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	<title>Le Hangar - Espace artistique &#187; fleur</title>
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		<title>Chrysanthèmes, par Brigitte Allègre</title>
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		<pubDate>Sun, 15 May 2011 11:00:56 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><span style="color: #999999;"><em>Je crois que c&#8217;est la plus longue nouvelle qu&#8217;on a publié jusque là. Mais la délicatesse des mots, l&#8217;habileté des phrases qui y règne sont des éléments qui vous invitent à la lire jusqu&#8217;au bout sans s&#8217;arrêter. C&#8217;est une très belle plume qui nous fait part d&#8217;un bout de vie dans le Sud de la France&#8230; A vous de savourer ce récit !</em></span></p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Chrysanthèmes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Montpellier, Gignac, Saint-Guilhem. Avant de fleurir les tombes, les  chrysanthèmes fleurissaient les parkings des centres commerciaux, les  trottoirs devant les fleuristes, les supérettes, les abords des  pépinières. La voiture était enfin sortie de la zone commerciale qui  ceinture la ville, avait traversé une enfilade d&#8217;agglomérations &#8211;  banlieues, bourgs, hameaux, villages, et partout un océan de pots se  répandait. Je l&#8217;ai fait remarquer à Serge, il a hoché la tête. Il  écoutait la radio, une émission sur les chamanes de Sibérie, les  hommes-médecine indiens, les guérisseurs africains. Il s&#8217;énervait tout  seul des prophéties de l&#8217;anthropologue venue commenter son bouquin à  l&#8217;antenne &#8211; les neuf milliards d&#8217;humains, la pénurie de bouffe, la  nature démantelée. Il trouvait qu&#8217;elle mélangeait tout, qu&#8217;elle alignait  les clichés. Moi, ça ne m&#8217;intéressait pas. Je pensais à autre chose. Je  regardais par la fenêtre. Les chrysanthèmes du commerce conduits à  marche forcée pour fleurir pile quelques jours avant la Toussaint. Déjà  en promotion, la Toussaint était proche. Deux pots pour le prix d&#8217;un ou  le pot de Tokyo blanc dont personne ne voulait à moins 50%, tout le  monde devait repartir avec ses chrysanthèmes sous le bras. Devrait. Tout  était fait pour. Les chrysanthèmes, on nous les fourrait sous le nez,  sans ménagement. Les fleurs grand ouvertes &#8211; grasses, pompons ou  bouquets serrés, chrysanthèmes du Japon, de Corée ou de Chine,  sélectionnées, croisées, hybridées, gonflées d&#8217;engrais. Rigides et sans  parfum. Elles tiendraient trois semaines encore, si on les arrosait,  s&#8217;il pleuvait. Mais là il faisait sec et doux &#8211; la nuit un peu de  tramontane, le ciel au bleu fixe. La fin annoncée des chrysanthèmes,  leurs jours comptés chichement.</p>
<p style="text-align: justify;">En général, fin novembre, ma tante Clémence faisait la tournée des  cimetières pour récupérer les plants desséchés, plus personne ne  viendrait jusqu&#8217;en octobre prochain. Pourquoi sacrifier des fleurs  vivantes, c&#8217;est ce qu&#8217;elle disait. Dieu sait pourquoi, elle avait pris  les chrysanthèmes en pitié. Elle disait : personne ne les aime. Les gens  les achètent, ils les trouvent moches, et d&#8217;ailleurs ils ont raison.  Ces pauvres chrysanthèmes, ils me font penser à ces bonnes femmes  fardées, embijoutées, épilées, manucurées, fesses et hanches rabotées,  lèvres et seins siliconés. Elles me font de la peine, et les  chrysanthèmes c&#8217;est pareil. Donc fin novembre, elle faisait sa tournée.  C&#8217;était assez drôle &#8211; fin octobre ma mère faisait la tournée des  cimetières pour déposer ses pots en râlant parce qu&#8217;elle était la seule à  s&#8217;occuper des morts de la famille, et fin novembre c&#8217;était ma tante qui  faisait la sienne. Ma mère râlait de plus belle, disait que sa sœur  était complètement piquée. La tante Clémence lui répondait que nos morts  étaient de vieux morts bien tranquilles et que pas un ne lui avait  reproché quoique ce soit. Alors, moi, disait Clémence, ces pauvres  chrysanthèmes je les récupère, je les soigne. Je leur donne un vrai  jardin. Je leur donne une chance de redevenir de vraies fleurs. Oui,  bien sûr, il y en a qui ne survivent pas. Je les mets au compost et ils  aident les autres à se faire une bonne petite vie dans mes  plates-bandes.</p>
