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Dimanche 31 mai 2009 Par Novembre dans Littérature

Nothomb – Ni d’Eve ni d’Adam

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Ni d’Eve ni d’Adam, paru en 2007, est un roman autobiographique de l’écrivaine belge Amélie Nothomb, dont l’histoire est parallèle à celle de Stupeurs et Tremblements (1999), au Japon. Si dans ce dernier opus, l’auteur nous dévoilait sa vie stressée et chaotique d’employée dans une entreprise japonaise, elle parle ici des événements qui sont survenus avant, pendant et après son passage dans le monde du travail nippon, notamment de sa vie amoureuse.
Nothomb relate, servie par sa plume à l’humour tranchant – et un grand sens de l’auto-dérision -, son retour au Japon après des années d’absence et surtout sa rencontre avec Rinri, un Tokyoïte très particulier. C’est ainsi qu’Amélie Nothomb se retrouvera à manger de la fondue plastifiée, à passer la nuit dans un refuge solitaire du Kumotori Yama, une célèbre montagne japonaise, pour cause de tempête de neige, ou encore avec un poulpe pas encore tout à fait mort accroché à sa langue, lors d’un tranquille voyage en amoureux…
C’est le style percutant de l’auteur et sa facilité à jouer avec les mots qui fait de Ni d’Eve ni d’Adam un roman très plaisant à lire, drôle et captivant. Un livre finalement très typique d’Amélie Nothomb, que je conseille sans hésiter à ceux qui désirent découvrir cet écrivain unique en son genre, ainsi qu’à ceux qui hésitent à entamer l’avant-dernier ouvrage de la romancière . Car finalement, Ni d’Eve ni d’Adam c’est cela : une lecture fluide et plaisante alliée à un humour sans faille, le tout pour retranscrire les déboires de la singulière Amélie la Belge dans ce pays tout aussi singulier qu’est le Japon…

Par Lumellia.

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Samedi 30 mai 2009 Par Novembre dans Vos oeuvres

Eloge au Printemps, par Caliope

Le mois de mai se termine et petit à petit, le Printemps se déguise en Été et la boîte aux lettres du Hangar s’est fleurie d’un texte d’une pureté rare, mêlant couleurs florissantes et bruits de la Nature. Caliope signe un éloge au Printemps, au vocabulaire recherché et au style soigné, qui nous donne envie de profiter de ce petit mois printanier qui nous reste…

