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	<title>Le Hangar - Espace artistique &#187; la</title>
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		<title>Pagnol &#8211; La Gloire de mon père &#8211; Le Château de ma mère</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Nov 2011 18:24:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélusine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avant, quand j’entendais parler de Marcel Pagnol, je pensais aux films un peu kitch, à l’humour potache de Fernandel, au côté France profonde de mes grands-parents dont on nous rebat les oreilles sur France 3 pendant les vacances de Noël en multi-rediffusion. C’est donc sans grandes attentes que j’ai ouvert le premier tome de sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Avant, quand j’entendais parler de Marcel Pagnol, je pensais aux films un peu kitch, à l’humour potache de Fernandel, au côté France profonde de mes grands-parents dont on nous rebat les oreilles sur France 3 pendant les vacances de Noël en multi-rediffusion. C’est donc sans grandes attentes que j’ai ouvert le premier tome de sa si célèbre autobiographie. Je ne m’attendais pas à un tel émerveillement. Un tel débordement d’amour.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://2.bp.blogspot.com/_DTDbRmRgXFU/SmrHldsMT1I/AAAAAAAAASE/zZCEi_SJMWU/s320/la+gloire+de+mon+p%C3%A8re.gif" alt="pagnol" width="168" height="256" />L’enfance de Marcel Pagnol est d’abord une déclaration d’amour à l’école. Son père, instituteur publique, prend son travail extrêmement à cœur dans une époque qui lutte encore contre l’influence de l’église dans l’éducation. Plus qu’une vocation, c’est une véritable dévotion qui le pousse, un sentiment, bien légitime à l’époque, que son travail lui permet de sauver des âmes, voire de sauver des vies.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une déclaration d’amour à ses collines marseillaises. <em>La Gloire de mon père</em>, c’est la gloire de chasseur que Joseph l’instituteur essaye d’acquérir, lui l’intellectuel qui vient de la ville. Dans une maison de vacance achetée de ses maigres deniers pour offrir à sa femme l’air pur qui manque à sa constitution fragile, meublée de bric et de broc, tout est bon pour devenir un vrai père de famille vacancier. Peu convaincant en tant que chasseur, il n’en est que plus attachant dans son éternelle opposition à son fanfaron de beau-frère. Hiboux grand-duc, sangliers, sources cachées, grottes secrètes, pièges, tout devient merveille.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une déclaration d’amour à l’enfance. Son insouciance, sa capacité à <img class="alignright" src="http://imados.fr/history/82/le-chateau-de-ma-mere_couv.jpg" alt="pagnol" width="161" height="247" />s’émerveiller de tout, sa liberté, ses yeux qui transforment la moindre bagatelle en véritable expédition, où tout se prend très au sérieux et en même temps prend les proportions d’un gigantesque jeu. C’est la réalisation du fantasme de s’enfuir dans les montagnes pour rester toujours en vacances. C’est sauter par la fenêtre pour aller à la chasse alors que Papa et Maman ont interdit d’y aller. C’est un petit frère tout fier de faire comme les grands. Ce sont des lettres truffées de fautes d’orthographe qui rassureront les plus complexés. C’est un château qui devient le lieu de toutes sortes de terreurs, de chiens enragés et de militaires au passé glorieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, c’est une déclaration d’amour à ses parents. A son père d’abord, que l’on devine un peu empoté, un peu rat de bibliothèque, mais auquel il voue une admiration sans borne, qu’il veut absolument suivre. Et à sa mère ensuite, fragile, délicate, douce, diaphane, la petite Augustine qu’il veut protéger, parce qu’il est aussi grand qu’elle, alors qu’il est encore un enfant. Qu’il est prêt à défendre contre les terrifiants chiens de la cour du château.</p>
<p style="text-align: justify;">Romancée, son autobiographie ? Je dirai plutôt féérisée avec les yeux d’enfant qui n’avaient pas besoin de console de jeu pour s’émerveiller tant la nature leur offrait le plus merveilleux terrain de jeu. Il a mis toutes ses plus belles étoiles dans ces pages, et rien que pour la chute à la fin du second tome, qui rappelle à quel point nous avons aussi besoin de cette douceur, je place ce livre parmi ceux chers à mon petit cœur de lectrice.</p>
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		<title>Dumas &#8211; La Reine Margot</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Nov 2011 20:42:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélusine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il est des personnages historiques que l’on croit connaître, alors que l’on ne connaît que leur double littéraire élevé au rang d’icône par un auteur populaire et classique à la fois. Alexandre Dumas est un de ces auteurs, puisqu’on lui doit un certain groupe de mousquetaire, ou encore le collier d’une reine tragique. Parmi ces [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin-left: 10px; margin-right: 10px;" src="http://www.decitre.fr/gi/71/9782070359271FS.gif" alt="reine margot" width="226" height="380" />Il est des personnages historiques que l’on croit connaître, alors que l’on ne connaît que leur double littéraire élevé au rang d’icône par un auteur populaire et classique à la fois. Alexandre Dumas est un de ces auteurs, puisqu’on lui doit un certain groupe de mousquetaire, ou encore le collier d’une reine tragique. Parmi ces personnages devenus plus littéraires qu’historiques, la Reine Margot.</p>
<p style="text-align: justify;">Le roman commence avec son mariage avec Henri de Navarre. Marguerite de France, fille de la grande Catherine de Médicis et sœur du roi Charles IX qui la surnomme affectueusement Margot, épouse le chef de la communauté protestante pour essayer de calmer les tensions qui déchirent la France. Nous sommes en 1572, et même si ce mariage ne trompe personne, tous les Huguenots sont donc montés à Paris pour assister aux noces de leur roi, ce qui a le don d’exaspérer les catholiques. Entre les manigances de la reine Catherine et les intrigues de cour, tout va basculer, une nuit de Saint-Barthélémy…</p>
<p style="text-align: justify;">Et voilà Marguerite qui patauge dans le sang à peine ses noces prononcées. Consciente que son mariage a été vendu à d’obscures raisons politiques, elle passe une alliance avec Henri, son mari qui s’engage à ne jamais être son amant, si elle s’engage à ne pas le trahir. Et lorsque le massacre éclate, Margot voit son palais envahi de meurtriers et de victimes, jusqu’à ce qu’un homme enfonce sa porte : M. de la Mole, protestant, gravement blessé. Margot le cache, le sauve, le soigne. Et en tombe amoureuse. Amoureuse comme une adolescente, qui badine, qui sort en cachette pour voir son amoureux, qui lui fait passer des messages secrets dans une intrigue toute romanesque.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour Henri, en revanche, les choses sont moins simples, car sa vie est menacée en permanence. Car il faut être honnête : en déclenchant le massacre qui répand les cadavres dans tout Paris, Catherine vise avant tout ce répugnant huguenot qu’elle a été contrainte de marier à sa fille. Mais par une succession de coup du sort, Henri ne sera jamais là où le couperet de Catherine tombe. Il ne sera pas parmi les morts de la Saint-Barthélémy. Qu’à cela ne tienne, elle empoisonne jusqu’au rouge à lèvre de sa maîtresse pour l’atteindre. Mais Henri se dérobe toujours, sur le fil. Dans le nid de vipère qu’est la cour de France, le poison et les arquebuses parlent plus franchement que les bouches. Il ne peut faire confiance à personne, à part peut-être Margot, qui a déjà tout perdu sauf son bien-aimé Huguenot réchappé par miracle, en sursis dirons-nous…</p>