<p style="text-align: justify;">Serge conduisait en écoutant son émission, et moi je continuais à  regarder tous ces chrysanthèmes, de Montpellier à Saint-Guilhem. Je  pensais à Clémence. Elle nous avait quitté il y avait de ça un mois, ma  tante Clémence. Un cancer à l&#8217;estomac, un truc fulgurant. Avec Serge, on  passait devant cette marée de fleurs au soleil, déjà les feuilles  mollissaient, et je pensais que cette année Clémence ne serait pas là  pour essayer de les sauver. Les rendre à leur condition de fleurs  d&#8217;automne. Serge, les chrysanthèmes, il ne s&#8217;en était jamais occupé. Il  ne les voyait pas. Il ne les voyait pas plus que les rangées de  bouteilles de gaz ou les sacs de patates, ça ne le concernait pas. Des  morts, il en avait pourtant, des vieux et des moins vieux, mais lui, il  faisait partie de ces gens qui résistaient à la-société-de-consommation,  et aussi à la tournée des cimetières, sans parler des sapins de Noël,  des roses de la saint Valentin &#8211; il résistait, imperméable aux  sollicitations les plus appuyées. Moi, je n&#8217;avais pas envie de m&#8217;exposer  à une énième tirade sur les traditions et les rites commerciaux, et  surtout pour être honnête, je n&#8217;y tenais pas plus que ça, à ces passages  obligés dans l&#8217;année. Je crois bien que ça me maintenait dans une sorte  d&#8217;adolescence prolongée de ne pas me soucier d&#8217;aller fleurir les  tombes, lancer les invitations à Noël et à Pâques et tout le  tremblement. Ma mère s&#8217;en chargeait, c&#8217;était son rôle, moi je n&#8217;étais  que la fille, je pouvais me désintéresser de ces choses. Elle achèterait  les chrysanthèmes pour les arrière-grands-parents, les grands-parents,  les beaux-frères et les belles-sœurs, les oncles et les tantes. Mais pas  pour sa sœur. Clémence ? Après tout ce qu&#8217;elle m&#8217;a fait ? Des  chrysanthèmes pour elle, ça non alors, qu&#8217;elle n&#8217;y compte pas là où elle  est. Dans la voiture qui filait vers Saint-Guilhem où Serge et moi  avions décidé d&#8217;aller nous reposer une semaine, je pensais à ça &#8211; Serge  n&#8217;a aucun chrysanthème sur la conscience, mais cette année, moi si. J&#8217;y  pensais tellement que j&#8217;ai oublié de lui signaler un embranchement,  résultat on s&#8217;est perdus. Quand nous sommes arrivés au gîte que j&#8217;avais  retenu, il faisait nuit noire. Je suis entrée, la porte grinçait, un  chien a poussé un aboiement, un cheval a renâclé dans le lointain, Serge  me suivait avec la valise. Le propriétaire était au téléphone et mon  portable s&#8217;est mis à sonner, une vraie fanfare. Le bonhomme a levé les  yeux : c&#8217;est vous Madame Rey ? J&#8217;allais vous laisser un message.</p>
<p style="text-align: justify;">Il nous a conduit à notre chambre en passant par l&#8217;extérieur, une  lampe électrique à la main. Vous en avez une, de lampe électrique, il a  demandé. Oui. J&#8217;avais même emporté une bouillotte et j&#8217;avais bien fait  parce qu&#8217;il n&#8217;y avait pas de chauffage dans les chambres, juste une pile  de couvertures. Je sers le dîner dans un quart d&#8217;heure en haut, il y a  une autre famille avec vous. Vous êtes les derniers de la saison. Après  vous, je ferme. A sa voix, j&#8217;ai senti qu&#8217;il était satisfait d&#8217;en avoir  terminé avec l&#8217;été et ce début d&#8217;automne, le coup de feu pour lui. Serge  a dit : c&#8217;est bien cet endroit. J&#8217;en étais contente, ce n&#8217;est pas  toujours facile de trouver un endroit qui lui plaise. J&#8217;avais envie de  visiter Saint-Guilhem-du-Désert