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	<title>Le Hangar - Espace artistique &#187; des</title>
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		<title>Chrysanthèmes, par Brigitte Allègre</title>
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		<pubDate>Sun, 15 May 2011 11:00:56 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><span style="color: #999999;"><em>Je crois que c&#8217;est la plus longue nouvelle qu&#8217;on a publié jusque là. Mais la délicatesse des mots, l&#8217;habileté des phrases qui y règne sont des éléments qui vous invitent à la lire jusqu&#8217;au bout sans s&#8217;arrêter. C&#8217;est une très belle plume qui nous fait part d&#8217;un bout de vie dans le Sud de la France&#8230; A vous de savourer ce récit !</em></span></p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><strong>Chrysanthèmes</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Montpellier, Gignac, Saint-Guilhem. Avant de fleurir les tombes, les  chrysanthèmes fleurissaient les parkings des centres commerciaux, les  trottoirs devant les fleuristes, les supérettes, les abords des  pépinières. La voiture était enfin sortie de la zone commerciale qui  ceinture la ville, avait traversé une enfilade d&#8217;agglomérations &#8211;  banlieues, bourgs, hameaux, villages, et partout un océan de pots se  répandait. Je l&#8217;ai fait remarquer à Serge, il a hoché la tête. Il  écoutait la radio, une émission sur les chamanes de Sibérie, les  hommes-médecine indiens, les guérisseurs africains. Il s&#8217;énervait tout  seul des prophéties de l&#8217;anthropologue venue commenter son bouquin à  l&#8217;antenne &#8211; les neuf milliards d&#8217;humains, la pénurie de bouffe, la  nature démantelée. Il trouvait qu&#8217;elle mélangeait tout, qu&#8217;elle alignait  les clichés. Moi, ça ne m&#8217;intéressait pas. Je pensais à autre chose. Je  regardais par la fenêtre. Les chrysanthèmes du commerce conduits à  marche forcée pour fleurir pile quelques jours avant la Toussaint. Déjà  en promotion, la Toussaint était proche. Deux pots pour le prix d&#8217;un ou  le pot de Tokyo blanc dont personne ne voulait à moins 50%, tout le  monde devait repartir avec ses chrysanthèmes sous le bras. Devrait. Tout  était fait pour. Les chrysanthèmes, on nous les fourrait sous le nez,  sans ménagement. Les fleurs grand ouvertes &#8211; grasses, pompons ou  bouquets serrés, chrysanthèmes du Japon, de Corée ou de Chine,  sélectionnées, croisées, hybridées, gonflées d&#8217;engrais. Rigides et sans  parfum. Elles tiendraient trois semaines encore, si on les arrosait,  s&#8217;il pleuvait. Mais là il faisait sec et doux &#8211; la nuit un peu de  tramontane, le ciel au bleu fixe. La fin annoncée des chrysanthèmes,  leurs jours comptés chichement.</p>
<p style="text-align: justify;">En général, fin novembre, ma tante Clémence faisait la tournée des  cimetières pour récupérer les plants desséchés, plus personne ne  viendrait jusqu&#8217;en octobre prochain. Pourquoi sacrifier des fleurs  vivantes, c&#8217;est ce qu&#8217;elle disait. Dieu sait pourquoi, elle avait pris  les chrysanthèmes en pitié. Elle disait : personne ne les aime. Les gens  les achètent, ils les trouvent moches, et d&#8217;ailleurs ils ont raison.  Ces pauvres chrysanthèmes, ils me font penser à ces bonnes femmes  fardées, embijoutées, épilées, manucurées, fesses et hanches rabotées,  lèvres et seins siliconés. Elles me font de la peine, et les  chrysanthèmes c&#8217;est pareil. Donc fin novembre, elle faisait sa tournée.  C&#8217;était assez drôle &#8211; fin octobre ma mère faisait la tournée des  cimetières pour déposer ses pots en râlant parce qu&#8217;elle était la seule à  s&#8217;occuper des morts de la famille, et fin novembre c&#8217;était ma tante qui  faisait la sienne. Ma mère râlait de plus belle, disait que sa sœur  était complètement piquée. La tante Clémence lui répondait que nos morts  étaient de vieux morts bien tranquilles et que pas un ne lui avait  reproché quoique ce soit. Alors, moi, disait Clémence, ces pauvres  chrysanthèmes je les récupère, je les soigne. Je leur donne un vrai  jardin. Je leur donne une chance de redevenir de vraies fleurs. Oui,  bien sûr, il y en a qui ne survivent pas. Je les mets au compost et ils  aident les autres à se faire une bonne petite vie dans mes  plates-bandes.</p>