<p style="text-align: justify;">Immortalisée dans sa robe ensanglantée par Isabelle Adjani qui souffle le glaciale et le passionné avec brio, reine sanglante et femme sacrifiée sur l’autel de la raison d’état, Margot est ici l’héroïne d’une parenthèse de bonheur personnel au cœur d’une des périodes les plus sombres où la France a réussi à se mutiler elle-même. Un roman historique qui donne au genre toutes ses lettres de noblesse tant il sublime à la fois l’histoire de France et l’histoire d’une femme.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://images.allocine.fr/medias/nmedia/18/35/57/10/18861216.jpg" alt="reine margot adjani" width="360" height="240" /></p>
<p> Autres livres d&#8217;Alexandre Dumas sur le Hangar : <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/dumas-joseph-balsamo" target="_blank">Joseph Balsamo</a>, <a href="http://www.le-hangar.com/?p=2774" target="_blank">Les mille et un fantômes</a>, <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/les-trois-mousquetaires-alexandre-dumas/" target="_blank">Les trois mousquetaires</a></p>
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		<title>Murakami &#8211; Le passage de la nuit</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Sep 2011 11:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gouttesdo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Noctambule insomniaque, témoin curieux sans voyeurisme, quiconque a passé quelques nuits blanches  à meubler sans pitié pour le sommeil en fuite, vous allez reconnaître sans peine une part de votre obscure agitation dans la longue errance de Mari tout au long de cette longue, longue nuit que la jeune fille traverse au long des pages [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<div style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/09/passage-nuit.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3400" title="passage nuit" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/09/passage-nuit.jpg" alt="" width="300" height="487" /></a>Noctambule insomniaque, témoin curieux sans voyeurisme, quiconque a passé quelques nuits blanches  à meubler sans pitié pour le sommeil en fuite, vous allez reconnaître sans peine une part de votre obscure agitation dans la longue errance de Mari tout au long de cette longue, longue nuit que la jeune fille traverse au long des pages de ce roman.</div>
</div>
<div style="text-align: justify;">Il y avait bien longtemps que je souhaitais «  m’attaquer » à  l’univers  de Haruki Murakami. Je n’ai pas été déçue par le récit que donne l’auteur japonais de l’errance insomniaque de la jeune fille. Jusqu’au bout, l’écrivain préserve une grande part du mystère de son héroïne, en maintenant un voile quasi onirique sur les raisons qui la poussent à fuir sa demeure de banlieue pour s’imposer une séance de lecture dans un restaurant impersonnel. Heureusement pour elle, un curieux garçon, étudiant peu convaincu mais joueur de trombone passionné la reconnaît et décide de lui tenir compagnie, un moment du moins. Aux premiers échanges, le lecteur devine que Mari a un souci concernant sa sœur Éri, sans qu’il soit encore possible de deviner la nature de ce problème. Mais le jeune musicien,   dont nous apprenons plus tard qu’il s’appelle Takahashi,   est à l’origine d’une nouvelle rencontre qui rompt définitivement la solitude  recherchée par Mari. Elle fait la connaissance de Kaoru, avec laquelle elle n’aurait jamais dû échanger trois phrases… Ce n’est pas la moindre des surprises qui attendent l’étudiante au cours de cette nuit blanche dans les rues de Tokyo.</div>
<div style="text-align: justify;">L’originalité du passage de la nuit   tient d’abord  au regard particulier  que Haruki Murakami nous convie à porter  sur les personnages  et les situations qu’il a imaginés. La structure et le ton du roman posent le lecteur en situation d’observateur attentif, comme un scientifique passerait au crible l’examen d’une culture de cellules.  Par la   grâce des incipit de chapitres, nous devenons lecteurs témoins, impliqués dans l’attention portée au déroulement de cette nuit.</div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>«  La ville s’ouvre à notre regard.</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em>Ce paysage urbain, nous l’observons à travers les yeux d’ un oiseau de nuit qui volerait très haut dans le ciel. Depuis ce point de vie panoramique, la ville apparaît comme une gigantesque créature… » (Incipit du roman, page 7)</em></span></div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Dès lors, le ton de la narration adopte la rigueur et la neutralité d’un rapport ethnologique :</p>
<p><span style="color: #993300;"><em>« Nous sommes dans le restaurant Denny’s . Éclairage banal, efficace néanmoins ; décoration inexpressive et vaisselle neutre ; plan des sols calculé méticuleusement, jusque dans les moindres détails, par des pros en techniques organisationnelles ; musique d’ambiance inoffensive ; employés formés à appliquer fidèlement les procédures décrites dans le manuel. » (pages 8-9)</em></span></p>
<p>Cependant, la sécheresse apparente du relevé précis des éléments du décor nous conduit à devenir attentifs aux failles cachées sous la maîtrise des situations. Ainsi l’ouverture du  chapitre 2 présente la chambre où dort Éri. Comme chaque partie de ce roman, l’ouverture est surmontée d’une horloge dessinée indiquant l’heure du démarrage de la séquence. Il est vingt-trois heures cinquante-sept, minuit moins trois. Nous entrons dans la pièce sur les indications de l’auteur :</p>
<p><span style="color: #993300;"><em>« La chambre est sombre. Notre regard s’habitue peu à peu à l’obscurité. Une femme dort dans le lit. Une belle jeune femme ; Éri, la sœur aînée de Mari. Éri Assaï. Personne ne nous l’a dit  mais nous avons deviné. Un torrent de cheveux noirs déborde de son oreiller.</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em> Nous nous confondons avec un œil qui regarde, ou mieux peut-être, avec un regard caché qui vole l’image de cette femme. Devenu caméra suspendue en l’air, notre œil est apte à se déplacer librement dans la chambre. »</em></span></p>
<p>La force du procédé se révèle abruptement alors que nous avons confortablement accepté notre poste de scrutateur impartial.  Haruki Murakami nous attend au détour du chapitre pour instiller un doute sur l’apparente tranquillité de ce sommeil profond :</p>
