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	<title>Le Hangar - Espace artistique &#187; littérature</title>
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		<title>Pagnol &#8211; La Gloire de mon père &#8211; Le Château de ma mère</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Nov 2011 18:24:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélusine</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Avant, quand j’entendais parler de Marcel Pagnol, je pensais aux films un peu kitch, à l’humour potache de Fernandel, au côté France profonde de mes grands-parents dont on nous rebat les oreilles sur France 3 pendant les vacances de Noël en multi-rediffusion. C’est donc sans grandes attentes que j’ai ouvert le premier tome de sa si célèbre autobiographie. Je ne m’attendais pas à un tel émerveillement. Un tel débordement d’amour.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://2.bp.blogspot.com/_DTDbRmRgXFU/SmrHldsMT1I/AAAAAAAAASE/zZCEi_SJMWU/s320/la+gloire+de+mon+p%C3%A8re.gif" alt="pagnol" width="168" height="256" />L’enfance de Marcel Pagnol est d’abord une déclaration d’amour à l’école. Son père, instituteur publique, prend son travail extrêmement à cœur dans une époque qui lutte encore contre l’influence de l’église dans l’éducation. Plus qu’une vocation, c’est une véritable dévotion qui le pousse, un sentiment, bien légitime à l’époque, que son travail lui permet de sauver des âmes, voire de sauver des vies.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une déclaration d’amour à ses collines marseillaises. <em>La Gloire de mon père</em>, c’est la gloire de chasseur que Joseph l’instituteur essaye d’acquérir, lui l’intellectuel qui vient de la ville. Dans une maison de vacance achetée de ses maigres deniers pour offrir à sa femme l’air pur qui manque à sa constitution fragile, meublée de bric et de broc, tout est bon pour devenir un vrai père de famille vacancier. Peu convaincant en tant que chasseur, il n’en est que plus attachant dans son éternelle opposition à son fanfaron de beau-frère. Hiboux grand-duc, sangliers, sources cachées, grottes secrètes, pièges, tout devient merveille.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une déclaration d’amour à l’enfance. Son insouciance, sa capacité à <img class="alignright" src="http://imados.fr/history/82/le-chateau-de-ma-mere_couv.jpg" alt="pagnol" width="161" height="247" />s’émerveiller de tout, sa liberté, ses yeux qui transforment la moindre bagatelle en véritable expédition, où tout se prend très au sérieux et en même temps prend les proportions d’un gigantesque jeu. C’est la réalisation du fantasme de s’enfuir dans les montagnes pour rester toujours en vacances. C’est sauter par la fenêtre pour aller à la chasse alors que Papa et Maman ont interdit d’y aller. C’est un petit frère tout fier de faire comme les grands. Ce sont des lettres truffées de fautes d’orthographe qui rassureront les plus complexés. C’est un château qui devient le lieu de toutes sortes de terreurs, de chiens enragés et de militaires au passé glorieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, c’est une déclaration d’amour à ses parents. A son père d’abord, que l’on devine un peu empoté, un peu rat de bibliothèque, mais auquel il voue une admiration sans borne, qu’il veut absolument suivre. Et à sa mère ensuite, fragile, délicate, douce, diaphane, la petite Augustine qu’il veut protéger, parce qu’il est aussi grand qu’elle, alors qu’il est encore un enfant. Qu’il est prêt à défendre contre les terrifiants chiens de la cour du château.</p>
<p style="text-align: justify;">Romancée, son autobiographie ? Je dirai plutôt féérisée avec les yeux d’enfant qui n’avaient pas besoin de console de jeu pour s’émerveiller tant la nature leur offrait le plus merveilleux terrain de jeu. Il a mis toutes ses plus belles étoiles dans ces pages, et rien que pour la chute à la fin du second tome, qui rappelle à quel point nous avons aussi besoin de cette douceur, je place ce livre parmi ceux chers à mon petit cœur de lectrice.</p>
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		<title>Dumas &#8211; La Reine Margot</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Nov 2011 20:42:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélusine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il est des personnages historiques que l’on croit connaître, alors que l’on ne connaît que leur double littéraire élevé au rang d’icône par un auteur populaire et classique à la fois. Alexandre Dumas est un de ces auteurs, puisqu’on lui doit un certain groupe de mousquetaire, ou encore le collier d’une reine tragique. Parmi ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.decitre.fr/gi/71/9782070359271FS.gif" alt="reine margot" width="226" height="380" />Il est des personnages historiques que l’on croit connaître, alors que l’on ne connaît que leur double littéraire élevé au rang d’icône par un auteur populaire et classique à la fois. Alexandre Dumas est un de ces auteurs, puisqu’on lui doit un certain groupe de mousquetaire, ou encore le collier d’une reine tragique. Parmi ces personnages devenus plus littéraires qu’historiques, la Reine Margot.</p>
<p style="text-align: justify;">Le roman commence avec son mariage avec Henri de Navarre. Marguerite de France, fille de la grande Catherine de Médicis et sœur du roi Charles IX qui la surnomme affectueusement Margot, épouse le chef de la communauté protestante pour essayer de calmer les tensions qui déchirent la France. Nous sommes en 1572, et même si ce mariage ne trompe personne, tous les Huguenots sont donc montés à Paris pour assister aux noces de leur roi, ce qui a le don d’exaspérer les catholiques. Entre les manigances de la reine Catherine et les intrigues de cour, tout va basculer, une nuit de Saint-Barthélémy…</p>
<p style="text-align: justify;">Et voilà Marguerite qui patauge dans le sang à peine ses noces prononcées. Consciente que son mariage a été vendu à d’obscures raisons politiques, elle passe une alliance avec Henri, son mari qui s’engage à ne jamais être son amant, si elle s’engage à ne pas le trahir. Et lorsque le massacre éclate, Margot voit son palais envahi de meurtriers et de victimes, jusqu’à ce qu’un homme enfonce sa porte : M. de la Mole, protestant, gravement blessé. Margot le cache, le sauve, le soigne. Et en tombe amoureuse. Amoureuse comme une adolescente, qui badine, qui sort en cachette pour voir son amoureux, qui lui fait passer des messages secrets dans une intrigue toute romanesque.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Henri, en revanche, les choses sont moins simples, car sa vie est menacée en permanence. Car il faut être honnête : en déclenchant le massacre qui répand les cadavres dans tout Paris, Catherine vise avant tout ce répugnant huguenot qu’elle a été contrainte de marier à sa fille. Mais par une succession de coup du sort, Henri ne sera jamais là où le couperet de Catherine tombe. Il ne sera pas parmi les morts de la Saint-Barthélémy. Qu’à cela ne tienne, elle empoisonne jusqu’au rouge à lèvre de sa maîtresse pour l’atteindre. Mais Henri se dérobe toujours, sur le fil. Dans le nid de vipère qu’est la cour de France, le poison et les arquebuses parlent plus franchement que les bouches. Il ne peut faire confiance à personne, à part peut-être Margot, qui a déjà tout perdu sauf son bien-aimé Huguenot réchappé par miracle, en sursis dirons-nous…</p>
