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	<title>Le Hangar - Espace artistique &#187; poésie</title>
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		<title>Dossier : Vladimir Maïakovski (1894 – 1930)</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Nov 2011 15:42:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour ce dossier, c&#8217;est le portrait d&#8217;un poète qui me tient particulièrement à cœur que je vais tenter de réaliser. En effet, <strong>Maïakovski</strong> est l&#8217;homme de lettres qui m&#8217;a le plus marqué dans mes pérégrinations littéraires, tant dans le contenu de ses œuvres qui ont su bouleverser ma façon de voir le monde, que dans l&#8217;influence qu&#8217;elles ont eu sur mes modestes écrits. Dans cet article, nous allons faire un résumé de ce qu&#8217;a été sa poésie, et de ce qu&#8217;a été l&#8217;homme, Vladimir Vladimirovitch Maïakovski, né le 7 juillet 1894 à Bagdadi, et décédé le 14 avril 1930 à Moscou.</p>
<p><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2012/03/16ed_maiakovski1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-3465" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" title="16ed_maiakovski1" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2012/03/16ed_maiakovski1-210x300.jpg" alt="" width="210" height="300" /></a>Maïakovski est l&#8217;un des plus grands poètes de la littérature russe contemporaine. Sa vision du monde et la façon dont il l&#8217;a retranscrite dans ses écrits ont considérablement influencé ses contemporains et ses prochains. Se revendiquant de l&#8217;école futuriste, courant qu&#8217;il a largement propagé et dont il a participé à la création, il a, en concordance parfaite avec son époque, mis en avant une vision <em>révolutionnaire</em> de la poésie et du langage poétique. Vladimir Maïakovski a basé tous ses écrits sur une contestation permanente du passé poétique de la littérature. Il a en effet très largement critiqué les grands symbolistes russes (représentés notamment par Innokenti Annenski, le &laquo;&nbsp;Mallarmé russe&nbsp;&raquo;), voyant dans leur courant un peuple d&#8217;écrivain prostrés par l&#8217;amour, enfermés dans leur vergue sentimentale et complètement passéistes. Cette contestation ne s&#8217;est pas faite par les simples discours, puisque tout dans la poésie de Maïakovski s&#8217;éloigne du passé. En effet, c&#8217;est avec le présent que cette poésie évolue, ce sont les progrès technologiques et urbains du début du XXème siècle qu&#8217;elle met sans cesse en avant, c&#8217;est l&#8217;amour épuré des condoléances, c&#8217;est le vacarme assourdissant des grandes villes, l&#8217;effacement progressif de la présence religieuse dans la société, l&#8217;avant-garde talentueuse du début du siècle (à travers de nombreux artistes présents notamment à Paris). Le programme du futurisme est ainsi la base de l&#8217;explosion artistique venue de la Russie soviétique dans les années vingt : Kasimir Malevitch, Marc Chagall, Sergueï Eisenstein, Vsevolod Meyerhold, pour ne citer qu&#8217;eux. Si tous ces artistes d&#8217;avant-garde, qui ont précédé et suivi le futurisme, ne se revendiquent pas forcément de celui-ci, il est néanmoins à noter que ce courant a eu une réelle influence sur l&#8217;évolution globale de l&#8217;art russe jusque dans les années trente.</p>
<p>Maïakovski était un personnage, une légende. Si bien que ses dons d&#8217;orateurs et de récitants, sa personnalité particulière, le romantisme ambiant de son existence, son militantisme permanent, et son cillement constant entre joie et tristesse, en ont fait un personnage devenu dangereux pour le Parti, qui brigue un art partial, dans tous les sens du terme. La conventionnalité de l&#8217;art communiste est définie, et Staline, succédant à Lénine, exige comme ce dernier un art qui exalte le peuple et le Parti Communiste. Si certains ont bien plus mal vécu ce phénomène &#8211; je pense notamment à Dmitri Chostakovitch, compositeur qui, s&#8217;il ne s&#8217;est pas exilé par amour pour sa patrie, a vécu toute une partie de sa vie dans la misère et la peur, malgré sa popularité mondiale &#8211; Vladimir Maïakovski ne voit aucun problème à exalter le peuple et le communisme. C&#8217;est ce qu&#8217;il fait notamment avec <em>Mystère-Bouffes</em> en 1920, une pièce de théâtre qui oppose monde capitaliste et monde prolétaire et dans lequel tout le monde se retrouve au paradis après la victoire du peuple sur les &laquo;&nbsp;impurs&nbsp;&raquo;. Ou encore avec le poème <em>150 000 000</em> qui exalte les cent cinquante millions d&#8217;âmes qui peuplent alors la Russie. On peut parler pour cela d&#8217;un paradoxe Maïakovski&#8230;</p>
<p>En effet, la poésie de Maïakovski a ouvert de nombreuses discussions entre ses contemporains, qui l&#8217;ont souvent décomposée en éléments contradictoires inégalement appréciés. On attribue ainsi une importance primordiale à la nouveauté de son langage poétique, et au relief tourmenté de sa personnalité lyrique, en regrettant cependant l&#8217;outrance de son engagement communiste. Néanmoins, malgré cette dernière caractéristique, l&#8217;<em>intelligentsia</em> communiste n&#8217;a jamais réservé ses nombreuses critiques à l&#8217;égard du poète, notamment à propos de sa novation formelle. Ce qui ne plaît pas, c&#8217;est que ce qui prime chez l&#8217;écrivain sont ses propres idées, sa propre vision des lettres, plutôt que celles du Parti, malgré le thème de l&#8217;exaltation du communisme.</p>
<p>Maïakovski est l&#8217;homme de quelques idées fondamentales sur l&#8217;art obstinément défendues en toutes circonstances et qu&#8217;on retrouve à la source de toutes ses démarches créatrices. Elles sont en outre ses fers de lance dans la création du futurisme en 1917. Le poète est un des grands découvreurs de nouvelles zones d&#8217;expressivité du langage russe : intonations, organisation de sons, élargissement du vocabulaire, forme très orale. La révolution russe n&#8217;y est pas pour rien : en effet, la tâche centrale qui incombe à une génération est d&#8217;exprimer la réalité nouvelle d&#8217;une époque, et qui dit révolution des âmes dit révolution des lettres, il fallait ainsi placer au centre du matériau expressif une structuration différente du langage, l&#8217;expression de thèmes relativement libérés et novateurs. C&#8217;est pourquoi les futuristes, à l&#8217;instar des cubistes, mettent au centre de leur sensibilité les images qui incarnent l&#8217;homme nouveau du XXème siècle, et donc la nouvelle beauté qu&#8217;il promeut : le grand monde urbain, artificiel et prométhéen de la technique, de l&#8217;industrie. D&#8217;où une écriture si géométrique, explosive, rugueuse, anguleuse, et un certain penchant général à la provocation.</p>
<p><em>Votre pensée,<br />
qui rêvasse sur votre cervelle ramollie,<br />
tel un laquais obèse sur une banquette graisseuse,<br />
je m’en vais l’agacer<br />
d’une loque de mon coeur sanguinolent<br />
et me repaître à vous persifler, insolent et caustique.</em></p>
<p><em>Le Nuage en pantalon</em>, 1914</p>