<p><span style="color: #993300;"><em>« …Mais la caméra semble avoir perçu une présence par là. Ou bien est-ce un pressentiment . Gros plan sur l’écran. Nous partageons le pressentiment avec la caméra, fixons silencieusement l’écran.</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em> Nous attendons. Retenons notre souffle, tendons l’oreille.</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em> Le réveil affiche 0 :00.</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em> Nous entendons un grésillement d’origine électrique. Au même moment, l’écran acquiert une parcelle de vie et commence à clignoter très légèrement…»</em></span></p>
<p>Évidemment, je me garde de trahir le suspense induit. Car à cet instant, notre raison, qui s’est adaptée au style cartésien du récit, commence à poser des hypothèses. Et la malice de l’auteur nous cueille alors à la croisée des possibles, chamboule notre rationalité, laisse entrevoir des mystères  qui frôlent l’occultisme ou la télépathie, nous obligeant ainsi à plus de vigilance :</p>
<p><span style="color: #993300;"><em>« …Dans cette chambre, quelque chose est sur le point d’arriver. Certainement. Quelque chose sans aucun doute lourd de sens. »</em></span></p>
<p>Impossible dès lors de s’arracher à la suite des événements qui ponctuent la nuit de Mari. En d’incessants aller-retour, nous suivons le grignotage des heures de cette nuit particulière, jusqu’au petit matin,   à l’heure du premier train qui ramène Mari chez elle. Elle pénètre dans la chambre d’Éri…<br />
Mais non, je n’en livrerai pas plus… À votre tour, réservez donc votre prochaine insomnie pour accompagner Mari dans les rues de la métropole nippone.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;"><em>Le passage de la nuit, Haruki Murakami</em></div>
<div style="text-align: justify;"><em> 10/18  &laquo;&nbsp;Domaine étrange&nbsp;&raquo; Belfond éditeurs France 2007</em><br />
<em>Édition originale 2004 : After Dark</em><br />
<em>Traduit par Hélène Morita en collaboration avec Théodore Morita</em><br />
<em>ISBN : 978-2-264-04685-7</em><br />
<em>Note : 8/10</em></div>
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		<title>Giraudoux &#8211; La Guerre de Troie n&#8217;aura pas lieu</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 11:00:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hazel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La guerre de Troie n&#8217;aura pas lieu est un pièce de Jean Giraudoux d&#8217;une petite centaine de pages. Je devais la lire il y a un an et demi pour mes cours de littérature, chose que je n&#8217;ai jamais faite. Et aujourd&#8217;hui, n&#8217;ayant rien à faire chez moi, je me suis allongée dans mon lit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/09/guerretroie.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-3355" style="margin: 5px;" title="guerretroie" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/09/guerretroie.jpg" alt="" width="250" height="404" /></a><em>La guerre de Troie n&#8217;aura pas lieu</em> est un pièce de Jean Giraudoux d&#8217;une petite centaine de pages. Je devais la lire il y a un an et demi pour mes cours de littérature, chose que je n&#8217;ai jamais faite. Et aujourd&#8217;hui, n&#8217;ayant rien à faire chez moi, je me suis allongée dans mon lit et j&#8217;ai sorti ce bouquin&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Me voilà plongée dans l&#8217;histoire hilarante et anachronique qui raconte le début de la guerre de Troie. Tous y sont : Hector, Pâris et sa belle Hélène, Andromaque, priam et tous les autres. Mais dès les premières répliques nous comprenons vite que nous avons à faire à tout le contraire d&#8217;une pièce classique. Les dialogues sont rocambolesques et moqueurs, Hélène est ridiculisée puisque l&#8217;auteur la fait passer pour une véritable idiote, la gloire de Troie se joue sur des gifles, des citations célèbres sont écorchées&#8230; C&#8217;est un régal !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le plus intéressant, je pense, est de savoir que cette oeuvre a été écrite en 1935, et, à travers ses lignes qui font sourire, Jean Giraudoux nous dresse une véritable critique de la future Seconde Guerre Mondiale, avec de nombreuses références aux attentats et conférences de l&#8217;époque, ainsi qu&#8217;à la guerre de 14-18. C&#8217;est donc sur un large tapis de cynisme que l&#8217;auteur nous donne une version plus drôle des origines de la guerre de Troie. A dévorer en une ou deux heures, sous la couette avec un thé à la menthe !
</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">&laquo;&nbsp;<strong>Acte I, Scène 7<br />
</strong></span></em><em><strong><span style="color: #993300;">HÉLÈNE, PÂRIS, HECTOR.</span></strong></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">PÂRIS.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">Hélêne chérie, voici Hector. Il a des projets sur toi, des projets tout simples. Il veut te rendre aux Grecs et te prouver que tu ne m’aimes pas&#8230; Dis-moi que tu m’aimes, avant que je te laisse avec lui&#8230; Dis-le moi comme tu le penses.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">HÉLÈNE.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">Je t’adore, chéri.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">PÂRIS.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">Dis-moi qu’elle était belle, la vague qui t’emporta de Grèce !</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">HÉLÈNE.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">Magnifique! Une vague magnifique !&#8230; Où as-tu vu une vague ? La mer était si calme&#8230;</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">PÂRIS.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">Dis-moi que tu hais Ménélas&#8230;</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">HÉLÈNE.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">Ménélas ? Je le hais.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">PÂRIS.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">Tu n’as pas fini&#8230; Je ne retournerai jamais en Grèce. Répéte.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">HÉLÈNE.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">Tu ne retourneras jamais en Grèce.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">PÂRIS.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">Non, c’est de toi qu’il s’agit.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">HÉLÈNE.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">Bien sûr ! Que je suis sotte !&#8230; Jamais je ne retournerai en Grèce.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">PÂRIS.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">Je ne le lui fais pas dire&#8230; À toi maintenant.</span></em><br />
<em><span style="color: #993300;"> Il s’en va.&nbsp;&raquo;</span></em></p>
<p>à lire en entier<a href="http://www.wikilivres.info/wiki/La_guerre_de_Troie_n%E2%80%99aura_pas_lieu" target="_blank"> ici</a> !</p>
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		<title>Malaparte &#8211; La Peau</title>
