Ionesco – Le roi se meurt
Qui n’a jamais rêvé de posséder et de contrôler tout, absolument tout ce qui l’entoure, tout ce qu’il connait et ne connait pas, tout ce qui est visible et invisible, matériel et immatériel ?
Dans Le roi se meurt Ionesco nous livre la plus étrange et la plus marquante des leçons de morale en immortalisant l’homme et son égocentrisme dans le personnage principal qui est Le Roi. Le roi va mourir. Ses deux reines, son médecin, le garde et sa servante Juliette partagent avec lui les dernières heures de sa vie. Le roi – l’homme – est mis à l’épreuve, il est comme une bête dans une cage enfermé sans aucune issue possible dans son corps qui s’engourdit et endolorit à chaque instant. Ses jambes le lâchent, sa tête aussi : exposé dans son malheur devant les personnages qui sont ses plus fidèles compagnons, et devant le public, le roi Bérenger refuse d’admettre la réalité en passant par trois étapes qui se succèdent à travers toute la pièce : le refus de l’évidence, la révolte, et enfin la résignation.
Nous retrouvons Bérenger, ce héros récurrent dans les pièces de Ionesco notamment dans Tueur sans Gages ou Rhinocéros. Le choix d’avoir donné au Roi de la pièce ce nom déjà plus d’une fois utilisé résout le problème de l’identité du personnage d’un façon très simple : il la supprime. En effet, Ionesco pousse sans cesse à l’extrême dans ses pièces les deux valeurs fondamentales du théâtre de l’absurde qui sont la destruction de l’identité du personnage, et la destruction de toute forme de communication. Malgré la cohérence et la répartition équitable des dialogues, nous sommes confrontés à un monologue plaintif continuel du roi, qui à tout prix cherche à se sauver; les autres répliques, celles des reines Marie et Marguerite, du médecin et même du garde sonnent vide. Nous sommes contraints de nous identifier à ce Roi égoïste et mourant et au fil des pages – et je pense, au fil de la représentation même si je ne suis pas allée voir une seule représentation de la pièce – ce n’est plus lui qui se retrouve coincé sur scène devant sa propre fin, mais nous, lecteurs et spectateurs qui nous retrouvons cloitrés dans une salle de théâtre devant l’absurdité de l’égocentrisme humain. A travers cette courte pièce très agréable et bouleversante, Ionesco recouvre les origines du théâtre dramatique en employant d’une façon totalement revisitée la méthode de la catharsis.
Autres œuvres de cet auteur : la Cantatrice Chauve


Julien Sorel n’est pas né dans la bonne famille. Fils d’un solide artisan scieur, il n’arrive pas à faire accepter sa passion pour la lecture et son désir des « choses intellectuelles » comme il le dit. Malingre mais cultivé, il ne peut rependre le travail paternel. Il connaît par contre très bien les textes religieux, le grec, le latin, et voue un véritable culte à Napoléon, son modèle. Il parvient donc à se faire engager comme précepteur chez Monsieur de Rênal, le maire de Verrières. Il gagne vite la sympathie des enfants, mais surtout remarque vite qu’il ne laisse pas indifférente Madame de Rênal, l’épouse de son employeur. Quelle fierté pour ce fils d’artisan qu’une femme du monde succombe à son charme ! Le voilà son amant. Mais on jase, on jase… Des rumeurs sur « l’adultère » de la femme du maire commencent à se répandre. Inquiet, Monsieur de Rênal décide de se séparer de Julien. Grâce à son intelligence, il parvient encore à se faire recommander : le voici maintenant secrétaire particulier du Marquis de la Mole. Et l’aristocrate a une fille, un beau parti, qui elle aussi s’intéresse vite au petit paysan fier et passionné.