depuis longtemps, mais c&#8217;était un peu  trop touristique pour Serge. Il avait raison, d&#8217;ailleurs. Tout était un  peu trop coquet, les points de vue balisés, les sites &#8211; le patrimoine,  n&#8217;est-ce-pas &#8211; aménagés au cordeau ici. Mais c&#8217;était beau, il fallait  l&#8217;avouer. Venir à cette période, c&#8217;était un bon compromis pour profiter  du lieu sans avoir l&#8217;impression de faire partie du troupeau mené à la  baguette par les guides du Routard, Michelin et compagnie. Au dîner,  c&#8217;est le propriétaire qui nous a servi. Entre les plats, il  disparaissait à la cuisine, il y avait des bruits de casseroles et de  voix, il n&#8217;était pas seul. Le repas était quelconque, le vin plaisant.  On a mangé devant le feu, la famille dont il nous avait parlé installée à  une autre table. Avec Serge, on écoutait d&#8217;une oreille le mari qui  pérorait devant sa femme, patiente et silencieuse. Elle donnait à manger  à leur bébé, cuillère après cuillère, et son bonhomme parlait sans  s&#8217;arrêter. Il avait des opinions et des informations sur tout. Et comme  toutes les personnes de cette espèce, il avait le verbe haut, on ne  pouvait pas faire autrement qu&#8217;entendre ce qu&#8217;il disait. Au dessert, il a  demandé au propriétaire du gîte si les pompiers avaient retrouvé  l&#8217;homme qui s&#8217;était jeté du Pont du Diable la veille. C&#8217;était lui en  personne, randonneur émérite toujours prêt à aider son prochain, qui  avait donné l&#8217;alarme. Je voyais bien, du coin de l&#8217;œil, que le  propriétaire du gîte avait d&#8217;autres casseroles sur le feu, mais il était  coincé, pris à témoin. De A jusqu&#8217;à Z, le péroreur a raconté l&#8217;histoire  à sa femme qui n&#8217;en ignorait rien, puisque qu&#8217;elle était avec lui à ce  moment-là et avait, aussi bien que lui, assisté à la scène. J&#8217;imaginais  que le propriétaire du gîte devait également savoir de quoi il  retournait dans tous les détails, c&#8217;était donc pour notre seul bénéfice  que l&#8217;homme débitait l&#8217;histoire. Il espérait sans doute qu&#8217;on allait  interrompre la dégustation de nos pommes au four pour lui poser des  questions, mais il en a été pour ses frais. Serge et moi on se  regardait, on dégustait nos pommes, on écoutait, c&#8217;est vrai, impossible  de faire autrement, mais on essayait de maintenir un filet d&#8217;intimité &#8211;  plutôt difficile dans ces conditions. Le propriétaire du gîte a pu enfin  en placer une, il a dit que les plongeurs avaient travaillé toute la  journée mais n&#8217;avaient pas trouvé le corps. Demain, ils remettraient ça.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant d&#8217;aller nous coucher, j&#8217;ai demandé qu&#8217;on remplisse ma  bouillotte. J&#8217;avais un peu peur d&#8217;être ridicule, mais non, le gars du  gîte, il n&#8217;a même pas levé un sourcil. Il a fait ça très bien. Vous  comptez faire une randonnée demain, il a demandé. Oui. Serge et moi on  s&#8217;était concocté une boucle qui passait justement par le fameux Pont du  diable et surtout la passerelle des Anges. Il faut dire que Serge est  architecte, et visiter Saint-Guilhem, c&#8217;était pour lui l&#8217;occasion de  voir cette passerelle en béton comme-ci et comme-ça, une matière  révolutionnaire &#8211; ça lui faisait plaisir, et moi j&#8217;étais heureuse de  marcher au grand air, d&#8217;avoir l&#8217;occasion de sortir mon matériel à  aquarelle, de me changer les idées. La mort de ma tante Clémence, ça  m&#8217;avait secouée. Cette nuit-là, je n&#8217;ai pas fermé l&#8217;œil. Enfin si, mais  quand je me suis endormie, c&#8217;était pour rêver que je ne dormais pas, je  m&#8217;en suis aperçue lorsque Serge m&#8217;a réveillée. On devait partir assez  tôt, la boucle prévue était longue et nous voulions prendre tout notre  temps. J&#8217;ai préparé mon carnet, ma boîte de couleurs, mon appareil photo  pendant que Serge récupérait le