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		<pubDate>Mon, 23 May 2011 11:47:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hazel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Si la Seconde Guerre était véritablement mondiale&#8230; alors dans ce livre il y a toute l&#8217;horreur et toute la beauté du monde. C&#8217;est dur à lire. Non pas à cause du vocabulaire difficile, de l&#8217;histoire impossible à suivre, non, rien de tout cela. Ce livre est dur à lire car c&#8217;est un scandale, c&#8217;est tout [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/05/peau.jpg"><img class="size-full wp-image-3156 alignleft" style="margin: 5px;" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/05/peau.jpg" alt="" width="260" height="427" /></a>Si la Seconde Guerre était véritablement mondiale&#8230; alors dans ce livre il y a toute l&#8217;horreur et toute la beauté du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est dur à lire. Non pas à cause du vocabulaire difficile, de l&#8217;histoire impossible à suivre, non, rien de tout cela. Ce livre est dur à lire car c&#8217;est un scandale, c&#8217;est tout simplement un scandale de parler des cadavres de la guerre en putréfaction, des enfants napolitains de huit ans qui se prostituent pour du chocolat, du marché des esclaves noirs, des Italiens qui se font tuer par des Italiens, des vierges qui exposent leur virginité aux soldats américains pour un malheureux dollar, des hommes crucifiés en Ukraine sur des troncs d&#8217;arbres, de l&#8217;explosion du Vésuve dont les laves engloutissent des hordes entières d&#8217;hommes, d&#8217;enfants et de femmes. C&#8217;est un scandale d&#8217;en parler avec une telle&#8230; beauté.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai englouti les pages, chaque page. J&#8217;ai lu avec un désir avide le malheur de tout un peuple dont l&#8217;âme était morte, un peuple qui mourrait sous les bombardement, d&#8217;un peuple qui se vend pour des cigarettes, d&#8217;un peuple qui a eu le malheur de se voir exterminer par à la fois les fascistes, les nazis, les américains et le volcan. J&#8217;ai lu tout ceci avec un plaisir atroce et immense, parce que c&#8217;était aussi répugnant, honteux, désolant que splendide.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plus horrible c&#8217;est que <em>La Peau</em> est un roman autobiographique. Et on se demande comment peut-on vivre à mi-chemin entre l&#8217;abomination de la guerre et ces magnifiques paysages italiens qu&#8217;il ne se lasse jamais de décrire, dans toute leur rage et dans toute leur majesté. Curzio Malaparte est né en 1898 et à seize ans, fuyant son collège, il s&#8217;engagea volontairement dans l&#8217;armée française. Il a vu et subi les deux guerres, et a eu une vie tumultueuse et remplie de fantaisie et d&#8217;épouvante, je vous invite vivement à ce sujet à lire<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Curzio_Malaparte" target="_blank"> l&#8217;article le concernant sur la page Wikipédia</a> qui est relativement court mais qui donne une très bonne vision de ce personnage aux multiples facettes, toutes brillantes les unes plus que les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour en revenir à <em>La Peau</em>, je ne saurais pas vraiment quoi dire. Organisé en une douzaine de chapitres qui ne peuvent former qu&#8217;un puzzle complet dans leur totalité &#8211; bien que pouvant être prises à part, l&#8217;image n&#8217;est complète que lorsqu&#8217;on achève la dernière page &#8211; , le livre raconte à travers des prodigieuses images et métaphores ce que les gens ne voulaient pas entendre de la guerre. Le livre fut publié en 1949, dérangea, indigna et dérange et indigne encore. Parce qu&#8217;on y mange des sirènes, parce que les femmes se font belles et blondes pour se vendre aux soldats noirs des USA, parce que des communistes homosexuels organisent des rituels mimant l&#8217;accouchement.</p>
<p style="text-align: justify;">Je voudrais conseiller ce roman à tout le monde car il se situe à la frontière de l&#8217;indicible et du merveilleux. C&#8217;est laid et magnifique en même temps et la sensation qui nous est laissée au fil des pages et tout simplement inexprimable, c&#8217;est pour cela donc qu&#8217;il faut le lire à chacun.</p>
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		<title>Balzac &#8211; Le Lys dans la Vallée</title>
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		<pubDate>Wed, 11 May 2011 11:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélusine</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Une chose que j’aime au XIXème siècle, c’est que les romanciers cherchent à être à la fois populaires en bons post-révolutionnaires qui revendiquent leur statuts de petites gens, et à la fois nobles en nouveaux représentants de la société française. Et comme je suis une littéraire et pas une historienne, c’est surtout la manière dont cela se voit dans le langage et les intrigues romanesques qui me font sourire.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 5px;" src="http://www.decitre.fr/gi/48/9782253004448FS.gif" alt="valzac" width="230" height="380" />Prenez le <span style="text-decoration: underline;">Lys dans la Vallée</span>. Honoré de Balzac est dans une des périodes les plus productives de sa vie, puisqu’il est lancé dans sa colossale <span style="text-decoration: underline;">Comédie Humaine</span>, lorsqu’il l’écrit. Ce roman s’inscrit pourtant un peu en marge. Roman épistolaire, il s’ouvre sur une lettre d’un certain Félix de Vandenesse à une jeune femme, Natalie, qui, dit-il, le pressait de connaître son passé. Il lui adresse donc un long récit de son enfance : se sentant peu désiré, voir haï, à l’écart dans une famille qui le regarde à peine, il reste longtemps un enfant chétif en mal d’amour, même à l’adolescence. Soudain, à  une soirée, tout s’éclaire : il rencontre une femme qui éveille d’un seul coup ses sens. Il se jette donc sur elle pour l’embrasser dans le cou. Quelle audace, quelle impudeur pour l’époque, rendez-vous compte ! Non point de le faire, (on imagine bien une réalité moins galante que les romans veulent le faire croire), mais de le mettre en scène. Car dorénavant, ce qui poussera Félix auprès d’Henriette de Mortsauf, c’est bien le désir qu’il a d’elle : il languit, il se lamente, il la veut. En témoignent la célèbre composition de ses bouquets, véritable langage érotique qu’il crée pour sa belle :</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>&laquo;&nbsp;Autour du col évasé de la porcelaine, supposez une forte marge uniquement composée des touffes blanches particulières au sédum des vignes en Touraine ; vague image des formes souhaitées, roulées comme celles d’une esclave soumise. De cette assise sortent les spirales des liserons à cloches blanches, les brindilles de la bugrane rose, mêlées de quelques fougères, de quelques jeunes pousses de chêne aux feuilles magnifiquement colorées et lustrées ; toutes s’avancent prosternées, humbles comme des saules pleureurs, timides et suppliantes comme des prières. Au-dessus, voyez les fibrilles déliées, fleuries, sans cesse agitées de l’amourette purpurine qui verse à flots ses anthères presque jaunes  […] Du sein de ce prolixe torrent d’amour qui déborde, s’élance un magnifique double pavot rouge accompagné de ses glands prêts à s’ouvrir, déployant les flammèches de son incendie au-dessus des jasmins étoilés et dominant la pluie incessante du pollen, beau nuage qui papillote dans l’air en reflétant le jour dans ses mille parcelles luisantes ! Quelle femme enivrée par la senteur d’Aphrodise cachée dans la flouve, ne comprendra ce luxe d’idées soumises, cette blanche tendresse troublée par des mouvements indomptés, et ce rouge désir de l’amour qui demande un bonheur refusé dans les luttes cent fois recommencées de la passion contenue, infatigable, éternelle ?