<p style="text-align: justify;">Immortalisée dans sa robe ensanglantée par Isabelle Adjani qui souffle le glaciale et le passionné avec brio, reine sanglante et femme sacrifiée sur l’autel de la raison d’état, Margot est ici l’héroïne d’une parenthèse de bonheur personnel au cœur d’une des périodes les plus sombres où la France a réussi à se mutiler elle-même. Un roman historique qui donne au genre toutes ses lettres de noblesse tant il sublime à la fois l’histoire de France et l’histoire d’une femme.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://images.allocine.fr/medias/nmedia/18/35/57/10/18861216.jpg" alt="reine margot adjani" width="360" height="240" /></p>
<p> Autres livres d&#8217;Alexandre Dumas sur le Hangar : <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/dumas-joseph-balsamo" target="_blank">Joseph Balsamo</a>, <a href="http://www.le-hangar.com/?p=2774" target="_blank">Les mille et un fantômes</a>, <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/les-trois-mousquetaires-alexandre-dumas/" target="_blank">Les trois mousquetaires</a></p>
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		<title>Oates &#8211; Les chutes</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Sep 2011 11:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gouttesdo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Presque intimidant, le renom de cette romancière… Joyce Carol Oates a conquis l’aura d’un mythe des Lettres Américaines depuis lurette et sa production est foisonnante. C’est dire qu’avant même d’en lire la première ligne, j’attendais beaucoup de ce roman, Les Chutes, paru en 2004 aux USA, et reconnu d’emblée comme son meilleur ouvrage. En France, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/09/leschutes.jpg"><img class="size-full wp-image-3399 alignleft" style="margin: 5px;" title="leschutes" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/09/leschutes.jpg" alt="" width="230" height="381" /></a>Presque intimidant, le renom de cette romancière… <strong>Joyce Carol Oates</strong> a conquis l’aura d’un mythe des Lettres Américaines depuis lurette et sa production est foisonnante. C’est dire qu’avant même d’en lire la première ligne, j’attendais beaucoup de ce roman, <span style="text-decoration: underline;">Les Chutes</span>, paru en 2004 aux USA, et reconnu d’emblée comme son meilleur ouvrage. En France, le prix Femina 2005 a salué sa parution , traduction assurée par Claude Seban.</p>
<p style="text-align: justify;">Le roman est dense cependant, et le ton donné dès le début sonne comme morbide. Ami lecteur ne détourne pas les yeux pour autant de l’ouvrage, car l’art de l’écrivaine transforme ce sinistre présage en une matière vivante et tourbillonnante, qui happe l’attention et les sensations jusqu’au bout de ce vertigineux récit.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec un savoir faire étourdissant,   Joyce Carol Oates nous convie à suivre le destin sinueux d’une femme qui se sait « damnée ».<br />
Nous sommes dans les années cinquante d’une Amérique conventionnelle et bien pensante. Sur le point  de devenir  vieille fille, la timide Ariah  Littrell  est mariée par ses parents pasteurs au jeune révérend Erskine, l’un des leurs, jugé prometteur.  Musicienne sensible mais introvertie, Ariah se serait volontiers coulée dans ce moule convenu, si son jeune époux n’avait choisi les Chutes du Niagara pour porte de sortie d’une relation qu’il ne pouvait pas assumer. Frappée de stupeur, Ariah devient la veuve blanche, à la recherche éperdue du corps de son époux.  Tandis qu’un jeune avocat noceur et sans scrupules se joint aux recherches et tente d’assister la pauvre veuve sitôt épousée. Irrationnellement attiré par son contraire, Dirk Burnaby tombe amoureux de ce spectre blanc.</p>
<p style="text-align: justify;">De ce mariage improbable, Ariah se travaille pour en accepter un temps le bonheur et sa réalisation par la naissance des enfants. Le couple s’établit malgré les appréhensions d’Ariah, qui  ne se départit pas de sa prémonition de damnation. Elle attend tellement les semonces du destin qu’elle éduque ses enfants dans la défiance et le repli. Jusqu’au jour où elle se persuade que Dirk la trompe avec la femme en noir…  Drapée dans son orgueil et son fatalisme, elle ne pourra jamais admettre que « cette femme en noir » que défend son mari est à son image, une victime de la société. Tandis que Dirk se lance dans la défense  de la première victime des lobbies industriels à relever la tête et tenter un combat judiciaire contre la pollution et la corruption. Au lieu d’aider son mari dans ce combat qui pourrait être le sien également, Ariah le rejette et interdit à ses enfants de connaître et de reconnaître leur père, même après sa tragique disparition. Ariah pourtant, ne pourra pas empêcher ses garçons adultes de s’émanciper de sa vision restrictive…</p>
<p style="text-align: justify;">Les thèmes forts qu’aborde Joyce Carol Oates  dans ce roman confèrent à l’ouvrage un intérêt qui dépasse le destin de cette femme entêtée et rigide. À priori, Ariah n’a rien de l’héroïne qu’on reconnaît comme une sœur, une amie. Elle peut même apparaître antipathique dans sa rigidité psychologique. Mais l’auteur a pris soin de dépeindre d’abord  son personnage dans sa rébellion contre le sort, contre le rigorisme du milieu étriqué et conventionnel dans lequel elle a été élevée, et dès lors, son évolution nous touche. Nous sommes amusés et enthousiasmés de la découvrir en  amoureuse sensuelle quand elle rencontre  Dirk, par exemple. Puis attristés et peinés quand la suspicion referme son indulgence. L’auteur parvient à  nous attacher à ce caractère revêche mais pugnace. De son affrontement à sa redoutable belle-mère Claudine et ses hypocrites belles-soeurs, autres représentantes d’une société stratifiée par les usages et les codes élitistes, nous ressentons une véritable jubilation sardonique :</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>«  Ariah souriait dans une nappe de brouillard qui s’était introduite dans la pièce on ne sait comment. Elle flottait sur les objets, dont elle masquait les formes. Elle avait le goût de la brume humide et froide au pied des Chutes.</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em>- Oh bonté divine ! Dirk n’arrête pas de voir des femmes, Clarisse. Il aurait du mal à faire autrement non ? Avec ses yeux ? Ariah rit, le son que pourrait émettre un poulet dont on tord le cou. «  Qu’est-ce que cela a d’in…in…habituel ? » (extrait p 255)</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Mais le roman ne saurait se limiter à un combat individuel d’une femme contre l’Amérique et ses faux-semblants. Dès que Dirk Burnaby accepte de rencontrer la femme en noir, un second souffle vient renforcer et ouvrir l’intrigue. L’auteur ne fait plus seulement le procès de l’une ou l’autre facette du conformisme, Joyce Carol Oates monte à l’assaut des démons de l’Amérique : politique,   force des lobbies, corruption des institutions autant que des personnes. On en vient à oublier le combat d’Ariah et à rejeter ses arguties sclérosantes.</p>
