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Samedi 3 octobre 2009 Par Hazel dans Littérature

Teulé – Le Magasin des Suicides

« Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! » Tel est le slogan du Magasin des Suicides (livre de Jean Teulé, publié en 2007) boutique que la famille Tuvache tient depuis dix génération, où sont vendus les plus divers outils de suicide, allant de la corde pour se pendre jusqu’à la panoplie de harakiri. Tout se déroule correctement dans cette famille, dans la monotonie et le dégout de vivre, jusqu’à ce qu’arrive Alan, le dernier des enfants de la famille.

L’idée d’un monde où le suicide fait partie du quotidien est certes un peu morbide, mais on rentre vite dans le subtil second degré de l’histoire. Le monde glauque de la famille Tuvache, « obligée » de vivre car elle aide les gens à se donner la mort, se moque de l’acte délibéré de mettre fin à sa propre vie, et surtout de le faire sans raisons particulières. La fin quant à elle, est un peu paradoxale, et illogique, mais je pense que chacun y trouvera son compte.

En somme un livre court et amusant avec une multitude de petites références intéressantes.

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Vendredi 11 septembre 2009 Par Hazel dans Art pictural

Alfons Mucha

D’origine tchèque, Alfons Mucha (1860 – 1939) est un artiste de la Belle Époque  qui est considéré comme le maître de l’Art nouveau. Refusé à l’age de dix-huit ans à l’Académie des Beaux-Arts de Prague, il est pris sous l’aile d’un compte qui le charge de décorer les murs d’un château et qui, impressionné par le talent évident de l’artiste, lui paye des études à l’Académie des Beaux-Art de Munich. C’est après avoir fini ses études en 1890, à 30 ans, que Mucha  s’installe à Paris et commence à travailler en tant qu’illustrateur et à graver son nom sur la grande muraille de l’histoire de l’Art.


Alfons Mucha – Affiche publicitaire pour le papier à cigarettes Job

La majorité de ses œuvres ce sont des affiches de théâtre (qu’il réalise pour Sarah Bernhardt, grande comédienne française, ce qui assure sa réputation) ou publicitaires (notamment pour le papier à cigarettes Job, mais aussi pour le champagne Moët, Nestlé…), mais il peint également des tableaux, dont une série connue intitulée L’épopée des Slaves, comportant 20 tableaux de 6m sur 8 représentant des scènes religieuses mystiques qu’il mit 18 ans à réaliser. Alfons Mucha, à travers ces tableaux, exprime son fort attachement à ses origines et met son talent au service de sa dévotion à la gloire des peuples slaves.

Alfons Mucha – L’apothéose des Slaves
(dernier tableau de la série L’Epopée des Slaves)

Il reçoit en 1900 la médaille d’argent pour le décor du pavillon de la Bosnie-Herzegovine pour l’Exposition Universelle. Il s’occupe aussi de l’illustration de livres, de la création de bijoux et de meubles et objets d’art ainsi que de billets de banque. Il est également engagé pour la cause religieuse, il crée notamment un vitrail (en 1931 pour une cathédrale de Prague) et illustre Notre Père.

Alfons Mucha, cet artiste au talent multiforme à marqué l’histoire de l’Art avec l’originalité, la diversité et l’engagement de ses œuvres.

Alfons Mucha – The Emerald

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Samedi 20 juin 2009 Par Hazel dans Littérature

Hesse – Le Loup des Steppes

Le loup des steppes à été pour la première fois publié en 1927. Interdit sous le régime nazi, ce roman est un véritable chef-d’œuvre du XXème siècle. Le personnage principal, Harry Haller, est un homme d’une cinquantaine d’années à double facettes. En effet, il se considère comme possesseur de deux âmes complètement contradictoires, celle de l’homme et celle du loup des steppes, qui se haïssent et s’entretuent sans cesse dans son corps. C’est cette personnalité qui l’a rendu infréquentable et incapable de vivre en société; alors il vit seul. C’est le jour où il rencontre un vieil ami qui l’invite a diner le soir même que Harry songe sérieusement au suicide. Mais voulant retarder le moment ou il rentre chez lui, il décide d’aller se réfugier dans un bar où il fait la connaissance d’une jeune femme, qui va le sauver de son désespoir… pour un temps.

A travers ce roman psychologique, très riche en réflexions sur la vision de la vie, nous découvrons aussi la personnalité de l’auteur. En effet, les noms semblables de Hermann Hesse et de Harry Haller, ainsi que l’age (Hesse avait environ 50 ans, tout comme Harry dans son roman) et des traits de caractère du personnage principal tels que les idées suicidaires, ou un état d’esprit dépressif sont autant de points communs entre l’auteur et son personnage. Hermann Hesse expose ici, dans son plus célèbre roman sa philosophie : son personnage maitrise la vie qu’il mène sans pour autant la vivre en tant que tel. C’est un roman riche d’enseignements qui nous montre à quel point la quête d’une harmonie entre l’esprit et le corps est importante pour l’intégralité d’un homme.