&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">En vain cependant. Car sa belle est aussi une madonne. Sortie d’une enfance aussi malheureuse que celle de notre mal nommé Félix, elle est maintenant prisonnière d’un mariage avec un fantasque époux parfois colérique et violent, et auquel elle est retenue par son sacro-saint rôle d’épouse et de mère, dévouée corps et âme à deux enfants chétifs et maladifs, comme… Félix lui-même. Et oui, cette Henriette aimée a quelques paires d’années de plus que Félix, et cette mère débordante d’amour n’envisagera jamais d’aimer Félix autrement que comme une mère, une sœur, une tante, mais restera inaccessible comme amante, trop pure, telle le lys blanc qui lui donne son surnom. Voilà un bel Œdipe qui se dessine.</p>
<p style="text-align: justify;">A défaut d’être sa maîtresse, Henriette de Mortsauf sera son guide. Avec elle, il va terminer de grandir, mais surtout, elle va lui fournir tous ses conseils pour réussir dans le monde et devenir un homme habile, respecté, un vrai dandy comme il y en a tant chez Balzac, Maupassant et les autres. En un mot, elle va faire de lui un homme, de toutes les façons… sauf celle qu’il voudrait. Et lorsque le garçon, lassé des années de chasteté imposées, va enfin s’encanailler avec une Anglaise moins farouche, elle est la première à en mourir de chagrin façon héroïne tragique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce roman, c’est donc la sublimation des frustrations sexuelles de ses deux protagonistes. Mais on est chez Balzac. Et on est au XIXème siècle, époque où la littérature rime encore avec poésie. Alors, en ciselant ses descriptions comme des petits bijoux, Balzac va dissimuler cette sensualité bien trop basse encore (Zola et sa <span style="text-decoration: underline;">Nana</span> vont bientôt arriver…) derrière des métaphores et des ornements, et faire de ses descriptions de véritables tableaux impressionnistes, qui correspondent mieux à sa réputation de romancier descriptif.</p>
<p style="text-align: justify;">Soyons bas et populaires, mais ne le disons pas trop fort : nous sommes de nobles poètes, que diable !</p>
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		<title>Maupassant &#8211; Contes de la Bécasse</title>
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		<pubDate>Sat, 07 May 2011 11:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hazel</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/05/contes.gif"><img class="size-full wp-image-2995 aligncenter" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" title="contes" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/05/contes.gif" alt="" width="285" height="430" /></a>Maupassant, c&#8217;était pour moi ce gros cliché de la vieillotte littérature française, qu&#8217;on ressort à l&#8217;étranger. Je me souviens de ma grand-mère, ukrainienne, qui me vantait Maupassant et Zola, Balzac et Flaubert, des auteurs avec lesquels je ne me sentais pas capable de lier même de très fins liens. Car moi, je préfère éternellement cette littérature légère de mots, lourde de sens, ou bien celle qui ressemble à une fête foraine : dans les magasins de livres je file du côté de Camus ou de Beckett, de Queneau ou de Vian. Alors, quand on me parlait de ces réalistes pompeux et ennuyants, je me taisais après avoir dit &laquo;&nbsp;j&#8217;aime pas&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Sauf que dans ma bibliothèque, j&#8217;ai déniché un vieux bouquin, <span style="text-decoration: underline;">Les Contes de la Bécasse</span> de Guy de Maupassant, que j&#8217;avais vaguement survolé au collège, lorsque je découvrais la littérature. Bien évidemment, à l&#8217;époque je m&#8217;en fichais de l&#8217;exquis de l&#8217;écriture, je m&#8217;ennuyais à mourir devant les deux malheureuses nouvelles de cinq pages que nous avions à lire en sixième. Mais n&#8217;ayant rien à lire je l&#8217;ai sorti. Et je me suis plongée dedans tant et si bien que pour la première fois de ma vie j&#8217;ai raté mon arrêt de bus à force d&#8217;avoir le nez dans les lignes.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce recueil de nouvelles est constitué de 17 courtes histoires aucunement liées si ce n&#8217;est que par la première, que je me permets de vous livrer en version écourtée (par moi) :</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">&laquo;&nbsp;Le vieux baron des Ravots avait été pendant quarante ans le roi des  chasseurs de sa province. [...]<br />
À l’automne, au moment des chasses, il invitait, comme à l’ancien  temps, ses amis, et il aimait entendre au loin les détonations. Il les  comptait, heureux quand elles se précipitaient. Et, le soir, il exigeait  de chacun le récit fidèle de sa journée.<br />
Et on restait trois heures à table en racontant des coups de fusil. [...]<br />
Mais il existait dans la maison une vieille coutume, appelée le « conte de la Bécasse ».<br />
Au moment du passage de cette reine des gibiers, la même cérémonie recommençait à chaque dîner.<br />
Comme ils adoraient l’incomparable oiseau, on en mangeait tous les  soirs un par convive ; mais on avait soin de laisser dans un plat toutes  les têtes.<br />
Alors le baron, officiant comme un évêque, se faisait apporter sur  une assiette un peu de graisse, oignait avec soin les têtes précieuses  en les tenant par le bout de la mince aiguille qui leur sert le bec. Une  chandelle allumée était posée près de lui, et tout le monde se taisait, dans l’anxiété de l’attente.<br />
Puis il saisissait un des crânes ainsi préparés, le fixait sur une  épingle, piquait l’épingle sur un bouchon, maintenait le tout en  équilibre au moyen de petits bâtons croisés comme des balanciers, et  plantait délicatement cet appareil sur un goulot de bouteille en manière  de tourniquet.<br />
Tous les convives comptaient ensemble, d’une voix forte :<br />
— Une, — deux, — trois.<br />
Et le baron, d’un coup de doigt, faisait vivement pivoter ce joujou.<br />
Celui des invités que désignait, en s’arrêtant, le long bec pointu  devenait maître de toutes les têtes, régal exquis qui faisait loucher  ses voisins. [...]<br />
Puis, quand il avait achevé le dernier, il devait, sur l’ordre du baron, conter une histoire pour indemniser les déshérités.<br />
