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Jeudi 4 février 2010 Par A. dans Littérature

Fante – Demande à la poussière

Demande à la poussière couvertureDemande à la poussière n’est pas le genre de choses que l’on calcule. Il est ce genre de livres dont on n’entend rien que l’on choisit dans le rayon d’une librairie puis qu’on ouvre une fois chez soi. Il est un livre dont on n’attend rien. Juste un peu d’évasion, quelques courses improbables dans un autre bout du monde qui peut être attachant, en plein hiver. Un ailleurs chaud, un duvet, une soupape. Pourquoi lui ? Le titre sans doute, si énonciateur, on aimerait penser qu’il nous interpelle, qu’il est un clin d’œil ironique. C’est le magnétisme. Il est de ces livres que, un jour, on trouve dans sa boîte aux lettres, que l’on ne sait pas de la part de qui c’est. Le cœur bat, la montée des marches jusqu’à la chambre est fébrile. On a reçu un livre par la poste, d’un inconnu, il a un titre, c’est tout un monde.

Entendons-nous bien, avant d’ouvrir le livre, on est quelqu’un et puis à la première ligne on est quelqu’un d’autre. Marqué par la virtuosité simple des mots que l’on lit. Demande à la poussière devient alors, au-delà d’un livre, une évidence dans laquelle on finit par s’identifier porté par l’atmosphère lourde que met en place l’auteur. Ce livre est un fantasme à lui tout seul. Il est un résultat. Une vision neuve d’un Big Bang littéraire. Charles Bukowski, qui préface l’œuvre, déclare :

« Un jour j’ai sorti un livre, je l’ai ouvert et c’était ça. Je restai planté un moment, lisant et comme un homme qui a trouvé de l’or à la décharge publique. J’ai posé le livre sur la table, les phrases filaient facilement à travers les pages comme un courant. Chaque ligne avait sa propre énergie et était suivie d’une semblable et la vraie substance de chaque ligne donnait forme à la page, une sensation de quelque chose sculpté dans le texte. Voilà enfin l’homme qui n’avait pas peur de l’émotion. »

Demande à la poussière ? Une idée alternative de ces quelques lettres : CQFD. Après tout, si l’on se penche sur le titre, que demander de plus à la poussière que l’histoire du monde. Que de nous raconter la vie, la vraie, celle que l’on ne connait pas que l’immobilisme terriens sait et ne révèle jamais.

Cette espèce de grâce, d’absolu, se retrouve dans ce que raconte Demande à la poussière. S’il est dur de résumer un livre aussi touchant de simplicité, on peut dire qu’au travers des pages, on suit un homme – Arturo Bandini – aux prises avec son rêve : être écrivain. L’histoire est conté sur fond d’Ouest sauvage, de poussière et de sècheresse dans un Los Angeles qui n’a rien d’accueillant loin du clinquant qu’on peut lui reconnaître. On suit le héros, véritable alter ego de l’auteur lui même, errer dans les rues de Los Angeles où il s’est réfugié après s’être échappé de chez lui. On y voit son amour pour une serveuse mexicaine naître et le manger, et la première page de son roman rester désespérément blanche, à la recherche d’une quelconque idée. Les souvenirs du héros servent de second plan permanent dans lesquels Bandini (ou Fante) évacue l’aigreur de son enfance difficile dans le Colorado ; celle d’un fils d’immigré italien.

De la lecture ressort une étrange impression d’humanité. Comme si Fante, par l’intermédiaire de Bandini cherchant en vain quoi écrire, espérait trouver le sens de la vie sur terre. La fin brutale apparaît comme une nouvelle respiration tant l’ambiance mise en place par l’auteur est pesante, presque poisseuse. Cette fin nous donne la possibilité de relativiser sur l’importance des “épreuves” de la vie. Sur le fait même de les nommer ainsi, alors qu’ils ne restent en fin de compte qu’une série d’évènements. Au final, la puissance des mots, porté par un style baignant dans une fausse familiarité d’usage, de Fante et l’espoir qui en ressort restent dans l’atmosphère et planent au dessus de tout ; même de la chaleur oppressante du désert du Mojave dans laquelle vient mourir le livre sans réellement avoir réussi à pousser le héros hors de l’immobilisme flamboyant de l’errance. Le cœur au bord des lèvres, il faut le dire, bien sûr ce livre se ferme comme n’importe quel livre. Bien sûr qu’on meurt tous, même les héros, même les héros les plus célestes. Et pourtant, en chacun de nous qui voulons tant, qui souhaitons tant, écrire et être lu, il y a un Arturo Bandini, qui pousse et pousse à embrasser une vie qui n’est pas la débauche d’un Kerouac, d’un Ellis, mais qui pourtant est aussi percutant dans les images.

