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Vendredi 19 mars 2010 Par Hazel dans Actualités, Art pictural, Cinéma

Van Gogh, un film de Maurice Pialat

Il y a voilà quelques jours, nous avons décidé, avec Novembre et des amis, d’aller au cinéma où l’on repassait un vieux film sur Van Gogh. On s’est dit que cela pourrait être intéressant car nous aimons tous ce peintre.

Van Gogh est sorti en 1991, c’est un film dont le scénario et la réalisation ont été entièrement élaborés par Maurice Pialat. Ce réalisateur était un provocateur anticonformiste, qui avait la réputation de mettre parfois ses collaborateurs – que ce soit ses acteurs ou ses techniciens – à bout.  Mal-aimé en France, il a néanmoins reçu un César du meilleur film pour A nos amours (1983) et la Palme d’or pour Sous le soleil de Satan (1987). Bien qu’en vingt-huit ans de carrière il n’a réalisé que onze films son oeuvre reste très marquant dans l’historie du cinéma français.

C’est au début des années 80, dix ans avant sa sortie, que vient à Pialat l’idée de faire un film sur Van Gogh; lors d’un entretien avec Catherie Breillat (scénariste de son film Police sorti en 1985) il déclame : « Ce soir j’ai trouvé le sujet de mon film sur Van Gogh : c’est un type, il est sur le quai d’une gare, il prend le train pour Auvers. il a cent tableaux à peindre, trois mois à vivre, il s’appelle Van Gogh et il n’en a rien à foutre. »

Vincent Van Gogh est un peintre néerlandais peu connu de son vivant; mélangeant dans ses œuvres l’impressionnisme, le pointillisme et le naturalisme, il fut le prédécesseur du cubisme, de l’expressionnisme et même du fauvisme. Très solitaire, Vincent vécut de nombreux échecs dans sa vie sentimentale ainsi que dans les relations humaines. Souffrant de maux intérieurs, il se tire le 27 juillet 1890 une balle dans le ventre et meurt deux jours plus tard à la suite de ses blessures. Incompris de son vivant, il est aujourd’hui exposé dans les plus grands musées du monde.

Nous avons eu droit, avant la séance, à une demi-heure de discours d’un proffesseur de CAv de la fac de la ville. Il nous a dit que ceci est un film unique en son genre, et je me souviens avoir rigolé, parce que je n’y croyais pas.

Pialat a cherché, à travers ce film, à retracer les deux derniers mois de la vie de Van Gogh en négligeant complètement son oeuvre et en insistant sur la personnalité du peintre et ses relations avec l’entourage. Van Gogh arrive à Auvers-sur-Oise et se retrouve sous la surveillance de Paul Gachet, un docteur collectionneur d’art et peintre qui sympathise vite avec lui. Vincent, lui, se rapproche de sa fille, ou plutôt, c’est elle qui en tombe amoureuse. Je ne saurais décrire la suite. Ce n’est tout simplement pas une historie d’amour. C’est une douce et mélancolique déchéance.

Les acteurs incarnent leur rôle à merveille, mieux ! ils ne jouent pas : il vivent. Pialat n’a pas fait de son film un beau tableau plein d’esthétisme, il a, au contraire, voulu faire un film supernaturaliste. Il n’a pas cherché à remplacer les voix nasillardes des jeunes filles, il n’a pas cherché des dialogues débordants de belles paroles, il n’a pas cherché à montrer les personnages sous leurs meilleurs angles : toutes les fillettes du film sont des cruches aux voix niaises, Vincent les remballe à coups de répliques dignes d’une cour d’école : “j’m'en fous”. Quant aux paysages, ce sont ceux qu’a peint Cézanne et Van Gogh lui-même, leur beauté et leur simplicité nous transportent.

C’est un film sur Van Gogh et on n’y voit pourtant presque aucun de ses tableaux, alors on se dit que c’est un film psychologique et on ne comprend même pas le personnage, alors on se dit que finalement il n’y a à comprendre que ce que nous cherchons à savoir sur cet homme. C’est un hommage à la vie de celui dont ne connait que l’œuvre. Peut-être, est-ce mon film préféré.

