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	<title>Le Hangar - Espace artistique &#187; du</title>
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		<title>Chrysanthèmes, par Brigitte Allègre</title>
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		<pubDate>Sun, 15 May 2011 11:00:56 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><span style="color: #999999;"><em>Je crois que c&#8217;est la plus longue nouvelle qu&#8217;on a publié jusque là. Mais la délicatesse des mots, l&#8217;habileté des phrases qui y règne sont des éléments qui vous invitent à la lire jusqu&#8217;au bout sans s&#8217;arrêter. C&#8217;est une très belle plume qui nous fait part d&#8217;un bout de vie dans le Sud de la France&#8230; A vous de savourer ce récit !</em></span></p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Chrysanthèmes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Montpellier, Gignac, Saint-Guilhem. Avant de fleurir les tombes, les  chrysanthèmes fleurissaient les parkings des centres commerciaux, les  trottoirs devant les fleuristes, les supérettes, les abords des  pépinières. La voiture était enfin sortie de la zone commerciale qui  ceinture la ville, avait traversé une enfilade d&#8217;agglomérations &#8211;  banlieues, bourgs, hameaux, villages, et partout un océan de pots se  répandait. Je l&#8217;ai fait remarquer à Serge, il a hoché la tête. Il  écoutait la radio, une émission sur les chamanes de Sibérie, les  hommes-médecine indiens, les guérisseurs africains. Il s&#8217;énervait tout  seul des prophéties de l&#8217;anthropologue venue commenter son bouquin à  l&#8217;antenne &#8211; les neuf milliards d&#8217;humains, la pénurie de bouffe, la  nature démantelée. Il trouvait qu&#8217;elle mélangeait tout, qu&#8217;elle alignait  les clichés. Moi, ça ne m&#8217;intéressait pas. Je pensais à autre chose. Je  regardais par la fenêtre. Les chrysanthèmes du commerce conduits à  marche forcée pour fleurir pile quelques jours avant la Toussaint. Déjà  en promotion, la Toussaint était proche. Deux pots pour le prix d&#8217;un ou  le pot de Tokyo blanc dont personne ne voulait à moins 50%, tout le  monde devait repartir avec ses chrysanthèmes sous le bras. Devrait. Tout  était fait pour. Les chrysanthèmes, on nous les fourrait sous le nez,  sans ménagement. Les fleurs grand ouvertes &#8211; grasses, pompons ou  bouquets serrés, chrysanthèmes du Japon, de Corée ou de Chine,  sélectionnées, croisées, hybridées, gonflées d&#8217;engrais. Rigides et sans  parfum. Elles tiendraient trois semaines encore, si on les arrosait,  s&#8217;il pleuvait. Mais là il faisait sec et doux &#8211; la nuit un peu de  tramontane, le ciel au bleu fixe. La fin annoncée des chrysanthèmes,  leurs jours comptés chichement.</p>
<p style="text-align: justify;">En général, fin novembre, ma tante Clémence faisait la tournée des  cimetières pour récupérer les plants desséchés, plus personne ne  viendrait jusqu&#8217;en octobre prochain. Pourquoi sacrifier des fleurs  vivantes, c&#8217;est ce qu&#8217;elle disait. Dieu sait pourquoi, elle avait pris  les chrysanthèmes en pitié. Elle disait : personne ne les aime. Les gens  les achètent, ils les trouvent moches, et d&#8217;ailleurs ils ont raison.  Ces pauvres chrysanthèmes, ils me font penser à ces bonnes femmes  fardées, embijoutées, épilées, manucurées, fesses et hanches rabotées,  lèvres et seins siliconés. Elles me font de la peine, et les  chrysanthèmes c&#8217;est pareil. Donc fin novembre, elle faisait sa tournée.  C&#8217;était assez drôle &#8211; fin octobre ma mère faisait la tournée des  cimetières pour déposer ses pots en râlant parce qu&#8217;elle était la seule à  s&#8217;occuper des morts de la famille, et fin novembre c&#8217;était ma tante qui  faisait la sienne. Ma mère râlait de plus belle, disait que sa sœur  était complètement piquée. La tante Clémence lui répondait que nos morts  étaient de vieux morts bien tranquilles et que pas un ne lui avait  reproché quoique ce soit. Alors, moi, disait Clémence, ces pauvres  chrysanthèmes je les récupère, je les soigne. Je leur donne un vrai  jardin. Je leur donne une chance de redevenir de vraies fleurs. Oui,  bien sûr, il y en a qui ne survivent pas. Je les mets au compost et ils  aident les autres à se faire une bonne petite vie dans mes  plates-bandes.</p>