<p style="text-align: justify;">La bonne surprise vient alors de la génération suivante et l’on découvre avec un intérêt renouvelé que J C Oates n’est pas si pessimiste qu’on l’avait cru… Évidemment, les fils et la fille d’Ariah et de Dirk ne peuvent pas mener une existence sereine, malmenés dès la tendre enfance par la misanthropie de leur mère et la mystérieuse disparition d’un père dont on ne peut même pas prononcer le nom. La dernière partie du roman cependant est consacrée aux forces vives qu’ils vont parvenir à mettre en œuvre pour lutter contre la noirceur du destin, au point qu’on se demande s’il n’y a pas là quelque mystification de bon aloi.</p>
<p style="text-align: justify;">Les intrigues solidement établies et les personnages suffisamment intrigants, voilà déjà posés les ressorts essentiels d’un Bon Roman.  Mais il me semble que l’Art de Joyce Carol Oates se sublime par la manière exceptionnelle dont elle convoque la Nature pour traduire la confusion des sentiments. Les Chutes deviennent indispensables à traduire le bouillonnement dangereux des frustrations, l’attrait irrésistible de l’abîme  qui happe les désespoirs et la noirceur des crimes, telle cette  présentation lyrique et étourdissante dressée dans les premières pages du récit (p 19 de l’édition points) :</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">« À bout de souffle, au bord de l’étourdissement, le gardien courut, boitant, criant après l’inconnu qui se dirigeait sans hésitation vers la pointe sud de la petite île, Terrapin Point, à la verticale des Horseshoe Falls. L’endroit le plus dangereux de Goat Island, en même temps que le plus beau et le plus envoûtant. Là, les rapides sont pris de frénésie. Une eau bouillonnante, écumeuse, fuse à cinq mètres dans les airs.  Aucune visibilité, ou presque. Un chaos de cauchemar. Les Horseshoe Falls sont une gigantesque cataracte de huit cents mètres de long, trois mille tonnes d’eau se précipitent chaque seconde dans les gorges. L’air gronde, vibre. Le sol tremble sous vos pieds. Comme si la terre même commençait à se fendre, à se désintégrer, jusqu’à son centre de fusion. Comme si le temps avait cessé d’être. Qu’il ait explosé. Comme si vous vous étiez approché de trop près du cœur furieux, battant, rayonnant, de toute existence. Là, vos veines, vos artères, la précision et la perfection minutieuses de vos nerfs se désintégreront en un instant. Votre cerveau, dans lequel vous résidez, ce réceptacle unique de votre moi, sera martelé jusqu’à être réduit à ses composants chimiques : cellules grises, molécules, atomes. Toute ombre et tout écho de souvenir abolis. »</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Remarquable chef d’œuvre qui donne le vertige et  dont le lecteur s’arrache à grand peine…</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les Chutes , Joyce Carol Oates</em><br />
<em>Éditions Points.</em><br />
<em>Prix Femina étranger 2005</em><br />
<em>ISBN : 978.2.7578.0089.8</em><br />
<em>Note : 9/10</em></p>
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		<title>Bram Stoker &#8211; Dracula</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Jun 2011 19:37:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélusine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avec tous ces vampires aseptisés qui inondent l’actualité culturelle, on a tendance à se contenter de cette image romantique et de l’appliquer à tous les autres modèles du genre, en particulier au devenu mythique Dracula. Oui, sauf qu’à la base, Dracula est un roman de Bram Stoker, un Irlandais mort en 1912, contemporain de R. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 5px;" src="http://img.over-blog.com/150x240/1/14/42/38/Livres/Livres-2008/Stoker-Dracula.jpg" alt="couv" width="149" height="240" />Avec tous ces vampires aseptisés qui inondent l’actualité culturelle, on a tendance à se contenter de cette image romantique et de l’appliquer à tous les autres modèles du genre, en particulier au devenu mythique Dracula. Oui, sauf qu’à la base, <em>Dracula</em> est un roman de Bram Stoker, un Irlandais mort en 1912, contemporain de R. L. Stevenson et d’Oscar Wilde. Et on est bien loin du bellâtre mystérieux que l’on a en tête maintenant.</p>
<p style="text-align: justify;">Le roman s’ouvre sur le journal de Jonathan Harker, un jeune clerc de notaire britannique qui se rend chez un certain comte Dracula, noble de Transylvanie, une région de la Roumanie pour affaire. La région qu’il traverse est sombre, les gens semblent terrifiés d’apprendre sa destination, mais cette âme peu superstitieuse ne se laisse pas déstabiliser. Lorsqu’il arrive au château, il ne tarde pas à s’apercevoir que les craintes des villageois sont fondées. Des loups tournent sous les fenêtres, semblant obéir au maître des lieux. Il ne se reflète pas dans les miroirs. Jonathan Harker (et nous aussi bien sûr) commence à se demander s’il ne perd pas un peu la tête et s’il n’est pas en train de se laisser contaminer par l’ambiance des lieux. Notamment lorsqu’il affirme avoir vu le comte sortir par une fenêtre et descendre le mur en y rampant tel une araignée.</p>
<p style="text-align: justify;">De réponses évasives en nouvelles exigences du comte, Jonathan Harker comprend que son hôte cherche à le retenir, et se sent de plus en plus prisonnier. Une nuit, dans un demi-sommeil, il voit entrer dans sa chambre trois femmes qui grimpent sur le lit et le couvrent de caresses et de baisers de plus en plus pressants… Lui-même est prêt à céder à ces lèvres avides et ce n’est que l’intervention du comte qui les empêche d’aller au bout de leurs desseins.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/64/49/73/18887516.jpg" alt="dracula coppola" width="260" height="173" /></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: xx-small;">Keanu Reeves (John Harker) et Gary Oldman (Dracula) dans l&#8217;adaptation de Francis Ford Coppola</span></p>
<p style="text-align: justify;">L’angoisse de Jonathan devient palpable dans les pages de son journal, et lorsqu’il s’interrompt brutalement, nul besoin d’être devin pour comprendre qu’il a dû lui arriver quelque chose.</p>
<p style="text-align: justify;">Pendant ce temps, en Angleterre, Mina Murray, la fiancée de Jonathan, trompe son ennui en tenant compagnie à son amie Lucy. Nous l’apprenons par le journal de Mina, et par les lettres qu’elle échange. Vous l’aurez compris : ce roman est une compilation de documents divers qui composent touche par touche l’histoire au fur et à mesure. Et si Mina semble une parfaite jeune fille victorienne, toute en retenue et en vertu, Lucy semble plus disposée à la galanterie. Il faut dire qu’elle est courtisée par pas moins de trois prétendants, qui attendent qu’elle décide à qui elle accordera sa main. L’un d’eux, Jack Seward, est psychiatre et suit dans son hôpital un déséquilibré mental qui affirme attendre l’arrivée de son maître et demande à ce qu’on lui fournisse de petits animaux pour le plaisir de les voir mourir… Les trois amoureux transits se rassemblent autour de Lucy lorsqu’elle commence à souffrir d’un mal étrange : insomnies, somnambulisme, grande faiblesse. Mina elle-même témoigne des terrifiantes crises nocturnes de sa compagne. Au désespoir, Jack Seward fait intervenir le docteur Van Helsing, spécialiste des maladies paranormales. Son verdict est sans appel : Lucy est victime d’un vampire, et il faut immédiatement l’entourer de fleurs d’ail et la transfuser, sous peine de la voir mourir, voire pire. C’est alors qu’on apprend que l’on a retrouvé la trace de Jonathan Harker, recueilli très affaibli dans un monastère. Et que le comte Dracula vient d’arriver à Londres.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://watuzee.com/wp-content/uploads/2011/04/Nosferatu1979.jpg" alt="nosferatu" width="226" height="150" /></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: xx-small;">Klaus Kinski (Dracula) et Isabelle Adjani (Lucy Harker, mélange des deux héroïnes) dans l&#8217;adaptation de Werner Herzog</span></p>