<p>Maïakovski justifie ses écrits en 1917 par la déclaration suivante : <em>&laquo;&nbsp;La poésie du futurisme, c&#8217;est la poésie de la ville, de la ville contemporaine. La ville a enrichi nos expériences et nos impressions d&#8217;éléments nouveaux qu&#8217;ignoraient les poètes du passé. Nous, citadins, nous ignorons les forêts, les champs et les fleurs, [il raille ici le symbolisme] nous ne connaissons que les tunnels des rues avec leurs mouvements, leur bruit grondant, leurs lueurs fugitives, leur éternel va et vient. Le mot ne doit pas décrire, mais exprimer par lui-même. Le mot a son parfum, sa couleur, son âme. Or le rythme de la vie a changé. Tout a acquis une rapidité fulgurante comme sur les bandes du cinématographe. Les rythmes lents, calmes, réguliers de l&#8217;ancienne poésie ne correspondent plus au psychisme du citadin d&#8217;aujourd&#8217;hui. La fièvre, voilà ce qui symbolise le mouvement de la vie contemporaine. Dans la ville, il n&#8217;y a pas de lignes régulières, arrondies, mesurées. Les angles, les ruptures, les zigzags, voilà ce qui caractérise le tableau de la ville. Dans le domaine du langage, ce sera la rudesse du ton parlé, des sonorités grinçantes ou rauques, les images brutales, aiguës comme des cure-dents.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Mais l&#8217;engagement poétique n&#8217;est qu&#8217;une facette de l&#8217;<em>innumérable</em> poète Maïakovski. Bien souvent dans sa poésie, le théoricien laisse place au romantique, à l&#8217;éternel éperdu de sa Lili Brik. Il est l&#8217;auteur de monuments lyriques qui livrent le portrait d&#8217;une âme décidément regorgeant de sentiments, de ressentis, tourmentée par des aspirations hyperboliques, et par une insatisfaction tragique. <em>&laquo;&nbsp;A la horde déchaînée de mes désirs, l&#8217;or de toutes les Californies ne suffirait pas.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p><em>Par quelle nuit</em><br />
<em>                               délirante</em><br />
<em>                                                   fébrile,</em><br />
<em>quels Goliaths m&#8217;ont conçu</em><br />
<em>                                                        si grand</em><br />
<em>et tellement inutile</em></p>
<p>Sans doute réellement insatisfait, le poète se donnera la mort le 14 avril 1930, d&#8217;une balle dans le cœur :<em> &laquo;&nbsp;Le canot de l&#8217;amour s&#8217;est fracassé contre la vie (courante). Comme on dit, l&#8217;incident est clos. Avec vous, nous sommes quittes. N&#8217;accusez personne de ma mort. Le défunt a horreur des cancans. Au diable les douleurs, les angoisses et les torts réciproques ! &#8230; Soyez Heureux ! [...] Maman, mes sœurs, mes amis pardonnez-moi &#8211; ce n&#8217;est pas la voie ( je ne la recommande à personne ) mais il n&#8217;y a pas d&#8217;autre chemin possible pour moi. Lili aime-moi !&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>Voir aussi sur le Hangar : <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/le-nuage-en-pantalon-vladimir-maiakovski/">Le nuage en pantalon</a>, Vladimir Maïakovski<br />
Sources : <a href="http://books.google.fr/books?id=Ao3xtY5-dKoC&amp;lpg=PA9&amp;ots=ldehXqYvJG&amp;dq=par%20quelle%20nuit%20d%C3%A9lirante%20f%C3%A9brile&amp;hl=fr&amp;pg=PA7#v=onepage&amp;q=par%20quelle%20nuit%20d%C3%A9lirante%20f%C3%A9brile&amp;f=false" target="_blank">Vers</a> (1912-1930, Editions de l&#8217;Harmattan), Encyclopédie Universalis (éd. 1983), <a href="http://books.google.fr/books?id=94En1cYM9ccC&amp;lpg=PA38&amp;dq=ma%C3%AFakovski&amp;hl=fr&amp;pg=PP1#v=onepage&amp;q=ma%C3%AFakovski&amp;f=false" target="_blank">La culture poétique de Maïakovski</a> (N. Khardjiev, V. Trenine, trad. Gérard Conio).</p>
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		<title>Kundera &#8211; La vie est ailleurs</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Dec 2010 11:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est la deuxième fois que je referme un livre de Milan Kundera, et à chaque fois c&#8217;est la même histoire. Que ce soit pour L&#8217;insoutenable légèreté de l&#8217;être ou La vie est ailleurs, on se retrouve là, traumatisé par ce que l&#8217;on vient de lire, près à tout remettre en question, à revoir sa vie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://ventanasur.files.wordpress.com/2010/11/la-vie-est-ailleurs.jpg" alt="" width="273" height="444" />C&#8217;est la deuxième fois que je referme un livre de Milan Kundera, et à chaque fois c&#8217;est la même histoire. Que ce soit pour<em> </em><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;insoutenable légèreté de l&#8217;être</span> ou <span style="text-decoration: underline;">La vie est ailleurs</span>, on se retrouve là, traumatisé par ce que l&#8217;on vient de lire, près à tout remettre en question, à revoir sa vie de fond en comble.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette fois-ci, on suit l&#8217;histoire de Jaromil, de sa conception à sa mort. L&#8217;histoire se passe à Prague, avant pendant et après la seconde guerre mondiale.</p>
<p style="text-align: justify;">Jaromil est poète. Et comment peut-on être poète dans une dictature ? Les idées n&#8217;y sont jamais libre. Il faut dire que Jaromil n&#8217;est jamais libre. Etouffé par l&#8217;amour de sa mère qui le suit partout, dans sa démarche jusqu&#8217;au lit des femmes. Etouffé par les idéologies, les slogans du parti Communiste. Etouffé par ce père qu&#8217;il n&#8217;a pas connu. Etouffé par son amour pour une fille qu&#8217;il ne trouve pas belle. Etouffé par sa vision étriquée du monde&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Le livre est égocentrique, puisque Jaromil est égocentrique. Introspection, et partage d&#8217;une vision du monde faussée par les yeux d&#8217;un poète bien trop naïf et bien trop possessif. Le ton du narrateur se fait souvent moqueur vis-à-vis des protagonistes, accentuant le grotesque et le pathétique de leur choix. La cinquième partie tentant, par un procédé purement littéraire, de rétablir une certaine forme de réalité dans l&#8217;histoire : la narration se place trois ans après la mort du poète. On y retrouve sa fiancée, et la vie qu&#8217;elle mène dorénavant.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">La vie est ailleurs</span> parle de l&#8217;adolescence, de la formation d&#8217;un homme et de la cruauté qui l&#8217;accompagne. La pression, sans doute, qui force le poète à être une arme. Une arme de propagande, un cerveau que l&#8217;on apprend à laver, mais sans pour autant brusquer parce qu&#8217;intellectuelle. Ainsi, Jaromil devient le parfait militant. Et lorsqu&#8217;on le confronte à un passé qu&#8217;il a renié, il s&#8217;en retrouve humilié. Une certaine forme de haine sourde, et parfois inexplicable, semble se dégager du personnage, qui cherche en vain à vivre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, comme le titre l&#8217;indique : la vie n&#8217;est pas là. Elle se trouve sur des barricades inexistantes dans cette révolution qui n&#8217;en est pas une. Dans la vie de Xavier, ce personnage aventureux qu&#8217;il invente, ce personnage à qui il voudrait ressembler. La vie est hors de sa chambre d&#8217;enfant, hors de son amour. La vie est hors de sa vie. Et cette recherche est mise en parallèle avec celles de nombreux poètes. Ainsi, Kundera s&#8217;inspire, cite, des évènements de la vie de Rimbaud, Shelley, Lermontov, Neruda&#8230; Ce procédé fait de Jaromil un poète indiscutable, et met aussi en avant une certaine forme de fatalité : le poète doit mourir dans les bras de la femme qui l&#8217;a élevé, le poète doit mourir.