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Dimanche 23 août 2009 Par Novembre dans Vos oeuvres

Faites de la musique, par Mémé Nénette

Et voilà, le grand retour du Hangar est sonné avec ce texte de Mémé Nénette qui a convaincu le jury ! Nous vous rappelons que vous pouvez nous envoyer vos textes, comme Mémé Nénette, afin de les voir publier sur le Hangar; pour avoir plus d’informations rendez vous sur Comment publier dans le Hangar ?. N’oubliez pas que vous pouvez aussi nous envoyer vos critiques de livres ainsi que vos chroniques s’étendant sur tous types d’arts. Si vous souhaitez nous contacter afin de nous envoyer un texte ou pour nous poser une question, rendez-vous sur le formulaire de contact.

Faites de la musique

L’avantage des anniversaires, c’est que l’on peut picoler sans compter les verres. On a le droit. C’est le seul jour de l’année où je peux l’avouer. J’ai terminé la bouteille de Suze, mais je ne me sentais pas assez saoule, alors, j’ai entamé la bouteille de Calvados. Elle va en faire une tête, Marinette, mon aide-ménagère, quand elle verra ça! Je vais avoir droit à la grande morale. « A votre âge, c’est pas raisonnable, et puis avec vos problèmes de hanches… » A chaque fois, j’ai envie de lui répondre que je ne bois pas avec mes hanches, mais j’aurais droit à d’interminables remontrances. Elle est tellement tarte, qu’elle ne soupçonnerait même pas que je me fous de sa gueule. Elle m’expliquerai par A+B, le lien lointain de cause à effet de ma bouteille de Suze, aux hanches qui s’usent.

En tout cas, c’est vrai que j’étais bien éméchée! Je ne me souviens même pas m’être couchée. Et comme à chaque anniversaire, toute seule, j’ai parlé, je me suis raconté mon passé. J’ai mis un vieux disque de Joe Dassin, mais ça m’a fait pleurer, alors je l’ai rangé. La chanson: Les petits Pains au Chocolat, me fait pleurer. Cette chanson passait à la radio quand j’ai appris la mort d’Henri. Henri, c’est celui avec qui j’aurais dû passer ma vie….

Après la guerre, j’ai épousé Marcel. J’avais vingt-trois ans, il fallait se dépêcher. Henri était dans la Résistance, il ne revenait pas, tout le monde disait qu’il était mort. Il est revenu, j’étais engagée. Il a épousé Coralie, la voisine d’en face. Lui et moi, on se voyait par la fenêtre, on se souriait. Depuis tout jeunes, on s’aimait…

Enfin! C’est loin tout ça! J’ai donc arrêté d’écouter Les petits Pains au Chocolat et j’ai mis un disque de Barbara: Il pleut sur Nantes. J’ai le sens de la mise en scène, tout de même. On ne pleure pas sur Les petits Pains au Chocolat, mais sur du Barbara, on a le droit.

Par Mémé Nénette.

Avis et critiques sont bienvenus.

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Jeudi 2 juillet 2009 Par Hazel dans Vos oeuvres

Les bigoudis, par Charlotte Monégier

Et voilà, le concours est fini, et nous reprenons les publication des textes des internautes. Nous inaugurons ce début avec un texte de Charlotte, qui nous amène dans un bistrot à une heure du matin. Le personnage, une femme sans age, nous raconte une heure passée dans ce bar; ses réactions, sa situation, nous sont expliquées dans le troisième paragraphe. Je vous laisse vivre, ces quelques instants avec elle…

Les Bigoudis

Une heure.

Le serveur passe mollement son chiffon sur le comptoir. Je le regarde discrètement en savourant ma dernière Gitane. Les ronds de fumée se dispersent dans la pièce avec volupté. Leurs formes s’allongent et se rétrécissent, bougent paresseusement en fonction de l’oxygène et de la force de mon souffle. Puis s’évanouissent sur un bras de chaise, comme si elles n’avaient jamais existé. Le garçon essuie toujours. Il a l’air de s’appliquer au mieux. C’est son travail, à cette heure-là : effacer tout passage de clients, imbibés d’alcool, sombres et soucieux de trouver un peu de compagnie le temps d’une soirée. C’est pour ça qu’on vient tous ici. Vaincre une solitude, celle de l’enfermement dans un F2 étroit, à contempler des conneries sur le petit écran. Manger des pâtes pas chères et dormir quinze heures par jour, tant on n’a rien d’autre à faire.