Le silence dure longtemps, j’ai la tête de la bonne femme sur les genoux, mes doigts jouent dans son nid, je compte les cheveux blancs. Remue-toi, Arturo ! Si Camillia Lopez te voyait comme ça, elle et ses grands yeux noirs, ton seul amour, ta princesse Maya… Oh, bon Dieu Arturo, qu’est ce que tu trimbales ! T’as peut-être écrit Le Petit Chien Qui Riait, mais c’est pour sûr que t’écriras jamais les Mémoires de Casanova. Qu’est ce que tu fabriques, planté là ? Tu nous couves un chef-d’œuvre ? Comme crétin tu te poses un peu là, Bandini !
Elle a levé les yeux et comme j’avais les yeux fermés elle ne pouvait pas lire mes pensées. Mais peut-être que si, justement. Peut-être que c’est pour ça qu’elle a dit : « T’es fatigué. Tu devrais faire un somme. » Peut-être que c’est pour ça aussi qu’elle a tiré le lit Murphy escamotable et insisté pour que je m’allonge dessus à côté d’elle, sa tête entre mes bras. Peut-être que c’est pour ça qu’elle a demandé, en étudiant mon expression :
« T’en aimes une autre c’est ça ? »
« Oui. Je suis amoureux d’une fille à Los Angeles. »
Elle m’a touché la figure.
« Je sais », elle a dit. « Je comprends. »
« Non, tu peux pas. »

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Jeudi 4 février 2010 Par Novembre dans Littérature

Aragon – Les cloches de Bâle

Les cloches de Bâle, roman écrit par Louis Aragon en 1934, premier tome du cycle du « Monde Réel », dresse le portrait de trois femmes, Diane de Nettencourt, Catherine Simonidzé et Clara Zetkin, à travers l’œil desquels le lecteur verra l’envergure des bouleversements que connut le début du XXème siècle, tant dans son organisation sociale, sur le plan Français, que dans ses relations internationales, sur le plan mondial.

Diane de Nettencourt naît de la petite noblesse, ruinée au cours du XIXème siècle, par la prise de pouvoir bourgeoise et industrielle; cependant, c’est par les hommes et son extrême beauté alliée à sa vivacité d’esprit qu’elle va réussir son ascension sociale la menant tout au haut de l’aristocratie, alors que la particule même de son nom de famille ne valait alors plus grand chose. C’est une nouvelle femme du XXème siècle, elle choisit elle-même ses fiancés, se démarquant des habitudes de la noblesse et assure à elle seule la remontée sociale de toute sa famille. Très bien entourée, maîtresse du grand industriel Wisner, elle ne sera donc pas même inquiétée lorsque l’activité honteuse de son mari, Georges, un usurier, sera dévoilée au grand jour et qu’elle devra, par « morale », le quitter.

Catherine Simonidzé est l’incarnation du féminisme dans le livre. Elle vit, comme sa mère, sur l’argent que leur envoie son père, resté en Géorgie où il gère ses puits de pétroles. Madame Simonidzé a élevé Catherine, mais non pas sa grande soeur Hélène – envoyée dans un pensionnat -, dans la haine du capitalisme et la ferveur donnée, de façon spirituelle en tout cas, au peuple ouvrier. Lors d’un voyage en Suisse, Catherine assiste à la mort d’un ouvrier d’à peine son âge, assassiné par ses patrons assaillis par la grève ; sa haine du patronat n’en sera que plus intensifiée et sa compassion pour le prolétariat en deviendra à ses yeux absolument pur. Mais, lorsqu’à Paris, elle sera directement en contact avec les milieux anarchiste, socialiste, communiste ouvriers, incarnés par Victor ou encore l’anarchiste Albert Libertad, elle ne pourra que constater qu’un fossé la sépare irrémédiablement de ceux qu’elle défend corps et âme : la pension du puits de Bakou, envoyée chaque mois par ce père dont elle ne sait quasiment rien.