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai trouvé difficile de se prendre de sympathie pour Jaromil qui m&#8217;a semblé antipathique une bonne partie du livre. Sa soif de réussite, son mépris pour les autres, sans jamais se considérer, lui, tel qu&#8217;il est (malgré ses longues observations dans la glace, malgré ses autocritiques) en font un frustré. Frustration qui sera clairement exprimée dans le livre. La psychologie des personnages reste, toutefois, complexe et cohérente et c&#8217;est un réel point fort du livre.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme j&#8217;ai dit, la lecture de ce livre laisse pantois. On est prêt à tout reconsidérer, et ce livre touche quelque part à l&#8217;universel. Un universel renforcé par la présence de similarités entre la vie de plusieurs poètes (similarités sans doute fortuites, mais qui semblent probantes dans a narration). Ce besoin d&#8217;ailleurs à l&#8217;âge de l&#8217;adolescence est, de plus, un sentiment partagé par tout un chacun alors que nous ne vivons même pas sous le joug de la dictature.</p>
<p style="text-align: justify;">La mort, brève, du poète referme l&#8217;histoire ; achevant censément l&#8217;histoire. Mais pourtant quelque chose subsiste : tous ces poèmes écrits et qui tomberont dans l&#8217;oubli une fois la dictature achevée. Tous ces poèmes écrits seulement pour une mère, et pour personne d&#8217;autre.</p>
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		<title>Concours Hiver 2010/2011</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2010 20:53:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ENFIN ! Durant la période de fêtes, pour célébrer l'arrivée d'une nouvelle année, et surtout d'une nouvelle décénie, Le Hangar organise un DOUBLE CONCOURS sur le thème de "La Naissance", avec d'une part un concours littéraire (poésie, nouvelles, théâtre), et d'autre part un concours d'art pictural (photos, peinture). Des lots sont à la clé !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le Hangar n&#8217;avait plus organisé de concours <strong>depuis l&#8217;été 2009</strong> &#8211; cette longue période de disette est enfin <strong>terminée</strong>, chers lecteurs. Et c&#8217;est <strong>dès à présent</strong> que vous allez pouvoir nous envoyer vos créations.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les internautes peuvent participer, le principe reste le même : correspondre au thème imposé. Le jury sera composé des membres de l&#8217;équipe du site <em>(vous ne pouvez pas les soudoyer)</em>. Les participations sont gratuites et cette année, le concours récompensera deux gagnants pour deux catégories : <strong>Littérature</strong>, et <strong>Art Pictural</strong> (photographie ou peinture).</p>
<p style="text-align: justify;">Le thème de cette année, pour les deux catégories est : <span style="color: #ff0000;"><span style="font-size: medium;"><strong>La Naissance</strong></span></span>.</p>
<p style="text-align: justify;">Aucun sens du mot n&#8217;est exclu. Plus votre création collera à ce thème, plus vous aurez de chance d&#8217;être sélectionné dans les cinq meilleurs, pour lesquels voteront ensuite nos lecteurs. Vous pouvez ainsi traiter de la naissance d&#8217;un être humain ou d&#8217;un animal, de la naissance ou l&#8217;origine de quelque chose, de ce que cela peut symboliser, de tout et n&#8217;importe quoi qui s&#8217;en approche, etc.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><strong>Catégorie Littérature :</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Chaque participant de ce concours doit nous envoyer un texte, poème, extrait théâtral, essai ou nouvelle d&#8217;un maximum de 40 lignes (sur traitement de texte format A4). <strong>N&#8217;oubliez pas de préciser dans votre mail que le texte est destiné au concours </strong>(autrement il sera mis de côté en attendant la fin des festivités).</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><strong>Catégorie Art Pictural :</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Chaque participant de ce concours doit nous envoyer une image de bonne qualité, soit une photographie, soit une photographie d&#8217;un tableau de sa création, répondant au thème. Il n&#8217;y a pas de limite de taille, les images seront redimensionnées par l&#8217;équipe afin de correspondre aux dimensions du site. Vous devez illustrer le thème imposé par le jury. <strong>N&#8217;oubliez pas de préciser dans votre mail que la photographie est destiné au concours. Vous devez, par ailleurs, nous laisser un court texte expliquant un peu votre image, le concept qui se cache derrière et si possible, la méthode de travail utilisée.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><strong>Le déroulement :</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">A compter d&#8217;aujourd&#8217;hui, vous avez jusqu&#8217;au <span style="color: #ff0000;"><strong>mercredi 29 décembre</strong></span>, à minuit, pour nous envoyer vos créations (<strong><a href="http://le-hangar.com/contact">en cliquant ici</a> ou à l&#8217;adresse contact@le-hangar.com</strong>). Celles-ci seront ensuite sélectionnées par le jury, qui après délibération, publiera la liste des cinq sélectionnés par catégorie le <span style="color: #ff0000;"><strong>mardi</strong></span><span style="color: #ff0000;"><strong> 4 janvier</strong></span>. A partir de cette date, les lecteurs du Hangar et les participants eux-mêmes pourront voter pour l&#8217;œuvre qu&#8217;ils préfèrent (un système permet de prévenir tout risque de triche). Les résultats de ce vote seront publiés le <span style="color: #ff0000;"><strong>vendredi 14 janvier</strong></span> ! Vous pouvez participer aux deux concours, mais pas participer aux deux finales <img src='http://www.le-hangar.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  ! En attendant voici les lots qui attendront les vainqueurs :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Catégorie littérature :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/naissance_d_un_pont1.jpg"><img class="size-full wp-image-2625 aligncenter" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" title="naissance_d_un_pont" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/naissance_d_un_pont1.jpg" alt="" width="250" height="366" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Maylis de Kerangal &#8211; Naissance d&#8217;un pont<br />
éditions Cales &#8211; Prix Médicis 2010</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Catégorie picturale :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/robert-doisneau-1912-1994.jpg"><img class="size-full wp-image-2626 aligncenter" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" title="robert-doisneau-1912-1994" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/robert-doisneau-1912-1994.jpg" alt="" width="260" height="361" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Robert Doisneau &#8211; Taschen<br />
