J’entends la portière de sa voiture claquer, puis le moteur démarrer. Je suis seule, ça y est..</p>
<p style="text-align: justify;">Deux heures.</p>
<p style="text-align: justify;">Le serveur est occupé à aligner les dernières chaises sur les tables. C’est comme à l’usine. Les sons sont réguliers, vifs. Ils viennent par à-coups heurter mes souvenirs, quand je me levais tôt le matin pour mettre des piles dans des téléviseurs, ou des raviolis dans des conserves. Quand il fallait que j’obéisse au chef, avec son sifflet qui hurlait en permanence, ses insultes et ses ordres mal dits. Les déjeuners à la cantine, avec les autres ouvriers. Toutes ces entrées, tous ces plats que je n’ai jamais pu me payer tant mon salaire était dérisoire. C’était il y a dix ans et c’était mon dernier emploi.</p>
<p style="text-align: justify;">Par terre, des traces de pas fuient vers les toilettes. Le garçon les a négligées. C’est pas grave. Je vais les suivre. Je prends mon sac de faux cuir rouge et mon portefeuille, puis me dirige vers les sanitaires. Pas pour pisser, non, mais pour voir la gueule que j’ai ce soir.</p>
<p style="text-align: justify;">Devant la glace, mes cheveux ne veulent pas rester en place. Des mèches rousses s’envolent dans tous les sens. On dirait qu’elles sont devenues folles. Ça fait quatre mois que je ne suis pas allée chez le coiffeur. Pour ma mise en plis. Ça coûte bien trop cher. Je sors mon rouge à lèvre, j’en dépose une couche épaisse et coruscante sur mon muscle triangulaire, puis m’occupe de mes cils fatigués. Un coup de Rimmel, un peu d’ombre à paupière. Et du parfum, pour camoufler l’odeur de cigarette qui imprègne mon manteau et mon cou.</p>
<p style="text-align: justify;">Me voilà de retour derrière le zinc. Je n’ai pas voulu de Serge. Je l’ai trop eu en moi ces derniers temps. Trop eu au point de croire qu’il pourrait peut-être m’aimer. Les désillusions, ce n’est plus pour moi. Alors cette nuit, j’essaierai le serveur. Il vient d’enfiler son blouson et d’éteindre le dernier néon. Avec son argent, je m’achèterai enfin des bigoudis.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="mailto:cmonegier@hotmail.fr">Charlotte Monégier</a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Avis et critiques sont bienvenus.</strong></p>
<p style="text-align: right;">
<div style="text-align: center;"><span style="font-size: x-small;"><strong> </strong></p>
<p></span></div>
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		<title>Concours été 2009 – Le résultat final !</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Jun 2009 11:00:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Malgré les quelques conflits d&#8217;intérêts (à prendre avec humour) qui ont remué le Hangar, le concours se termine tant bien que mal et il est désormais temps de révéler qui des cinq sélectionnés pour la finale a été récompensé par les lecteurs. Bien que la date du concours ait été avancée au 28 juin, et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Malgré les quelques conflits d&#8217;intérêts (à prendre avec humour) qui ont remué le Hangar, le concours se termine tant bien que mal et il est désormais temps de révéler qui des cinq sélectionnés pour la finale a été récompensé par les lecteurs.<br />
Bien que la date du concours ait été avancée au 28 juin, et que par conséquent les votes ne se sont déroulés que sur une semaine, le vote a totalisé 132 voix. Toute l&#8217;équipe tient à remercier l&#8217;ensemble des lecteurs du Hangar et des votants, ainsi que tous les participants dont vous pouvez retrouver la liste <a href="http://www.le-hangar.com/?p=203" target="_blank">ici</a>.</p>
<p>Voici donc, la grande gagnante :</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: x-large;"><strong>Azalaïs,</strong></span> (42 voix)<br />
pour son texte <em>&laquo;&nbsp;Hommage à Niki de Saint-Phalle&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: center;">Les Nanas de Niki<br />
pansues, fessues et dévêtues,<br />
dodues, joufflues, inattendues,<br />
les Nanas de Niki<br />
poupées ventrues et ingénues,<br />
danseuses clowns ou acrobates<br />
elles bullent, elles coulent,<br />
elles roue coulent<br />
dans les fontaines, souveraines,<br />
dans les bassins, en maillot de bain.</p>
<p style="text-align: center;">Les Nanas de Niki<br />
elles cascadent, cascabellent,<br />
rouletaboulent, rendent maboules<br />
les hippopo qui popotament<br />
devant les dames de Niki<br />
au bikini si bien garni.</p>
<p style="text-align: center;">Elles voltigent, elles callipygent,<br />
elles dégorjettent, elles fleurifessent,<br />
elles s’enrobent, elles s’enrouent,<br />
pour les courroies et les pistons<br />
du cathartique Tinguely.</p>
<p style="text-align: center;">Tinguy, Tingué !<br />
Oh ! mon Tinguy, mon Tinguely,<br />
mon roue doudou, mon mécano,<br />
ma dynamique mécanique,<br />
roule moi une pelle<br />
sur le charnu, dans le goulu<br />
de mes lèvres lippues,<br />
roule moi une pelle,<br />
coule moi une bielle,<br />
siphon, siphonne,<br />
moi, je rayonne,<br />
piston, pistonne,<br />
je fanfaronne !</p>
<p style="text-align: center;">Tourne tourne, Tinguy !<br />
Moi, je suis ta plastique Vénus,<br />
ta Sissi reine baleine,<br />
ton paradizozio,<br />
ton éléphantastique,<br />
ton rhino pas féroce,<br />
ta coquine Arlequine,<br />
ta rondine prâline,<br />
ton bubble gum dans l’aquarium,<br />
ton amuse zizique…</p>
<p style="text-align: center;">Tourne tourne, Tinguy,<br />
le monde est rond,<br />
le monde est roue,<br />
il est cyclique, cataclysmique,<br />
astrocomique, sismogymnique,<br />
sadophysique,<br />
iconoclastique…</p>
<p style="text-align: center;">Mais moi, j’m’en fous ,<br />
je m’en bassine,<br />
je chapeau flotte<br />
je barbote<br />
je serpentine, je barbotine,<br />
je jacousine, je dégouline,<br />
je gargouille, je crachouille,<br />
je grenouille, je patouille.</p>
<p style="text-align: center;">Je montgolfière mes flotteurs,<br />
je mamelonne mes rondeurs,<br />
je pétogonfle mes bombeurs.<br />
J’ondoie, j’ondine, je jardine,<br />
j’ai colorié toutes mes peurs,<br />
rouge est mon cœur !</p>
<p style="text-align: center;">Son blog <a href="http://marge-ou-greve.over-blog.com/" target="_blank">ici</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Viennent ensuite <a href="http://letters-from-jericho.cowblog.fr/">A.</a> avec 26 voix, <a href="http://www.le-hangar.com/?page_id=296" target="_blank">Leena</a> et <a href="http://www.le-hangar.com/?page_id=207" target="_blank">Véronique Dessaint</a>, avec chacune 24 voix, puis <a href="http://www.le-hangar.com/?page_id=213" target="_blank">Pierre</a> avec 17 voix.<br />
Merci infiniment à vous quatre pour vos textes !</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>Azalaïs</strong> recevra donc chez elle la <strong>récompense du concours : Les correspondances de Franz Kafka à Milena Jesenska</strong>.<br />
Merci encore à tous pour vos participations et vos votes ! L&#8217;équipe espère que les contestations des votes se feront muettes et que tous les candidats feront preuve de fair-play.</p>
<p style="text-align: left;">Bien à vous tous !</p>
]]></content:encoded>
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