Les sourcils du garçon de café marquent un angle aigu. Sa bouche est serrée – par le poids de la concentration, sans doute. Je lui demande : Tu veux de l’aide ? Il agite la tête, sans m’observer, de gauche à droite, ce qui signifie : Non. Il se tourne un instant, trempe sa serpillère dans un liquide transparent posé à sa droite, puis revient à son bar, droit comme une barre de fer, et poursuit son grand nettoyage. Au rythme de ses mains, le zinc s’éclaircit. Il y a des tâches grises qui deviennent blanches, et d’autres, marron, qui tombent peu à peu dans le beige clair. La couleur la plus triste qui soit. Beige clair. Au plafond, les néons jaunes ressemblent à de petites lunes virtuelles fixées sur un ciel de crépi. Leur lumière apparaît dans ses ronds d’eau de javel, puis disparaît lorsque la propreté reprend ses repères.

A mes côtés, Serge. Toujours aussi chauve. Quelques poils lui poussent encore au-dessus des oreilles. Mais ils sont gris et abîmés, ses poils, et je pense que ce seront les derniers. Lorsqu’ils seront tombés, au printemps prochain, son crâne sera aussi lisse que le verre énorme qui trône devant moi.

Serge me prend par la taille. Mais je le repousse. D’un regard insistant, je lui fais comprendre que cette nuit, il la passera sans moi. Il me lance des yeux méchants et le store s’abaisse. Son bruit métallique transperce mes tympans. Je déteste ce bruit. Serge finit par partir, à reculons, sans quitter ma bouche de ses deux iris, étonnamment réduits. C’est moi qui baisse la tête la première. Il pousse la porte et disparaît dans la nuit.. J’aperçois une dernière fois son imper gris voler au vent. Il prend sur la gauche. J’entends la portière de sa voiture claquer, puis le moteur démarrer. Je suis seule, ça y est..

Deux heures.

Le serveur est occupé à aligner les dernières chaises sur les tables. C’est comme à l’usine. Les sons sont réguliers, vifs. Ils viennent par à-coups heurter mes souvenirs, quand je me levais tôt le matin pour mettre des piles dans des téléviseurs, ou des raviolis dans des conserves. Quand il fallait que j’obéisse au chef, avec son sifflet qui hurlait en permanence, ses insultes et ses ordres mal dits. Les déjeuners à la cantine, avec les autres ouvriers. Toutes ces entrées, tous ces plats que je n’ai jamais pu me payer tant mon salaire était dérisoire. C’était il y a dix ans et c’était mon dernier emploi.

Par terre, des traces de pas fuient vers les toilettes. Le garçon les a négligées. C’est pas grave. Je vais les suivre. Je prends mon sac de faux cuir rouge et mon portefeuille, puis me dirige vers les sanitaires. Pas pour pisser, non, mais pour voir la gueule que j’ai ce soir.

Devant la glace, mes cheveux ne veulent pas rester en place. Des mèches rousses s’envolent dans tous les sens. On dirait qu’elles sont devenues folles. Ça fait quatre mois que je ne suis pas allée chez le coiffeur. Pour ma mise en plis. Ça coûte bien trop cher. Je sors mon rouge à lèvre, j’en dépose une couche épaisse et coruscante sur mon muscle triangulaire, puis m’occupe de mes cils fatigués. Un coup de Rimmel, un peu d’ombre à paupière. Et du parfum, pour camoufler l’odeur de cigarette qui imprègne mon manteau et mon cou.