petit format</p>
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		<title>Morrison – Wilderness</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Oct 2010 11:53:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;BOOM !&#160;&#187; C&#8217;est à peu près ce qu&#8217;a crié ma tête une fois fini le recueil Wilderness de Jim Morrison, le leader des Doors. Je crois que tout ce que j&#8217;ai pu aimer dans la poésie s&#8217;est retrouvé dans ce livre magnifique, publié à titre posthume d&#8217;après des carnets retrouvés après la mort douteuse de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img style="margin: 10px; float: left;" src="http://www.decitre.fr/gi/62/9782267020762FS.gif" alt="" width="220" height="363" />&laquo;&nbsp;BOOM !&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est à peu près ce qu&#8217;a crié ma tête une fois fini le recueil <span style="text-decoration: underline;">Wilderness</span> de Jim Morrison, le leader des Doors. Je crois que tout ce que j&#8217;ai pu aimer dans la poésie s&#8217;est retrouvé dans ce livre magnifique, publié à titre posthume d&#8217;après des carnets retrouvés après la mort douteuse de Morrison. On y trouve une fascination critique pour les Etats-Unis et notamment Los Angeles, mêlée à une narration en vers déstructurés des états d&#8217;âmes de l&#8217;auteur. Le style en lui-même, que vous pourrez retrouver en version bilingue dans cette édition, est étonnamment brillant, montre des qualités de vrai poète qui n&#8217;ont pas été mise en avant dans la vie de Jim Morrison, autrement que dans les textes de ses chansons, qui devaient par ailleurs comporter plus de musicalité pour des raisons évidentes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dans <span style="text-decoration: underline;">Wilderness</span>, le regard du poète n&#8217;est jamais en manque, on vacille entre des images très belles, à fleur de peau, et des tableaux parfois crus, à l&#8217;objectivité acérée, au milieu d&#8217;un être aux raisons de vivre parfois complexes, une chaise à bascule entre la joie de vivre et le désespoir le plus profond. On ne loupe rien de Morrison, sans doute parce qu&#8217;il ne réservait pas ces écrits à une publication de son vivant, les textes convergent vers la drogue, l&#8217;alcool, la sexualité, mais aussi vers l&#8217;enfance, la croissance à travers l&#8217;âge et la société qui devient difficile à vivre. Morrison est un enfant : celui qui a le regard précis et sans subjectivité, l&#8217;enfant qui a souffert et traîné après lui le fardeau de son existence. Pourtant ce n&#8217;est que ce regard qu&#8217;on pourrait jugé parfois troublant, car le reste de l&#8217;œuvre est tout simplement émerveillant. Un recueil qui plaira probablement à notre ami A., tant sa fascination exacerbée pour l&#8217;Amérique surprend, ses thèmes LA et Highway sont récurrents. On plonge dans le monde de  la nuit, de la musique, de l&#8217;aventure, on retrace la vie de quelqu&#8217;un qui a <em>su</em> vivre malgré un esprit lourd et qui a su même, utiliser cette complexité d&#8217;âme brillante pour en sortir une vision du monde à toute épreuve (poétique). Un recueil à lire, très bon pour découvrir le visage de Morrison, si vous êtes fan des Doors, ou tout simplement pour connaître une poésie peu commune, une poésie faite pour n&#8217;être pas encore lue.</p>
<div style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></div>
]]></content:encoded>
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		<title>Hallucinations matinales en gueule de bois majeure, par Raspoutine</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 11:00:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Raspoutine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je crois que ces lignes vacillantes et poignantes écrites par une inconnue se passent de commentaires; je vous laisse donc plonger dans le texte, et vous invite à le relire plus d&#8217;un fois car cette &#171;&#160;chute du corps&#160;&#187; nous entraine avec tant de douceur qu&#8217;il est bien agréable d&#8217;y replonger encore et encore. Hallucinations matinales [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #888888;"><em><br />
Je crois que ces lignes vacillantes et poignantes écrites par une inconnue se passent de commentaires; je vous laisse donc plonger dans le texte, et vous invite à le relire plus d&#8217;un fois car cette &laquo;&nbsp;chute du corps&nbsp;&raquo; nous entraine avec tant de douceur qu&#8217;il est bien agréable d&#8217;y replonger encore et encore.</em></span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Hallucinations matinales en gueule de bois majeure </strong></span></p>
<p>Des bouteilles vides et des cendriers pleins<br />
Un corps pâle et tremblotant en travers du sol<br />
Se relève, un pas, deux, trois, quatre<br />
Une tentative de chute du corps<br />
Deux autres pas et s’effondrant<br />
Des couleurs passent devant les yeux clos<br />
Elles s’assemblent et prennent la forme d’un visage<br />
Qui m’allonge sur le dos.<br />
Un corps comme liquide se répand sur le mien<br />
Je tente de le saisir il se dérobe<br />
J’abandonne il se presse plus fort contre moi<br />
Un frisson<br />
Comme un ressac qui m’emporte<br />
Un va et vient incessant<br />
De l’écume au bord des lèvres<br />
Le ressac me retient<br />
Il se dévoile, me dévoile et nous traversons<br />
J’ouvre les yeux<br />
Seul<br />
Un goût de sel sous la langue.<br />
Je me relève : deux pas.</p>
<p style="text-align: right;">par Raspoutine.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L’Art Urbain, Part 3 – Musique et rue : du Slam au Rap en passant par la chanson française</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 11:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Il s’avère qu’on s’étonne que je sois civilisé : pour un rappeur c’est peu commun ! ‘‘C’est un illuminé !  Un évolué, un rescapé, un repentit, un des nôtres… Encore un pied dans le rap mais il finira bon apôtre. ’’ Et d’ailleurs est-ce encore du rap ? C’est tout ce qu’ils n’espèrent pas. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em><br />
« </em><em>Il s’avère qu’on s’étonne que je sois civilisé : pour un rappeur c’est peu commun ! ‘‘C’est un illuminé !  Un évolué, un rescapé, un repentit, un des nôtres… Encore un pied dans le rap mais il finira bon apôtre. ’’ Et d’ailleurs est-ce encore du rap ? C’est tout ce qu’ils n’espèrent pas. Ils appellent ça du slam quand je fais un a cappella. Ils sont heureux d’apprécier, ça confirme qu’ils sont de gauche quoi, tous ces biens pensants qui en tout cas eux le croient. »</em></span><em> </em>Si peu comprennent, Rocé</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Avec un titre si frondeur, Rocé ne peut que déranger. Cependant, cette chanson (dont je n’ai extrait qu’une seule vérité dans toutes celles énoncées) arrive à toucher une réalité qui s’est instaurée à la fin de la décennie écoulée avec l’émergence d’un style qui a depuis était largement encensé par la critique bobo et les journalistes télé un peu frileux : le Slam. Si cette vague fatigante de la « poésie urbaine » s’essouffle grandement, elle a toutefois réussi à marquer les consciences. Maintenant, le téléspectateur moyen se dit qu’il y a « des gens biens » aussi dans les quartiers, et que ce ne sont « pas ces racailles qui font du rap, battent leurs femmes et ne veulent que fumer des joints toute la journée en parlant de BMW ». Malgré l’orgie médiatique autour du sujet, un fait intéressant, et accablant transpire de ces convictions inébranlables : demandez un peu autour de vous, interrogez vous… Slam, en fin de compte ça veut dire quoi ? Si souvent simplifié en poésie urbaine… Est-ce vraiment le cas ?</p>