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Samedi 13 juin 2009 Par Hazel dans Littérature

Verlaine – Poèmes Saturniens

Le premier recueil du Prince des Poètes a été publié en 1866, lorsque celui-ci avait 22 ans. Il s’intitule Poème Saturniens en référence à Saturne, planète de la mélancolie, mélancolie qui se rencontre tout au long du recueil et voile ses poèmes de tristesse. Le recueil est séparé en six parties ayant chacune un nom à la manière des recueils de Charles Baudelaire; la majorité de son contenu a été écrite quand Paul Verlaine était au lycée, âgé de 16 ans. Les poèmes saturniens ont longtemps été critiqués à cause de la simplicité de certains poèmes (vu le jeune âge de Verlaine lorsqu’il les a écrit), ils s’inspirent beaucoup des Fleurs du Mal, beaucoup d’annotation dans le livre font référence a tel ou tel vers de Baudelaire.

Mais malgré le strict respect des règles de poésie que s’imposait alors le jeune Verlaine, et quelques naïves idées, le recueil se lit d’un trait, et nous laisse une douce sensation de légèreté dans la tête. Je vous laisse apprécier un extrait ci-dessous.

Soleils couchants

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s’oublie
Aux soleils couchants.
Et d’étranges rêves
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À des grands soleils
Couchants sur les grèves.

Un autre extrait ici.

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Samedi 9 mai 2009 Par Hazel dans Littérature

Cohen – Belle du Seigneur

Belle du Seigneur est le plus fou des romans d’amour, car il nous retrace l’histoire déchirante, pathétique, fervente, impossible et burlesque d’un amour passionné entre Ariane d’Auble, fille issue de la vieille noblesse de Genève qui s’ennuie profondément avec son époux, et Solal des Solal, fils de juif, riche, beau, extravagant, malicieux et adorateur de femmes. C’est en plus de mille pages qu’Albert Cohen nous présente ce personnage aliéné par l’amour et le pouvoir, se déchirer entre deux amours, celui pour son peuple et celui pour la belle Ariane.

Ce livre est le troisième tome d’une tétralogie, bien qu’il puisse être lu à part. Le premier est Solal (1930) qui raconte l’enfance et la jeunesse de Solal, le second est Mangeclous (1938) qui décrit les périples de la folle famille juive de Solal, et le quatrième est Les Valeureux, un autre tome sur la famille Solal et devant être, à la base, publié dans Belle du Seigneur.

Belle du Seigneur, paru en 1968, nous conte la déchéance d’un couple transi par la Beauté que se doivent de préserver les amants. Mais ce livre, qui a reçu le Grand Prix du roman de l’Académie et les louanges des plus grands auteurs, n’est pas seulement l’histoire d’un amour entre deux êtres, c’est aussi l’histoire d’amour entre un écrivain et la langue française, celle aussi et enfin, de tout un peuple, le peuple Juif.

Voilà un petit extrait pour vous mettre l’eau à la bouche :
- Elle m’aime, je l’aime, vous l’aimez, tout le monde s’aime. Que de sucre ! Et quand vous serez mariée, Jacques vous sourira même en se rasant. Et moi je ne veux pas qu’on m’aime. Mon cœur ton cœur son cœur. Ma gondole ton luth son écharpe nos sentiments vos vapeurs leurs passions. Je te chéris tu m’affadis il me fait souffrir vous êtes odieux. Allez-vous-en à vos rêveries. Pas difficile, oui à vos rêveries, de comprendre votre genre de tempérament. Allez, allez, coccinelle ! J’en ai assez de vous voir. Vous rêvez d’une existence héroïque et révoltée et russe, et en réalité elle est ravie d’être la jeune fille du Maussane, et elle trouve que je suis impoli et d’où sors-je et cætera. Allez rêver. Vous si fière, offensez-vous donc au lieu de me regarder avec ces yeux d’hypnotisée. J’imagine que dans votre journal intime il doit y avoir des histoires de ce genre : « les pensées se pressent autour de moi comme le troupeau vers le berger versant le sel savoureux sur la pierre. » Je vous connais. Et je sais le reste. Ce qui ne peut se dire. Ce que vous faites la nuit. Rougissez donc !
Il s’éloigna puis revint, plus mince et si ravisseur violent noir menaçant.
- En réalité, c’est une déclaration d’amour. Va-t’en. Je t’aime. Et tu m’aimes aussi, par le Dieu vivant !

Du même auteur : Le Livre de ma mère

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