<p style="text-align: justify;">Alors évidemment, ce roman regorge de tous les clichés que les films d’horreurs ont abondamment repris depuis. Si en plus vous avez vu <em>Le Bal des Vampires </em>de Polanski, vous trouverez ce livre épouvantablement drôle : aucune surprise quant aux méchants ni aux gentils, une belle jeune fille pure et amoureuse, un spécialiste qui vient sauver tout le monde. L’intrigue respecte donc une structure très classique. La grande originalité réside dans sa forme qui oscille entre roman épistolaire, journal intime et témoignage sous diverses formes (rapport de police, rapports médicaux). Et puis surtout, il y a ces scènes, qui même si elles sont attendues et sans grande surprise, sont toujours efficaces. Les délires du malade mental littéralement possédé par Dracula, qui instillent un malaise certain. Les délires de Jonathan Harker, prisonnier dans le château puis hanté par le souvenir de ce qu’il y a enduré et que nous ne saurons jamais avec certitude puisqu’il est incapable d’en rendre compte. Les délires de Lucy, auxquels nous assistons par les yeux de Mina. En un mot, tous ces personnages qui ne se maîtrisent plus, ce fantastique primaire qui voudrait nous rassurer en nous disant que c’est ce trop connu Dracula avec son lot de cliché, mais qui nous maintient dans l’apparence de la folie et dans la perpétuelle absence de l’intéressé.</p>
<p style="text-align: justify;">Le roman <em>Dracula</em>, c’est le roman d’un fantôme, qui parvient à vous atteindre par-delà les océans, qui a des yeux et des mains sur vous-même alors qu’il brille par son absence, et dont les méfaits sont parfaitement pris en charge par les médecins qui les cataloguent dans une folie bien commune.</p>
<p>Classique, oui. Mais efficace.</p>
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		<title>Malaparte &#8211; La Peau</title>
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		<pubDate>Mon, 23 May 2011 11:47:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hazel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Si la Seconde Guerre était véritablement mondiale&#8230; alors dans ce livre il y a toute l&#8217;horreur et toute la beauté du monde. C&#8217;est dur à lire. Non pas à cause du vocabulaire difficile, de l&#8217;histoire impossible à suivre, non, rien de tout cela. Ce livre est dur à lire car c&#8217;est un scandale, c&#8217;est tout [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/05/peau.jpg"><img class="size-full wp-image-3156 alignleft" style="margin: 5px;" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/05/peau.jpg" alt="" width="260" height="427" /></a>Si la Seconde Guerre était véritablement mondiale&#8230; alors dans ce livre il y a toute l&#8217;horreur et toute la beauté du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est dur à lire. Non pas à cause du vocabulaire difficile, de l&#8217;histoire impossible à suivre, non, rien de tout cela. Ce livre est dur à lire car c&#8217;est un scandale, c&#8217;est tout simplement un scandale de parler des cadavres de la guerre en putréfaction, des enfants napolitains de huit ans qui se prostituent pour du chocolat, du marché des esclaves noirs, des Italiens qui se font tuer par des Italiens, des vierges qui exposent leur virginité aux soldats américains pour un malheureux dollar, des hommes crucifiés en Ukraine sur des troncs d&#8217;arbres, de l&#8217;explosion du Vésuve dont les laves engloutissent des hordes entières d&#8217;hommes, d&#8217;enfants et de femmes. C&#8217;est un scandale d&#8217;en parler avec une telle&#8230; beauté.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai englouti les pages, chaque page. J&#8217;ai lu avec un désir avide le malheur de tout un peuple dont l&#8217;âme était morte, un peuple qui mourrait sous les bombardement, d&#8217;un peuple qui se vend pour des cigarettes, d&#8217;un peuple qui a eu le malheur de se voir exterminer par à la fois les fascistes, les nazis, les américains et le volcan. J&#8217;ai lu tout ceci avec un plaisir atroce et immense, parce que c&#8217;était aussi répugnant, honteux, désolant que splendide.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plus horrible c&#8217;est que <em>La Peau</em> est un roman autobiographique. Et on se demande comment peut-on vivre à mi-chemin entre l&#8217;abomination de la guerre et ces magnifiques paysages italiens qu&#8217;il ne se lasse jamais de décrire, dans toute leur rage et dans toute leur majesté. Curzio Malaparte est né en 1898 et à seize ans, fuyant son collège, il s&#8217;engagea volontairement dans l&#8217;armée française. Il a vu et subi les deux guerres, et a eu une vie tumultueuse et remplie de fantaisie et d&#8217;épouvante, je vous invite vivement à ce sujet à lire<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Curzio_Malaparte" target="_blank"> l&#8217;article le concernant sur la page Wikipédia</a> qui est relativement court mais qui donne une très bonne vision de ce personnage aux multiples facettes, toutes brillantes les unes plus que les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour en revenir à <em>La Peau</em>, je ne saurais pas vraiment quoi dire. Organisé en une douzaine de chapitres qui ne peuvent former qu&#8217;un puzzle complet dans leur totalité &#8211; bien que pouvant être prises à part, l&#8217;image n&#8217;est complète que lorsqu&#8217;on achève la dernière page &#8211; , le livre raconte à travers des prodigieuses images et métaphores ce que les gens ne voulaient pas entendre de la guerre. Le livre fut publié en 1949, dérangea, indigna et dérange et indigne encore. Parce qu&#8217;on y mange des sirènes, parce que les femmes se font belles et blondes pour se vendre aux soldats noirs des USA, parce que des communistes homosexuels organisent des rituels mimant l&#8217;accouchement.</p>
<p style="text-align: justify;">Je voudrais conseiller ce roman à tout le monde car il se situe à la frontière de l&#8217;indicible et du merveilleux. C&#8217;est laid et magnifique en même temps et la sensation qui nous est laissée au fil des pages et tout simplement inexprimable, c&#8217;est pour cela donc qu&#8217;il faut le lire à chacun.</p>
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		<title>Lagarce – Le voyage à la Haye</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Dec 2010 11:00:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>non-inscrit</dc:creator>