<p style="text-align: justify;">Parce que moi aussi, j’étais un peu ignorant, je suis parti à la recherche d’une définition, ou du moins d’une description assez précise de ce qu’est le Slam ou ce qu’il faut appeler. Je suis alors tombé sur une description somme toute assez claire proposée par la Fédération Française de Slam Poésie (<a href="http://www.ffdsp.com/">FFDSP</a>) :</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>Le Slam est un spectacle sous forme de rencontres et de tournois de poésies. Créé à Chicago dans les années 80, il a suscité un engouement populaire et médiatique qui lui permet de se propager dans le monde entier. Le Slam est ainsi un outil de démocratisation et un art de la performance poétique. Le Slam est le lien entre écriture et performance, encourageant les poètes à se focaliser sur ce qu&#8217;ils disent et comment ils le disent. La plupart des scènes Slam se déroulent sans enjeu ni compétition, avec un alibi convivial, &nbsp;&raquo; l&#8217;exception culturelle &nbsp;&raquo; à la française, servant de signe de ralliement aux poètes hexagonaux.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Si l’on reprend la définition, le Slam est donc avant tout un spectacle, et un tournoi de poésie. L’aspect compétition, même si elle est bon-enfant reste une des composantes principales de la discipline. Concrètement, divers poètes vont exposer à l’oral une de leur œuvre tour à tour sur une scène (dans divers lieux, de passant du café à la MJC) et un jury donnera une note à la suite de chaque prestation.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus intéressant, quelques règles de base propre à toute compétition sont indiquées. Parmi l’interdiction de plagiat, l’autorisation à toutes formes ainsi que tout thème de poésie, on lit, noir sur blanc :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;utilisation d&#8217;instruments de musique ou de musique pré-enregistrée est interdite.</em></p>
<p style="text-align: justify;">On nous aurait donc menti ? Grand Corps Malade ne serait pas un slammeur ? Sans remettre en cause de l’intégrité de ce dernier en tant que slammeur de formation, il semble que l’on se fourvoie en présentant son disque comme du Slam. Il faut l’admettre, dans un premier temps, que le Slam ne s’apparente qu’à une rencontre, qui ne voit son intérêt que dans l’émulation mutuelle, et de plus ne doit en aucun cas être accompagnée de musique. Par définition donc, un CD ne peut pas être catalogué de Slam car en aucun cas le fruit d’une performance live confrontant divers poète et encore moins dénué d’accompagnements.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors pourquoi pendant deux ans les émissions culturelles ce sont senties obligées à  faire la promotion de ce genre venant de la rue, et apparemment bien plus propre bien moins bandit que le rap ? Tout simplement parce qu’il « vient de la rue ».</p>
<p style="text-align: justify;">Si on pourra me reprocher d’aller vite en besogne, arrêtons-nous deux minutes sur l’histoire de la « chanson française ». Dîtes-moi la différence entre un Grand Corps Malade parlant sur de la musique et un Gainsbourg ou un Brel s’il ne fallait citer qu’eux (mis à part le fossé entre les textes de l’un et des autres, mais je ne souhaite m’attarder ici sur la forme). Combien la musique française à de chanteurs qui ne chantent même pas vraiment ? Bien souvent, lorsque Grand Corps Malade (oui, je le cite souvent, mais c’est le seul à réellement avoir percé) est interviewé, il dit ne pas être un rappeur, et c’est tout à fait légitime ; ainsi il semble qu’alors que d’un côté on encense Benjamin Biolay qui murmure un double album, on ne considère pas cette mouvance comme intégrée à la musique française mais à part au même titre que le rap.</p>
<p style="text-align: justify;">Le terme même rémanent de « poésie urbaine » revêt tout le côté absurde de cette mode. Soyons franc, depuis quand il existe une poésie de la rue et une autre poésie ?</p>
<p style="text-align: justify;">En s’interrogeant tout simplement sur un phénomène de mode invention, comme beaucoup de « genres » musicaux, de la presse, nous sommes en train de nous interroger sur un malaise plus général qui touche en grande partie la sphère rap et plus largement Hip Hop vis-à-vis des média, de l’image qu’elle véhicule et de son acceptation dans un paysage musical français relativement (et nous pouvons sentir le brin d’ironie qui se profile derrière ce « relativement ») conservateur. Car continuons sur la brèche ouverte plus haut, quelle est la différence entre rap et Slam ? La poésie là encore ? Ne me dîtes pas que vous y croyez vous, que le rap n’est qu’un stéréotype. – Même s’il est vrai que d’un point de vu poésie, on a vu mieux que Diam’s, mais, continuons… –</p>
<p style="text-align: justify;">D’un point de vu historique, le rap est légèrement antérieur au Slam. Il a toujours était intimement lié à l’a cappella à ses débuts : les enregistrements coutant cher tout comme les machines permettant de composer les musiques. Son but était de chauffer les pistes de danses sur les morceaux de funk qui passaient dans les diverses fêtes. Ces bouts de rap pouvaient plus ou moins s’adapter à toutes les musiques, et étaient tout à fait cohérent sans accompagnement ou alors juste soutenu par un rythme réalisé par un beat boxer. Lorsque Rocé explique qu’il ne fait qu’une a cappella et non du Slam, il se réfère à ces origines que l’on a tendance à oublier : le texte étant juste déformé, plus dans son temps, car le rap a prit que plus tard l’aspect revendicatif qu’on lui connait. On remarque de plus que le rap et le Slam ont vécu deux destins tout à fait divers, et ne sont en aucun cas liés.</p>