Éloge au printemps

L’aube naissait, éveillant la Nature. Le soleil délogeait la nuit et étendait peu à peu ses rayons mordorés sur la belle campagne irlandaise. Baignées de lumière, les fleurs semblaient renaître des ténèbres nocturnes. Leurs couleurs, rouge, rose, blanche et jaune explosaient dans les herbes hautes émeraude ! Leurs arômes subtils et délicats se propageaient rapidement, transportés par le vent qui s’insinuait à travers les branchages des bouleaux.
Les pans du jour virevoltaient avec grâce, les abeilles, travailleuses, butinaient de fleurs en fleurs escortées de bourdons jaune et noir. Des petits mammifères au pelage roux et à la queue en panache jouaient dans les rameaux. C’était les premiers écureuils du printemps, amateurs de glands et de noisettes.
Par endroit, il était possible de distinguer un nid d’hirondelles. Ces oiseaux migrateurs, blancs et noirs, étaient annonciateurs de l’arrivée du printemps.
Une colombe voltigea et se posa sur une branche. Son plumage opale étincelait. Elle se mit à roucouler, resta silencieuse un moment, puis recommença. Son chant doux et monotone charma une colombe qui volait plus haut, dans le lointain ciel bleu.
L’oiseau descendit des cieux et rejoignit la douce colombe séductrice. Les deux amantes s’apprêtaient à s’étreindre lorsqu’un bruit les effraya et dans un grand bruissement d’ailes, s’envolèrent !
Une jeune fille aux longs cheveux bruns bouclés et vêtue d’une robe à fleurs hélait un chapeau blanc qui roulait dans la prairie emporté par le vent. Mais le chapeau blanc n’en faisait qu’à sa tête et se balada dans les herbages jusqu’à s’accrocher à une branche.
La jeune fille le décrocha en se hissant sur ses pieds nus. Le contact de l’herbe lui était agréable et doux comme du coton ! Elle fit quelques pas dans les hautes herbes et détailla les nombreuses couleurs qu’embrassait son regard. Elle suivit des yeux le vol des oiseaux, écouta leur chant et s’imagina être l’un d’eux, planant au dessus de la terre, parcourant les océans…
Des phrases lui vinrent à l’esprit et elle dit à haute voix :
- Dans un vaste pré où la rosée encore, perle sur les fleurs, les boutons d’or, elle savoure déjà dans la fraîcheur éclose, le délicat arôme de la rose. Les oiseaux bavardent et font leur nid tandis que le vent entonne sa mélodie et que le soleil pose son regard sur le massif verdoyant, le transformant en un tapis des plus plaisants.
La jeune poétesse au regard d’ambre se tourna dans le sens du vent et aperçut un papillon qui étendait ses belles ailes rouges au soleil. Elle poursuivit :
- Le papillon sorti de sa chrysalide prend son premier envol, quel spectacle merveilleux et curieux ! D’autant plus qu’un concerto de murmures captivants s’élève dans les airs délicatement. C’est cela le printemps de la nature ; fleurs, oiseaux, soleil et rosée en sont sa parure. Avril et Mai se sont éveillés vers la chaude saison d’été.
Ravie de son poème, elle salua la faune et la flore en de délicates révérences et remit son chapeau de sorte que le vent ne pourrait plus le déloger à l’avenir. Elle revit les colombes qui volaient par deux, les écureuils qui jouaient ensemble, les papillons et elle songea que l’amour était un état merveilleux et indescriptible !
Elle-même ne pouvait pas mettre de mots sur le lien qui l’unissait à son amour longtemps tenu secret ! Elle ressortie la lettre et la déplia. A la fin d’un très long paragraphe à l’écriture fine et penchée, au dessus d’une très belle signature, étaient gravés les mots je t’aime.
Tout sourire, elle rangea la lettre contre son cœur et laissa exploser sa joie d’être aimée ! Elle dansa et chanta, sautilla et cabriola puis elle laissa ses pas la guider au gré du vent.
Cœur pensif ne sait où il va…et elle regagna la ville, laissant le printemps s’éveiller de plus bel !

par Caliope.

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Jeudi 28 mai 2009 Par Novembre dans Littérature

Camus – Le Premier Homme

http://le-hangar.cowblog.fr/images/albertcamuslepremierhomme-copie-1.jpgLe manuscrit du Premier Homme fut retrouvé dans la sacoche d’Albert Camus, que l’auteur tenait encore sur lui après sa mort, lors d’un accident de voiture. Le brouillon de 144 pages était couvert d’annotations dans les marges, de ratures, de mots illisibles, et c’est grâce au travail de reconstitution de la femme de Camus, Francine, que Le Premier Homme fut publié, en 1994. Ce roman autobiographique qui devait être le premier tome d’une trilogie, nous conte l’histoire de Jacques Cormery, alter ego de Camus, sa naissance dans un petit « bled » d’Algérie, son enfance passée avec sa mère et sa grand-mère et rongée par l’absence de son père, mort pendant la première guerre mondiale. Ce livre, écrit dans un style transcendant qui selon mon avis est une merveille de la littérature, à l’écriture difficilement égalable, mêle scènes émouvantes et réflexions personnelles, images d’enfance que le lecteur s’approprie avec nostalgie, et sentiments du presque adolescent. Camus ne nous laisse pas la choix, nous fait  plonger dans l’Algérie des années 20, parle de son instituteur sans qui jamais il ne serait devenu écrivain, de sa famille et de ses amis, de la ville d’Alger, de son père inconnu auquel il dédie son ouvrage et de sa mère presque muette, qu’il aimait profondément.

Pour tous les amoureux de Camus et ceux qui ne connaissent pas encore, un livre à lire absolument, ne serait-ce que pour cette formidable écriture, qui transporte le lecteur au dessus des nuages, ou mieux, le plonge tout à fait dans une atmosphère extraordinaire, dans l’enfance.