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		<description><![CDATA[“Le jour suivant, je me suis levé, c’était le jour de mon anniversaire. Cela ne me fit aucune impression. J’avais trente-septs ans, je me suis juste dit ça. Aucun des autres ne m’appela, pas même A. mais je n’en fus pas triste, cela n’avait pas d’importance, de nombreuses années déjà que cela n’en avait plus, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/haye.jpg"><img class="size-full wp-image-2660 alignleft" style="margin: 5px;" title="haye" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/haye.jpg" alt="" width="237" height="329" /></a>“Le jour suivant, je me suis levé, c’était le jour de mon anniversaire. Cela ne me fit aucune impression. J’avais trente-septs ans, je me suis juste dit ça. Aucun des autres ne m’appela, pas même A. mais je n’en fus pas triste, cela n’avait pas d’importance, de nombreuses années déjà que cela n’en avait plus, j’étais encore enfant, cela ne me concernait pas.”</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le voyage à la Haye est une plongée tranquille d’un instant dans un instant. Le cheminement d’un acteur percé. Aucune fin aucun début dans ce livre, une simple immersion dans la réalité d’un homme, on devient ses yeux, sa conscience, on chemine avec lui le bout d’un instant, un homme détaché, que rien ne semble atteindre et qui est pourtant atteint de tout, vie malade, vie détachée. Ce qui est marquant c’est la simplicité et l’écart entre le ton des paroles et ce qu’il décrit. Le détachement, voilà ce qui est marquant. La beauté de la vie ? Ou simplement peut-être sa simplicité, son effroyable simplicité parfois. Beaucoup du pudeur, aucune complaisance dans le malheur, rien que la réalité décrite avec la simple brutalité de son son œil aiguisé, traquant les situations du quotidien, les malmenant jusqu&#8217;à en détacher la quintessence de l’effroyable, celle de l’absurde. Absurdité de l’existence, des caractères et pourtant beauté, beauté absurde et délicate de cette vie qui s’enfuit qui s’évapore, qui se détache de cette enveloppe malade.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">“On m’a opéré très vite, le lendemain, entre deux opérations plus graves, glissé là, ce qu’on m’a dit. On a voulu à tout prix que je parte dans un fauteuil roulant, en pyjama malgré le froid, traversant la cour, bringuebalé par un type en blouse blanche. J’ai été abandonné une heure dans un bout de couloir et ensuite, on m’a conduit au bloc opératoire après m’avoir affublé de sacs poubelles bleus et jaunes, les pieds, le corps, la tête, j’avais l’air d’un imbécile, il ne faut pas lutter. Une sorte d’infirmière naine très rieuse est venu et m’a préparé, elle m’a dit ça, je vais vous préparer et lorsque j’ai été bien attaché à la table, sous la lampe, un drap en plastique me cachant la poitrine et se relevant au-dessus de mon visage, le chirurgien est venu, sans même me dire un mot, rien, robot, prenant soin d’atteindre la table par l’autre côté, que je ne puisse même le voir. Je vois juste la naine qui me demandait si ça allait, je répondais que ça allait et je ne voyais rien du type. J’attendais. Je savais qu’il me découpait, qu’il ouvrait ce coin-là de ma poitrine, j’entendais les outils métalliques tomber dans une bassine, j’essayais de deviner où il en était, la progression des scalpels, la grandeur de l’entaille, je ne sentais rien, je restais calme, ce que la naine ne cessait de me dire, de rester calme et je me disais que je l’étais. A partir de ce jour-là, je pensais cela, à partir de ce jour-là, j’aurais en moi ce système, métal et plastique, et la maladie se sera définitivement installée, organisée, là comme chez elle.”</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être que c’est ça le style Lagarce. Un Lagarce à la mode, on joue ses pièces de théâtre dans les milieux branchés de la boboïtude parisienne. Il fascine encore, Largace murmure, Lagarce plait. Et c&#8217;est peut-être, l’amer, la description détachée, sans implication et pourtant cette dénonciation innocente et simple sans venin, des attitudes, des hypocrisies, des colères sans sens. De la simplicité et du non sens de la condition humaine, de l’existence et du vécu. Tout se déroule comme si cet homme était spectateur de sa propre mort, on ne connait pas son nom, on dérive dans une vie entouré de “A.” de la belle inconnue qu’il rencontre, de ce Bel Antoine et son sourire timoré annonciateur de malheur.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">“J’ai commandé un couscous royal dont il était évident que je n’arriverais pas à terminer et un dessert à l’orange. Elle a bu du vin. C’était bien. nous avons parlé beaucoup, je lui ai raconté ma semaine, à peu de chose près, en m’arrangeant des détails.”</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Récit marquant, amer qui laisse songeur par sa rapidité et sa force. Style brutale, âpre, dépouillé, empli de récurrence, un récit qui se cherche, une pensée de répétition, de retour arrière. Et la fin qui se glisse souplement, un nouvel épisode du récit, d’une utilité moindre, comme tout, économe, le passage d’une vie, une fin. Et on en reste là, pantois, troublé, abasourdis, désenchanté, accroché au maigre livre comme accroché à cette vie qu’on aurait aimé saisir, bousculer et sauver. La vie de cet homme à la fois l’objet d’un monde qu’il ne maitrise pas et spectateur de cet objet.</p>
<p style="text-align: justify;">Un ovni dans le cru Lagarce.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par </strong><strong>Matta</strong></p>
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		<title>Kundera &#8211; La vie est ailleurs</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Dec 2010 11:00:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est la deuxième fois que je referme un livre de Milan Kundera, et à chaque fois c&#8217;est la même histoire. Que ce soit pour L&#8217;insoutenable légèreté de l&#8217;être ou La vie est ailleurs, on se retrouve là, traumatisé par ce que l&#8217;on vient de lire, près à tout remettre en question, à revoir sa vie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://ventanasur.files.wordpress.com/2010/11/la-vie-est-ailleurs.jpg" alt="" width="273" height="444" />C&#8217;est la deuxième fois que je referme un livre de Milan Kundera, et à chaque fois c&#8217;est la même histoire. Que ce soit pour<em> </em><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;insoutenable légèreté de l&#8217;être</span> ou <span style="text-decoration: underline;">La vie est ailleurs</span>, on se retrouve là, traumatisé par ce que l&#8217;on vient de lire, près à tout remettre en question, à revoir sa vie de fond en comble.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette fois-ci, on suit l&#8217;histoire de Jaromil, de sa conception à sa mort. L&#8217;histoire se passe à Prague, avant pendant et après la seconde guerre mondiale.</p>