<p style="text-align: justify;">De manière plus fondamentale, je ne vois aucune réelle différence entre le rap et la chanson française au même titre que le Slam est une espèce d’effet d’annonce au lieu d’être un « genre » musical (le principe en lui-même de genre musical me refroidi souvent) : la volonté de cataloguer des artistes comme Abd Al Malik ou plus récemment Oxmo Puccino comme Slam alors qu’ils s’en défendent est la preuve de l’impasse dans laquelle se retrouvent les gens voulant trop simplifier l’implication artistique de ces chanteurs. Le rap est, pour moi mais surtout pour de plus en plus d’artistes de ce mouvement qu’une nouvelle forme – une évolution – de ce qu’est la chanson française comme le rock à su s’imposer en tant que composante patrimoine français avec, par exemple, Noir Désir ou le facilement dépressif Saez. La victoire de la musique décernée à Sefyu (si tant est qu’elle soit preuve de qualité) montre que le public est « prêt » à accepter cet état de fait – les guillemets voulant juste montrer que l’on n’a pas à être préparé pour trouver quelque chose d’appréciable au rap, mais juste être éloigné du formatage que l’on impose dans les médias.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, l’évolution des mentalités est encore à ses prémisses : si l’on ouvre plus facilement la porte des émissions télé à des rappeurs, le fait même que l’on les présente comme « rappeur », et non pas « artiste » « compositeur » « interprète » comme on pourrait l’attendre de n’importe quel autre musicien est bien la preuve que le chemin à faire sera long, très long. De plus, ces émissions visent à grossièrement faire une différence entre ce qu’ils estiment le « haut du panier » avec des artistes s’entourant de musiciens pour la plupart de ce qu’ils estiment, à tort « les autres » faisant un amalgame immense et presque grossier. Ce « haut du panier » est d’ailleurs désigné comme « Hip-Hop » et non comme « Rap » ce qui n’a pas vraiment de sens, le hip-hop étant un mouvement artistique incluant la musique rap ainsi que d’autres formes d’expressions.</p>
<p style="text-align: justify;">Je sais que certaines mauvaises langues jugeront mes paroles tout à fait subjectives, et je ne peux pas leur en vouloir. Mais s’il faut leur prouver qu’un grand nombre de textes de rap peuvent dépasser en précision lexicale ainsi qu’en style un bon nombre de paroliers sévissant sur les ondes actuellement, je me fais un plaisir de citer quelques extraits de textes aussi divers du point de vue du thème que des ambiances sur lesquelles ils sont rappés :</p>
<blockquote style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>« T&#8217;es comme une bougie qu&#8217;on a oublié d&#8217;éteindre dans une chambre vide, tu brilles entouré de gens sombres voulant te souffler&#8230; Celui qui a le moins de jouets, le moins de chouchous, celui qu&#8217;on fait chier, le cœur meurtri, meurtrière est ta jalousie. L&#8217;enfant seul se méfie de tout le monde, pas par choix, mais dépit : pense qu&#8217;en guise d&#8217;amis, son ombre suffit. »</em> </span>L’enfant Seul, Oxmo Puccino.</p>
<p><span style="color: #993300;"><em>« Une passion lézardée. L&#8217;érosion des années. Mes parents désarmés se séparent. La maison désormais résonne de leurs paroles désolées. Une part d&#8217;ombre est scellée. Pour ne pas rompre, esseulée, chaque jour ma mère se bat. Elle a le monde à soulever et sur ses joues tant de peines me navrent. Goût amer. Je pars quand la foudre en elle parle. Pardon de me sauver. J&#8217;ai mal de voir ce qui m&#8217;attend. Grand besoin de souffler. Pas le cran de la retrouver la tête dans les mains, en quête d&#8217;éléments, de raisons de garder les rangs. Je suis de ceux qui traînent tard, à squatter les bancs tels le fer et l&#8217;aimant. Ma vie se fait de ces moments où on est mieux loin de chez soi. Moments d&#8217;éternité. L&#8217;éternité est un moment mais on l&#8217;oublie l&#8217;un de ces soirs où, en mal de trophée, on refait le monde loin des bras de Morphée, le cœur empreint de cette âme qu&#8217;ont les chœurs en plein stade&#8230; Mais peu importe, le décor s&#8217;ancre, on s&#8217;installe entre stages et intérims. En soi, rien de terrible, on stagne là où des petites filles déjà petites femmes charment des hommes encore mômes fans de Jackie Chan, pendant que des femmes encore petites filles élèvent des mômes déjà durs comme des hommes. J&#8217;espère en l&#8217;espoir perdu, sur les cendres de nos sorts, que leurs voix innocentes ne se joignent pas à l&#8217;ensemble des perdants que nous sommes. D&#8217;autres, se voyant sans songes, s&#8217;en vont, se noyant dans leur sang. L&#8217;eau passe sous les ponts. Il me semble qu&#8217;hier encore, ma mère m&#8217;embrassait sur le front. »</em></span> Comme un aimant, Chien De Pailles.<br />
<em><br />
<span style="color: #993300;">« Il se fait tard, très tard, bientôt le soleil et Moha n’a pas sommeil. Il veille les yeux vides sur le carreau aride au mur de sa minuscule cellule. Une cigarette mal roulée se consume et tremble aux bouts de ses doigts exsangues qui semblent mourir le long de sa jambe. Moha ne bronche pas, les mots sont froids, leur écho se cogne aux parois de cette cage qu’il partage avec un rayon de lune voilée et quelques rats pressés, aux pas vifs et feutrés. »</span></em> Moha, La Rumeur.</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Par ces quelques citations (il y en aurait tellement que je pourrais sans doute faire un article complet là-dessus) je pense avoir montré clairement que la France, en ignorant le rap, en désignant des nouveaux artistes reprenant le flambeau de la tradition française de la chanson, en s’appliquant à le stéréotyper se passe de paroliers doués, tout aussi poète ou du moins écrivain que certains artiste français bien plus lisses.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus généralement, par ces trois articles présentant des artistes ayant la rue comme terrain d’expression, ou comme origine, j’espère vous avoir donné un aperçu de la puissance créative qui peut se dégager de nos villes. J’espère qu’avant de zapper la prochaine fois qu’un rappeur passera à la télé vous vous direz qu’il a peut-être des choses intéressantes à dire, même si il est vrai ce ne sont généralement pas les gens les plus intéressants qui sont invités sur ces plateaux. Mais que voulez vous ? La France, et encore moins les gens du PAF, n’aime pas sortir de ses habitudes.</p>
<p style="text-align: justify;">Autres articles sur l&#8217;art urbain :<br />
- <a href="http://www.le-hangar.com/art-pictural/jr-photographe-urbain-lart-urbain-partie-1" target="_blank">L&#8217;Art Urbain, Part 2 &#8211; JR, Photographe Urbain</a><br />
- <a href="http://www.le-hangar.com/art-pictural/banksy-wall-and-piece-lart-urbain-pt-2" target="_blank">L&#8217;Art Urbain, Part 1 &#8211; Banksy Wall and Piece</a></p>
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		<title>Rahimi &#8211; Les mille maisons du rêve et de la terreur</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Jan 2010 11:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gouttesdo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Découvert par le grand public grâce à l’attribution du Goncourt 2008 pour Syngué Sabour, son premier roman écrit directement en français, Atiq Rahimi se révèle puissant poète. La France a accueilli Atiq Rahimi en 1984. Elle a reçu ainsi un des plus grands écrivains de notre temps, qu’il écrive en persan d’Afghanistan ou en  langue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img style="border: 1px solid black;" src="http://www.lescinqcontinents.com/documentslibrairie/lireetdecouvrir/2008/atiq_rahimi.jpg" alt="" width="401" height="287" /></p>
