Van Gogh, un film de Maurice Pialat
Il y a voilà quelques jours, nous avons décidé, avec Novembre et des amis, d’aller au cinéma où l’on repassait un vieux film sur Van Gogh. On s’est dit que cela pourrait être intéressant car nous aimons tous ce peintre.

Van Gogh est sorti en 1991, c’est un film dont le scénario et la réalisation ont été entièrement élaborés par Maurice Pialat. Ce réalisateur était un provocateur anticonformiste, qui avait la réputation de mettre parfois ses collaborateurs – que ce soit ses acteurs ou ses techniciens – à bout. Mal-aimé en France, il a néanmoins reçu un César du meilleur film pour A nos amours (1983) et la Palme d’or pour Sous le soleil de Satan (1987). Bien qu’en vingt-huit ans de carrière il n’a réalisé que onze films son oeuvre reste très marquant dans l’historie du cinéma français.
C’est au début des années 80, dix ans avant sa sortie, que vient à Pialat l’idée de faire un film sur Van Gogh; lors d’un entretien avec Catherie Breillat (scénariste de son film Police sorti en 1985) il déclame : « Ce soir j’ai trouvé le sujet de mon film sur Van Gogh : c’est un type, il est sur le quai d’une gare, il prend le train pour Auvers. il a cent tableaux à peindre, trois mois à vivre, il s’appelle Van Gogh et il n’en a rien à foutre. »

Vincent Van Gogh est un peintre néerlandais peu connu de son vivant; mélangeant dans ses œuvres l’impressionnisme, le pointillisme et le naturalisme, il fut le prédécesseur du cubisme, de l’expressionnisme et même du fauvisme. Très solitaire, Vincent vécut de nombreux échecs dans sa vie sentimentale ainsi que dans les relations humaines. Souffrant de maux intérieurs, il se tire le 27 juillet 1890 une balle dans le ventre et meurt deux jours plus tard à la suite de ses blessures. Incompris de son vivant, il est aujourd’hui exposé dans les plus grands musées du monde.
Nous avons eu droit, avant la séance, à une demi-heure de discours d’un proffesseur de CAv de la fac de la ville. Il nous a dit que ceci est un film unique en son genre, et je me souviens avoir rigolé, parce que je n’y croyais pas.
Pialat a cherché, à travers ce film, à retracer les deux derniers mois de la vie de Van Gogh en négligeant complètement son oeuvre et en insistant sur la personnalité du peintre et ses relations avec l’entourage. Van Gogh arrive à Auvers-sur-Oise et se retrouve sous la surveillance de Paul Gachet, un docteur collectionneur d’art et peintre qui sympathise vite avec lui. Vincent, lui, se rapproche de sa fille, ou plutôt, c’est elle qui en tombe amoureuse. Je ne saurais décrire la suite. Ce n’est tout simplement pas une historie d’amour. C’est une douce et mélancolique déchéance.

Les acteurs incarnent leur rôle à merveille, mieux ! ils ne jouent pas : il vivent. Pialat n’a pas fait de son film un beau tableau plein d’esthétisme, il a, au contraire, voulu faire un film supernaturaliste. Il n’a pas cherché à remplacer les voix nasillardes des jeunes filles, il n’a pas cherché des dialogues débordants de belles paroles, il n’a pas cherché à montrer les personnages sous leurs meilleurs angles : toutes les fillettes du film sont des cruches aux voix niaises, Vincent les remballe à coups de répliques dignes d’une cour d’école : “j’m'en fous”. Quant aux paysages, ce sont ceux qu’a peint Cézanne et Van Gogh lui-même, leur beauté et leur simplicité nous transportent.
C’est un film sur Van Gogh et on n’y voit pourtant presque aucun de ses tableaux, alors on se dit que c’est un film psychologique et on ne comprend même pas le personnage, alors on se dit que finalement il n’y a à comprendre que ce que nous cherchons à savoir sur cet homme. C’est un hommage à la vie de celui dont ne connait que l’œuvre. Peut-être, est-ce mon film préféré.


En découvrant le mystérieux nom de Soie, livre de Alessandro Baricco paru en 1996 avec un bel idéogramme sur la couverture, on s’imagine déjà voyager dans un mystérieux pays de l’orient, entouré de contes, de grâce, et de belles histoires. Dès les premières lignes de la première page nous apprenons que le héros, Hervé Joncour, achète et vend des vers à soie. Suite à une épidémie de ces petites larves, il décide de faire un voyage au Japon afin d’acheter des œufs sains. “Et il est où, exactement, ce Japon ?” l’entend-t-on demander à son ami Baldabiou. Je crois que là, est le summum de l’intrigue de l’histoire.