<p style="text-align: justify;">Jaromil est poète. Et comment peut-on être poète dans une dictature ? Les idées n&#8217;y sont jamais libre. Il faut dire que Jaromil n&#8217;est jamais libre. Etouffé par l&#8217;amour de sa mère qui le suit partout, dans sa démarche jusqu&#8217;au lit des femmes. Etouffé par les idéologies, les slogans du parti Communiste. Etouffé par ce père qu&#8217;il n&#8217;a pas connu. Etouffé par son amour pour une fille qu&#8217;il ne trouve pas belle. Etouffé par sa vision étriquée du monde&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Le livre est égocentrique, puisque Jaromil est égocentrique. Introspection, et partage d&#8217;une vision du monde faussée par les yeux d&#8217;un poète bien trop naïf et bien trop possessif. Le ton du narrateur se fait souvent moqueur vis-à-vis des protagonistes, accentuant le grotesque et le pathétique de leur choix. La cinquième partie tentant, par un procédé purement littéraire, de rétablir une certaine forme de réalité dans l&#8217;histoire : la narration se place trois ans après la mort du poète. On y retrouve sa fiancée, et la vie qu&#8217;elle mène dorénavant.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">La vie est ailleurs</span> parle de l&#8217;adolescence, de la formation d&#8217;un homme et de la cruauté qui l&#8217;accompagne. La pression, sans doute, qui force le poète à être une arme. Une arme de propagande, un cerveau que l&#8217;on apprend à laver, mais sans pour autant brusquer parce qu&#8217;intellectuelle. Ainsi, Jaromil devient le parfait militant. Et lorsqu&#8217;on le confronte à un passé qu&#8217;il a renié, il s&#8217;en retrouve humilié. Une certaine forme de haine sourde, et parfois inexplicable, semble se dégager du personnage, qui cherche en vain à vivre.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, comme le titre l&#8217;indique : la vie n&#8217;est pas là. Elle se trouve sur des barricades inexistantes dans cette révolution qui n&#8217;en est pas une. Dans la vie de Xavier, ce personnage aventureux qu&#8217;il invente, ce personnage à qui il voudrait ressembler. La vie est hors de sa chambre d&#8217;enfant, hors de son amour. La vie est hors de sa vie. Et cette recherche est mise en parallèle avec celles de nombreux poètes. Ainsi, Kundera s&#8217;inspire, cite, des évènements de la vie de Rimbaud, Shelley, Lermontov, Neruda&#8230; Ce procédé fait de Jaromil un poète indiscutable, et met aussi en avant une certaine forme de fatalité : le poète doit mourir dans les bras de la femme qui l&#8217;a élevé, le poète doit mourir.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai trouvé difficile de se prendre de sympathie pour Jaromil qui m&#8217;a semblé antipathique une bonne partie du livre. Sa soif de réussite, son mépris pour les autres, sans jamais se considérer, lui, tel qu&#8217;il est (malgré ses longues observations dans la glace, malgré ses autocritiques) en font un frustré. Frustration qui sera clairement exprimée dans le livre. La psychologie des personnages reste, toutefois, complexe et cohérente et c&#8217;est un réel point fort du livre.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme j&#8217;ai dit, la lecture de ce livre laisse pantois. On est prêt à tout reconsidérer, et ce livre touche quelque part à l&#8217;universel. Un universel renforcé par la présence de similarités entre la vie de plusieurs poètes (similarités sans doute fortuites, mais qui semblent probantes dans a narration). Ce besoin d&#8217;ailleurs à l&#8217;âge de l&#8217;adolescence est, de plus, un sentiment partagé par tout un chacun alors que nous ne vivons même pas sous le joug de la dictature.</p>
<p style="text-align: justify;">La mort, brève, du poète referme l&#8217;histoire ; achevant censément l&#8217;histoire. Mais pourtant quelque chose subsiste : tous ces poèmes écrits et qui tomberont dans l&#8217;oubli une fois la dictature achevée. Tous ces poèmes écrits seulement pour une mère, et pour personne d&#8217;autre.</p>
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		<title>Chédid (Andrée) – Les quatre morts de Jean de Dieu</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Dec 2010 11:00:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gouttesdo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dernier ouvrage en date d’une très grande Dame de la littérature francophone, Les quatre morts de Jean de Dieu relate le destin d’un homme simple, enfant des métamorphoses de son temps, dont le parcours est magnifié par sa propre vision du monde. À sa manière bien particulière, Andrée Chedid donne à son personnage une dimension [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 5px;" src="http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782081233515.jpg" alt="" width="200" height="324" />Dernier ouvrage en date  d’une très grande Dame de la littérature francophone, <span style="text-decoration: underline;">Les quatre morts de Jean de Dieu</span> relate le destin d’un homme simple, enfant des métamorphoses de son temps, dont le parcours est magnifié par sa propre vision du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">À sa manière bien particulière,  Andrée Chedid donne à  son personnage une dimension emblématique des bouleversements du siècle précédent : Jean de Dieu naît dans les années vingt au sein d’une famille bourgeoise madrilène. Il reçoit une éducation très catholique comme il se doit, mais son passage au collège jésuite affine ses capacités de jugement et développe son sens du libre-arbitre. Ainsi formé, Jean de Dieu est prêt à affronter les turbulences du Frente Popular, de l’exil, de l’adaptation à son nouveau pays… Des amitiés  décisives orientent ses prises de conscience et l’aident à fonder ses certitudes. Jean de Dieu est un homme de conviction, un homme honnête parce qu’il n’acceptera jamais de transiger avec sa conscience, un homme droit et fidèle à ses idéaux autant qu’à l’amour d’Isabelita, la femme de sa vie avec qui il fonde une famille.<em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">«  La première mort de Jean de Dieu s’était produite insidieusement, en suintant par étapes, à petits pas, comme une lente et mystérieuse hémorragie. Sa religion s’était évaporée, pudiquement, en silence, sans grande douleur. Au début, les autres n’avaient pas remarqué  la disparition de sa foi catholique. Lui-même n’en ressentait pas son absence. Comme le cancéreux qui ne constate la présence de sa tumeur que des années après que les premières cellules se sont nichées et multipliées en secret dans sa chair, Jean n’avait pas ressenti la perte progressive d’une partie importante de sa substance, de son tissu ancestral.… »</span> ( </em>extrait  page 45)</p>
<p style="text-align: justify;">Andrée Chedid ne s’attache pas à détailler le parcours de son personnage principal. En fait, le cheminement de Jean lui fournit l’opportunité de jeter un regard distancié et même humoristique sur une période infiniment troublée :<em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>«  Les optimistes prédisaient que le communisme ne durerait qu’une centaine d’années. Les pessimistes affirmainet plusieurs siècles. Certains optimistes et les très pessimistes ( qui souffraient peut-être du foie) disaient : «  c’est la fin du capitalisme. »<br />
Mais comme très souvent l’Histoire nous joue des tours.… </em>»</span> (extrait page 46)</p>
