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Mardi 2 février 2010 Par Hazel dans Art pictural, Vos oeuvres

Du dualisme au sens cartésien, par Léonard Condémine


Léonard Condémine, 2ème année de classes préparatoires maths/physique trouve néanmoins la place dans son emploi du temps pour faire de la photographie. Et pas des clichés « juste comme ça »! Il prend le temps de choisir ses modèles et de s’appliquer sur chaque séance photo qu’il organise. Il nous livre dans cet article son point de vue général sur la photographie et plus précisément sur la condition du photographe, avec en prime quelques belles photos qu’il a réalisé.

Pour des raisons tant technologiques (avec la banalisation des appareils photo numériques, la production de matériel à très bas cout) que sociales (il peut paraitre plus facile de lire correctement une photo qu’une nouvelle, et puis ça prend moins de temps), la photographie a su se tailler une place primordiale dans le monde des médias, et de l’art de manière générale.
En bref, pour tout un chacun, faire des photos c’est devenu une habitude.

Mais être un photographe c’est autrement plus dur, d’abord parce que comme tout artiste (vs. artisan) sa condition n’est pas triviale; on a tôt fait d’écouter les autres et de ne plus faire ce qui nous plait mais ce qui plait.

Raymond Depardon ne fait pas partie de mes photographes préférés (sauf pour ses séries sur les paysans), mais il a compris beaucoup de choses concernant la photo et a su le dire en peu de mots : « Il faut aimer la solitude pour être photographe ». Une solitude qui est plus de l’ordre de l’errance éternelle que d’une exclusion d’ermite. Côtoyer ceux qui errent socialement, c’est un moyen de comprendre son errance intellectuelle…

Je vous propose ces quelques clichés de manière déconstruite, et en arrive donc au coté hautement lunatique du statut d’observateur de photographe, Yann Arthus Bertrand est très loin de mon idéal de l’artiste ou du militant, mais son expérience du photographe et de la photographie est intéressante : « en Photographie, ce n’est pas le photographe qui est important ». Je pense que c’est sur une petite explication de cette phrase que peut se conclure ma brève introduction: à n’être que derrière son objectif, le photographe semble disparaitre des mémoires, seul ses modèles se souviennent de lui en tant qu’être (plutôt qu’oeuvre).

Une blessure profonde dans l’égo du photographe est en fait la cause principale de ses tourments, Yann Arthus Bertrand a donc raison: l’on devient photographe quand on a accepté sa condition d’artiste invisible.
C’est donc bien un dualisme cartésien (corps/esprit) du XXIe siècle, c’est dans la reconnaissance et le sentiment d’exister que repose cette dualité entre le moi artiste et son égo.

Page Facebook des photos de Léonard Condémine (monsieur n’a pas encore son propre site, mais il y a un bon aperçu de son travail sur cette page ! Vous pouvez la consulter sans être « fan » ou même sans être inscrit sur Facebook)

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Lundi 25 janvier 2010 Par A. dans Art pictural, Concepts artistiques

Banksy, Wall and Piece (L’art Urbain, Pt 2)

Parler de graffiti est toujours chose difficile, encore plus lorsque l’on prend le partie de citer un graffeur comme artiste. Afin de pouvoir m’exprimer le plus librement sans pour autant me retrouver face à des mails injurieux, je vais essayer de clarifier certains points d’histoire et de vocabulaire.

Si le principe de graffiti existe depuis l’Empire Romain (il reste notamment des traces d’inscriptions murales à Pompéi) il renait aux alentours des années 60 / 70 à Philadelphie avant de s’expatrier à New York. Etroitement lié, dans un premier temps, aux gangs qui à l’aide de « Tag » (c’est-à-dire de signature) marquent leur territoire. Il devient peu à peu une composante de la culture Hip Hop, mode d’expression moins éphémère que le rap – qui n’est pas encore enregistré – ou la danse. Le métro est alors le lieu privilégié pour le tag. Si l’amalgame est souvent fait entre graffiti et tag, il faut savoir que le tag est un « genre » de graffiti se limitant à l’écriture du surnom du graffeur. Il est la forme originelle de ce qu’est le graffiti qui au fil du temps à su se développer. Ainsi, des techniques de plus en plus diverses ont vu le jour. Les fresques ont commençaient à faire leur apparition, ainsi que les divers styles de lettrages. A noter que, les buts des graffeurs peuvent être divers ; entre prise de risque, ou simple besoin d’exposition, les causes défendues peuvent être plus politiques, ou au contraire, le tag peut être détourné à des fins publicitaires (exemple de tag « Never hide » sur le pavé des rues commerçantes faisant la promotion d’une marque de lunettes de soleil…). C’est d’ailleurs car les convictions de ces artistes sont diverses, et parfois dignes d’intérêts (comme je l’ai déjà montré avec le photographe JR que l’on peut facilement rattacher à cette mouvance d’artistes de la ville) qu’il faut s’y arrêter et ne pas considérer le travail de ces gens seulement comme une nuisance.