pique-nique commandé la veille. Le  péroreur, sa femme et le bébé devaient dormir encore, nous ne les avons  pas vus, juste leur voiture immatriculée dans le 92. On a marché toute  la matinée en direction d&#8217;une crête. De là haut, on voyait l&#8217;Hérault,  veine verte dans la roche à vif, et le site du Pont du Diable &#8211; l&#8217;énorme  parking aménagé, vide en cette saison, le pont lui-même, et une plage  quasiment déserte hormis deux taches rouges et des pointillés noirs. Ce  devait être les pompiers, ils n&#8217;avaient toujours pas dû retrouver le  noyé. On a mangé nos sandwiches au soleil. Il faisait tellement chaud  que j&#8217;ai retiré ma veste et mon pull, je les ai fourrés dans mon sac.  Dans la descente, Serge qui avait oublié ses bâtons de marche s&#8217;est un  peu plaint du genou mais il a tout oublié lorsqu&#8217;il a mis le pied sur la  passerelle des Anges. Et vrai, même moi j&#8217;étais impressionnée. Je l&#8217;ai  abandonné à son bonheur et j&#8217;ai continué jusqu&#8217;au vieux pont. J&#8217;étais  seule avec un jeune qui s&#8217;amusait à lancer des cailloux dans l&#8217;eau. A un  moment il a réussi à toucher un rocher rond qui dépassait de la  surface, au milieu, ça a fait comme une minuscule explosion, son  projectile a volé en éclats, un peu de poudre blanche a flotté une  seconde. Il a souri juste au moment où je prenais son geste en photo. On  a taillé la bavette un moment, et puis j&#8217;ai sorti mon carnet, fait  quelques esquisses, il les commentait. Il n&#8217;avait pas l&#8217;air d&#8217;être  pressé, ou bien d&#8217;aller quelque part en particulier. Il était là, c&#8217;est  tout. De l&#8217;autre côté l&#8217;eau était plus profonde, un vert opaque, sans  ride. Je faisais face à la plagette. Les deux camions de pompiers  étaient toujours là, et le petit groupe de gens devant. Il y avait une  grosse femme sur un pliant en toile, les autres assis autour. Ils ne  parlaient pas. Je me suis sentie gênée de les regarder alors j&#8217;ai  détourné les yeux vers l&#8217;eau au-dessous de moi, la lumière en  étincelles, ça me semblait impossible, à cette seconde, qu&#8217;on puisse  avoir envie de mourir en se jetant de ce pont. Le jeune homme s&#8217;était à  nouveau approché de moi. Accoudé au rebord, il m&#8217;a soudain montré un  flot de bulles qui a éclaté entre deux eaux et crevé la surface. Là,  c&#8217;est les plongeurs. Vous savez, il m&#8217;a dit, quelqu&#8217;un s&#8217;est jeté du  pont avant-hier. Oui, je le savais. J&#8217;ai regardé la famille sur la  plage, ça ne pouvait être qu&#8217;eux. Ils devaient attendre qu&#8217;on leur  ramène le corps. Ils auraient un pot de chrysanthèmes en plus à acheter  cette année, j&#8217;ai pensé. Ça m&#8217;a fait mal au cœur. Le jeune et moi, on a  regardé le panache de bulles s&#8217;étirer vers la plage, on aurait dit un  dragon, écailles de feu sur l&#8217;eau, c&#8217;était beau à voir. Quelques minutes  après, trois hommes grenouilles ont émergé, on voyait juste leur tête.  J&#8217;ai regardé ailleurs en hâte &#8211; il faut que j&#8217;y aille, j&#8217;ai dit. Mon  mari doit m&#8217;attendre sur la passerelle. Le jeune m&#8217;a saluée d&#8217;un signe  et d&#8217;un sourire. Il a continué à regarder, je pense.</p>
<p style="text-align: justify;">Les lauriers qui  poussaient en contrebas me dissimulaient la plage et ses occupants, on  entendait de loin en loin une voiture ou un camion passer sur la route  au-dessus, et au détour du chemin, j&#8217;ai vu Serge, à genoux sur la  passerelle qui prenait des photos en macro &#8211; c&#8217;est ce qu&#8217;il préfère, il  dit qu&#8217;il découvre d&#8217;autres mondes de cette manière, et je le crois. De  la plage, il est venu un petit cri bref, comme un jappement de chiot. Un  cri grêle et c&#8217;est tout. J&#8217;ai dit à Serge, viens, c&#8217;est l&#8217;heure de  retourner, on va être pris par le noir, sinon. Cette nuit-là, j&#8217;ai  encore mal