Clara Zetkin apparaît comme l’incarnation d’un socialisme féministe et pacifique, intelligent et engagé. Cependant, si Aragon en fait, de par son regard externe sur son oeuvre, comme un des personnages majeurs des Cloches de Bâle, il n’en reste pas moins que la partie la concernant ne contient que trente pages et surtout juste une ébauche de ce qu’est le héros Clara Zetkin, femme politique allemande des XIXème et XXème siècles, fermement engagée contre la première guerre mondiale et pour la place des femmes dans l’organisation de la société.

Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est la trame de l’histoire, extrêmement bien ficelée par Aragon pour chacune de ses héroïnes : se mêlent volontiers personnages imaginaires et réels, faits inventés et faits historiques, au milieu d’explications très poussées sur les contextes économiques et sociaux de la période du début du siècle. Le romancier réussit par ailleurs à donner à ses personnages des âmes et des parcours très complexes, très réalistes, mais aussi passionnants, puis il les fait tous se rejoindre indirectement, à la fin de son livre, lors du Congrès de Bâle, en 1912.

Autres livres de Louis Aragon sur le Hangar : Aurélien

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Samedi 30 janvier 2010 Par gouttesdo dans Littérature

Rahimi – Les mille maisons du rêve et de la terreur

Découvert par le grand public grâce à l’attribution du Goncourt 2008 pour Syngué Sabour, son premier roman écrit directement en Français, Atiq Rahimi se révèle puissant poète. Par le raffinement des images créées, le rythme particulier des phrases, l’écrivain descend au fond de l’âme et dépeint le cheminement mental de ses personnages. Les événements tragiques des guerres en Afghanistan, son pays d’origine, constituent le creuset par lequel se révèle la nature des caractères et la recherche du sens de leur existence.

La trame des mille maisons du rêve et de la terreur expose un moment délicat de confusion intérieure, où la conscience du personnage principal se heurte à une réalité qu’il voudrait refuser. Cette fois cependant, ce sont les faits, la prégnance de la réalité, qui bousculent le personnage et l’obligent à affronter les conséquences des événements. Le ton du récit s’adapte ainsi à un angle de vue différencié : le narrateur, Farhad, est le personnage central d’une histoire qu’il subit, et nous suivons avec lui le cheminement de sa prise de conscience.

Le récit commence au moment où le narrateur sort lentement et confusément d’un coma du au traumatisme des coups reçus lors d’un contrôle d’identité. Nous sommes alors dans le Kaboul de l’ère de l’occupation soviétique (les années 80). Progressivement, nous comprenons que le jeune étudiant a « oublié » l’heure du couvre-feu et s’est mis ainsi en danger… À travers les bribes de ses fantasmes comateux, nous percevons la part de l’enfant qui subsiste en lui, le contexte familial qui fonde son identité : un grand père omniscient, transmetteur d’éducation morale et religieuse, mais humaniste avant tout. Ce rêve latent donne progressivement corps à l’émergence d’une situation nouvelle qu’il appréhende à travers le brouillard de ses pertes de conscience physiques.
« Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ? Peut-être les deux. Il fait nuit et je dors. Mais pourtant je pense, comment se fait-il ?
Non. Je suis réveillée, seulement mes yeux sont encore fermés. J’étais en train de dormir et dans mon rêve, un enfant a crié « Père ! »
Quel enfant ? comment le savoir ? Il n’y avait que sa voix. Peut-être était-ce moi enfant, cherchant mon père.
- Père !
Encore cette même voix ! Cette fois-ci je ne rêve pas. Il me semble l’entendre juste au-dessus de moi. Il faut que j’ouvre les yeux.

- Qui es-tu ?
Ma question se brise dans ma poitrine. Une douleur vive transperce mes tempes. Le voile noir devant mes yeux se fait plus épais ; le silence dans mon esprit plus pesant.

Peu à peu le narrateur prisonnier de son cauchemar déroule les repères de son identité, il tente de raccorder les bribes de cette réalité incompréhensible à ses propres souvenirs, afin de retrouver une cohérence à cette expérience inconnue :