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Dimanche 6 septembre 2009 Par Hazel dans Littérature

Baricco – Soie

En découvrant le mystérieux nom de Soie, livre de Alessandro Baricco paru en 1996 avec un bel idéogramme sur la couverture, on s’imagine déjà voyager dans un mystérieux pays de l’orient, entouré de contes, de grâce, et de belles histoires. Dès les premières lignes de la première page nous apprenons que le héros, Hervé Joncour, achète et vend des vers à soie. Suite à une épidémie de ces petites larves, il décide de faire un voyage au Japon afin d’acheter des œufs sains. “Et il est où, exactement, ce Japon ?” l’entend-t-on demander à son ami Baldabiou. Je crois que là, est le summum de l’intrigue de l’histoire.
Car on se rend vite compte, lors des quatre voyages qu’il va effectuer au pays du soleil levant, que Hervé et ses vers à soie nous ennuient. En créant un personnage qui retrace le mortel ennui d’une vie répétitive et indifférente au dix-neuvième siècle, Baricco donne ce même ton monotone à la totalité du livre. Ces quatre voyages au Japon sont décrits avec mot pour mot, exactement le même paragraphe, tel un refrain dans une chanson que personne ne veut écouter. Ce style de description apparait à plusieurs reprises dans le livre, pour décrire la femme dont il tombe amoureux, ou bien ses pensées. Ayant fondé en 1994 une école sur les techniques de la narration, Alessandro Baricco avec son écriture fade et plaintive nous navre: le début promettait un passage de vie ardent arraché et couché sur papier pour nous divertir pour deux heures de lecture. Mais on se retrouve au final à perdre notre temps, sans beauté, sans actions, sans suspense, sans colère ni larmes.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
Exprimez-vous !

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Samedi 30 mai 2009 Par Novembre dans Vos oeuvres

Eloge au Printemps, par Caliope

Le mois de mai se termine et petit à petit, le Printemps se déguise en Été et la boîte aux lettres du Hangar s’est fleurie d’un texte d’une pureté rare, mêlant couleurs florissantes et bruits de la Nature. Caliope signe un éloge au Printemps, au vocabulaire recherché et au style soigné, qui nous donne envie de profiter de ce petit mois printanier qui nous reste…