<p style="text-align: justify;">Découvert par le grand public grâce à l’attribution du Goncourt 2008 pour <span style="text-decoration: underline;">Syngué Sabour</span>,  son premier roman écrit directement en français, Atiq Rahimi se révèle  puissant poète. La France a accueilli Atiq Rahimi en 1984. Elle a reçu ainsi un des plus  grands écrivains de notre temps, qu’il écrive en persan d’Afghanistan  ou en  langue française. Belle leçon à méditer… Par le raffinement des images créées, le rythme particulier des phrases, l’écrivain descend au fond de l’âme et dépeint le cheminement mental de ses personnages. Les événements tragiques des guerres en Afghanistan, son pays d’origine, constituent le creuset par lequel se révèle la nature des caractères et la recherche du sens de leur existence.</p>
<p style="text-align: justify;">La trame des <span style="text-decoration: underline;">Mille maisons du rêve et de la terreur</span> expose un  moment délicat de confusion intérieure, où la conscience du personnage principal se heurte à une réalité qu’il voudrait refuser. Cette fois cependant, ce sont les faits, la prégnance de la réalité, qui bousculent le personnage et l’obligent à affronter les conséquences des événements.  Le ton du récit s’adapte ainsi à un angle de vue différencié : le narrateur, Farhad, est le personnage central d’une histoire qu’il subit, et nous suivons avec lui le cheminement de sa prise de conscience.</p>
<p style="text-align: justify;">Le récit commence au moment où le narrateur sort lentement et confusément d’un coma du au traumatisme des coups reçus lors d’un contrôle d’identité. Nous sommes alors dans le  Kaboul de l’ère de l’occupation soviétique (les années 80). Progressivement, nous comprenons que le jeune étudiant a « oublié » l’heure du couvre-feu et s’est mis ainsi en danger… À travers les bribes de ses fantasmes comateux, nous percevons la part de l’enfant qui subsiste en lui, le contexte familial qui fonde son identité : un grand père omniscient, transmetteur d’éducation morale et religieuse, mais humaniste avant tout. Ce rêve latent donne progressivement corps à l’émergence d’une situation nouvelle qu’il appréhende à travers le brouillard de ses pertes de conscience physiques.<span style="color: #993300;"><em> </em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>« Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ? Peut-être les deux. Il fait nuit et je dors. Mais pourtant je pense, comment se fait-il ?<br />
Non. Je suis réveillée, seulement mes yeux sont encore fermés. J’étais en train de dormir et dans mon rêve, un enfant a crié « Père ! »<br />
Quel enfant ? comment le savoir ? Il n’y avait que sa voix. Peut-être était-ce moi enfant, cherchant mon père.<br />
- Père !<br />
Encore cette même voix ! Cette fois-ci je ne rêve pas. Il me semble l’entendre juste au-dessus de moi. Il faut que j’ouvre les yeux.</em><br />
<em>- Qui es-tu ?<br />
Ma question se brise dans ma poitrine. Une douleur vive transperce mes tempes. Le voile noir devant mes yeux se fait plus épais ; le silence dans mon esprit plus pesant.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Peu à peu le narrateur prisonnier de son cauchemar déroule les repères de son identité, il tente de raccorder les bribes de cette réalité incompréhensible à ses propres souvenirs, afin de retrouver une  cohérence à cette expérience inconnue :</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>«  Non, je ne dors pas. Je suis en proie aux forces de l’Invisible. Les djinns sont venus se poser sur ma poitrine. Grand-père disait que, selon Dâmollah Saïd Mostafa – dont l’autorité valait au moins dix mollahs, quand il n’y a pas de Coran dans une pièce, les djinns y font leur nid, et la nuit, pendant que tu dors et que ton âme est partie se promener, ils viennent assaillir ton corps. Ils s’installent sur ta poitrine, t’attachent les bras, te bâillonnent et te bandent les yeux. (…)<br />
- Frère !<br />
Non. Ce n’est pas ma mère, c’est ma sœur Parvana.</em><em> Parvana, ma douce  tu m’as appelé ? Parvana, ma petite sœur, chasse les djinns de ma poitrine ! Entends-tu ma voix?<br />
Non, elle n’entend pas. Les djinns retiennent ma voix dans ma poitrine.<br />
(…)</em><em> Mes tempes explosent de douleur.<br />
Je commence à distinguer un certain nombre de choses, mais je suis incapable de bouger. Mes os sont brisés, mes veines rompues, mon cerveau éclaté, mes muscles déchirés… Non, je ne suis ni dans un cauchemar ni sous l’emprise des djinns, je suis tout simplement mort.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ces extraits du texte courent de la page 15 à la page 37 de l’édition P.O.L  et me semblent assez représentatifs du cheminement erratique qui permet au blessé de remonter des abysses de l’inconscience à la lueur du monde réel. On y goûte la poésie expressive de l’auteur, on se frotte  aux pigments de la culture persane, on entre dans un mode de pensée particulier à l’écrivain et son personnage.</p>
<p style="text-align: justify;">Farhad parvient à s’extirper à l’obscurité angoissante de son rêve et découvre la femme qui l’a sauvé. L’esprit encore embrumé par les coups subis, il se laisse protéger par cette inconnue dont nous apprécions surtout la longue mèche qui cache son visage, mèche de cheveux emblématique d’une féminité maternante, protectrice, autoritaire, sécurisante avant de révéler une sensualité extrêmement retenue. L’art d’Atiq Rahimi  tient de ce miracle : par le simple geste d’une main qui repousse la mèche de cheveux derrière l’oreille de la jeune femme, l’écrivain décrit le processus complexe de la relation qui s’établit entre deux inconnus face au danger. À plusieurs reprises au cours de cette nuit cauchemardesque, Mahnaz sauve la situation, soulage les douleurs du jeune homme,   repousse les soldats qui perquisitionnent la maison,   prévient la mère de Farhad … Quand le fugitif découvre la tragédie personnelle de la jeune femme, il se sent troublé :</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">«  Pourquoi ai-je de telles pensées au sujet de Mahnaz ? pourquoi suis-je incapable d’admettre qu’une femme peut tout à fait secourir un inconnu sans aucune arrière-pensée ? (…)<br />
Pour Mahnaz et son mystère, j’ai livré toute une nuit ma mère à son angoisse dans les quatre murs de notre maison ; j’ai condamné le regard de Parvana à une interminable attente derrière la fenêtre de sa chambre ; j’ai découragé les mains de Farid posées sur la poignée de la porte.<br />
(&#8230;)<br />