Me voilà de retour derrière le zinc. Je n’ai pas voulu de Serge. Je l’ai trop eu en moi ces derniers temps. Trop eu au point de croire qu’il pourrait peut-être m’aimer. Les désillusions, ce n’est plus pour moi. Alors cette nuit, j’essaierai le serveur. Il vient d’enfiler son blouson et d’éteindre le dernier néon. Avec son argent, je m’achèterai enfin des bigoudis.

par Charlotte Monégier.

Avis et critiques sont bienvenus.

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Jeudi 25 juin 2009 Par Novembre dans Concours

Sélection finale – Concours Eté 2009

Vous les attendiez tous avec impatience : voici les résultats des sélections du concours de l’Eté 2009 organisé par le Hangar.

Mais nous tenons tout d’abord à remercier les 59 plumes qui ont participé à notre concours et dont vous retrouverez la liste exhaustive à la fin de cet article. Nous avons, pendant ces deux semaines, examinés avec attention tous les textes reçus, nous avons débattu, réfléchi longuement, pour en arriver à cette sélection de cinq textes, que vous allez enfin pouvoir découvrir. Ils sont ici classés par date de réception. Cliquez dessus pour les découvrir.
Mais nous tenons tout d’abord à  féliciter « green_little_angel » (pas de pseudonyme précis), pour sa participation au concours, reçue dans notre boîte le 18 juin à 23h59 et 36 secondes. Bien joué, mais peut-être une prochaine fois pour la sélection ;-)   !

1) Veronique Dessaint (www.paracelsicart.com)
pour son texte « Corps »

2) Azalaïs (www.marge-ou-greve.over-blog.com)
pour son « Hommage à Niki de saint-Phalle »

3) A. (www.letters-from-jericho.cowblog.fr)
pour ses « Secrets. »

4) Pierre (www.artywall.canalblog.com)
pour ses « Phases. »

5) Leena (www.texte.over-blog.com)
pour ses « Fleurs de braise. »

Comme prévu, vous êtes maintenant tous conviés, sélectionnés ou pas, participants ou simples lecteurs, habitués ou nouveaux, à voter pour le texte qui vous aura le plus plu, le plus ému, en somme, pour celui que vous préférez.

Règlement du sondage :

  • A la fin du sondage, la régularité des votes sera contrôlée afin de détecter toute triche éventuelle.
  • Les votes en trop (plusieurs par votant) seront effacés pour qu’il n’en reste qu’un par personne.
  • Si l’un des participants au concours est coupable de triche, il sera disqualifié.

Vous pouvez aussi voir le texte de Novembre, hors concours naturellement !

Le Corps est une guitare

flamenco;
catin comme une guitare
elle se laisse prendre
sur mille genoux
flattée, que malgré son
bois craquelé,
l’on puisse encore
aimer ses cris.

l’homme, au toucher habile
déplace ses doigts
entre les frettes, au creux du dos,
et consomme péniblement
son chat dans la gorge.

déçue de n’avoir pu chanter à deux
elle somnole,
désaccordée,
rosace béante, attendant
qu’à nouveau on la couvre
de sueur.

Merci à tous de votre participation, et rendez-vous le Dimanche 28 juin pour le résultat définitif du concours.

Liste des participants au concours (merci à eux) : Nesrine Boudhmine, Ju-lia, Littlestarintheskin, Emora, Veronique Dessaint, Didier Jullien, Kerfon le Celte, Bernard, Alis, Jean-Pierre, Bigornette, Óðínn-Hermóðr de Warenghien,Sebfou31, Azalaïs, Maurice Druguet, Penny, Chantal Champ, Didier Buffet, Chimères, Beignetcaramel, Jude, Cédric Lebonnois, Plumeacide, Paloma, Dubruel, Pépé, Manhattan-blues, Pierre, Squishee, Christian Wacrenier, Kasimir, Natasha Salazar, Lila, Iougenaie, Arlie Caelan Poe, Naftaline, Insupportable, Samia Nasr, Mikaël, Pernot Mathilde, Sido, M. Choiset, Caliope, Mendy Maï, gentle 13, Monia Bousselmi, Fleur de Plume, Nath Deygas, Leena, Gauthier, Anjimu, Birdyumi, Christian Warenghien, Solange Aussiette, Célia Roser, Vespertine, Joe, Liedlich.