<p style="text-align: justify;">L’écrivaine adapte son récit à l’image exacte du caractère de Jean de Dieu,   et choisit plus souvent l’ellipse poétique pour transmettre la puissance des certitudes, la volonté de résistance, l’intégrité des convictions. <span style="color: #993300;">«<em> En poésie comme en science, c’est l’étonnement, l’émerveillement devant le réel qui se révèle source de sens</em> »</span>. À force de s’obstiner à appliquer ses théories à sa vie quotidienne,  Jean de Dieu devient une figure  comme on en cherche souvent pour nous guider, un phare intellectuel pour éclairer les tempêtes idéologiques,   même si lui-même n’échappe pas aux tourmentes. En nous invitant à suivre le destin de son héros, Andrée Chédid nous convie à revoir l’Histoire du siècle passé à travers le filtre humain d’une famille comme il en existe tant…</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis en face de ce chef de famille intransigeant, craint autant qu’aimé par ses  proches,   nous découvrons la  figure de l’amour absolu, définitif et la dernière partie du roman reçoit  un tout autre éclairage.  Nous accompagnons tout au long du dernier quart du récit le  cheminement de sa veuve, entre chagrin et  révolte. Cette femme, soumise trop souvent à son mari aux yeux de leurs enfants, défendant à sa façon des convictions opposées, entraîne sa famille dans un ultime pèlerinage endeuillé.  Elle rencontre alors sa propre vérité comme un personnage de tragédie antique… La poésie  toujours sous-jacente à l’écriture d’Andrée Chedid surgit ainsi pour souligner l’intensité des sentiments :<em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>«  En avançant elle tendait l’oreille pour entendre la rumeur de la mer. Elle se  remémorait la vision azurée, ample, luisante, étoilée de points lumineux de leur Méditerranée.<br />
- Un bleu incomparable, affirmait Jean.<br />
Sa voix semblait surgir des entrailles d’Isabelita, se perdre dans sa cage thoracique, se débattre pour franchir le larynx, pour éclore sur sa bouche et naître enfin au bord de  ses lèvres.<br />
- Ce bleu d’entre les bleus, disait-il, ce bleu moucheté de lumière, ce bleu enluminé, chatoyant, moiré colorié. Cette moisson de lueurs, cette magie de reflets…<br />
Elle se rappelait chaque mot de Jean, ils déferlaient l’un après l’autre brossant d’innombrables, d’inoubliables tableaux.&nbsp;&raquo;</em></span> ( p 162)</p>
<p style="text-align: justify;">Ce roman est passé  quasiment inaperçu dans la presse de la rentrée littéraire. À croire que l’on n’attend plus les ouvrages de cette poétesse dont l’œuvre considérable a largement contribué au meilleur des Lettres francophones.  C’est qu’Andrée Chedid n’écrit pas  pour être dans l’air du temps, elle s’inscrit plutôt dans la conscience de notre époque. Je vous convie à relire sur le site qui lui est dédié <a href="(http://mondalire.pagesperso-orange.fr/chedid.htm" target="_blank">(http://mondalire.pagesperso-orange.fr/chedid.htm</a>) ces lignes relevées au cours d’interview diverses :<em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>&laquo;&nbsp;Je veux garder les yeux ouverts sur les souffrances, le malheur, la cruauté du monde ; mais aussi sur la lumière, sur la beauté, sur tout ce qui nous aide à nous dépasser, à mieux vivre, à parier sur l&#8217;avenir.»</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">« C’est sans doute pourquoi j’ai toujours éprouvé ce besoin qu’une histoire ait un certain espace, presque comme un symbole, qu’elle soit toute simple, mais qu’elle contienne à l’intérieur quelque chose de tout un monde qui nous englobe un peu tous. »</span><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;">André Chedid n’est pas seulement l’aïeule d’une tribu de musiciens populaires. Née en 1920 au Caire dans une famille d’origine libanaise, elle s’est illustrée dès 1949 par ses recueils de poésie, offrant des textes lumineux et rigoureux. Ses romans n’ont rencontré  de véritables succès publics qu’à partir des années 60,  notamment avec <span style="text-decoration: underline;"> Jonathan</span>,<span style="text-decoration: underline;"> Le sixième jour</span> et , puis <span style="text-decoration: underline;">L’Autre</span> en 1969, <span style="text-decoration: underline;">La Cité fertile</span> (un de mes préférés), <span style="text-decoration: underline;">L’enfant multiple</span>… Son écriture fluide, à la fois  lyrique et  dépouillée parfois à l’extrême   lui permet d’exceller dans l’art de la nouvelle : <span style="text-decoration: underline;">L’étroite peau</span> (1965), <span style="text-decoration: underline;">Derrière les visages</span> (1983), <span style="text-decoration: underline;">Monde miroirs magie</span> (1988)… Sa bibliographie est aussi vaste que sa réelle générosité. Elle a longtemps enseigné la poésie en Suisse et est reconnue partout dans le monde une créatrice universelle. Il serait dommage qu’on l’oublie.</p>
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		<title>Steinbeck – Tortilla Flat</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Dec 2010 11:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Steinbeck. C&#8217;est un auteur dont le talent n&#8217;a cessé de me tourmenter depuis que je l&#8217;ai rencontré, il y a un an et des poussières. Comment, au milieu de la misère des pauvres gens, trouver l&#8217;once de simplicité et de bonheur qui rend toute parole et tout acte touchants ? Comment mettre en avant par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.deslivres.com/images/products/image/Tortilla-flat.jpg" alt="" width="200" height="327" />Steinbeck. C&#8217;est un auteur dont le talent n&#8217;a cessé de me tourmenter depuis que je l&#8217;ai rencontré, il y a un an et des poussières. Comment, au milieu de la misère des pauvres gens, trouver l&#8217;once de simplicité et de bonheur qui rend toute parole et tout acte touchants ? Comment mettre en avant par un verbe à la fois simple et somptueux, plein d&#8217;allégresse et de naïveté, les choses les plus belles de ce monde, alors que les plus graves se cachent parfois derrière ? C&#8217;est la recette qu&#8217;a vraisemblablement trouvé John Steinbeck, très grand auteur américain de la première moitié du XXème siècle. Steinbeck ne fait pas cas des choses graves, dans son esprit, elles restent très implicites et laissent largement place aux sentiments humains les plus purs.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Tortilla Flat</span> reflète une nouvelle fois ce talent. On y suit l&#8217;histoire palpitante de Danny et de ses cinq amis, s&#8217;installant tous, les uns après les autres, dans la maison de Danny, au nom de l&#8217;amitié. Tous les thèmes sont traversés : la prohibition, la violence, l&#8217;alcool, les femmes, le vol, la misère des quartiers <em>paisannos</em> du Sud-Ouest des Etats-Unis. Pourtant c&#8217;est surtout l&#8217;histoire de l&#8217;amitié et de la liberté sans fin qui est mise en avant là, comme dans les autres livres de Steinbeck. Tout, dans ce fabuleux roman, n&#8217;est fait qu&#8217;au nom de l&#8217;amitié et d&#8217;une naïveté extrêmement troublante &#8211; et non moins touchante &#8211; qui habite chacun des personnages. Comme toujours chez Steinbeck, le rocambolesque, comme le presque-surnaturel, imprègne l&#8217;histoire, mais de façon presque naturelle. Comme si l&#8217;auteur avait trouvé la force littéraire de nous faire croire et vivre un monde parfaitement sincère. C&#8217;est une série de petites histoires rassemblant ces mêmes personnages que l&#8217;on va donc suivre avec grand intérêt, mettant en avant à chaque fois, une facette de l&#8217;amitié différente mais, exprimant toujours l&#8217;amour infini présent dans ce sentiment.