<p style="text-align: justify;">Serge conduisait en écoutant son émission, et moi je continuais à  regarder tous ces chrysanthèmes, de Montpellier à Saint-Guilhem. Je  pensais à Clémence. Elle nous avait quitté il y avait de ça un mois, ma  tante Clémence. Un cancer à l&#8217;estomac, un truc fulgurant. Avec Serge, on  passait devant cette marée de fleurs au soleil, déjà les feuilles  mollissaient, et je pensais que cette année Clémence ne serait pas là  pour essayer de les sauver. Les rendre à leur condition de fleurs  d&#8217;automne. Serge, les chrysanthèmes, il ne s&#8217;en était jamais occupé. Il  ne les voyait pas. Il ne les voyait pas plus que les rangées de  bouteilles de gaz ou les sacs de patates, ça ne le concernait pas. Des  morts, il en avait pourtant, des vieux et des moins vieux, mais lui, il  faisait partie de ces gens qui résistaient à la-société-de-consommation,  et aussi à la tournée des cimetières, sans parler des sapins de Noël,  des roses de la saint Valentin &#8211; il résistait, imperméable aux  sollicitations les plus appuyées. Moi, je n&#8217;avais pas envie de m&#8217;exposer  à une énième tirade sur les traditions et les rites commerciaux, et  surtout pour être honnête, je n&#8217;y tenais pas plus que ça, à ces passages  obligés dans l&#8217;année. Je crois bien que ça me maintenait dans une sorte  d&#8217;adolescence prolongée de ne pas me soucier d&#8217;aller fleurir les  tombes, lancer les invitations à Noël et à Pâques et tout le  tremblement. Ma mère s&#8217;en chargeait, c&#8217;était son rôle, moi je n&#8217;étais  que la fille, je pouvais me désintéresser de ces choses. Elle achèterait  les chrysanthèmes pour les arrière-grands-parents, les grands-parents,  les beaux-frères et les belles-sœurs, les oncles et les tantes. Mais pas  pour sa sœur. Clémence ? Après tout ce qu&#8217;elle m&#8217;a fait ? Des  chrysanthèmes pour elle, ça non alors, qu&#8217;elle n&#8217;y compte pas là où elle  est. Dans la voiture qui filait vers Saint-Guilhem où Serge et moi  avions décidé d&#8217;aller nous reposer une semaine, je pensais à ça &#8211; Serge  n&#8217;a aucun chrysanthème sur la conscience, mais cette année, moi si. J&#8217;y  pensais tellement que j&#8217;ai oublié de lui signaler un embranchement,  résultat on s&#8217;est perdus. Quand nous sommes arrivés au gîte que j&#8217;avais  retenu, il faisait nuit noire. Je suis entrée, la porte grinçait, un  chien a poussé un aboiement, un cheval a renâclé dans le lointain, Serge  me suivait avec la valise. Le propriétaire était au téléphone et mon  portable s&#8217;est mis à sonner, une vraie fanfare. Le bonhomme a levé les  yeux : c&#8217;est vous Madame Rey ? J&#8217;allais vous laisser un message.</p>
<p style="text-align: justify;">Il nous a conduit à notre chambre en passant par l&#8217;extérieur, une  lampe électrique à la main. Vous en avez une, de lampe électrique, il a  demandé. Oui. J&#8217;avais même emporté une bouillotte et j&#8217;avais bien fait  parce qu&#8217;il n&#8217;y avait pas de chauffage dans les chambres, juste une pile  de couvertures. Je sers le dîner dans un quart d&#8217;heure en haut, il y a  une autre famille avec vous. Vous êtes les derniers de la saison. Après  vous, je ferme. A sa voix, j&#8217;ai senti qu&#8217;il était satisfait d&#8217;en avoir  terminé avec l&#8217;été et ce début d&#8217;automne, le coup de feu pour lui. Serge  a dit : c&#8217;est bien cet endroit. J&#8217;en étais contente, ce n&#8217;est pas  toujours facile de trouver un endroit qui lui plaise. J&#8217;avais envie de  visiter Saint-Guilhem-du-Désert depuis longtemps, mais c&#8217;était un peu  trop touristique pour Serge. Il avait raison, d&#8217;ailleurs. Tout était un  peu trop coquet, les points de vue balisés, les sites &#8211; le patrimoine,  n&#8217;est-ce-pas &#8211; aménagés au cordeau ici. Mais c&#8217;était beau, il fallait  l&#8217;avouer. Venir à cette période, c&#8217;était un bon compromis pour profiter  du lieu sans avoir l&#8217;impression de faire partie du troupeau mené à la  baguette par les guides du Routard, Michelin et compagnie. Au dîner,  c&#8217;est le propriétaire qui nous a servi. Entre les plats, il  disparaissait à la cuisine, il y avait des bruits de casseroles et de  voix, il n&#8217;était pas seul. Le repas était quelconque, le vin plaisant.  On a mangé devant le feu, la famille dont il nous avait parlé installée à  une autre table. Avec Serge, on écoutait d&#8217;une oreille le mari qui  pérorait devant sa femme, patiente et silencieuse. Elle donnait à manger  à leur bébé, cuillère après cuillère, et son bonhomme parlait sans  s&#8217;arrêter. Il avait des opinions et des informations sur tout. Et comme  toutes les personnes de cette espèce, il avait le verbe haut, on ne  pouvait pas faire autrement qu&#8217;entendre ce qu&#8217;il disait. Au dessert, il a  demandé au propriétaire du gîte si les pompiers avaient retrouvé  l&#8217;homme qui s&#8217;était jeté du Pont du Diable la veille. C&#8217;était lui en  personne, randonneur émérite toujours prêt à aider son prochain, qui  avait donné l&#8217;alarme. Je voyais bien, du coin de l&#8217;œil, que le  propriétaire du gîte avait d&#8217;autres casseroles sur le feu, mais il était  coincé, pris à témoin. De A jusqu&#8217;à Z, le péroreur a raconté l&#8217;histoire  à sa femme qui n&#8217;en ignorait rien, puisque qu&#8217;elle était avec lui à ce  moment-là et avait, aussi bien que lui, assisté à la scène. J&#8217;imaginais  que le propriétaire du gîte devait également savoir de quoi il  retournait dans tous les détails, c&#8217;était donc pour notre seul bénéfice  que l&#8217;homme débitait l&#8217;histoire. Il espérait sans doute qu&#8217;on allait  interrompre la dégustation de nos pommes au four pour lui poser des  questions, mais il en a été pour ses frais. Serge et moi on se  regardait, on dégustait nos pommes, on écoutait, c&#8217;est vrai, impossible  de faire autrement, mais on essayait de maintenir un filet d&#8217;intimité &#8211;  plutôt difficile dans ces conditions. Le propriétaire du gîte a pu enfin  en placer une, il a dit que les plongeurs avaient travaillé toute la  journée mais n&#8217;avaient pas trouvé le corps. Demain, ils remettraient ça.