Houellebecq – Les particules élémentaires
Quand on m’a proposé ce livre, j’ai grimacé, le personnage Houellebecq, c’est pas mon fort, et ses quelques apparitions télévisées ont suffit à me donner envie de ne pas le lire. On voit quelqu’un qui parle lentement, avec un certain air hautain, et une volonté irrépressible de développer dans leur perfection tous les détails de sa vie. Pourtant, je ne l’avoue même pas à contre-cœur, ce livre, je l’ai aimé. Voire, je crois même qu’il m’a mis une sacrée claque…
Les particules élémentaires, c’est l’histoire de Michel et Bruno, demi-frères, fils d’une libertine de la révolution sexuelle des années 60/70, et de pères différents mais semblables dans leur absence. Michel est incapable d’aimer, il est chercheur en biologie et trouve sa voie dans la recherche expérimentale de ce qui pourrait donner naissance à une nouvelle espèce bien particulière. Bruno, quant à lui, est un obsédé sexuel, frustré par son plaisir qui se limite souvent aux jeunes adolescentes. Pendant toute la première partie du livre, on observe ces personnages se mouvoir lentement dans une eau douteuse et franchement triste, Houellebecq dépeint avec brio les changements de la société pendant l’ère soixante-huitarde, en accusant la révolution sexuelle de la violence qu’on connait aujourd’hui, et de l’impossibilité de trouver un amour véritable, toujours obstrué par la sexualité dévergondée ou la timidité que celle-ci peut engendrer. On s’attache extrêmement vite à nos deux frères, ils ont en eux une certaine forme de pitié qu’on réserve en général aux animaux. Mais lorsque Houellebecq décide de donner une note de lumière, poussant petit à petit les deux personnages vers leur réalisation de soi, tout s’éteint subitement dans la mort, et on les voit sombrer petit à petit vers le néant.
Houellebecq est un nihiliste, il détruit tout type d’humanisme, expose une vision clairement sombre de l’homme. Les âmes sensibles peuvent et devraient s’abstenir de cette lecture, on y trouve des descriptions assez épouvantables de scènes d’une violence gratuite et très crue. De même, si vous ne vous sentez pas aptes à explorer de façon littéraire, les tréfonds de la sexualité de l’homme, vous pourriez être choqués par cette lecture. Au final, on trouve cependant ce livre unique, et très désespérant. On n’est pas forcé d’aimer, mais je pense qu’il est difficile de se passer de réactions après cette lecture.
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Lorsqu’on commence les Faux-monnayeurs, roman écrit par André Gide et publié en 1925 aux éditions de la Nouvelle Revue Française, on devient extrêmement vite soit ennuyé, soit absorbé. C’est qu’il s’agit d’être alerte, ou non, à toutes les techniques nouvelles que Gide a développé dans ce roman, et qui peuvent paraître au lecteur, un peu trop poussées. On croise plusieurs genres narratifs peu communs tels que le journal intime, ou les relations épistolaires, primordiales au sein même du roman. Mais à la relecture, on prend conscience de l’extrême minutie qu’a employé Gide dans la construction de son récit, mais aussi dans celle de ses personnages, et de son histoire en général. Ce roman mêle plusieurs intrigues à la fois : l’histoire de Bernard Profitendieu, fils « bâtard » qui va fuir sa famille, celle d’Olivier Molinier, qui poursuivra la quête de son amour impossible pour son oncle, Edouard, qui lui-même, sera en fait, le personnage central de l’histoire, mais on pourra aussi suivre les parcours de plusieurs autres personnages, plus secondaires. Il est impossible de résumer simplement l’organisation des personnages des Faux-monnayeurs tant elle est riche et complexe.