dormi, la nuit d&#8217;après aussi. Le jour, avec Serge, on  marchait au soleil, on a bronzé même, on prenait des photos, je faisais  de l&#8217;aquarelle, on lisait. On n&#8217;est plus retourné vers l&#8217;Hérault, on a  randonné dans une autre vallée, la Buège. Le soir on mangeait tranquille  devant le feu &#8211; le péroreur et sa petite famille étaient partis sous  d&#8217;autres cieux. Nous, les derniers clients, on bavardait un peu avec le  propriétaire du gîte et sa femme. La nuit, je ne dormais pas. Je pensais  à ma tante Clémence, au suicidé du pont, à sa famille sur la plagette.  Personne n&#8217;en avait reparlé. Serge et moi on n&#8217;a pas su si le corps  avait été retrouvé. Si le petit cri gauche, étranglé, c&#8217;était parce  qu&#8217;on l&#8217;avait ramené ou le contraire, parce qu&#8217;on ne l&#8217;avait pas trouvé.  Je voyais ce corps fiché dans l&#8217;eau verte dès que je fermais les yeux. A  la fin de la semaine, la Toussaint était passée depuis cinq jours déjà,  on est repartis. J&#8217;étais crevée. En approchant du site du Pont du  Diable, sur le bord de la route, j&#8217;ai distingué un monticule de couleurs  criardes : du rose, du jaune, du rouge. On est passés, j&#8217;ai dit :  ralentis. C&#8217;était des chrysanthèmes, ils se fanaient &#8211; le feuillage,  glauque, pendait lamentablement. J&#8217;ai dit : Serge, s&#8217;il-te-plaît,  arrête-toi. Je suis descendue de voiture, et dans le coffre, j&#8217;ai  coincé, du mieux que j&#8217;ai pu, tous les pots de chrysanthèmes.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://brigitteallegre2.canalblog.com/ " target="_blank">Brigitte Allègre</a></strong></p>
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		<title>Temps noir, par Fleur de Plume</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Nov 2010 19:36:29 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Temps noir Une aube grise plane sur le village oublié Ombre de fantômes torturés, Ruines délabrées de murs de mort sang invisible, crime sans taches, folie inhumaine, inoxydable. Esprit errant condamné, aux horreurs des hommes sans cœur. chemises brunes, marche robotique être sans visage, pantins animé par le plaisir pervers de tuer corps décharné, sans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Temps noir</strong></span></p>
<p style="text-align: center;">Une aube grise plane sur le village oublié<br />
Ombre de fantômes torturés,<br />
Ruines délabrées de murs<br />
de mort<br />
sang invisible, crime sans taches,<br />
folie inhumaine, inoxydable.</p>
<p style="text-align: center;">Esprit errant condamné,<br />
aux horreurs des hommes<br />
sans cœur.</p>
<p style="text-align: center;">chemises brunes,<br />
marche robotique<br />
être sans visage,<br />
pantins animé par<br />
le plaisir pervers<br />
de tuer</p>
<p style="text-align: center;">corps décharné, sans vie<br />
forme squelettique<br />
aux abîmes.</p>
<p style="text-align: center;">humiliation des êtres<br />
violation des âmes<br />
lente déchéance<br />
que de souffrance<br />
sans fin</p>
<p style="text-align: center;">pire bête sauvage, qu’est l’humain<br />
traquant ses semblable<br />
aucuns remord ni pensée<br />
véritable machine<br />
à tuer.</p>
<p style="text-align: center;">réalité noire<br />
et salie<br />
d’un temps sans oubli</p>
<p style="text-align: center;">folie<br />
incontrôlable,<br />
d’un animal enragé<br />
guide fanatique, d’une guerre cruelle<br />
et inhumaine.</p>
<p style="text-align: center;">dans l’aube grise du matin<br />
nos mémoires<br />
se raniment<br />
et malgré ses cris<br />
il faut vivre…</p>
<p style="text-align: left;">Autre texte de cet auteur : <a href="http://www.le-hangar.com/vos-oeuvres/crepuscule-par-fleur-de-plume/" target="_blank">Crépuscule</a></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://flomodado.canalblog.com/" target="_blank">Fleur de Plume</a></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Crépuscule, par Fleur de Plume</title>