« Non, je ne dors pas. Je suis en proie aux forces de l’Invisible. Les djinns sont venus se poser sur ma poitrine. Grand-père disait que, selon Dâmollah Saïd Mostafa – dont l’autorité valait au moins dix mollahs, quand il n’y a pas de Coran dans une pièce, les djinns y font leur nid, et la nuit, pendant que tu dors et que ton âme est partie se promener, ils viennent assaillir ton corps. Ils s’installent sur ta poitrine, t’attachent les bras, te bâillonnent et te bandent les yeux. (…)
- Frère !
Non. Ce n’est pas ma mère, c’est ma sœur Parvana.
Parvana, ma douce tu m’as appelé ? Parvana, ma petite sœur, chasse les djinns de ma poitrine ! Entends-tu ma voix?
Non, elle n’entend pas. Les djinns retiennent ma voix dans ma poitrine.
(…)
Mes tempes explosent de douleur.
Je commence à distinguer un certain nombre de choses, mais je suis incapable de bouger. Mes os sont brisés, mes veines rompues, mon cerveau éclaté, mes muscles déchirés… Non, je ne suis ni dans un cauchemar ni sous l’emprise des djinns, je suis tout simplement mort.

Ces extraits du texte courent de la page 15 à la page 37 de l’édition P.O.L et me semblent assez représentatifs du cheminement erratique qui permet au blessé de remonter des abysses de l’inconscience à la lueur du monde réel. On y goûte la poésie expressive de l’auteur, on se frotte aux pigments de la culture persane, on entre dans un mode de pensée particulier à l’écrivain et son personnage.

Farhad parvient à s’extirper à l’obscurité angoissante de son rêve et découvre la femme qui l’a sauvé. L’esprit encore embrumé par les coups subis, il se laisse protéger par cette inconnue dont nous apprécions surtout la longue mèche qui cache son visage, mèche de cheveux emblématique d’une féminité maternante, protectrice, autoritaire, sécurisante avant de révéler une sensualité extrêmement retenue. L’art d’Atiq Rahimi tient de ce miracle : par le simple geste d’une main qui repousse la mèche de cheveux derrière l’oreille de la jeune femme, l’écrivain décrit le processus complexe de la relation qui s’établit entre deux inconnus face au danger. À plusieurs reprises au cours de cette nuit cauchemardesque, Mahnaz sauve la situation, soulage les douleurs du jeune homme, repousse les soldats qui perquisitionnent la maison, prévient la mère de Farhad … Quand le fugitif découvre la tragédie personnelle de la jeune femme, il se sent troublé :

« Pourquoi ai-je de telles pensées au sujet de Mahnaz ? pourquoi suis-je incapable d’admettre qu’une femme peut tout à fait secourir un inconnu sans aucune arrière-pensée ? (…)
Pour Mahnaz et son mystère, j’ai livré toute une nuit ma mère à son angoisse dans les quatre murs de notre maison ; j’ai condamné le regard de Parvana à une interminable attente derrière la fenêtre de sa chambre ; j’ai découragé les mains de Farid posées sur la poignée de la porte.
(…)
Le mystère de Mahnaz tient à cette mèche de cheveux qu’elle vient sans cesse cueillir sur son visage pour l’enrouler derrière son oreille. »

Farhad comprend ainsi que cette nuit de tous les dangers constitue pour lui une sorte d’épreuve initiatique à l’issue de laquelle il devra définitivement quitter l’insouciance de son statut, et que Mahnaz représente en fait la porte de sortie du monde de l’enfance protégée:

« À aucun moment, je ne m’étais senti aussi proche d’une femme autre que ma mère et Parvana. À aucun moment, je n’avais perçu de si près une vie de femme. Aucune femme ne s’était jamais frayé un chemin au cœur de mes pensées, au cœur de mon existence. L’espace d’une nuit, j’ai partagé avec une femme mille instants d’une vie, comme si une chose essentielle nous avait unis. Cette femme m’a offert son toit. Ma vie est entre ses mains, elle lui appartient. »

Dans ce mode difficile, les sentiments s’expriment avec une sobriété qui nous surprend et impose une nouvelle expressivité : voyez ce dernier extrait relatant le chagrin de la mère qui a organisé le départ du Pays pour son fils :

« Sous la charge du tchâdri, folle de chagrin, ma mère a traversé en pleurant les rues de la ville aveugle ; elle est arrivée à la maison. Elle a enroulé dans le tchâdri son chagrin fait larmes et a tendu le tout à la laveuse ; puis elle s’est discrètement éloignée vers la cuisine pour relaver la vaisselle propre. Après le départ de la laveuse, elle va aller chercher le linge sec sur la corde pour le relaver. « 

Renversement de la représentation: la ville s’aveugle du chagrin de cette femme recluse sous son tchâdri !
Qui a éprouvé un chagrin profond, un deuil explosant son univers, comprendra cette forme de lutte intérieure qui pousse à laver de nouveau ce qui l’est déjà… Ces images universelles de bouleversement transmettent en quelques lignes la profondeur et l’intensité du malheur accepté.

