Posts Tagged “littéraire”

Mercredi 3 juin 2009 Par Novembre dans Vos oeuvres

Le Limon, par Gavroche

Tout poète le sait, il est extrêmement difficile d’écrire en vers rimés sans commettre de lourdeurs ou sans brouiller l’esthétique d’un poème. Cependant, ce texte que nous a envoyé Gavroche, traite d’un sujet original, en y mêlant sans peine une élocution élégante et légère, que l’on suit avec plaisir…

Le limon

Aux confins de l’étang d’un bleu tonitruant,
Se dandine une brise de limon gluant.

C’est une algue grise, sur les rivages humides
Qui appâte la ferveur des poissons timides.
Le plongeur démasqué rie de leur veulerie
Quand, tous petits, ils sortent de leur sablerie !

Aux confins de l’étang d’un bleu tonitruant,
On se bat dans la flore d’un limon gluant.

Et le plus fiévreux des poissons s’échoue et meurt.
Son corps si fin laisse une douleur sans humeur.
Non ! Ne pleurez pas, songez aux airs mélodieux.
C’était une perle de sable dans vos yeux.
Ses compagnons l’oublient, radieux et sans adieux.
C’était une perle de sable dans vos yeux.

Aux confins de l’étang d’un bleu tonitruant,
La mort vient dans la faune d’un limon puant.

Et la troupe, transie par la fraicheur des eaux,
Ballote ses écailles mièvres dans les flots.
L’étang se vide, seuls subsistent les roseaux,
Et la faune tombe de ses derniers sanglots.

Note de l’auteur : Le mot « humeur », dans le dixième vers, est employé au sens vieilli du terme (ici synonyme de « sang » ou de tout autre liquide organique).

par Gavroche.

Avis et critiques sont bienvenus.

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Lundi 1 juin 2009 Par Hazel dans Littérature

Queneau – Pierrot mon Ami

http://le-hangar.cowblog.fr/images/CCF0106200900000.jpgLe huitième roman de Raymond Queneau-le-jongleur-de-mots qu’est celui-ci à été publié en 1942. Pierrot, adepte de petits boulots, tombe amoureux d’Yvonne qui bosse à l’Uni-Park; il lui arrive plein de pépins, et dont un bien gros: Yvonne ne l’aime pas! Les amis de Pierrot, qui sont Petit-Pouce et Paradis sont aussi marrants que lui, et les autres personnages bien drôles eux aussi, ont des noms à coucher dehors, le plus rigolo et de s’entrainer à les prononcer à voix haute. Je crois bien de vous faire savoir que la couverture résume le livre bien beaucoup plus mieux que la quatrième de couverture, où l’on peut lire ceci :

Ce silence, cette nuit, ces rues étroites, tout disposait Pierrot à ne penser à rien de précis. Il regardait à droite, à gauche, comme pour accrocher quelque part ses petites curiosités, mais ne trouvait rien – tout au plus les enseignes, et qui ne valaient pas les billes de l’avenue de Chaillot. Il songea un instant à visiter le bobinard de cette sous-préfecture, mais il ne rencontrait personne pour le renseigner. Finalement il se perdit. Il traversait maintenant une petite banlieue ouvrière, avec des manufactures ici et là. Plus loin, Pierrot atteignit une route assez large, avec un double liséré d’arbres, peut-être nationale ? Peut-être départementale ? Il marcha encore quelques instants. Il entendit tout près de lui un grand cri, un cri de femme, un cri de peur.

Car non, non, non ! Ceci est tout sauf un livre d’horreur ! C’est plutôt tout le contraire, Queneau arrive a mélanger chapelles-tombeaux de prines poldèves, attractions en feu, singes dressés et chagrins d’amour dans quelques220 pages. Des poignées d’humour et de jeux de mots à toutes les lignes, font de ce livre un véritable petit beurre de Lu, à croquer donc !