<p style="text-align: justify;">Serge conduisait en écoutant son émission, et moi je continuais à  regarder tous ces chrysanthèmes, de Montpellier à Saint-Guilhem. Je  pensais à Clémence. Elle nous avait quitté il y avait de ça un mois, ma  tante Clémence. Un cancer à l&#8217;estomac, un truc fulgurant. Avec Serge, on  passait devant cette marée de fleurs au soleil, déjà les feuilles  mollissaient, et je pensais que cette année Clémence ne serait pas là  pour essayer de les sauver. Les rendre à leur condition de fleurs  d&#8217;automne. Serge, les chrysanthèmes, il ne s&#8217;en était jamais occupé. Il  ne les voyait pas. Il ne les voyait pas plus que les rangées de  bouteilles de gaz ou les sacs de patates, ça ne le concernait pas. Des  morts, il en avait pourtant, des vieux et des moins vieux, mais lui, il  faisait partie de ces gens qui résistaient à la-société-de-consommation,  et aussi à la tournée des cimetières, sans parler des sapins de Noël,  des roses de la saint Valentin &#8211; il résistait, imperméable aux  sollicitations les plus appuyées. Moi, je n&#8217;avais pas envie de m&#8217;exposer  à une énième tirade sur les traditions et les rites commerciaux, et  surtout pour être honnête, je n&#8217;y tenais pas plus que ça, à ces passages  obligés dans l&#8217;année. Je crois bien que ça me maintenait dans une sorte  d&#8217;adolescence prolongée de ne pas me soucier d&#8217;aller fleurir les  tombes, lancer les invitations à Noël et à Pâques et tout le  tremblement. Ma mère s&#8217;en chargeait, c&#8217;était son rôle, moi je n&#8217;étais  que la fille, je pouvais me désintéresser de ces choses. Elle achèterait  les chrysanthèmes pour les arrière-grands-parents, les grands-parents,  les beaux-frères et les belles-sœurs, les oncles et les tantes. Mais pas  pour sa sœur. Clémence ? Après tout ce qu&#8217;elle m&#8217;a fait ? Des  chrysanthèmes pour elle, ça non alors, qu&#8217;elle n&#8217;y compte pas là où elle  est. Dans la voiture qui filait vers Saint-Guilhem où Serge et moi  avions décidé d&#8217;aller nous reposer une semaine, je pensais à ça &#8211; Serge  n&#8217;a aucun chrysanthème sur la conscience, mais cette année, moi si. J&#8217;y  pensais tellement que j&#8217;ai oublié de lui signaler un embranchement,  résultat on s&#8217;est perdus. Quand nous sommes arrivés au gîte que j&#8217;avais  retenu, il faisait nuit noire. Je suis entrée, la porte grinçait, un  chien a poussé un aboiement, un cheval a renâclé dans le lointain, Serge  me suivait avec la valise. Le propriétaire était au téléphone et mon  portable s&#8217;est mis à sonner, une vraie fanfare. Le bonhomme a levé les  yeux : c&#8217;est vous Madame Rey ? J&#8217;allais vous laisser un message.</p>
<p style="text-align: justify;">Il nous a conduit à notre chambre en passant par l&#8217;extérieur, une  lampe électrique à la main. Vous en avez une, de lampe électrique, il a  demandé. Oui. J&#8217;avais même emporté une bouillotte et j&#8217;avais bien fait  parce qu&#8217;il n&#8217;y avait pas de chauffage dans les chambres, juste une pile  de couvertures. Je sers le dîner dans un quart d&#8217;heure en haut, il y a  une autre famille avec vous. Vous êtes les derniers de la saison. Après  vous, je ferme. A sa voix, j&#8217;ai senti qu&#8217;il était satisfait d&#8217;en avoir  terminé avec l&#8217;été et ce début d&#8217;automne, le coup de feu pour lui. Serge  a dit : c&#8217;est bien cet endroit. J&#8217;en étais contente, ce n&#8217;est pas  toujours facile de trouver un endroit qui lui plaise. J&#8217;avais envie de  visiter Saint-Guilhem-du-Désert depuis longtemps, mais c&#8217;était un peu  trop touristique pour Serge. Il avait raison, d&#8217;ailleurs. Tout était un  peu trop coquet, les points de vue balisés, les sites &#8211; le patrimoine,  n&#8217;est-ce-pas &#8211; aménagés au cordeau ici. Mais c&#8217;était beau, il fallait  l&#8217;avouer. Venir à cette période, c&#8217;était un bon compromis pour profiter  du lieu sans avoir l&#8217;impression de faire partie du troupeau mené à la  baguette par les guides du Routard, Michelin et compagnie. Au dîner,  c&#8217;est le propriétaire qui nous a servi. Entre les plats, il  disparaissait à la cuisine, il y avait des bruits de casseroles et de  voix, il n&#8217;était pas seul. Le repas était quelconque, le vin plaisant.  