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant d&#8217;aller nous coucher, j&#8217;ai demandé qu&#8217;on remplisse ma  bouillotte. J&#8217;avais un peu peur d&#8217;être ridicule, mais non, le gars du  gîte, il n&#8217;a même pas levé un sourcil. Il a fait ça très bien. Vous  comptez faire une randonnée demain, il a demandé. Oui. Serge et moi on  s&#8217;était concocté une boucle qui passait justement par le fameux Pont du  diable et surtout la passerelle des Anges. Il faut dire que Serge est  architecte, et visiter Saint-Guilhem, c&#8217;était pour lui l&#8217;occasion de  voir cette passerelle en béton comme-ci et comme-ça, une matière  révolutionnaire &#8211; ça lui faisait plaisir, et moi j&#8217;étais heureuse de  marcher au grand air, d&#8217;avoir l&#8217;occasion de sortir mon matériel à  aquarelle, de me changer les idées. La mort de ma tante Clémence, ça  m&#8217;avait secouée. Cette nuit-là, je n&#8217;ai pas fermé l&#8217;œil. Enfin si, mais  quand je me suis endormie, c&#8217;était pour rêver que je ne dormais pas, je  m&#8217;en suis aperçue lorsque Serge m&#8217;a réveillée. On devait partir assez  tôt, la boucle prévue était longue et nous voulions prendre tout notre  temps. J&#8217;ai préparé mon carnet, ma boîte de couleurs, mon appareil photo  pendant que Serge récupérait le pique-nique commandé la veille. Le  péroreur, sa femme et le bébé devaient dormir encore, nous ne les avons  pas vus, juste leur voiture immatriculée dans le 92. On a marché toute  la matinée en direction d&#8217;une crête. De là haut, on voyait l&#8217;Hérault,  veine verte dans la roche à vif, et le site du Pont du Diable &#8211; l&#8217;énorme  parking aménagé, vide en cette saison, le pont lui-même, et une plage  quasiment déserte hormis deux taches rouges et des pointillés noirs. Ce  devait être les pompiers, ils n&#8217;avaient toujours pas dû retrouver le  noyé. On a mangé nos sandwiches au soleil. Il faisait tellement chaud  que j&#8217;ai retiré ma veste et mon pull, je les ai fourrés dans mon sac.  Dans la descente, Serge qui avait oublié ses bâtons de marche s&#8217;est un  peu plaint du genou mais il a tout oublié lorsqu&#8217;il a mis le pied sur la  passerelle des Anges. Et vrai, même moi j&#8217;étais impressionnée. Je l&#8217;ai  abandonné à son bonheur et j&#8217;ai continué jusqu&#8217;au vieux pont. J&#8217;étais  seule avec un jeune qui s&#8217;amusait à lancer des cailloux dans l&#8217;eau. A un  moment il a réussi à toucher un rocher rond qui dépassait de la  surface, au milieu, ça a fait comme une minuscule explosion, son  projectile a volé en éclats, un peu de poudre blanche a flotté une  seconde. Il a souri juste au moment où je prenais son geste en photo. On  a taillé la bavette un moment, et puis j&#8217;ai sorti mon carnet, fait  quelques esquisses, il les commentait. Il n&#8217;avait pas l&#8217;air d&#8217;être  pressé, ou bien d&#8217;aller quelque part en particulier. Il était là, c&#8217;est  tout. De l&#8217;autre côté l&#8217;eau était plus profonde, un vert opaque, sans  ride. Je faisais face à la plagette. Les deux camions de pompiers  étaient toujours là, et le petit groupe de gens devant. Il y avait une  grosse femme sur un pliant en toile, les autres assis autour. Ils ne  parlaient pas. Je me suis sentie gênée de les regarder alors j&#8217;ai  détourné les yeux vers l&#8217;eau au-dessous de moi, la lumière en  étincelles, ça me semblait impossible, à cette seconde, qu&#8217;on puisse  avoir envie de mourir en se jetant de ce pont. Le jeune homme s&#8217;était à  nouveau approché de moi. Accoudé au rebord, il m&#8217;a soudain montré un  flot de bulles qui a éclaté entre deux eaux et crevé la surface. Là,  c&#8217;est les plongeurs. Vous savez, il m&#8217;a dit, quelqu&#8217;un s&#8217;est jeté du  pont avant-hier. Oui, je le savais. J&#8217;ai regardé la famille sur la  plage, ça ne pouvait être qu&#8217;eux. Ils devaient attendre qu&#8217;on leur  ramène le corps. Ils auraient un pot de chrysanthèmes en plus à acheter  cette année, j&#8217;ai pensé. Ça m&#8217;a fait mal au cœur. Le jeune et moi, on a  regardé le panache de bulles s&#8217;étirer vers la plage, on aurait dit un  dragon, écailles de feu sur l&#8217;eau, c&#8217;était beau à voir. Quelques minutes  après, trois hommes grenouilles ont émergé, on voyait juste leur tête.  J&#8217;ai regardé ailleurs en hâte &#8211; il faut que j&#8217;y aille, j&#8217;ai dit. Mon  mari doit m&#8217;attendre sur la passerelle. Le jeune m&#8217;a saluée d&#8217;un signe  et d&#8217;un sourire. Il a continué à regarder, je pense.</p>