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien que la fin du roman puisse paraître assez noire, elle n&#8217;entache pas cependant l&#8217;amitié des hommes. Même si la mort sonne le glas de l&#8217;histoire, c&#8217;est avec un esprit heureux que l&#8217;on referme la quatrième de couverture sur ces trois cents pages de bonheur. Il est difficile de résumer Steinbeck, cela revient à peu près au même que de résumer la sérénité et l&#8217;esprit bon enfant qu&#8217;on peut parfois contenir. C&#8217;est sans doute cette touche optimiste autour de l&#8217;homme qui me fait adhérer à son oeuvre. Tout en gardant bien en tête que la facilité et la légèreté de son style, parfaitement maîtrisés, sont caractéristiques d&#8217;un grand talent littéraire.</p>
<p style="text-align: justify;">Autres livres de John Steinbeck sur le Hangar : <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/steinbeck-rue-de-la-sardine/"><span style="text-decoration: underline;">Rue de la Sardine</span></a>, <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/steinbeck-des-souris-et-des-hommes/"><span style="text-decoration: underline;">Des souris et des hommes</span></a></p>
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		<title>Concours Hiver 2010/2011</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2010 20:53:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ENFIN ! Durant la période de fêtes, pour célébrer l'arrivée d'une nouvelle année, et surtout d'une nouvelle décénie, Le Hangar organise un DOUBLE CONCOURS sur le thème de "La Naissance", avec d'une part un concours littéraire (poésie, nouvelles, théâtre), et d'autre part un concours d'art pictural (photos, peinture). Des lots sont à la clé !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le Hangar n&#8217;avait plus organisé de concours <strong>depuis l&#8217;été 2009</strong> &#8211; cette longue période de disette est enfin <strong>terminée</strong>, chers lecteurs. Et c&#8217;est <strong>dès à présent</strong> que vous allez pouvoir nous envoyer vos créations.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les internautes peuvent participer, le principe reste le même : correspondre au thème imposé. Le jury sera composé des membres de l&#8217;équipe du site <em>(vous ne pouvez pas les soudoyer)</em>. Les participations sont gratuites et cette année, le concours récompensera deux gagnants pour deux catégories : <strong>Littérature</strong>, et <strong>Art Pictural</strong> (photographie ou peinture).</p>
<p style="text-align: justify;">Le thème de cette année, pour les deux catégories est : <span style="color: #ff0000;"><span style="font-size: medium;"><strong>La Naissance</strong></span></span>.</p>
<p style="text-align: justify;">Aucun sens du mot n&#8217;est exclu. Plus votre création collera à ce thème, plus vous aurez de chance d&#8217;être sélectionné dans les cinq meilleurs, pour lesquels voteront ensuite nos lecteurs. Vous pouvez ainsi traiter de la naissance d&#8217;un être humain ou d&#8217;un animal, de la naissance ou l&#8217;origine de quelque chose, de ce que cela peut symboliser, de tout et n&#8217;importe quoi qui s&#8217;en approche, etc.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><strong>Catégorie Littérature :</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Chaque participant de ce concours doit nous envoyer un texte, poème, extrait théâtral, essai ou nouvelle d&#8217;un maximum de 40 lignes (sur traitement de texte format A4). <strong>N&#8217;oubliez pas de préciser dans votre mail que le texte est destiné au concours </strong>(autrement il sera mis de côté en attendant la fin des festivités).</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><strong>Catégorie Art Pictural :</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Chaque participant de ce concours doit nous envoyer une image de bonne qualité, soit une photographie, soit une photographie d&#8217;un tableau de sa création, répondant au thème. Il n&#8217;y a pas de limite de taille, les images seront redimensionnées par l&#8217;équipe afin de correspondre aux dimensions du site. Vous devez illustrer le thème imposé par le jury. <strong>N&#8217;oubliez pas de préciser dans votre mail que la photographie est destiné au concours. Vous devez, par ailleurs, nous laisser un court texte expliquant un peu votre image, le concept qui se cache derrière et si possible, la méthode de travail utilisée.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: medium;"><strong>Le déroulement :</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">A compter d&#8217;aujourd&#8217;hui, vous avez jusqu&#8217;au <span style="color: #ff0000;"><strong>mercredi 29 décembre</strong></span>, à minuit, pour nous envoyer vos créations (<strong><a href="http://le-hangar.com/contact">en cliquant ici</a> ou à l&#8217;adresse contact@le-hangar.com</strong>). Celles-ci seront ensuite sélectionnées par le jury, qui après délibération, publiera la liste des cinq sélectionnés par catégorie le <span style="color: #ff0000;"><strong>mardi</strong></span><span style="color: #ff0000;"><strong> 4 janvier</strong></span>. A partir de cette date, les lecteurs du Hangar et les participants eux-mêmes pourront voter pour l&#8217;œuvre qu&#8217;ils préfèrent (un système permet de prévenir tout risque de triche). Les résultats de ce vote seront publiés le <span style="color: #ff0000;"><strong>vendredi 14 janvier</strong></span> ! Vous pouvez participer aux deux concours, mais pas participer aux deux finales <img src='http://www.le-hangar.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' />  ! En attendant voici les lots qui attendront les vainqueurs :</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Catégorie littérature :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/naissance_d_un_pont1.jpg"><img class="size-full wp-image-2625 aligncenter" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" title="naissance_d_un_pont" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/naissance_d_un_pont1.jpg" alt="" width="250" height="366" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Maylis de Kerangal &#8211; Naissance d&#8217;un pont<br />
éditions Cales &#8211; Prix Médicis 2010</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Catégorie picturale :</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/robert-doisneau-1912-1994.jpg"><img class="size-full wp-image-2626 aligncenter" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" title="robert-doisneau-1912-1994" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/robert-doisneau-1912-1994.jpg" alt="" width="260" height="361" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Robert Doisneau &#8211; Taschen<br />
petit format</p>
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