Voici quelques-uns de ces récits :&nbsp;&raquo;</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S</em>&#8216;en suivent seize histoires, qu&#8217;on imagine racontées au coin du feu après un délicieux et abondant repas. Nous avons affaire dans ce recueil au style réaliste de l&#8217;auteur, qui nous dépeint, à travers ces courts bouts de vie qui s&#8217;enchaînent, un paysage, celui de la Normandie natale de Guy de Maupassant, avec un décor tout à fait paysan, complété par des dialogues incompréhensibles qui nous dévoilent ce qu&#8217;était l&#8217;accent des gens simples de l&#8217;époque.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">&laquo;&nbsp;Charlot, debout sur le seuil de sa chaumière,le regardait passer.<br />
Le soir, au souper, il dit aux vieux :<br />
- Faut-i qu&#8217;vous ayez été sots pour laisser prendre le p&#8217;tit aux Vallin !<br />
Sa mère répondit obstinément :<br />
- J&#8217;voulions point vendre not&#8217; éfant !&nbsp;&raquo;</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">La chasse, l&#8217;argent, la beuverie, l&#8217;amour, sont le train-train quotidien de ce monde à la fois lugubre et tumultueux que Maupassant parvient à poétiser en quelques paragraphes. Leur vie si banale nous semble presque exotique. On s&#8217;étonne de trouver que la majorité des contes, publiés entre 1882 et 1883 dans &laquo;&nbsp;Gil Blas&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Le Gaulois&nbsp;&raquo; (deux quotidiens de l&#8217;époque), comporte des liens, des ressemblances avec la vie campagnarde de nos jours. Certes, toutes ces histoires de trahison et de crime ne sont plus d&#8217;actualité mais l&#8217;atmosphère qui y règne nous rend parfois nostalgique de la petite maison de village où certains passaient leurs étés enfantins et où nos parents, au coin du feu nous racontaient des histories après le repas&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
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		<title>Même la pluie, un film de Icíar Bollaín</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Mar 2011 11:00:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[C&#8217;était pour ma part une sortie scolaire dans le cadre du cours d&#8217;espagnol, avec beaucoup d&#8217;élèves de seconde perturbateurs qui criaient dans la salle avant que le film ne commence. J&#8217;avais choisi un place en plein milieu de la salle, au milieu d&#8217;une rangée, Shehneze s&#8217;était mise à coté de moi, nous avions enlevé nos [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/03/affiche-meme-la-pluie_jpg_300x365_q951.jpg"><img class="size-full wp-image-2955 alignleft" style="margin: 5px;" title="affiche-meme-la-pluie_jpg_300x365_q95" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/03/affiche-meme-la-pluie_jpg_300x365_q951.jpg" alt="" width="300" height="400" /></a>C&#8217;était pour ma part une sortie scolaire dans le cadre du cours d&#8217;espagnol, avec beaucoup d&#8217;élèves de seconde perturbateurs qui criaient dans la salle avant que le film ne commence. J&#8217;avais choisi un place en plein milieu de la salle, au milieu d&#8217;une rangée, Shehneze s&#8217;était mise à coté de moi, nous avions enlevé nos chaussures histoire de passer un agréable moment confortablement assises&#8230;</em></p>
<p><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/03/affiche-meme-la-pluie_jpg_300x365_q951.jpg"></a></p>
<p style="text-align: justify;">Une petite équipe de tournage dirigée par Sebastain, un jeune réalisateur plein d&#8217;ambition &#8211; interprété par Gael Garcia Bernal &#8211; a pour ambition de tourner un film en Bolivie, sur la colonisation des indiens d&#8217;Amérique par Christophe Colomb. Ayant un budget serré, ils décident de faire un casting à Cochabamba, une ville anodine située non loin du décor somptueux qu&#8217;ils ont choisi pour leur film. Tous les habitants sont conviés, une file d&#8217;attente interminable apparait sous nos yeux avec des hommes et des femmes de tous ages pleins d&#8217;espoir. Ils ne peuvent pas tous passer, c&#8217;est évident&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Nous qui étions au cinéma, assis confortablement dans nos fauteuils, ayant payé nos places 3€40, prévoyant d&#8217;aller au MacDonalds se payer un menu à 7 ou 8€, voyions une foule de pauvres gens suppliant de figurer dans ce film, être prêts à se costumer en indiens, le corps peint en rouge, courir dans la forêt d&#8217;Amazonie pour deux malheureux dollars par jour, comment devions-nous nous sentir ?</em></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;acteur principal qu&#8217;ils choisirent avait un visage particulier : des pommettes grosses et saillantes, des lèvres larges, un regard méfiant très clair contrastant avec le brun de la peau ; il s&#8217;appelle Daniel. C&#8217;était lui qui a crié son indignation dans la file d&#8217;attente en disant que tout le monde avait droit à sa chance. C&#8217;était lui d&#8217;après le scénario qui se sentit en danger le premier face à ces grands hommes à la peau blanche vêtus de maille, se déplaçant à cheval, leur réclamant de l&#8217;or. C&#8217;était lui aussi qu&#8217;on vit à la tête de la première manifestation face à la montée du prix de l&#8217;eau dans leur ville. &laquo;&nbsp;il nous prennent l&#8217;eau, celle de nos enfants, ils nous prennent <em>même la pluie</em> !&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Face à la misère réelle d&#8217;un peuple privé d&#8217;eau, sur fond de décor somptueux des montagnes boliviennes vert émeraude, c&#8217;est entre fascination et indignation que la salle avait les yeux braqués sur l&#8217;écran. Quelques passages de documentaires de cet événement &#8211; <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_l%27eau_%28Bolivie%29" target="_blank">la guerre de l&#8217;eau</a> &#8211; qui s&#8217;est passé il y a un peu plus d&#8217;une dizaine d&#8217;années saupoudraient la beauté du film d&#8217;une horreur perturbatrice.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>J&#8217;entendais Shehneze pleurer à côté de moi. Parce que ce n&#8217;était pas du cinéma, c&#8217;était une dénonciation, un appel au secours, à la fois poignant et privé de sens. A la sortie du film, je n&#8217;ai pas parlé. Shezhneze non plus.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il faut souligner que ce n&#8217;est pas un film humanitaire qui vous <em>oblige</em> à vous indigner un peu sur la misère et l&#8217;injustice du monde. C&#8217;est avant tout un film d&#8217;auteur, et comme tout film qui est le fruit d&#8217;un talent, il met l&#8217;accent sur ce qu&#8217;il veut mettre en valeur d&#8217;une manière avant tout artistique, plus <em>touchante</em>. Ce film m&#8217;a touchée, et a touché les cent autres élèves qui étaient dans la salle.</p>
<p style="text-align: justify;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="425" height="350" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/jX-X4hgbycw" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="350" src="http://www.youtube.com/v/jX-X4hgbycw"></embed></object></p>
