Devant la Piscine, par René Bellaiche
René Bellaiche nous offre ici un poème qu’il a écrit en 1972 et retouché en 1993. Une poésie estivale, car cette fille qui va sauter dans la piscine nous met l’eau à la bouche. C’est seulement en quelques vers qu’on a une rétrospection de la vie, si simple et si fraiche, si triste, parfois.
Devant La Piscine
On n’entend bien qu’avec le cœur.
(SAINT TEX, L’oreille intérieure)
Devant la piscine je cherche dans l’eau des vers
dans les yeux des femmes des histoires
des romans d’amour vécus
ou survécus
des illusions éperdues
et perdues
Les grandes douleurs sont muettes
mais le cœur du poète les entend
L’air vibre des sons et lumières du passé
de la vieille demoiselle triste
qui se raconte à rebours le conte de sa vie
qu’elle revoit
dans les yeux brillants des jeunes filles
dans le regard indifférent des hommes…
Une fillette sur le plongeoir
s’apprête à sauter
Je ne sais pas pourquoi
elle me fait penser à toi
Je me dis que tu as eu son âge
son insouciance
Je me dis qu’elle un jour elle aussi
on l’aimera
elle aimera
et qu’elle perdra son indolence
Un jour cette fillette
sera une jeune fille
puis une femme
puis une dame
puis une vieille
dame ou demoiselle
puis elle ne sera plus
C’est la vie
comme on dit
paradoxalement
de la mort…
par René Bellaiche.
Avis et critiques sont bienvenus.

Le Procès fait partie de ces oeuvres qui ont le pouvoir de marquer les esprits, par une histoire à la fois profonde et accessible. L’absurde et la normalité sont d’ailleurs les thèmes principaux de ce livre, fruit de la plume de Franz Kafka et publié en 1925 à titre posthume. Joseph K. se réveille au matin de son anniversaire et se fait arrêter. On lui apprend qu’il est coupable, et qu’il va être jugé. Le formidable de l’histoire c’est que le lecteur n’apprendra jamais le motif de ce Procès, et que bien que K. se révoltera et tentera de prouver qu’il est innocent, la question qui se posera n’est pas « coupable de quoi? » mais « innocent de quoi? ». Bien que l’histoire paraisse invraisemblable, le génie de Kafka est de plonger son lecteur dans ce qui semble être la normalité, mais qui nous parait absurde au possible, car il nous fonde dans la peau de Joseph K. qui lui même adopte des comportements absurdes mais qui semblent coller avec la réalité du roman.
Traduit en une quarantaine de langues et vendu à plus de vingt millions d’exemplaires, le Parfum, histoire d’un meurtrier, œuvre de l’écrivain et dramaturge allemand Patrick Süskind, est, cela ne fait plus de doute, une des œuvres marquantes de la littératures du XXème siècle. Paru en 1985, ce livre conte l’histoire de Jean-Baptiste Grenouille, né en 1738 à Paris, au milieu des odeurs dégoûtantes du marché, sous un étal de poissonnerie. On fait vite connaissance avec la particularité de Grenouille, qui deviendra alors pièce maîtresse du livre : son nez. Effectivement, s’il ne possède pas d’odeur, le héros a reçu pour don un odorat hors du commun. Cet odorat, qu’il apprendra à maîtriser, lui sera comme une vue, le guidera où il veut, le prévenant plusieurs kilomètres à l’avance des dangers éventuels. Jean-Baptiste est amoureux des parfums, de ces odeurs suprêmes que porte la noblesse, les fontaines emparfumées des grands jardins. Mais Grenouille est égoïste et déteste l’être humain qu’il juge indélicat et puant. Le lecteur suivra son épopée, à la recherche du parfum suprême, qu’il confectionnera d’une manière toute particulière : en assassinant des jeunes filles, pour leur voler leurs odeurs…