<p style="text-align: justify;">Les lauriers qui  poussaient en contrebas me dissimulaient la plage et ses occupants, on  entendait de loin en loin une voiture ou un camion passer sur la route  au-dessus, et au détour du chemin, j&#8217;ai vu Serge, à genoux sur la  passerelle qui prenait des photos en macro &#8211; c&#8217;est ce qu&#8217;il préfère, il  dit qu&#8217;il découvre d&#8217;autres mondes de cette manière, et je le crois. De  la plage, il est venu un petit cri bref, comme un jappement de chiot. Un  cri grêle et c&#8217;est tout. J&#8217;ai dit à Serge, viens, c&#8217;est l&#8217;heure de  retourner, on va être pris par le noir, sinon. Cette nuit-là, j&#8217;ai  encore mal dormi, la nuit d&#8217;après aussi. Le jour, avec Serge, on  marchait au soleil, on a bronzé même, on prenait des photos, je faisais  de l&#8217;aquarelle, on lisait. On n&#8217;est plus retourné vers l&#8217;Hérault, on a  randonné dans une autre vallée, la Buège. Le soir on mangeait tranquille  devant le feu &#8211; le péroreur et sa petite famille étaient partis sous  d&#8217;autres cieux. Nous, les derniers clients, on bavardait un peu avec le  propriétaire du gîte et sa femme. La nuit, je ne dormais pas. Je pensais  à ma tante Clémence, au suicidé du pont, à sa famille sur la plagette.  Personne n&#8217;en avait reparlé. Serge et moi on n&#8217;a pas su si le corps  avait été retrouvé. Si le petit cri gauche, étranglé, c&#8217;était parce  qu&#8217;on l&#8217;avait ramené ou le contraire, parce qu&#8217;on ne l&#8217;avait pas trouvé.  Je voyais ce corps fiché dans l&#8217;eau verte dès que je fermais les yeux. A  la fin de la semaine, la Toussaint était passée depuis cinq jours déjà,  on est repartis. J&#8217;étais crevée. En approchant du site du Pont du  Diable, sur le bord de la route, j&#8217;ai distingué un monticule de couleurs  criardes : du rose, du jaune, du rouge. On est passés, j&#8217;ai dit :  ralentis. C&#8217;était des chrysanthèmes, ils se fanaient &#8211; le feuillage,  glauque, pendait lamentablement. J&#8217;ai dit : Serge, s&#8217;il-te-plaît,  arrête-toi. Je suis descendue de voiture, et dans le coffre, j&#8217;ai  coincé, du mieux que j&#8217;ai pu, tous les pots de chrysanthèmes.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://brigitteallegre2.canalblog.com/ " target="_blank">Brigitte Allègre</a></strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Ouverture du choeur rebelle (Opéra lucide) par Rebelle Cohen, par François Fontaine</title>
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		<pubDate>Mon, 09 May 2011 11:00:39 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Ouverture du choeur rebelle (Opéra lucide) par Rebelle Cohen, Raccrocher ses sentiments sur la pôle d’un espoir vain. Tes mots assassins, ressentis, non-prémédités Achèvent l’animal atteint de rage Tu ne disparais pas de ma vie, L’amitié naît de l&#8217;amour en folie. Ça marchera sûrement pas avec Miss Terre, Je n’ai pas besoin d’un amour de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><strong>Ouverture du choeur rebelle (Opéra lucide) par Rebelle Cohen,</strong></p>
<p style="text-align: center;">Raccrocher ses sentiments<br />
sur la pôle d’un espoir vain.<br />
Tes mots assassins,<br />
ressentis, non-prémédités<br />
Achèvent l’animal atteint de rage</p>
<p style="text-align: center;">Tu ne disparais pas de ma vie,<br />
L’amitié naît de l&#8217;amour en folie.</p>
<p style="text-align: center;">Ça marchera sûrement pas avec Miss Terre,<br />
Je n’ai pas besoin d’un amour de rechange<br />
Lui too je l’accroche à la paterre</p>
<p style="text-align: center;">J’ai vraiment des problèmes émotionnels<br />
Mais je n’ai pas peur d’être seul<br />
Je le suis depuis 8 ans genre</p>
<p style="text-align: center;">Alors que tu revenais<br />
et que j&#8217;espérais encore<br />
Je flirtais ailleurs<br />
Séducteur à 10 cennes<br />
Pseudo Docteur StrangeLove<br />
Dans les mains une bombe<br />
qui fait des siennes</p>
<p style="text-align: center;">L&#8217;amour qui devient<br />
un suspense sans intrigue<br />
une comédie médiocre<br />
Un divertissement facile</p>
<p style="text-align: center;">T’aurais pu dire ça avant<br />
Comment peut-on dire<br />
ce que la pudeur<br />
se rebelle à sortir ?</p>
<p style="text-align: center;">J&#8217;établis le diagnostique<br />
Moi Dr. Psycho Frank</p>
<p style="text-align: center;">T’é aux 1ères loges tu entends<br />
L’ouverture du chœur rebelle<br />
Qui prend conscience<br />
De tous ses non-sens</p>
<p style="text-align: center;">A capella un refrain  errant<br />
Dans le labyrinthique esprit<br />
Je ne briserai plus de cœurs<br />