On a mangé devant le feu, la famille dont il nous avait parlé installée à  une autre table. Avec Serge, on écoutait d&#8217;une oreille le mari qui  pérorait devant sa femme, patiente et silencieuse. Elle donnait à manger  à leur bébé, cuillère après cuillère, et son bonhomme parlait sans  s&#8217;arrêter. Il avait des opinions et des informations sur tout. Et comme  toutes les personnes de cette espèce, il avait le verbe haut, on ne  pouvait pas faire autrement qu&#8217;entendre ce qu&#8217;il disait. Au dessert, il a  demandé au propriétaire du gîte si les pompiers avaient retrouvé  l&#8217;homme qui s&#8217;était jeté du Pont du Diable la veille. C&#8217;était lui en  personne, randonneur émérite toujours prêt à aider son prochain, qui  avait donné l&#8217;alarme. Je voyais bien, du coin de l&#8217;œil, que le  propriétaire du gîte avait d&#8217;autres casseroles sur le feu, mais il était  coincé, pris à témoin. De A jusqu&#8217;à Z, le péroreur a raconté l&#8217;histoire  à sa femme qui n&#8217;en ignorait rien, puisque qu&#8217;elle était avec lui à ce  moment-là et avait, aussi bien que lui, assisté à la scène. J&#8217;imaginais  que le propriétaire du gîte devait également savoir de quoi il  retournait dans tous les détails, c&#8217;était donc pour notre seul bénéfice  que l&#8217;homme débitait l&#8217;histoire. Il espérait sans doute qu&#8217;on allait  interrompre la dégustation de nos pommes au four pour lui poser des  questions, mais il en a été pour ses frais. Serge et moi on se  regardait, on dégustait nos pommes, on écoutait, c&#8217;est vrai, impossible  de faire autrement, mais on essayait de maintenir un filet d&#8217;intimité &#8211;  plutôt difficile dans ces conditions. Le propriétaire du gîte a pu enfin  en placer une, il a dit que les plongeurs avaient travaillé toute la  journée mais n&#8217;avaient pas trouvé le corps. Demain, ils remettraient ça.</p>
<p style="text-align: justify;">Avant d&#8217;aller nous coucher, j&#8217;ai demandé qu&#8217;on remplisse ma  bouillotte. J&#8217;avais un peu peur d&#8217;être ridicule, mais non, le gars du  gîte, il n&#8217;a même pas levé un sourcil. Il a fait ça très bien. Vous  comptez faire une randonnée demain, il a demandé. Oui. Serge et moi on  s&#8217;était concocté une boucle qui passait justement par le fameux Pont du  diable et surtout la passerelle des Anges. Il faut dire que Serge est  architecte, et visiter Saint-Guilhem, c&#8217;était pour lui l&#8217;occasion de  voir cette passerelle en béton comme-ci et comme-ça, une matière  révolutionnaire &#8211; ça lui faisait plaisir, et moi j&#8217;étais heureuse de  marcher au grand air, d&#8217;avoir l&#8217;occasion de sortir mon matériel à  aquarelle, de me changer les idées. La mort de ma tante Clémence, ça  m&#8217;avait secouée. Cette nuit-là, je n&#8217;ai pas fermé l&#8217;œil. Enfin si, mais  quand je me suis endormie, c&#8217;était pour rêver que je ne dormais pas, je  m&#8217;en suis aperçue lorsque Serge m&#8217;a réveillée. On devait partir assez  tôt, la boucle prévue était longue et nous voulions prendre tout notre  temps. J&#8217;ai préparé mon carnet, ma boîte de couleurs, mon appareil photo  pendant que Serge récupérait le pique-nique commandé la veille. Le  péroreur, sa femme et le bébé devaient dormir encore, nous ne les avons  pas vus, juste leur voiture immatriculée dans le 92. On a marché toute  la matinée en direction d&#8217;une crête. De là haut, on voyait l&#8217;Hérault,  veine verte dans la roche à vif, et le site du Pont du Diable &#8211; l&#8217;énorme  parking aménagé, vide en cette saison, le pont lui-même, et une plage  quasiment déserte hormis deux taches rouges et des pointillés noirs. Ce  devait être les pompiers, ils n&#8217;avaient toujours pas dû retrouver le  noyé. On a mangé nos sandwiches au soleil. Il faisait tellement chaud  que j&#8217;ai retiré ma veste et mon pull, je les ai fourrés dans mon sac.  