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		<title>Lagarce – Le voyage à la Haye</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Dec 2010 11:00:49 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[“Le jour suivant, je me suis levé, c’était le jour de mon anniversaire. Cela ne me fit aucune impression. J’avais trente-septs ans, je me suis juste dit ça. Aucun des autres ne m’appela, pas même A. mais je n’en fus pas triste, cela n’avait pas d’importance, de nombreuses années déjà que cela n’en avait plus, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/haye.jpg"><img class="size-full wp-image-2660 alignleft" style="margin: 5px;" title="haye" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/haye.jpg" alt="" width="237" height="329" /></a>“Le jour suivant, je me suis levé, c’était le jour de mon anniversaire. Cela ne me fit aucune impression. J’avais trente-septs ans, je me suis juste dit ça. Aucun des autres ne m’appela, pas même A. mais je n’en fus pas triste, cela n’avait pas d’importance, de nombreuses années déjà que cela n’en avait plus, j’étais encore enfant, cela ne me concernait pas.”</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le voyage à la Haye est une plongée tranquille d’un instant dans un instant. Le cheminement d’un acteur percé. Aucune fin aucun début dans ce livre, une simple immersion dans la réalité d’un homme, on devient ses yeux, sa conscience, on chemine avec lui le bout d’un instant, un homme détaché, que rien ne semble atteindre et qui est pourtant atteint de tout, vie malade, vie détachée. Ce qui est marquant c’est la simplicité et l’écart entre le ton des paroles et ce qu’il décrit. Le détachement, voilà ce qui est marquant. La beauté de la vie ? Ou simplement peut-être sa simplicité, son effroyable simplicité parfois. Beaucoup du pudeur, aucune complaisance dans le malheur, rien que la réalité décrite avec la simple brutalité de son son œil aiguisé, traquant les situations du quotidien, les malmenant jusqu&#8217;à en détacher la quintessence de l’effroyable, celle de l’absurde. Absurdité de l’existence, des caractères et pourtant beauté, beauté absurde et délicate de cette vie qui s’enfuit qui s’évapore, qui se détache de cette enveloppe malade.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">“On m’a opéré très vite, le lendemain, entre deux opérations plus graves, glissé là, ce qu’on m’a dit. On a voulu à tout prix que je parte dans un fauteuil roulant, en pyjama malgré le froid, traversant la cour, bringuebalé par un type en blouse blanche. J’ai été abandonné une heure dans un bout de couloir et ensuite, on m’a conduit au bloc opératoire après m’avoir affublé de sacs poubelles bleus et jaunes, les pieds, le corps, la tête, j’avais l’air d’un imbécile, il ne faut pas lutter. Une sorte d’infirmière naine très rieuse est venu et m’a préparé, elle m’a dit ça, je vais vous préparer et lorsque j’ai été bien attaché à la table, sous la lampe, un drap en plastique me cachant la poitrine et se relevant au-dessus de mon visage, le chirurgien est venu, sans même me dire un mot, rien, robot, prenant soin d’atteindre la table par l’autre côté, que je ne puisse même le voir. Je vois juste la naine qui me demandait si ça allait, je répondais que ça allait et je ne voyais rien du type. J’attendais. Je savais qu’il me découpait, qu’il ouvrait ce coin-là de ma poitrine, j’entendais les outils métalliques tomber dans une bassine, j’essayais de deviner où il en était, la progression des scalpels, la grandeur de l’entaille, je ne sentais rien, je restais calme, ce que la naine ne cessait de me dire, de rester calme et je me disais que je l’étais. A partir de ce jour-là, je pensais cela, à partir de ce jour-là, j’aurais en moi ce système, métal et plastique, et la maladie se sera définitivement installée, organisée, là comme chez elle.”</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être que c’est ça le style Lagarce. Un Lagarce à la mode, on joue ses pièces de théâtre dans les milieux branchés de la boboïtude parisienne. Il fascine encore, Largace murmure, Lagarce plait. Et c&#8217;est peut-être, l’amer, la description détachée, sans implication et pourtant cette dénonciation innocente et simple sans venin, des attitudes, des hypocrisies, des colères sans sens. De la simplicité et du non sens de la condition humaine, de l’existence et du vécu. Tout se déroule comme si cet homme était spectateur de sa propre mort, on ne connait pas son nom, on dérive dans une vie entouré de “A.” de la belle inconnue qu’il rencontre, de ce Bel Antoine et son sourire timoré annonciateur de malheur.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">“J’ai commandé un couscous royal dont il était évident que je n’arriverais pas à terminer et un dessert à l’orange. Elle a bu du vin. C’était bien. nous avons parlé beaucoup, je lui ai raconté ma semaine, à peu de chose près, en m’arrangeant des détails.”</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Récit marquant, amer qui laisse songeur par sa rapidité et sa force. Style brutale, âpre, dépouillé, empli de récurrence, un récit qui se cherche, une pensée de répétition, de retour arrière. Et la fin qui se glisse souplement, un nouvel épisode du récit, d’une utilité moindre, comme tout, économe, le passage d’une vie, une fin. Et on en reste là, pantois, troublé, abasourdis, désenchanté, accroché au maigre livre comme accroché à cette vie qu’on aurait aimé saisir, bousculer et sauver. La vie de cet homme à la fois l’objet d’un monde qu’il ne maitrise pas et spectateur de cet objet.</p>
<p style="text-align: justify;">Un ovni dans le cru Lagarce.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par </strong><strong>Matta</strong></p>
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		<title>Danse : Vancouver versus Vancouver, de F. Ramalingom</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Dec 2010 11:00:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hazel</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La salle est spacieuse, sombre, étrangement apaisante. Il y a sept ou huit rangs de sièges &#8211; de simples bancs avec des coussins pour être confortablement assis. On s&#8217;assoit, impatients de voir ce qui nous attend, mais sereins toutefois. En face de nous un carré blanc, d&#8217;environ dix ou quinze mètres de cotés : la scène. A droite, au fond de la salle un écran, suspendu dans les airs.</p>