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Dimanche 14 juin 2009 Par Novembre dans Concours

Concours Eté 2009

Nous ne vous en avions pas parlé, nous voulions, à vrai dire, créer l’événement en faisant la surprise ! Le Hangar organise un concours, auquel tous les internautes peuvent participer ! Pour cela, lisez attentivement les modalités d’inscription ci-dessous. Naturellement les participations sont totalement gratuites et un lot est à gagner !

Règlement :

Chaque participant au concours doit écrire un texte, poème, pièce de théâtre ou nouvelle de maximum 40 lignes répondant au thème suivant : «Le corps». Aucun sens du mot n’est exclu : nous pouvons parler du corps humain, du corps d’un texte, d’un corps d’armée… peu importe, vous avez les clés en main.

Précisions :

Merci de spécifier dans votre mail que votre texte nous est envoyé dans le but de participer au concours !

Tous les textes reçus pendant la durée du concours et ne répondant pas au thème imposé, ne seront pas pris en compte. Vous pourrez toutefois nous les envoyer une fois le concours terminé.

Le déroulement :

A compter d’aujourd’hui, vous avez jusqu’au Jeudi 18 juin 23h pour nous envoyer vos œuvres (pour cela consultez la rubrique « contactez-nous »). Vos écrits seront sélectionnés par le jury du Hangar, et les cinq meilleurs textes apparaîtront sur le blog le Samedi 20 juin. Les lecteurs du Hangar pourront à partir de cette date, voter, pour le texte qui leur plaira le plus dans les commentaires de l’article comportant les textes. Les résultats du concours seront connus le Dimanche 28 juin.

Et comme chaque gagnant mérite une récompense, l’auteur du meilleur texte, sera non seulement publié sur le hangar dans un article dédié, mais recevra aussi chez lui (par colis) le lot suivant :

kafka lettres à milena

Lettres de Franz Kafka à Milena Jesenska
aux éditions L’Imaginaire de Gallimard

Bonne chance à tous ! Nous attendons avec impatience vos textes !

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Mardi 9 juin 2009 Par Novembre dans Vos oeuvres

Quand tu feras rissoler les roses, par Servanne

Ce sont de belles images qui s’entremêlent au fond d’un jardin, se sont des souvenirs, des roses qui croustillent sous la dent, avec une pluie de mots qui se mélangent et qui s’envolent pour nous évader au loin, le temps d’une lecture.

Quand tu feras rissoler les roses

Quand tu crois avoir usé tous les mots au torrent de ta liberté, quand tu penses avoir bien essoré les torchons des rêves avortés, il te reste l’ambre rose de la fleur sous tes pieds, le coulis tourbillonnant du soleil au cabanon et dans le ciel aphasique la robe en sucre d’un volcan, il te reste encore le pas d’une eau fraîche à cueillir, la main chaude au rossignol, les éclats d’un parfum sous les sels de la peau …
Un peu de terre dans tes mains, ta volonté à bras le corps, tu feras rissoler les roses, danser les sauvagines.
Laisse-moi griffonner sur des bouts d’étincelle de petits bouts de moi, découpés dans du miel.
Elle avait dans les doigts un sourire de guitare et son ombre allumée avait reflet de l’eau, un soir en bord de crème, le ciel est un ruisseau. Ses mains la balayaient dans un reflet de cil, là où dormait le feu de silences oblongs …
Mes moires de papier où miaulent les amours …
Les dents d’un râteau vert, un pot raccommodé, au fond de la rigole, une poussière de lune et le sourire de l’orme …
Des yeux qui batifolent au temps des seringats, en ouvrant grand l’armoire des lavandes posées.
C’est l’odeur du lait, le parfum de maman, les jupons affleurés, les corsages charmants, menottes font la ronde …
Miracle de lumière qui tiendrait dans un bol …
La grâce d’un visage pour les secrets du monde …
Ephélide-moi tant que nos ombres s’envolent!

par Servanne.

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