Dans la descente, Serge qui avait oublié ses bâtons de marche s&#8217;est un  peu plaint du genou mais il a tout oublié lorsqu&#8217;il a mis le pied sur la  passerelle des Anges. Et vrai, même moi j&#8217;étais impressionnée. Je l&#8217;ai  abandonné à son bonheur et j&#8217;ai continué jusqu&#8217;au vieux pont. J&#8217;étais  seule avec un jeune qui s&#8217;amusait à lancer des cailloux dans l&#8217;eau. A un  moment il a réussi à toucher un rocher rond qui dépassait de la  surface, au milieu, ça a fait comme une minuscule explosion, son  projectile a volé en éclats, un peu de poudre blanche a flotté une  seconde. Il a souri juste au moment où je prenais son geste en photo. On  a taillé la bavette un moment, et puis j&#8217;ai sorti mon carnet, fait  quelques esquisses, il les commentait. Il n&#8217;avait pas l&#8217;air d&#8217;être  pressé, ou bien d&#8217;aller quelque part en particulier. Il était là, c&#8217;est  tout. De l&#8217;autre côté l&#8217;eau était plus profonde, un vert opaque, sans  ride. Je faisais face à la plagette. Les deux camions de pompiers  étaient toujours là, et le petit groupe de gens devant. Il y avait une  grosse femme sur un pliant en toile, les autres assis autour. Ils ne  parlaient pas. Je me suis sentie gênée de les regarder alors j&#8217;ai  détourné les yeux vers l&#8217;eau au-dessous de moi, la lumière en  étincelles, ça me semblait impossible, à cette seconde, qu&#8217;on puisse  avoir envie de mourir en se jetant de ce pont. Le jeune homme s&#8217;était à  nouveau approché de moi. Accoudé au rebord, il m&#8217;a soudain montré un  flot de bulles qui a éclaté entre deux eaux et crevé la surface. Là,  c&#8217;est les plongeurs. Vous savez, il m&#8217;a dit, quelqu&#8217;un s&#8217;est jeté du  pont avant-hier. Oui, je le savais. J&#8217;ai regardé la famille sur la  plage, ça ne pouvait être qu&#8217;eux. Ils devaient attendre qu&#8217;on leur  ramène le corps. Ils auraient un pot de chrysanthèmes en plus à acheter  cette année, j&#8217;ai pensé. Ça m&#8217;a fait mal au cœur. Le jeune et moi, on a  regardé le panache de bulles s&#8217;étirer vers la plage, on aurait dit un  dragon, écailles de feu sur l&#8217;eau, c&#8217;était beau à voir. Quelques minutes  après, trois hommes grenouilles ont émergé, on voyait juste leur tête.  J&#8217;ai regardé ailleurs en hâte &#8211; il faut que j&#8217;y aille, j&#8217;ai dit. Mon  mari doit m&#8217;attendre sur la passerelle. Le jeune m&#8217;a saluée d&#8217;un signe  et d&#8217;un sourire. Il a continué à regarder, je pense.</p>
<p style="text-align: justify;">Les lauriers qui  poussaient en contrebas me dissimulaient la plage et ses occupants, on  entendait de loin en loin une voiture ou un camion passer sur la route  au-dessus, et au détour du chemin, j&#8217;ai vu Serge, à genoux sur la  passerelle qui prenait des photos en macro &#8211; c&#8217;est ce qu&#8217;il préfère, il  dit qu&#8217;il découvre d&#8217;autres mondes de cette manière, et je le crois. De  la plage, il est venu un petit cri bref, comme un jappement de chiot. Un  cri grêle et c&#8217;est tout. J&#8217;ai dit à Serge, viens, c&#8217;est l&#8217;heure de  retourner, on va être pris par le noir, sinon. Cette nuit-là, j&#8217;ai  encore mal dormi, la nuit d&#8217;après aussi. Le jour, avec Serge, on  marchait au soleil, on a bronzé même, on prenait des photos, je faisais  de l&#8217;aquarelle, on lisait. On n&#8217;est plus retourné vers l&#8217;Hérault, on a  randonné dans une autre vallée, la Buège. Le soir on mangeait tranquille  devant le feu &#8211; le péroreur et sa petite famille étaient partis sous  d&#8217;autres cieux. Nous, les derniers clients, on bavardait un peu avec le  propriétaire du gîte et sa femme. La nuit, je ne dormais pas. Je pensais  à ma tante Clémence, au suicidé du pont, à sa famille sur la plagette.  Personne n&#8217;en avait reparlé. Serge et moi on n&#8217;a pas su si le corps  avait été retrouvé. Si le petit cri gauche, étranglé, c&#8217;était parce  qu&#8217;on l&#8217;avait ramené ou le contraire, parce qu&#8217;on ne l&#8217;avait pas trouvé.  