Avec le temps est peu à peu apparue une forme de graffiti qui va nous intéresser plus particulièrement : le pochoir (stencil en anglais).

Pourquoi cette forme nous intéresse ? Je m’en vais vous introduire à un des graffeurs les plus influents des dernières années, ayant peint dans beaucoup de grandes villes du monde à l’aide de pochoir : Banksy.

Graffeur engagé, ses travaux sont pour la plupart satirique. Dans le recueil de ses œuvres majeures Wall and Piece, il parle de ses motivations. J’ai trouvé la réflexion intéressante car pertinente et loin du cliché du vandale écervelé. Si j’ai toujours eu une certaine attirance pour ce mouvement, je sais qu’un nombre important de personnes de mon entourage ne le comprennent pas. Banksy, d’un acte de vandalisme passe à un acte de résistance. Il explique, en introduction : “People who run our cities don’t understand graffiti because they think nothing has the right to exist unless it makes a profit, which make their opinion worthless. They say graffiti frightens people and is symbolic of the decline in society, but graffiti is only dangerous in the mind of three types of people; politicians, advertising executives and graffiti writers. The people who truly deface our neighbourhoods are the companies that scrawl giant slogans across buildings and buses trying to make us feel inadequate unless we buy their stuff”. (Les gens qui dirigent nos villes ne comprennent pas la culture du graffiti car pour eux, rien n’a le droit d’exister s’il ne fait pas du profit, ce qui rend leur avis sans intérêt. Ils dissent que les graffiti terrorisent la population et est un symbole du déclin de notre société, mais le graff est dangereux seulement pour trois genres de personnes : les politiques, les promoteurs publicitaires et les graffeurs. Ceux qui défigurent vraiment nos quartiers sont les compagnies qui étalent des slogans géants sur les buildings, les bus tentant de nous faire sentir mal à l’aise pour que l’on achète leurs produits.)

Le débat peut être lancé, quel mal est le plus violent entre la publicité à outrance et la coloration de la ville ? Le livre retrace de manière chronologique les œuvres de Banksy qui ira toujours un peu plus loin, jusqu’à détourner des œuvres d’art et les afficher dans des galeries de musées. Ses actions sont là pour dénoncer en grande partie les politiques sécuritaires qui sévissent en Angleterre, notamment le CCTV (un système de surveillance par caméra installé dans toute la ville de Londres). Il va même jusqu’à écrire des messages d’indépendance dans des enclos de zoos.

Une de ses œuvres est maintenant exposée au British Museum de façon permanente dans la section antiquité. Elle représente une pierre sur laquelle est dessiné à la manière des hommes préhistorique un homme poussant un caddie.
Inscrit dans leur temps, ces œuvres, plus ou moins éphémère sont des appels à la réflexion et la résistance à la porté de tous et compréhensibles par tous, ce qui fait pour moi, de Banksy un artiste universel.

Quelques œuvres :

What are you looking at ?

Banksy

Banksy détournement

Banksy animaux

CCCTV Banksy

Banksy

Site web : Banksy.

Autres articles sur l’art urbain :
- JR, Photographe Urbain (L’Art Urbain Pt 1)
- Musique et rue : du Slam au Rap en passant par la chanson fraçaise (L’Art Urbain Pt 3)

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Vendredi 8 janvier 2010 Par A. dans Art pictural, Concepts artistiques

JR, Photographe Urbain (L’Art Urbain, Pt 1)

Un appareil photo abandonné dans un métro. C’est comme ça que tout a commencé en 2001 pour JR. Alors loin de toutes connaissances en photographie, il semble toutefois que le jeune homme avait dès le début des idées larges, et surtout une idée fixe : celle d’exposer sur les murs de Paris. En grand. En très grand.

C’est ainsi que naît le projet 28 millimètres dont le nom vient de l’objectif utilisé par le photographe tout au long de cette série de portraits mettant en scène des jeunes de cité en train de faire des grimaces toutes de plus en plus ridicules. Affichées illégalement la nuit sur des façades, ce projet a pour but évident de caricaturer la peur du français moyen. Petit à petit, JR commence se construit une solide notoriété, étant notamment très proche avec le collectif indépendant Kourtrajmé qui commence lui aussi à faire parler de lui. Il commence alors à voyager, ne se limitant plus aux murs de Paris, allant afficher ses photos dans à peu près toutes les villes d’Europe. Afin de clore cette première étape, un premier livre parait quelque temps après, reprenant tous les portraits, agrémentés des témoignages des jeunes ayant posé et se voit convié au festival de la photographie à Arles.