Né en 1962 à Kaboul, Atiq Rahimi est également cinéaste, et a réalisé lui-même la mise en images de son roman Terre et Cendres. Le prix Goncourt 2008 lui a été attribué pour son premier roman écrit directement en Français, Syngué Sabour ( Pierre de patience)
La France a accueilli Atiq Rahimi en 1984. Elle a reçu ainsi un des plus grands écrivains de notre temps, qu’il écrive en Persan d’Afghanistan ou en Français. Belle leçon à méditer…

Les mille maisons du rêve et de la terreur
Atiq Rahimi
Éditeur: P.O.L
ISBN : 2-86744-875-1
Mars 2002
Traduction : Sabrina Nouri

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Mercredi 27 janvier 2010 Par Novembre dans Vos oeuvres

Crépuscule, par Fleur de Plume

Voici un petit texte sympathique et émouvant que nous envoie Fleur de Plume. Comme elle vous pouvez être publié sur le Hangar, en nous envoyant votre texte par la rubrique « Contact »… Nous vous rappelons que vous pouvez nous envoyer tout type d’œuvre d’art numérisée par ailleurs…

Crépuscule

Crépuscule,
pleine lune
ciel d’ancre,
Danse des étoiles
sur la toile de nuit

mythes merveilleux,
histoires d’enfants
rêve d’antan
espoirs présents

je pose un regard sur les astres
petite veilleuse de l’univers
douce lumière,
éclaire l’humanité

je sens, frôlement
caresse du vent
je perçois tes pas,
un mouvement
je sais
J’attends,
un parfum
entêtant,

un souffle au creux de mon oreille
mon éveil,

je ne te vois pas
mais te ressens

m’enlaçant tendrement,
Déposant de tes lèvres
un doux baiser au creux de mon poigné,

instant ensorcelant, désir naissant,
fantasme de mon esprit
d’un cœur bien en vie
espoir vivant …d’un amour veillant…

par Fleur de Plume.

Avis et critiques sont les bienvenus.

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Lundi 28 décembre 2009 Par Novembre dans Littérature

Zola – La Fortune des Rougon

Premier volume de l’immense série des Rougon-Macquart de Zola, la Fortune des Rougon est publié en 1871. Cette œuvre nous plonge dans l’ambiance de la première moitié du XIXème siècle, et notamment du coup d’état de Napoléon III en 1851, qui préfacera la période étudiée par Zola, le Second Empire. La trame de l’histoire, comme dans beaucoup de romans de notre naturaliste préféré, est menée par plusieurs personnages à la fois. Ainsi, on suivra l’évolution généalogique de la famille, minutieusement décrite de façon scientifique par Emile Zola, cherchant dans l’hérédité naturelle l’explication à des faits (ir)rationnels. L’amour, le sang, l’avidité, la modestie, tout autant de valeurs contradictoires se mêlent et opposent chacun des personnages à un ou plusieurs autres. Antoine Macquart et Pierre Rougon, demi-frères, divergent sur tous les points : politique, réussite, situation, intelligence, bon sens, prudence…

La Fortune des Rougon, c’est la première pierre d’une série incroyablement riche, c’est le tome qui pose les bases des trois familles qui descendent d’Adélaïde Fouque, et que l’on suivra tout au long des vingt volumes des Rougon-Macquart : les Rougon, caractérisés par leur faim d’argent et de reconnaissance; les Mouret, chez qui on pourra observer des séquelles de la folie d’Adélaïde; et les Macquart, la branche la plus bâtarde, où alcool et violence se mêleront à la folie et en décupleront la puissance.

Sur ce fond d’opposition familiale et politique, on suit aussi l’histoire d’amour désillusionnée de deux jeunes gens, Silvère Mouret et Miette, qui participeront aux tentatives de soulèvement des campagnes, qui ont eu lieu lors du coup d’état de Napoléon III. Tous deux finiront tragiquement dans la mort, à cause de la violence de la répression organisée par le souverain.

Au final, un ouvrage dont le style est entraînant et riche, sans être lourd. On peut facilement se laisser emporter sur quelques centaines de pages sans s’en rendre compte, les intrigues sont extrêmement bien ficelées et on remarque immédiatement toute la justesse et l’intelligence de Zola. A lire, pour la culture et le plaisir.

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