Autres livres de cet auteur : Exercices de style

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Dimanche 31 mai 2009 Par Novembre dans Littérature

Nothomb – Ni d’Eve ni d’Adam

http://www.meylan-bibliotheque.fr/opacwebaloes/Images/Paragraphes/ni%20d%27eve%20ni%20d%27adam.gif

Ni d’Eve ni d’Adam, paru en 2007, est un roman autobiographique de l’écrivaine belge Amélie Nothomb, dont l’histoire est parallèle à celle de Stupeurs et Tremblements (1999), au Japon. Si dans ce dernier opus, l’auteur nous dévoilait sa vie stressée et chaotique d’employée dans une entreprise japonaise, elle parle ici des événements qui sont survenus avant, pendant et après son passage dans le monde du travail nippon, notamment de sa vie amoureuse.
Nothomb relate, servie par sa plume à l’humour tranchant – et un grand sens de l’auto-dérision -, son retour au Japon après des années d’absence et surtout sa rencontre avec Rinri, un Tokyoïte très particulier. C’est ainsi qu’Amélie Nothomb se retrouvera à manger de la fondue plastifiée, à passer la nuit dans un refuge solitaire du Kumotori Yama, une célèbre montagne japonaise, pour cause de tempête de neige, ou encore avec un poulpe pas encore tout à fait mort accroché à sa langue, lors d’un tranquille voyage en amoureux…
C’est le style percutant de l’auteur et sa facilité à jouer avec les mots qui fait de Ni d’Eve ni d’Adam un roman très plaisant à lire, drôle et captivant. Un livre finalement très typique d’Amélie Nothomb, que je conseille sans hésiter à ceux qui désirent découvrir cet écrivain unique en son genre, ainsi qu’à ceux qui hésitent à entamer l’avant-dernier ouvrage de la romancière . Car finalement, Ni d’Eve ni d’Adam c’est cela : une lecture fluide et plaisante alliée à un humour sans faille, le tout pour retranscrire les déboires de la singulière Amélie la Belge dans ce pays tout aussi singulier qu’est le Japon…

Par Lumellia.

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Samedi 30 mai 2009 Par Novembre dans Vos oeuvres

Eloge au Printemps, par Caliope

Le mois de mai se termine et petit à petit, le Printemps se déguise en Été et la boîte aux lettres du Hangar s’est fleurie d’un texte d’une pureté rare, mêlant couleurs florissantes et bruits de la Nature. Caliope signe un éloge au Printemps, au vocabulaire recherché et au style soigné, qui nous donne envie de profiter de ce petit mois printanier qui nous reste…