Autres livres de cet auteur : La chute

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Mardi 26 mai 2009 Par Hazel dans Vos oeuvres

Devant la Piscine, par René Bellaiche

René Bellaiche nous offre ici un poème qu’il a écrit en 1972 et retouché en 1993. Une poésie estivale, car cette fille qui va sauter dans la piscine nous met l’eau à la bouche. C’est seulement en quelques vers qu’on a une rétrospection de la vie, si simple et si fraiche, si triste, parfois.

Devant La Piscine
On n’entend bien qu’avec le cœur.
(SAINT TEX, L’oreille intérieure)

Devant la piscine je cherche dans l’eau des vers
dans les yeux des femmes des histoires
des romans d’amour vécus
ou survécus
des illusions éperdues
et perdues

Les grandes douleurs sont muettes
mais le cœur du poète les entend
L’air vibre des sons et lumières du passé
de la vieille demoiselle triste
qui se raconte à rebours le conte de sa vie
qu’elle revoit
dans les yeux brillants des jeunes filles
dans le regard indifférent des hommes…

Une fillette sur le plongeoir
s’apprête à sauter
Je ne sais pas pourquoi
elle me fait penser à toi
Je me dis que tu as eu son âge
son insouciance
Je me dis qu’elle un jour elle aussi
on l’aimera
elle aimera
et qu’elle perdra son indolence

Un jour cette fillette
sera une jeune fille
puis une femme
puis une dame
puis une vieille
dame ou demoiselle
puis elle ne sera plus

C’est la vie
comme on dit
paradoxalement
de la mort…

par René Bellaiche.

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Mardi 26 mai 2009 Par Novembre dans Littérature

Kafka – Le Procès

Le Procès fait partie de ces oeuvres qui ont le pouvoir de marquer les esprits, par une histoire à la fois profonde et accessible. L’absurde et la normalité sont d’ailleurs les thèmes principaux de ce livre, fruit de la plume de Franz Kafka et publié en 1925 à titre posthume. Joseph K. se réveille au matin de son anniversaire et se fait arrêter. On lui apprend qu’il est coupable, et qu’il va être jugé. Le formidable de l’histoire c’est que le lecteur n’apprendra jamais le motif de ce Procès, et que bien que K. se révoltera et tentera de prouver qu’il est innocent, la question qui se posera n’est pas « coupable de quoi? » mais « innocent de quoi? ». Bien que l’histoire paraisse invraisemblable, le génie de Kafka est de plonger son lecteur dans ce qui semble être la normalité, mais qui nous parait absurde au possible, car il nous fonde dans la peau de Joseph K. qui lui même adopte des comportements absurdes mais qui semblent coller avec la réalité du roman.
Le Procès peut être interprété de différentes façons : on peut bien sur déceler une grande critique de la société, en particulier envers la justice et la religion, ou bien une tentative de décrire les étapes de la vie comme des procès insurmontables et incompréhensibles, de décrire l’homme comme victime de ce qu’on lui impose. Mais d’autres interprétations sont plus intrigantes : le début du XXème siècle, on le sait, fut en proie à un antisémitisme grandissant et dangereux. L’histoire de Joseph K. et de son procès s’apparente étrangement à un point de vue que le peuple juif aurait pu avoir, alors que les persécutions se multipliaient. D’autre part, on peut voir le procès comme une dénonciation plus profonde de l’absurdité de la vie, et là on peut alors lier Kafka à Albert Camus. L’acharnement contre Joseph K. le laisse seul avec des questions sans réponses, et dénonce cette attitude de l’homme à rester dans les voies qu’on lui impose (on le voit dans le livre, Joseph K. décide de préparer son procès, sans même en comprendre le motif, puisqu’il n’en existe pas).
Au final, il finira par mourir assassiné, « comme un chien ».

En somme, le Procès de Kafka est une œuvre à lire, tant pour les amateurs de philosophie que pour ceux qui souhaitent s’intéresser aux thèmes de l’absurde, très présents au début du XXème, car l’histoire reste très bien écrite et propage d’elle-même son message, intrigue le lecteur, qui même ignorant du thème absurde, aura envie de s’intéresser aux diverses interprétations qu’il pourra comparer à la sienne.

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