Ne les perdrai pus dans le néant</p>
<p style="text-align: center;">Je vais la vivre intense<br />
la Passion pour l&#8217;existence<br />
sans ce si petit amour d&#8217;la mer<br />
qui enchaîne plutôt que libère</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par François Fontaine</strong></p>
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		<title>Ishiguro – Les vestiges du jour</title>
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		<pubDate>Mon, 10 May 2010 11:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>non-inscrit</dc:creator>
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		<description><![CDATA[S'il est un écrivain que j'aimerais vous donner envie de découvrir, c'est bien Kazuo Ishiguro. Qu'on ne s'y trompe pas, ce Japonais de naissance est en fait un auteur anglais - né en 1954, arrivé en Grande-Bretagne à l'âge de cinq ans.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img style="float: left; margin: 5px; border: 1px solid black;" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/05/9782264016195FS.jpg" alt="" width="200" height="331" />S&#8217;il est un écrivain que j&#8217;aimerais vous donner envie de découvrir,  c&#8217;est bien Kazuo Ishiguro. Qu&#8217;on ne s&#8217;y trompe pas, ce Japonais de  naissance est en fait un auteur anglais &#8211; né en 1954, arrivé en  Grande-Bretagne à l&#8217;âge de cinq ans.</p>
<p style="text-align: justify;">Je viens de terminer <span style="text-decoration: underline;">Les vestiges du jour</span><em> </em>et je suis encore tout  émerveillée par la prouesse littéraire que présente ce roman : c&#8217;est  l&#8217;histoire d&#8217;un majordome d&#8217;une grande maison anglaise dans les années  1930 à 1956. Il part seul pour quelques jours au volant d&#8217;une belle  voiture (celle de son maître) et s&#8217;interroge sur sa carrière et sur sa  vie. A-t-il été un majordome parfait ? A-t-il réussi en toutes  circonstances à se comporter dignement ? N&#8217;est-il pas finalement passé à  côté de quelque chose de plus important, qu&#8217;il n&#8217;a même pas entrevu ?  Pour nous, lecteur, il semble bien que oui. Une femme l&#8217;aimait et a  plusieurs fois essayé de le lui dire, mais il n&#8217;était pas en mesure de  l&#8217;entendre et elle est partie, s&#8217;est mariée avec un autre. De longues  années après, ils se revoient brièvement et elle lui avoue cet amour.  Comme toujours, il reste digne, bien que cet aveu lui brise le coeur&#8230;  Je n&#8217;en révélerai pas davantage.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai parlé plus haut de prouesse : le récit s&#8217;adresse à un  interlocuteur dont on ne sait pas qui il est &#8211; peut-être est-ce le  lecteur lui-même ; par ailleurs, l&#8217;auteur réussit à nous passionner avec  un propos qui, à première vue, peut sembler désuet et ne pas nous  concerner. Mais il s&#8217;agit avant tout d&#8217;une exploration de l&#8217;âme humaine,  un sujet toujours actuel&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Tous les livres d&#8217;Ishiguro sont magnifiques : <span style="text-decoration: underline;">Auprès de moi  toujours</span>, <span style="text-decoration: underline;">Quand nous étions orphelins</span>, <span style="text-decoration: underline;">L&#8217;inconsolé</span>, <span style="text-decoration: underline;"><em>Lumière pâle  sur les collines</em></span> et <span style="text-decoration: underline;">Un artiste du monde flottant</span> : autant de facettes  d&#8217;un auteur à découvrir d&#8217;urgence, au rayon des écrivains de langue  anglaise&#8230;</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://phrasibuleuse.canalblog.com/" target="_blank">Danalyia</a></strong></p>
<div style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></div>
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		<title>Rahimi &#8211; Les mille maisons du rêve et de la terreur</title>
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		<pubDate>Sat, 30 Jan 2010 11:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gouttesdo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Découvert par le grand public grâce à l’attribution du Goncourt 2008 pour Syngué Sabour, son premier roman écrit directement en français, Atiq Rahimi se révèle puissant poète. La France a accueilli Atiq Rahimi en 1984. Elle a reçu ainsi un des plus grands écrivains de notre temps, qu’il écrive en persan d’Afghanistan ou en  langue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img style="border: 1px solid black;" src="http://www.lescinqcontinents.com/documentslibrairie/lireetdecouvrir/2008/atiq_rahimi.jpg" alt="" width="401" height="287" /></p>