<p style="text-align: justify;">Un homme et une femme, vêtus de rouge entrent en scène, puis, doucement, se tournent entre eux, se séparent, nous observent, et une voix retentit dans la salle. Une voix anglaise, avec la traduction retranscrire sur l&#8217;écran. Une histoire&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>&laquo;&nbsp;ou comment mettre en rapport des éléments de l&#8217;espace de la scène afin d&#8217;écrire une ou des histoires. Comment on regarde / voit sous l&#8217;influence de ce qu&#8217;on entend / écoute. En l&#8217;occurrence, comment on lit la présence des interprètes et leurs actions sous l&#8217;influence de voix préenregistrées, composant ainsi plusieurs niveaux de rapport et d&#8217;adresse. Une suite, dans le sens musical du terme, des bouts de conversation qui font résonner les sens. Et des histoires, des bouts d&#8217;histoires se croisent et se mêlent et font histoire. Créer du sens avec les sens.&nbsp;&raquo;</em></span> nous renseigne le chorégraphe, Fabrice Ramalingom sur ce spectacle qu&#8217;il a monté en 2008.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/vvv2.jpg"><img class="size-full wp-image-2439 aligncenter" title="vvv2" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/vvv2.jpg" alt="" width="267" height="263" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Daelik et Delia sont les directeurs de la compagnie de danse MACHINENOiSY. Danseurs de contact mais acteurs avant tout, ils nous livrent, en 45 minutes leur émotions, qui passe pas tant par leur danse &#8211; tantôt sensuelle tantôt grotesque &#8211; que par la voix off, déstabilisante. Ce sont leur voix, leurs histoires. Lors du solo de Daelik, la voix off, retranscrite sur écran en français nous raconte la mort d&#8217;un homme, nous entendons par moment le nom de Jim Stark, une histoire sanglante, des revolvers. <span style="text-decoration: underline;">La Fureur de Vivre</span>. Ce sont les émotions, tant bien que mal mises en mots que le danseur a écrit en se ressouvenant de ce film des années cinquante, et qui l&#8217;avait beaucoup marqué. Durant la danse, son corps est attaqué par lui-même, sa main, puis l&#8217;autre lui font la guerre, le frappent, le font tomber, et cet homme mort qui résonne dans nos oreilles, tout se lie : le mal-être, l&#8217;agonie.</p>
<p style="text-align: justify;">Le solo de Delia commence doucement, de façon saccadée, ses gestes sont travaillés mais désarticulés, son corps se livre à la danse comme à une tortue qu&#8217;elle  appréhendait, elle tombe, se relève, tremble, traverse la salle en courant, en sautillant pendant que la voix nous demande, d&#8217;un ton menaçant, ironique <span style="color: #993300;"><em>&laquo;&nbsp;pourriez-vous tuer vos enfants ? Dans quelles circonstances pourriez-vous tuer vos enfants ?&nbsp;&raquo;</em></span>. S&#8217;en suit une historie horrible, glauque d&#8217;une mère qui a tué ses gosses, avec une description de l&#8217;assassinat : le coussin pour étouffer le gamin, ses cris, ses membres agités qui se débattaient pour sauver sa vie, la voix off pleure, murmure, mais arrive tant bien que mal à achever son histoire. Delia, il y a quelques années, a vu une pièce de théâtre qui relatait une histoire similaire : une femme qui tue ses enfant. La danseuse n&#8217;a pas tenu jusqu&#8217;au bout &#8211; elle a deux enfant et l&#8217;idée de leur donner la mort lui retournait les tripes &#8211; elle est sortie de la salle en courant et dans le long couloir qui séparait la salle du hall d&#8217;entrée elle entendait encore les voix des acteurs, qui parlaient de l&#8217;infanticide immonde. Elle finit allongée au sol, en face de son partenaire, à quelques mètres de lui : l&#8217;histoire nous raconte qu&#8217;en sortant de la salle elle court dans un magasin pour acheter un chandail rose et un t-shirt rouge.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos yeux circulent de l&#8217;écran à la scène, le temps de lire deux phrases, les acteurs ont déjà changé d&#8217;endroit, de posture. Nous apercevons Daelick qui essaie de s&#8217;évader lorsque Delia raconte &#8211; par sa danse, par le texte &#8211; ses sensations invivables, nous voyons avec surprise Delia qui nous observe pendant que nous &#8211; le public &#8211; essayons en vain de suivre le texte et les mouvement de Daelik. La vue, dédoublée est brouillée par l&#8217;ouïe, le bruit assourdissant et métallique entre deux séquences d&#8217;histoires nous met encore plus mal à l&#8217;aise. Lors des duos nous avons droit a un véritable show de catch, les danseurs se sautent dessus, s&#8217;aplatissent par terre, se tordent les bras dans des position qui font plus que suggérer l&#8217;acte sexuel, c&#8217;est ridicule, la salle rit. Une autre fois, tout à la fin, en un souffle les corps deviennent doux, s&#8217;enlacent, se cherchent, se roulent dessus, debout, assis, allongés, de caressent et se retournent, c&#8217;est presque aussi sensuel qu&#8217;un tango argentin, mais les mouvement sont lent et attentionnés. Il s&#8217;arrêtent l&#8217;un en face de l&#8217;autre, se tournent vers nous, traversent la scène et al lumière s&#8217;éteint.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/vvv3.jpg"><img class="size-full wp-image-2440 aligncenter" title="vvv3" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/vvv3.jpg" alt="" width="354" height="270" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas si j&#8217;ai bien compris, je ne sais même pas s&#8217;il y a quelque chose à comprendre. Lors de la rencontre avec les deux danseurs et le chorégraphe, juste après la représentation une fille de mon lycée qui fait de la danse a dit qu&#8217;à chaque spectacle elle a l&#8217;habitude de vouloir comprendre les gestes, le choix des costumes, des musique mais que là, elle a <em>vécu</em> la danse et que ceci ne nécessite pas de compréhension. Peut-être avait-elle raison.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le choix des costumes, la réponse est simple, comme tout le reste au final : ils sont canadiens, alors on les habille de rouge et blanc. Ils sont deux, dans l&#8217;intimité du couple et de l&#8217;angoisse, alors il n&#8217;y a qu&#8217;une lumière dans un coin de la scène, une petite veilleuse posée par terre. Quant au titre, <em>Vancouver versus Vancouver</em>, il faut simplement référence aux tension qu&#8217;il y a entre les chorégraphes de cette ville canadienne.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, il n&#8217;y a pas tellement d&#8217;interprétations à faire. La recherche qu&#8217;a fait F. Ramalingom sur le rapport de la danse au texte permet de ne pas se focaliser que sur la danse, il a choisi de faire passer l&#8217;émotion par un texte et non par une musique ce qui restreint le choix de la lecture du spectacle. Je crois que l&#8217;effet désiré est d&#8217;impliquer le spectateur dans ce que raconte la danse, d&#8217;autant plus qu&#8217;à plusieurs reprises les danseurs entre en contact avec le public, par le regard, par des gestes. On pourrait penser que l&#8217;écran où se traduit le texte pourrait être une interférence, mais non, il est d&#8217;autant plus intéressant de ne pas se focaliser seulement sur les danseurs, d&#8217;en perdre quelques bribes car la séquence manquée n&#8217;est pas vide mais remplie par notre imagination grâce à l&#8217;histoire.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/vvv1.jpg"><img class="size-full wp-image-2441 aligncenter" title="vvv1" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/vvv1.jpg" alt="" width="245" height="307" /></a></p>
<p style="text-align: right;">Montpellier Danse.10 &#8211; Agora (cité internationale de la Danse), Studio Bagouet.</p>
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