Éloge au printemps

L’aube naissait, éveillant la Nature. Le soleil délogeait la nuit et étendait peu à peu ses rayons mordorés sur la belle campagne irlandaise. Baignées de lumière, les fleurs semblaient renaître des ténèbres nocturnes. Leurs couleurs, rouge, rose, blanche et jaune explosaient dans les herbes hautes émeraude ! Leurs arômes subtils et délicats se propageaient rapidement, transportés par le vent qui s’insinuait à travers les branchages des bouleaux.
Les pans du jour virevoltaient avec grâce, les abeilles, travailleuses, butinaient de fleurs en fleurs escortées de bourdons jaune et noir. Des petits mammifères au pelage roux et à la queue en panache jouaient dans les rameaux. C’était les premiers écureuils du printemps, amateurs de glands et de noisettes.
Par endroit, il était possible de distinguer un nid d’hirondelles. Ces oiseaux migrateurs, blancs et noirs, étaient annonciateurs de l’arrivée du printemps.
Une colombe voltigea et se posa sur une branche. Son plumage opale étincelait. Elle se mit à roucouler, resta silencieuse un moment, puis recommença. Son chant doux et monotone charma une colombe qui volait plus haut, dans le lointain ciel bleu.
L’oiseau descendit des cieux et rejoignit la douce colombe séductrice. Les deux amantes s’apprêtaient à s’étreindre lorsqu’un bruit les effraya et dans un grand bruissement d’ailes, s’envolèrent !
Une jeune fille aux longs cheveux bruns bouclés et vêtue d’une robe à fleurs hélait un chapeau blanc qui roulait dans la prairie emporté par le vent. Mais le chapeau blanc n’en faisait qu’à sa tête et se balada dans les herbages jusqu’à s’accrocher à une branche.
La jeune fille le décrocha en se hissant sur ses pieds nus. Le contact de l’herbe lui était agréable et doux comme du coton ! Elle fit quelques pas dans les hautes herbes et détailla les nombreuses couleurs qu’embrassait son regard. Elle suivit des yeux le vol des oiseaux, écouta leur chant et s’imagina être l’un d’eux, planant au dessus de la terre, parcourant les océans…
Des phrases lui vinrent à l’esprit et elle dit à haute voix :
- Dans un vaste pré où la rosée encore, perle sur les fleurs, les boutons d’or, elle savoure déjà dans la fraîcheur éclose, le délicat arôme de la rose. Les oiseaux bavardent et font leur nid tandis que le vent entonne sa mélodie et que le soleil pose son regard sur le massif verdoyant, le transformant en un tapis des plus plaisants.
La jeune poétesse au regard d’ambre se tourna dans le sens du vent et aperçut un papillon qui étendait ses belles ailes rouges au soleil. Elle poursuivit :
- Le papillon sorti de sa chrysalide prend son premier envol, quel spectacle merveilleux et curieux ! D’autant plus qu’un concerto de murmures captivants s’élève dans les airs délicatement. C’est cela le printemps de la nature ; fleurs, oiseaux, soleil et rosée en sont sa parure. Avril et Mai se sont éveillés vers la chaude saison d’été.
Ravie de son poème, elle salua la faune et la flore en de délicates révérences et remit son chapeau de sorte que le vent ne pourrait plus le déloger à l’avenir. Elle revit les colombes qui volaient par deux, les écureuils qui jouaient ensemble, les papillons et elle songea que l’amour était un état merveilleux et indescriptible !
Elle-même ne pouvait pas mettre de mots sur le lien qui l’unissait à son amour longtemps tenu secret ! Elle ressortie la lettre et la déplia. A la fin d’un très long paragraphe à l’écriture fine et penchée, au dessus d’une très belle signature, étaient gravés les mots je t’aime.
Tout sourire, elle rangea la lettre contre son cœur et laissa exploser sa joie d’être aimée ! Elle dansa et chanta, sautilla et cabriola puis elle laissa ses pas la guider au gré du vent.
Cœur pensif ne sait où il va…et elle regagna la ville, laissant le printemps s’éveiller de plus bel !

par Caliope.

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Jeudi 28 mai 2009 Par Novembre dans Littérature

Camus – Le Premier Homme

http://le-hangar.cowblog.fr/images/albertcamuslepremierhomme-copie-1.jpgLe manuscrit du Premier Homme fut retrouvé dans la sacoche d’Albert Camus, que l’auteur tenait encore sur lui après sa mort, lors d’un accident de voiture. Le brouillon de 144 pages était couvert d’annotations dans les marges, de ratures, de mots illisibles, et c’est grâce au travail de reconstitution de la femme de Camus, Francine, que Le Premier Homme fut publié, en 1994. Ce roman autobiographique qui devait être le premier tome d’une trilogie, nous conte l’histoire de Jacques Cormery, alter ego de Camus, sa naissance dans un petit « bled » d’Algérie, son enfance passée avec sa mère et sa grand-mère et rongée par l’absence de son père, mort pendant la première guerre mondiale. Ce livre, écrit dans un style transcendant qui selon mon avis est une merveille de la littérature, à l’écriture difficilement égalable, mêle scènes émouvantes et réflexions personnelles, images d’enfance que le lecteur s’approprie avec nostalgie, et sentiments du presque adolescent. Camus ne nous laisse pas la choix, nous fait  plonger dans l’Algérie des années 20, parle de son instituteur sans qui jamais il ne serait devenu écrivain, de sa famille et de ses amis, de la ville d’Alger, de son père inconnu auquel il dédie son ouvrage et de sa mère presque muette, qu’il aimait profondément.

Pour tous les amoureux de Camus et ceux qui ne connaissent pas encore, un livre à lire absolument, ne serait-ce que pour cette formidable écriture, qui transporte le lecteur au dessus des nuages, ou mieux, le plonge tout à fait dans une atmosphère extraordinaire, dans l’enfance.

Autres livres de cet auteur : La chute

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