		<link>http://www.le-hangar.com/vos-oeuvres/crepuscule-par-fleur-de-plume/</link>
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		<pubDate>Wed, 27 Jan 2010 11:00:04 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Voici un petit texte sympathique et émouvant que nous envoie Fleur de Plume. Comme elle vous pouvez être publié sur le Hangar, en nous envoyant votre texte par la rubrique &#171;&#160;Contact&#160;&#187;&#8230; Nous vous rappelons que vous pouvez nous envoyer tout type d&#8217;œuvre d&#8217;art numérisée par ailleurs&#8230; Crépuscule Crépuscule, pleine lune ciel d’ancre, Danse des étoiles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #888888;"><em>Voici un petit texte sympathique et émouvant que nous envoie Fleur de Plume. Comme elle vous pouvez être publié sur le Hangar, en nous envoyant votre texte par la rubrique &laquo;&nbsp;Contact&nbsp;&raquo;&#8230; Nous vous rappelons que vous pouvez nous envoyer tout type d&#8217;œuvre d&#8217;art numérisée par ailleurs&#8230;</em></span></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Crépuscule</strong></span></p>
<p style="text-align: center;">Crépuscule,<br />
pleine lune<br />
ciel d’ancre,<br />
Danse des étoiles<br />
sur la toile de nuit</p>
<p style="text-align: center;">mythes merveilleux,<br />
histoires d’enfants<br />
rêve d’antan<br />
espoirs présents</p>
<p style="text-align: center;">je pose un regard sur les astres<br />
petite veilleuse de l’univers<br />
douce lumière,<br />
éclaire l’humanité</p>
<p style="text-align: center;">je sens, frôlement<br />
caresse du vent<br />
je perçois tes pas,<br />
un mouvement<br />
je sais<br />
J’attends,<br />
un parfum<br />
entêtant,</p>
<p style="text-align: center;">un souffle au creux de mon oreille<br />
mon éveil,</p>
<p style="text-align: center;">je ne te vois pas<br />
mais te ressens</p>
<p style="text-align: center;">m’enlaçant tendrement,<br />
Déposant de tes lèvres<br />
un doux baiser au creux de mon poignet,</p>
<p style="text-align: center;">instant ensorcelant,  désir naissant,<br />
fantasme de mon esprit<br />
d’un cœur  bien en vie<br />
espoir vivant… d’un amour veillant…</p>
<p style="text-align: left;">Autre texte de cet auteur : <a href="http://www.le-hangar.com/vos-oeuvres/temps-noir-par-fleur-de-plume/" target="_blank">Temps noir</a></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://flomodado.canalblog.com" target="_blank">Fleur de Plume</a></strong></p>
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		<title>Amour céleste, par Fleurs du Sultan</title>
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		<pubDate>Mon, 18 May 2009 22:17:18 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Elle a commencé son mail par &#171;&#160;me voila , je me lance , soyez indulgents , je suis souvent si différente des autres&#160;&#187;. Cela m&#8217;avait paru étrange de clamer une différence, vis à vis des autres, quels autres ? de quoi parlait-elle ? Puis, j&#8217;ai lu. Et effectivement, il y avait une différence. Fleurs du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #999999;"><em>Elle a commencé son mail par &laquo;&nbsp;me voila , je me lance , soyez indulgents , je suis souvent si différente des autres&nbsp;&raquo;. Cela m&#8217;avait paru étrange de clamer une différence, vis à vis des autres, quels autres ? de quoi parlait-elle ? Puis, j&#8217;ai lu. Et effectivement, il y avait une différence. Fleurs du Sultan nous offre un texte magnifique, à la fois très poétique et philosophique, dans un style soigné et qu&#8217;on rencontre rarement. J&#8217;ai tout de suite pensé au Coran, que j&#8217;ai pourtant lu il y a quelques temps déjà. La poésie du Coran est vive, céleste, elle arbore un style aux mille et une nuits, aux mille et une étoiles, une poésie du désert, des contes orientaux. J&#8217;ai aussi pensé à certaines de mes lectures mythologiques, particulièrement dans la mythologie du Moyen Orient, que l&#8217;on trouve souvent sous forme de vers bien plus poétiques que la prose d&#8217;Homère dans l&#8217;Iliade par exemple. Je vous laisse donc sur ce texte qui a gagné l&#8217;unanimité du jury du Hangar.<br />