Éloge au printemps

L’aube naissait, éveillant la Nature. Le soleil délogeait la nuit et étendait peu à peu ses rayons mordorés sur la belle campagne irlandaise. Baignées de lumière, les fleurs semblaient renaître des ténèbres nocturnes. Leurs couleurs, rouge, rose, blanche et jaune explosaient dans les herbes hautes émeraude ! Leurs arômes subtils et délicats se propageaient rapidement, transportés par le vent qui s’insinuait à travers les branchages des bouleaux.
Les pans du jour virevoltaient avec grâce, les abeilles, travailleuses, butinaient de fleurs en fleurs escortées de bourdons jaune et noir. Des petits mammifères au pelage roux et à la queue en panache jouaient dans les rameaux. C’était les premiers écureuils du printemps, amateurs de glands et de noisettes.
Par endroit, il était possible de distinguer un nid d’hirondelles. Ces oiseaux migrateurs, blancs et noirs, étaient annonciateurs de l’arrivée du printemps.
Une colombe voltigea et se posa sur une branche. Son plumage opale étincelait. Elle se mit à roucouler, resta silencieuse un moment, puis recommença. Son chant doux et monotone charma une colombe qui volait plus haut, dans le lointain ciel bleu.
L’oiseau descendit des cieux et rejoignit la douce colombe séductrice. Les deux amantes s’apprêtaient à s’étreindre lorsqu’un bruit les effraya et dans un grand bruissement d’ailes, s’envolèrent !
Une jeune fille aux longs cheveux bruns bouclés et vêtue d’une robe à fleurs hélait un chapeau blanc qui roulait dans la prairie emporté par le vent. Mais le chapeau blanc n’en faisait qu’à sa tête et se balada dans les herbages jusqu’à s’accrocher à une branche.
La jeune fille le décrocha en se hissant sur ses pieds nus. Le contact de l’herbe lui était agréable et doux comme du coton ! Elle fit quelques pas dans les hautes herbes et détailla les nombreuses couleurs qu’embrassait son regard. Elle suivit des yeux le vol des oiseaux, écouta leur chant et s’imagina être l’un d’eux, planant au dessus de la terre, parcourant les océans…
Des phrases lui vinrent à l’esprit et elle dit à haute voix :
- Dans un vaste pré où la rosée encore, perle sur les fleurs, les boutons d’or, elle savoure déjà dans la fraîcheur éclose, le délicat arôme de la rose. Les oiseaux bavardent et font leur nid tandis que le vent entonne sa mélodie et que le soleil pose son regard sur le massif verdoyant, le transformant en un tapis des plus plaisants.
La jeune poétesse au regard d’ambre se tourna dans le sens du vent et aperçut un papillon qui étendait ses belles ailes rouges au soleil. Elle poursuivit :
- Le papillon sorti de sa chrysalide prend son premier envol, quel spectacle merveilleux et curieux ! D’autant plus qu’un concerto de murmures captivants s’élève dans les airs délicatement. C’est cela le printemps de la nature ; fleurs, oiseaux, soleil et rosée en sont sa parure. Avril et Mai se sont éveillés vers la chaude saison d’été.
Ravie de son poème, elle salua la faune et la flore en de délicates révérences et remit son chapeau de sorte que le vent ne pourrait plus le déloger à l’avenir. Elle revit les colombes qui volaient par deux, les écureuils qui jouaient ensemble, les papillons et elle songea que l’amour était un état merveilleux et indescriptible !
Elle-même ne pouvait pas mettre de mots sur le lien qui l’unissait à son amour longtemps tenu secret ! Elle ressortie la lettre et la déplia. A la fin d’un très long paragraphe à l’écriture fine et penchée, au dessus d’une très belle signature, étaient gravés les mots je t’aime.
Tout sourire, elle rangea la lettre contre son cœur et laissa exploser sa joie d’être aimée ! Elle dansa et chanta, sautilla et cabriola puis elle laissa ses pas la guider au gré du vent.
Cœur pensif ne sait où il va…et elle regagna la ville, laissant le printemps s’éveiller de plus bel !

par Caliope.

Avis et critiques sont bienvenus.

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Mardi 26 mai 2009 Par Hazel dans Vos oeuvres

Devant la Piscine, par René Bellaiche

René Bellaiche nous offre ici un poème qu’il a écrit en 1972 et retouché en 1993. Une poésie estivale, car cette fille qui va sauter dans la piscine nous met l’eau à la bouche. C’est seulement en quelques vers qu’on a une rétrospection de la vie, si simple et si fraiche, si triste, parfois.

Devant La Piscine
On n’entend bien qu’avec le cœur.
(SAINT TEX, L’oreille intérieure)

Devant la piscine je cherche dans l’eau des vers
dans les yeux des femmes des histoires
des romans d’amour vécus
ou survécus
des illusions éperdues
et perdues

Les grandes douleurs sont muettes
mais le cœur du poète les entend
L’air vibre des sons et lumières du passé
de la vieille demoiselle triste
qui se raconte à rebours le conte de sa vie
qu’elle revoit
dans les yeux brillants des jeunes filles
dans le regard indifférent des hommes…

Une fillette sur le plongeoir
s’apprête à sauter
Je ne sais pas pourquoi
elle me fait penser à toi
Je me dis que tu as eu son âge
son insouciance
Je me dis qu’elle un jour elle aussi
on l’aimera
elle aimera
et qu’elle perdra son indolence

Un jour cette fillette
sera une jeune fille
puis une femme
puis une dame
puis une vieille
dame ou demoiselle
puis elle ne sera plus

C’est la vie
comme on dit
paradoxalement
de la mort…

par René Bellaiche.

Avis et critiques sont bienvenus.

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