<p style="text-align: justify;">Découvert par le grand public grâce à l’attribution du Goncourt 2008 pour <span style="text-decoration: underline;">Syngué Sabour</span>,  son premier roman écrit directement en français, Atiq Rahimi se révèle  puissant poète. La France a accueilli Atiq Rahimi en 1984. Elle a reçu ainsi un des plus  grands écrivains de notre temps, qu’il écrive en persan d’Afghanistan  ou en  langue française. Belle leçon à méditer… Par le raffinement des images créées, le rythme particulier des phrases, l’écrivain descend au fond de l’âme et dépeint le cheminement mental de ses personnages. Les événements tragiques des guerres en Afghanistan, son pays d’origine, constituent le creuset par lequel se révèle la nature des caractères et la recherche du sens de leur existence.</p>
<p style="text-align: justify;">La trame des <span style="text-decoration: underline;">Mille maisons du rêve et de la terreur</span> expose un  moment délicat de confusion intérieure, où la conscience du personnage principal se heurte à une réalité qu’il voudrait refuser. Cette fois cependant, ce sont les faits, la prégnance de la réalité, qui bousculent le personnage et l’obligent à affronter les conséquences des événements.  Le ton du récit s’adapte ainsi à un angle de vue différencié : le narrateur, Farhad, est le personnage central d’une histoire qu’il subit, et nous suivons avec lui le cheminement de sa prise de conscience.</p>
<p style="text-align: justify;">Le récit commence au moment où le narrateur sort lentement et confusément d’un coma du au traumatisme des coups reçus lors d’un contrôle d’identité. Nous sommes alors dans le  Kaboul de l’ère de l’occupation soviétique (les années 80). Progressivement, nous comprenons que le jeune étudiant a « oublié » l’heure du couvre-feu et s’est mis ainsi en danger… À travers les bribes de ses fantasmes comateux, nous percevons la part de l’enfant qui subsiste en lui, le contexte familial qui fonde son identité : un grand père omniscient, transmetteur d’éducation morale et religieuse, mais humaniste avant tout. Ce rêve latent donne progressivement corps à l’émergence d’une situation nouvelle qu’il appréhende à travers le brouillard de ses pertes de conscience physiques.<span style="color: #993300;"><em> </em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>« Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ? Peut-être les deux. Il fait nuit et je dors. Mais pourtant je pense, comment se fait-il ?<br />
Non. Je suis réveillée, seulement mes yeux sont encore fermés. J’étais en train de dormir et dans mon rêve, un enfant a crié « Père ! »<br />
Quel enfant ? comment le savoir ? Il n’y avait que sa voix. Peut-être était-ce moi enfant, cherchant mon père.<br />
- Père !<br />
Encore cette même voix ! Cette fois-ci je ne rêve pas. Il me semble l’entendre juste au-dessus de moi. Il faut que j’ouvre les yeux.</em><br />
<em>- Qui es-tu ?<br />
Ma question se brise dans ma poitrine. Une douleur vive transperce mes tempes. Le voile noir devant mes yeux se fait plus épais ; le silence dans mon esprit plus pesant.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Peu à peu le narrateur prisonnier de son cauchemar déroule les repères de son identité, il tente de raccorder les bribes de cette réalité incompréhensible à ses propres souvenirs, afin de retrouver une  cohérence à cette expérience inconnue :</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>«  Non, je ne dors pas. Je suis en proie aux forces de l’Invisible. Les djinns sont venus se poser sur ma poitrine. Grand-père disait que, selon Dâmollah Saïd Mostafa – dont l’autorité valait au moins dix mollahs, quand il n’y a pas de Coran dans une pièce, les djinns y font leur nid, et la nuit, pendant que tu dors et que ton âme est partie se promener, ils viennent assaillir ton corps. Ils s’installent sur ta poitrine, t’attachent les bras, te bâillonnent et te bandent les yeux. (…)<br />
- Frère !<br />
Non. Ce n’est pas ma mère, c’est ma sœur Parvana.</em><em> Parvana, ma douce  tu m’as appelé ? Parvana, ma petite sœur, chasse les djinns de ma poitrine ! Entends-tu ma voix?<br />
Non, elle n’entend pas. Les djinns retiennent ma voix dans ma poitrine.<br />
(…)</em><em> Mes tempes explosent de douleur.<br />
Je commence à distinguer un certain nombre de choses, mais je suis incapable de bouger. Mes os sont brisés, mes veines rompues, mon cerveau éclaté, mes muscles déchirés… Non, je ne suis ni dans un cauchemar ni sous l’emprise des djinns, je suis tout simplement mort.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ces extraits du texte courent de la page 15 à la page 37 de l’édition P.O.L  et me semblent assez représentatifs du cheminement erratique qui permet au blessé de remonter des abysses de l’inconscience à la lueur du monde réel. On y goûte la poésie expressive de l’auteur, on se frotte  aux pigments de la culture persane, on entre dans un mode de pensée particulier à l’écrivain et son personnage.</p>