</em></span></p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Amour céleste</strong></span></p>
<p>La nuit tombée, sur un ciel étoilé, une brume d’un mois de juillet.<br />
Un parfum de jasmin, une musique au loin.<br />
La vie est un calme, un soudain accord entre les âmes est né.<br />
A chaque avènement de la lune dans cette toile décorée, les souffles de la vie se rencontrent dans la quiétude de la nuit.<br />
Voici un dialogue entre deux esprits virilité et sensualité rencontrés dans leurs  sommeils de vie et leurs accords de destinée :<br />
-    La virilité :<br />
C’est étrange, en te voyant j’ai l’impression de me regarder dans un miroir !<br />
-    La sensualité :<br />
C’est de l’étrange qu’on soit assis sur la même étoile !<br />
-    La virilité :<br />
Ta couleur est mienne, ta fragilité est sensuelle, ton sourire est allégresse.<br />
-    La sensualité :<br />
Je suis comme toi dans ton regard je me vois, et je me trouve nue devant toi.<br />
-    La virilité :<br />
Oh ! Pudeur tu deviens hyménée, je te reconnais dans ton sourire coquin et je me lie à toi.<br />
Depuis si longtemps que je viens ici, comment n’avoir jamais pu te rencontrer ?<br />
-    La sensualité :<br />
C’est vrai que cela fait un temps de vie que je viens me reposer chaque nuit sur cette toile étoilée.<br />
-    La virilité :<br />
Tu es si douce au touché, j’ai envie de t’enlacer et ne plus jamais te quitter.<br />
-    La sensualité :<br />
Je te trouve espiègle, vite dans tes avancées mais assuré dans ta destinée.<br />
-    La virilité :<br />
Je ne cache pas ma frilosité devant ta nudité, tu es la beauté tant recherchée, tu combles ma puérilité, tu nourris mon appétit, tu remplis ma viduité.<br />
-    La sensualité :<br />
Tu es un réconfort pour ma spiritualité, tu épouses si bien mon gabarit, tu me cajoles en amour dulcinée.<br />
-    La virilité :<br />
Dis-moi- mais on vient de se rencontrer et j’ai dans l’idée de t’avoir toujours connue.<br />
-    La sensualité :<br />
Je suis si bien en ta compagnie, que je me suis déshabillée, plus d’artifices, plus de feu et flamme pour me faire aimer, je suis endormie dans ton amativité.<br />
-    La virilité :<br />
Repose-toi en moi et dis-moi ce que tu vois ?<br />
-    La sensualité :<br />
Je vois le ciel sourire de notre amour, en or il se décore, il est sage devant nos déboires, il est attentif à nos regards et tapisse l’air pour nous revoir. Et toi que vois tu mon bien aimé ?<br />
-    La virilité :<br />
Je vois une lune de toute beauté, elle égaye notre destinée, elle savoure nos baisers, et nous chante les plus savoureuses des mélodies, je te vois avec moi, toi en moi à tout jamais unis, faisant Un.<br />
-    La sensualité :<br />
Je te sens vibrer dans mon cœur toi âme solitaire cherchant espoir, je sens le tonnerre passer par tes entrailles pour faire de toi un esprit rebelle et fier, je sens tes nuances avec la femme qui te sert de mer, ses vagues t’emportent dans les louanges d’un divin, tu plonges comme un chérubin pour retrouver l’innocence de cette âme.<br />
-    La virilité :<br />
Je trouve ta main dans les fonds de mon immersion, sirène tu m’emportes vers le palais de ton univers, je découvre la folie et la sagesse de l’amour perpétuel, je m’habille en marin, en fou, en jobard, en malin pour te prendre dans mes mais et danser toute la vie avec toi, je me fais chaste pour être ton roi, je me mets à tes pieds ton sourire m’a donné la vie.<br />
-    La sensualité :<br />
Inouïe est notre rencontre, on ne se lasse pas de se caresser, on dort dans notre nudité, frilosité est notre déhanchée, complicité est notre pensée.<br />
-    La virilité :<br />
Est-ce vrai, que nous sommes faits l’un pour l’autre ?<br />