JR, Photo braquage

JR, grimace

Jr, grimace rue

Mais déjà, JR est sur un autre projet. Visant plus grand encore, il réunie un Imam, un Rabin et un Prêtre afin de les faire poser, toujours sur le ton de la grimace et de la caricature dans un projet nommé Face 2 Face. L’objectif ? Affiché sur une large partie du mur encerclant la bande de Gaza ces photos. Afin d’agrémenter ces quelques portraits, il invite des jeunes Israéliens et Palestiniens dans des diptyques. Cette exposition rencontre un vif succès et surtout une forte médiatisation.

Jr face 2 face

Jr bande de gaza

Depuis, JR parcourt le monde. Son troisième projet nommé « Women are heroes » photographie les yeux de femmes du tiers monde. Ayant retapissé une favela de Rio de Janeiro de ces regards, mais aussi des bidonvilles Africains entre autre, il s’applique à ouvrir des centres culturels à l’intérieur de bidonvilles.

Jr brésil

Les sillons de la ville, son projet le plus récent mets en avant des personnes âgées, la plupart des expositions sur ce thème ont été faîtes en Espagne.

JR continue à afficher la nuit de moins en moins clandestinement ses œuvres mais toujours avec la volonté de toucher la plus grande partie de la population et d’apporter l’art dans la rue, et, en quelques sortes, le désacraliser. N’ayant pas quitté son objectif de 28 millimètres, ses portraits semblent toujours aussi palpable et puissant

La totalité de son travail est disponible sur son site web : JR-Art.

Autres articles sur l’art urbain :
- Banksy Wall and Piece (L’Art Urbain, Pt 2)
- Musique et rue : du Slam au Rap en passant par la chanson fraçaise (L’art Urbain Pt 3)

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Lundi 7 septembre 2009 Par Novembre dans Art pictural

Jan Saudek

La première fois que vous apercevez une œuvre de Jan Saudek, vous vous demandez si c’est une photo ou un tableau. En effet, ce photographe tchèque né en 1935, fait usage, pour la plupart de ses photos, d’un rituel technique très précis : reproduction en grand de ses clichés, coloriage à la main, puis nouvelle reproduction pour la version finale. Les photos de Saudek ne sont pas seulement des chefs d’œuvres de technique, ce sont aussi des images troublantes qui vous plongeront dans la gêne ou le dégoût, elles sont là pour choquer, pour vous provoquer, vous procurer une mixture de désir et de répugnance.

Alors bien sûr, la nudité est là, et bien souvent dans sa forme la plus dégueulasse : pleine d’aumônes sexuelles et de symboles religieux. Saudek, c’est presque du scandaleux, avec ses couleurs ternes, ses murs salis et ses saintes vierges en extase. C’est surtout une esthétique très soignée. Le book de Saudek est effroyable, deux centaines de pages à dormir les yeux ouverts, des photos qui choquent, qui vous prennent par les tripes, dont la nudité affreuse est entièrement révélée : ne le montrez pas à vos grands parents (j’ai fait cette erreur là).

Mais évidemment, provoquer une réaction, c’est un peu le but de l’Art; vous verrez que chez Saudek vous n’en manquerez pas. Pour tous ceux qui n’ont jamais vraiment été intéressés par la photographie, vous pouvez trouver chez cet artiste une alternative à la simple image, vous pourrez détourner votre regard de l’image en général, pour vous focaliser sur le symbole, mais vous pourrez aussi à l’inverse, omettre la symbolique pour vous concentrer sur le détail artistique, sur l’esthétique soignée. Mais il ne faut pas avoir peur d’être entre deux eaux : entre le tableau et la photo, le gênant et l’exaltant, le beau et l’ignoble.

Beaucoup de thèmes sociétaux sont abordés très clairement (pour une fois haha) par Saudek : l’homosexualité, le sexe, l’exhibitionnisme, le sadomasochisme, les rapports de couples, la mort et le suicide bien sur, l’adolescence sexuelle, la maternité et la paternité, mais on peut aussi voir des illustrations de la domination de l’URSS sur les pays de l’est, dont faisait partie l’actuelle République Tchèque (il faut garder en tête que Saudek avait déjà 55 ans lors de la chute du mur de Berlin). Souvenons-nous des idées conventionnelles de Staline à propos de l’art et nous comprendrons sous quel degré de désobéissance s’affirment les images de Jan Saudek.

Ne vous inquiétez pas ! On peut aussi voir de très belles images chez Saudek, beaucoup plus softs vers le début de ses recherches photographiques, pleine d’émotions et pas si choquantes que cela. Mais pour mieux vous en rendre compte, je vous invite à visiter son site officiel : www.saudek.com.

Pour ceux qui deviendraient rapidement amoureux de son art, vous pouvez acheter un de ses books que vous devriez trouver dans une bonne librairie.

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