Le mystère de Mahnaz tient à cette mèche de cheveux qu’elle vient sans cesse cueillir sur son visage pour l’enrouler derrière son oreille.&nbsp;&raquo;</span><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;">Farhad comprend ainsi que cette nuit de tous les dangers constitue pour lui une sorte d’épreuve initiatique à l’issue de laquelle il devra définitivement quitter l’insouciance de son statut, et que Mahnaz représente en fait la porte de sortie du monde de l’enfance protégée:</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;">&laquo;&nbsp;<em>À aucun moment, je ne m’étais senti aussi proche d’une femme autre que ma mère et Parvana. À aucun moment,   je n’avais perçu de si près une vie de femme. Aucune femme ne s’était jamais frayé un chemin au cœur de mes pensées, au cœur de mon existence. L’espace d’une nuit, j’ai partagé avec une femme mille instants d’une vie, comme si une chose essentielle nous avait unis. Cette femme m’a offert son toit. Ma vie est entre ses mains, elle lui appartient.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce mode difficile, les sentiments s’expriment avec une sobriété qui nous surprend et impose une nouvelle  expressivité : voyez ce dernier extrait relatant le chagrin de la mère qui a organisé le départ du Pays pour son fils :</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">&laquo;&nbsp;Sous la charge du tchâdri, folle de chagrin, ma mère a traversé en pleurant les rues de la ville aveugle ; elle est arrivée à la maison. Elle a enroulé dans le tchâdri son chagrin fait larmes et a tendu le tout à la laveuse ; puis elle s’est discrètement éloignée vers la cuisine pour relaver la vaisselle propre. Après le départ de la laveuse, elle va aller chercher le linge sec sur la corde pour le relaver.&nbsp;&raquo;</span><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;">Renversement de la représentation:  la ville  s&#8217;aveugle du chagrin de cette femme recluse sous son tchâdri ! Qui a éprouvé un chagrin profond,    un deuil explosant son univers, comprendra cette forme de lutte intérieure  qui pousse à laver de nouveau ce qui l’est déjà… Ces images universelles de bouleversement transmettent  en quelques lignes la profondeur et l’intensité du malheur accepté.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></p>
<p><em> </em></p>
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		<title>Le Clézio &#8211; Le chercheur d’or</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Nov 2009 21:42:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est le premier livre de Le Clézio que je lis et je crois que c&#8217;est la première fois que je ressens à ce point cette envie de me farcir sa biographie complète. Dans Le chercheur d&#8217;or, Le Clézio, prix Nobel de littérature l&#8217;an passé, nous emmène sur les traces d&#8217;Alexis, sur l&#8217;île Maurice. Le jeune [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img style="border: 1px solid black; margin-left: 10px; float: right;" src="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/4/2/8/9782070380824.jpg" alt="" width="186" height="311" />C&#8217;est le premier livre de Le Clézio que je lis et je crois que c&#8217;est la première fois que je ressens à ce point cette envie de me farcir sa biographie complète. Dans <span style="text-decoration: underline;">Le chercheur d&#8217;or</span>, Le Clézio, prix Nobel de littérature l&#8217;an passé, nous emmène sur les traces d&#8217;Alexis, sur l&#8217;île Maurice. Le jeune garçon baigne dans le rêve, passe ses journées dans les champs de cannes à sucre, à courir après le soleil en compagnie de son ami Noir, Denis. Puis, il y a l&#8217;amour de la mer et de son doux bruit, l&#8217;admiration de la nature, les jeux, et surtout : le Corsaire inconnu, un pirate qui laissa voilà plus d&#8217;un siècle un fameux trésor sur une île alentour, que le père d&#8217;Alexis convoite. Mais le bonheur ne peut durer indéfiniment, et Alexis grandit, son père meurt, et il décide de partir à la recherche du trésor du Corsaire inconnu. Il connaitra l&#8217;amour, avec Ouma, le désespoir, la folie, la nature, et même la guerre, sur le chemin de sa vie. Au final, notre héros aura mis trente ans à comprendre qu&#8217;il n&#8217;y a de trésor qu&#8217;au fond de soi, dans l&#8217;amour et l&#8217;amour de la vie, dans la beauté du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec ce roman, écrit dans un style extrêmement pur et envolé, très poétique, Le Clézio nous fait voyager dans le milieu toujours peu connu de l&#8217;insularité, il nous transporte dans cet univers plein d&#8217;une nature splendide, baigné par cette mer magnifique et infinie, si bien qu&#8217;il est difficile de lâcher le livre pour se résoudre à dormir.</p>
<p style="text-align: justify;">Autres livres de Le Clézio sur le Hangar : <a href="http://www.le-hangar.com/livres/le-proces-verbal-j-m-g-le-clezio" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Le Procès-verbal</span></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></p>
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		<title>Le bel ailleurs, par Angèle</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Nov 2009 16:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Angèle nous offre ici un très beau poème, qui vaut la peine d&#8217;être lu à vois haute car sa musique plaît aux oreilles, et ses mots nous emmènent au loin, dans nos songes. Le bel ailleurs Mes mots explosent Et s’envolent Tant de couleurs Tant de parfums Sur la varangue le soir La lune se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #888888;"><em>Angèle nous offre ici un très beau poème, qui vaut la peine d&#8217;être lu à vois haute car sa musique plaît aux oreilles, et ses mots nous emmènent au loin, dans nos songes.</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Le bel ailleurs</strong></span></p>
<p style="text-align: center;">Mes mots explosent<br />
Et s’envolent</p>
<p style="text-align: center;">Tant de couleurs<br />
Tant de parfums</p>
<p style="text-align: center;">Sur la varangue le soir<br />
La lune se lève<br />
Dans le ciel tendre<br />
Une goutte de sueur<br />
Je soupire</p>
<p style="text-align: center;">La clameur du village<br />
L’ylang odorant<br />
Les makis funambules<br />
Et la pirogue sereine.</p>
<p style="text-align: right;">Par Angèle.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Avis et critiques sont les bienvenus.</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>L’arret du coeur, par Isabelle Pin</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 18:00:50 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Une poésie, proposée par Isabelle, rythmée sur nos battements de cœur, qui se lit en un souffle. L&#8217;arrêt du cœur Trouble pour troubles Autant se jeter A Avancer Près du bord Le cœur battait Le cœur - Ainsi donc vous n’étiez pas morte Très chère ? Ainsi donc C’est curieux - Fort curieux Le cœur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #999999;"><em>Une poésie, proposée par Isabelle, rythmée sur nos battements de cœur, qui se lit en un souffle.</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;arrêt du cœur</span><br />
</strong></p>
<p style="text-align: center;">Trouble pour troubles<br />
Autant se jeter<br />
A<br />
Avancer<br />
Près du bord</p>
<p style="text-align: center;">Le cœur<br />
battait<br />
Le cœur<br />
- Ainsi donc vous n’étiez pas morte<br />
Très chère ?<br />
Ainsi donc<br />
C’est curieux<br />
- Fort curieux<br />
Le cœur pourtant reposait<br />
En son habitacle<br />
De verre<br />
Comme d’ordinaire</p>
<p style="text-align: center;">Le légiste<br />
Avait signalé<br />
L&#8217;arrêt<br />
hier</p>
<p style="text-align: center;">Mais il<br />
Battait encore<br />
Un coup<br />
Sur deux<br />
Un coup<br />
Sur trois<br />
Un coup<br />
Sur deux</p>
<p style="text-align: center;">Oui<br />
Le cœur battait<br />
En son habitacle de verre<br />
Comme d’ordinaire.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://www.myspace.com/alisarinecrimson" target="_blank">Isabelle Pin</a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Avis et critiques sont les bienvenus.</strong></p>
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