<p style="text-align: justify;">Farhad parvient à s’extirper à l’obscurité angoissante de son rêve et découvre la femme qui l’a sauvé. L’esprit encore embrumé par les coups subis, il se laisse protéger par cette inconnue dont nous apprécions surtout la longue mèche qui cache son visage, mèche de cheveux emblématique d’une féminité maternante, protectrice, autoritaire, sécurisante avant de révéler une sensualité extrêmement retenue. L’art d’Atiq Rahimi  tient de ce miracle : par le simple geste d’une main qui repousse la mèche de cheveux derrière l’oreille de la jeune femme, l’écrivain décrit le processus complexe de la relation qui s’établit entre deux inconnus face au danger. À plusieurs reprises au cours de cette nuit cauchemardesque, Mahnaz sauve la situation, soulage les douleurs du jeune homme,   repousse les soldats qui perquisitionnent la maison,   prévient la mère de Farhad … Quand le fugitif découvre la tragédie personnelle de la jeune femme, il se sent troublé :</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">«  Pourquoi ai-je de telles pensées au sujet de Mahnaz ? pourquoi suis-je incapable d’admettre qu’une femme peut tout à fait secourir un inconnu sans aucune arrière-pensée ? (…)<br />
Pour Mahnaz et son mystère, j’ai livré toute une nuit ma mère à son angoisse dans les quatre murs de notre maison ; j’ai condamné le regard de Parvana à une interminable attente derrière la fenêtre de sa chambre ; j’ai découragé les mains de Farid posées sur la poignée de la porte.<br />
(&#8230;)<br />
Le mystère de Mahnaz tient à cette mèche de cheveux qu’elle vient sans cesse cueillir sur son visage pour l’enrouler derrière son oreille.&nbsp;&raquo;</span><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;">Farhad comprend ainsi que cette nuit de tous les dangers constitue pour lui une sorte d’épreuve initiatique à l’issue de laquelle il devra définitivement quitter l’insouciance de son statut, et que Mahnaz représente en fait la porte de sortie du monde de l’enfance protégée:</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;">&laquo;&nbsp;<em>À aucun moment, je ne m’étais senti aussi proche d’une femme autre que ma mère et Parvana. À aucun moment,   je n’avais perçu de si près une vie de femme. Aucune femme ne s’était jamais frayé un chemin au cœur de mes pensées, au cœur de mon existence. L’espace d’une nuit, j’ai partagé avec une femme mille instants d’une vie, comme si une chose essentielle nous avait unis. Cette femme m’a offert son toit. Ma vie est entre ses mains, elle lui appartient.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce mode difficile, les sentiments s’expriment avec une sobriété qui nous surprend et impose une nouvelle  expressivité : voyez ce dernier extrait relatant le chagrin de la mère qui a organisé le départ du Pays pour son fils :</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">&laquo;&nbsp;Sous la charge du tchâdri, folle de chagrin, ma mère a traversé en pleurant les rues de la ville aveugle ; elle est arrivée à la maison. Elle a enroulé dans le tchâdri son chagrin fait larmes et a tendu le tout à la laveuse ; puis elle s’est discrètement éloignée vers la cuisine pour relaver la vaisselle propre. Après le départ de la laveuse, elle va aller chercher le linge sec sur la corde pour le relaver.&nbsp;&raquo;</span><br />
</em></p>
<p style="text-align: justify;">Renversement de la représentation:  la ville  s&#8217;aveugle du chagrin de cette femme recluse sous son tchâdri ! Qui a éprouvé un chagrin profond,    un deuil explosant son univers, comprendra cette forme de lutte intérieure  qui pousse à laver de nouveau ce qui l’est déjà… Ces images universelles de bouleversement transmettent  en quelques lignes la profondeur et l’intensité du malheur accepté.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></p>
<p><em> </em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>L’arret du coeur, par Isabelle Pin</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Nov 2009 18:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>non-inscrit</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une poésie, proposée par Isabelle, rythmée sur nos battements de cœur, qui se lit en un souffle. L&#8217;arrêt du cœur Trouble pour troubles Autant se jeter A Avancer Près du bord Le cœur battait Le cœur - Ainsi donc vous n’étiez pas morte Très chère ? Ainsi donc C’est curieux - Fort curieux Le cœur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #999999;"><em>Une poésie, proposée par Isabelle, rythmée sur nos battements de cœur, qui se lit en un souffle.</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong><span style="text-decoration: underline;">L&#8217;arrêt du cœur</span><br />
</strong></p>
<p style="text-align: center;">Trouble pour troubles<br />
Autant se jeter<br />
A<br />
Avancer<br />
Près du bord</p>
<p style="text-align: center;">Le cœur<br />
battait<br />
Le cœur<br />
- Ainsi donc vous n’étiez pas morte<br />
Très chère ?<br />
Ainsi donc<br />
C’est curieux<br />
- Fort curieux<br />
Le cœur pourtant reposait<br />
En son habitacle<br />
De verre<br />
Comme d’ordinaire</p>
<p style="text-align: center;">Le légiste<br />
Avait signalé<br />
L&#8217;arrêt<br />