-     La sensualité :<br />
Je dis un mot et dis moi à quoi tu penses.<br />
-    La virilité :<br />
D’accord vas y :<br />
-    Amour<br />
-    Ivresse<br />
-    Confiance<br />
-    Forteresse<br />
-    Querelles<br />
-    Ténèbres<br />
-    A ton tour maintenant :<br />
-    Désir<br />
-    Fusion<br />
-    Union<br />
-    Doublement<br />
-    Dévouement<br />
-    Amoureusement<br />
-    La virilité :<br />
Tu es bien mon portrait.<br />
-    La sensualité :<br />
Je le pense aussi.<br />
Et voila que le soleil reprend ses droits sur la toile  et chaque âme doit retrouver son corps, nos deux amoureux avaient de la peine à se dire au revoir :<br />
-    Il est temps de revenir sur terre, mon corps m’appelle.<br />
-    Moi aussi, le réveil m’interpelle.<br />
-    On se verra la bas, dans le monde d’en bas, on est si bien ensemble.<br />
-    Je vais t’appeler chaque jour avec mon cœur et t’attendre chaque nuit sur notre étoile jusqu&#8217;à l’infinie du temps.<br />
-    Je te chercherai parmi toutes les autres, je sais que je vais te reconnaître par ton parfum, ton corps sera mon repère, ton sourire saura me ramener vers toi.<br />
-    Je t’aime autre moitié de mon âme.<br />
-    Je t’aime aussi épouse de mon esprit.<br />
Et c’est ainsi que les grandes âmes se rencontrent dans leurs sommeils et  passe la vie à chercher l’autre moitié, parfois on se trompe de voix et de partie et chacun dans sa frénésie tend l’oreille pour entendre le sourire de son aimé, et la vie est toute une destinée.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://ssell.3408.over-blog.com/" target="_blank">Fleurs du Sultan</a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Avis et critiques sont bienvenus.</strong></p>
<div style="text-align: center;"><span style="font-size: x-small;"><strong> </strong></p>
<p></span></div>
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		<title>Églantine.. )et l’adonis_., par Arlie Caelan Poe</title>
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		<pubDate>Mon, 18 May 2009 21:25:55 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est son « bouquet de pensées pour commencer un printemps qui tarde cependant à arriver », nous confie-t-elle. Elle aime jouer dans ses courts textes sur les pauses, la ponctuation. Sa poésie est facile, et ces fleurs qu&#8217;elle nous offre de bon cœur sentent la légèreté. Églantine.. )et l&#8217;adonis_. Quand tu t’absinthes je chrysanthème. Quand [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #999999;"><em>C&#8217;est son « bouquet de pensées pour commencer un printemps qui tarde cependant à arriver », nous confie-t-elle. Elle aime jouer dans ses courts textes sur les pauses, la ponctuation. Sa poésie est facile, et ces fleurs qu&#8217;elle nous offre de bon cœur sentent la légèreté.<br />
</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Églantine.. )et l&#8217;adonis_.</strong></span></p>
<p style="text-align: center;">Quand tu t’<em>absinthes</em> je <em>chrysanthème</em>.<br />
Quand tu <em>hellébores </em>je me <em>mauves</em> dans mes<em> ancolies</em>,<br />
au <em>liseron</em> de tes traits <em>orchidées</em>.<br />
Quand tu es<em> lys </em>mon sourire<br />
tu me trouves si <em>amarante</em>.<br />
Alors je<em> centaurée</em> d’un bois<br />
J’<em>aster</em> aussi à tes regards et ne me <em>bourrache</em> plus le cœur<br />
J’ai <em>mimosa</em> dans tes deux bras et<br />
<em>magnolia</em> dans ton jardin<br />
Oui et<em> mélisse </em>attendent toujours<br />
<em>jacinthe</em> encore les <em>gentianes</em>.<br />
Je <em>fritillaire</em> mais personne vient</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par Arlie Caelan Poe</strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Avis et critiques sont bienvenus.</strong></p>
<div style="text-align: center;"><span style="font-size: x-small;"><strong> </strong></p>
<p></span></div>
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