Posts Tagged “poésie”

Mardi 30 juin 2009 Par Novembre dans Edito

Nouveau sur le Hangar : publiez vos articles !

Bonsoir à tous !

L’équipe du Hangar, toujours pour renforcer l’esprit communautaire du site, propose désormais à tous les membres la possibilité d’envoyer vos critiques de livres, vos chroniques (sur des événements, d’autres arts, etc.), qui seront alors soumises au jury. Ce dernier décidera de la publication (ou non) de votre article qui devra répondre aux critères orthographique, d’objectivité et d’authenticité. Vous pouvez donc nous envoyer vos textes, éventuellement accompagnés par des images (sous forme d’URL uniquement) pour les chroniques, sachant que nous disposons des couvertures nécessaires à accompagner tous les livres dont on parle. Une autre règle à respecter : ne pas citer la quatrième de couverture du livre en question, l’intérêt est de proposer une analyse nouvelle, ou du moins personnelle.

Dans ce but, le formulaire de contact (disponible dans le menu à votre gauche) a été complètement refait et vous permet désormais de choisir le sujet de votre email (critique, chronique, question, textes à publier ou autres) ainsi que le titre que vous souhaitez y joindre. N’oubliez pas de préciser votre email (sans quoi l’envoi est impossible) et l’adresse de votre blog.

Merci à tous,
toute l’équipe à hâte de recevoir les premières tentatives !

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Samedi 13 juin 2009 Par Hazel dans Littérature

Verlaine – Poèmes Saturniens

Le premier recueil du Prince des Poètes a été publié en 1866, lorsque celui-ci avait 22 ans. Il s’intitule Poème Saturniens en référence à Saturne, planète de la mélancolie, mélancolie qui se rencontre tout au long du recueil et voile ses poèmes de tristesse. Le recueil est séparé en six parties ayant chacune un nom à la manière des recueils de Charles Baudelaire; la majorité de son contenu a été écrite quand Paul Verlaine était au lycée, âgé de 16 ans. Les poèmes saturniens ont longtemps été critiqués à cause de la simplicité de certains poèmes (vu le jeune âge de Verlaine lorsqu’il les a écrit), ils s’inspirent beaucoup des Fleurs du Mal, beaucoup d’annotation dans le livre font référence a tel ou tel vers de Baudelaire.

Mais malgré le strict respect des règles de poésie que s’imposait alors le jeune Verlaine, et quelques naïves idées, le recueil se lit d’un trait, et nous laisse une douce sensation de légèreté dans la tête. Je vous laisse apprécier un extrait ci-dessous.

Soleils couchants

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s’oublie
Aux soleils couchants.
Et d’étranges rêves
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À des grands soleils
Couchants sur les grèves.

Un autre extrait ici.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
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Mercredi 13 mai 2009 Par Novembre dans Littérature

Maïakovski – Le Nuage en pantalon

http://le-hangar.cowblog.fr/images/vladimirmaiakovskilenuageenpantalon.jpgVladimir Maïakovski, si loin de cette postérité qu’ont les Hugo, les Eluard, les Aragon, et pourtant, une telle initiative poétique, une telle révolution dans le style, l’expression et surtout la vision si originale de ces choses qu’on a mille fois vues et revues en poésie ! Il est le fondateur de ce qu’on appelle le cubo-futurisme (futurisme russe), non pas un courant, mais une attitude poétique, un rejet des traditions esthétiques en littérature. Maïakovski sait dire amour et femmes, religiosité et incrédulité, art et hypocrisie, société et individualité, en même temps. Son style est très particulier, très oral, et élévateur sans forcément aller chercher de magnifiques mots tout droit sorti d’un dictionnaire des synonymes. Et bien que ce monsieur écrivit en Russe, sa traduction française est remarquable et le style oral (pas de rimes, même en langue d’origine, et des vers déstructurés comme on les aime) passe tout à fait bien en français, et je pense dans toutes les langues. Ici, dans le nuage en pantalon, Maïakovski pousse un cri retentissant, contre la société, l’art, la religion, l’amour. En quelque sorte, ce recueil est considéré comme le manifeste du futurisme : contestation de toutes les impositions dans l’art, mais aussi donc au point de vue social, religieux ou les stéréotypes amoureux, remplacement de la nature par la ville bruyante et agressive.

Je tenais pour illustrer mes propos, à citer quelques vers.

Tout d’abord, voici dans son prologue, les tous premiers vers :
Votre pensée,
qui rêvasse sur votre cervelle ramollie,
tel un laquais obèse sur une banquette graisseuse,
je m’en vais l’agacer
d’une loque de mon coeur sanguinolent
et me repaître à vous persifler, insolent et caustique.

Maïakovski commence fort, en précisant implicitement à qui les mots de ses poèmes devront profiter. On sait, qu’à son époque, et en 1910 en particulier (Le nuage en pantalon parait en 1914), le symbolisme russe, courant alors mille fois prôné et imposant ses propres directives à la poésie comme étant celles à suivre pour faire de l’art, tend à s’essoufler et est sévèrement remis en cause par toute la nouvelle génération littéraire.

Ensuite, dans le quatrième poème :
Bébé !
N’aie donc pas peur
si mon cou de taureau
porte un monceau humide de femmes au ventre en sueur
- c’est que je traîne dans ma vie
d’énormes amours propres par millions
et un milliard de sales amortons.
Drôle de façon de déclarer sa flamme…

En somme, Maïakovski résume lui même son Nuage en pantalon : « À bas votre amour, à bas votre art, à bas votre société, à bas votre religion ».
Je vous conseille et re-conseille ce recueil que vous trouverez pour un prix ridicule dans toutes les bonnes libraires et qui est vraiment ce qu’il y a de mieux pour s’initier à cette poésie déstructurée, changeante, en un mot : futuriste.

Pour les russophones, vous pouvez lire le recueil en cyrillique en cliquant ici.

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Lundi 4 mai 2009 Par Novembre dans Littérature

Eluard et Man Ray – Les Mains Libres

Issu de la collaboration du célèbre photographe et dessinateur Man Ray et du poète Paul Eluard, Les Mains Libres paraît initialement en 1937, mais je profite de sa réédition toute récente en  collection nrf gallimard pour vous mettre au parfum.

Dans ce recueil, figure parfaite de la recherche et du travail surréaliste dont font partie les deux artistes, ce sont les poèmes d’Eluard qui illustrent les dessins de Man Ray. Ces croquis ont été réalisés pendant deux ans par l’illustrateur, et font souvent référence au rêve, mais encore à des travaux d’autres surréalistes (on pense par exemple à Dali ou Chirico). Ils renferment une atmosphère étrange, quelque chose de prenant et parfois désappointant, voir glauque. Les dessins en eux-mêmes illustrent bon nombre de réflexions sur le temps ou l’amour par exemple, et la force des poèmes d’Eluard est de leur donner une interprétation relativement fidèle tout en restant poétique. Nous ne sommes pas dans un long exposé, parfois quelques mots suffisent au poète pour accompagner l’image. Pour les adeptes du surréalisme, livre conseillé, d’autant que son tirage n’a jamais été très important et qu’il est maintenant possible d’en profiter dans une édition de qualité.

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