hier</p>
<p style="text-align: center;">Mais il<br />
Battait encore<br />
Un coup<br />
Sur deux<br />
Un coup<br />
Sur trois<br />
Un coup<br />
Sur deux</p>
<p style="text-align: center;">Oui<br />
Le cœur battait<br />
En son habitacle de verre<br />
Comme d’ordinaire.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://www.myspace.com/alisarinecrimson" target="_blank">Isabelle Pin</a></strong></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Avis et critiques sont les bienvenus.</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Cohen – Belle du Seigneur</title>
		<link>http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/belle-du-seigneur-albert-cohen/</link>
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		<pubDate>Sat, 09 May 2009 17:53:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hazel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Belle du Seigneur est le plus fou des romans d’amour, car il nous retrace l’histoire déchirante, pathétique, fervente, impossible et burlesque d’un amour passionné entre Ariane d’Auble, fille issue de la vieille noblesse de Genève qui s’ennuie profondément avec son époux, et Solal des Solal, fils de juif, riche, beau, extravagant, malicieux et adorateur de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="border: 1px solid black; margin: 5px; float: right;" src="http://le-hangar.cowblog.fr/images/bds.jpg" alt="" width="213" height="300" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Belle du Seigneur</span><strong> </strong>est le plus fou des romans d’amour, car il nous retrace l’histoire déchirante, pathétique, fervente, impossible et burlesque d’un amour passionné entre Ariane d’Auble, fille issue de la vieille noblesse de Genève qui s’ennuie profondément avec son époux, et Solal des Solal, fils de juif, riche, beau, extravagant, malicieux et adorateur de femmes. C’est en plus de mille pages qu’Albert Cohen nous présente ce personnage aliéné par l’amour et le pouvoir, se déchirer entre deux amours, celui pour son peuple et celui pour la belle Ariane.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce livre est le troisième tome d’une tétralogie, bien qu’il puisse être lu à part. Le premier est <span style="text-decoration: underline;">Solal</span> (1930) qui raconte l’enfance et la jeunesse de Solal, il est suivi de <span style="text-decoration: underline;">Mangeclous</span> (1938) qui décrit les périples de la folle famille juive de Solal, et le quatrième est <span style="text-decoration: underline;">Les Valeureux</span>, un autre tome sur la famille Solal et devant être, à la l&#8217;origine, publié dans <strong>Belle du Seigneur</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Belle du Seigneur</span>, paru en 1968, nous conte la déchéance d’un couple transi par la beauté que se doivent de préserver les amants. Mais ce livre, qui a reçu le Grand Prix du roman de l’Académie et les louanges des plus grands auteurs, n’est pas seulement l’histoire d’un amour entre deux êtres, c’est aussi l’histoire d’amour entre un écrivain et la langue française, celle aussi et enfin, de tout un peuple, le peuple Juif.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà un petit extrait pour vous mettre l&#8217;eau à la bouche :<br />
<em><span style="color: #993300;">- Elle m’aime, je l’aime, vous l’aimez, tout le monde s’aime. Que de sucre ! Et quand vous serez mariée, Jacques vous sourira même en se rasant. Et moi je ne veux pas qu’on m’aime. Mon cœur ton cœur son cœur. Ma gondole ton luth son écharpe nos sentiments vos vapeurs leurs passions. Je te chéris tu m’affadis il me fait souffrir vous êtes odieux. Allez-vous-en à vos rêveries. Pas difficile, oui à vos rêveries, de comprendre votre genre de tempérament. Allez, allez, coccinelle ! J’en ai assez de vous voir. Vous rêvez d’une existence héroïque et révoltée et russe, et en réalité elle est ravie d’être la jeune fille du Maussane, et elle trouve que je suis impoli et d’où sors-je et cætera. Allez rêver. Vous si fière, offensez-vous donc au lieu de me regarder avec ces yeux d’hypnotisée. J’imagine que dans votre journal intime il doit y avoir des histoires de ce genre : « les pensées se pressent autour de moi comme le troupeau vers le berger versant le sel savoureux sur la pierre. » Je vous connais. Et je sais le reste. Ce qui ne peut se dire. Ce que vous faites la nuit. Rougissez donc !<br />
Il s’éloigna puis revint, plus mince et si ravisseur violent noir menaçant.<br />
- En réalité, c’est une déclaration d’amour. Va-t’en. Je t’aime. Et tu m’aimes aussi, par le Dieu vivant !</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Autres livres d&#8217;Albert Cohen sur le Hangar : <a href="http://www.le-hangar.com/livres/le-livre-de-ma-mere-albert-cohen"><span style="text-decoration: underline;">Le Livre de ma mère</span></a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></p>
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