Je voyais ce corps fiché dans l&#8217;eau verte dès que je fermais les yeux. A  la fin de la semaine, la Toussaint était passée depuis cinq jours déjà,  on est repartis. J&#8217;étais crevée. En approchant du site du Pont du  Diable, sur le bord de la route, j&#8217;ai distingué un monticule de couleurs  criardes : du rose, du jaune, du rouge. On est passés, j&#8217;ai dit :  ralentis. C&#8217;était des chrysanthèmes, ils se fanaient &#8211; le feuillage,  glauque, pendait lamentablement. J&#8217;ai dit : Serge, s&#8217;il-te-plaît,  arrête-toi. Je suis descendue de voiture, et dans le coffre, j&#8217;ai  coincé, du mieux que j&#8217;ai pu, tous les pots de chrysanthèmes.</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://brigitteallegre2.canalblog.com/ " target="_blank">Brigitte Allègre</a></strong></p>
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		<title>Steinbeck &#8211; Des souris et des hommes</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Mar 2010 19:00:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img style="margin: 10px; float: right; width: 200px;" src="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/6/7/3/9782070360376.jpg" alt="" />C&#8217;est Raspoutine, un des membres du Hangar &#8211; qui m&#8217;a amené ce bouquin l&#8217;autre jour. &laquo;&nbsp;C&#8217;est pas mal, me dit-il. Tu peux le lire dans le tram, à l&#8217;aller et au retour&nbsp;&raquo;. Bon, moi j&#8217;ai préféré le dévorer dans mon lit, bien au chaud. Mais alors, je l&#8217;ai vraiment dévoré.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Des souris et des hommes</span>, c&#8217;est le septième roman de John Steinbeck. Publié en 1937 c&#8217;est aussi un de ceux qui ont fait sa renommée mondiale et sont devenus des œuvres de références de la littérature américaine du 20ème siècle. L&#8217;histoire nous parle de deux types : un maigre et petit, George, assez vif d&#8217;esprit, un peu hargneux, et un gros et grand, Lennie, puissant comme un remorqueur, mais aussi sensible qu&#8217;une fillette et idiot comme pas deux. Leur point commun : ils voyagent ensemble. Notre point commun avec eux : comme eux, on ne sait pas ce qu&#8217;ils foutent là. Ils cherchent un travail, dans les grands ranches américains, dans le but d&#8217;économiser de l&#8217;argent. Ils ne sont pas des types comme les autres, parce que leur argent, ce n&#8217;est pas au bordel qu&#8217;ils iront le dépenser, mais pour un projet secret, rien qu&#8217;à eux&#8230; Problème, la sensibilité de Lennie et son incapacité à savoir quoi faire quand George n&#8217;est pas là&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Steinbeck nous livre une histoire peu commune, sans trop de but ni d&#8217;intérêt réel, elle nous emmène et nous transporte sur les hauts plateaux de maïs de l&#8217;Arizona avec ses deux héros au comportement si drôle et atypique. Un roman assez court, qui se dévore sur une ou deux nuits, qui prend aux tripes par un je ne sais quoi d&#8217;espérance en les croyances de ses personnages.</p>
<p style="text-align: justify;">Autres livres de Steinbeck sur le Hangar : <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/steinbeck-rue-de-la-sardine/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Rue de la Sardine</span></a></p>
<div style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></div>
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		<title>Guenassia &#8211; Le Club des Incorrigibles Optimistes</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 11:00:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gouttesdo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Je préfère vivre en optimiste et me tromper, que vivre en pessimiste et avoir toujours raison » (Anonyme) Cet exergue en guise de préliminaire pourrait suffire à résumer la &#171;&#160;substantifique moelle&#160;&#187; de ce roman. Mais ce serait vous priver de moments délicieux passés en tête à tête avec le narrateur et la riche compagnie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img style="border: 1px solid black; margin: 5px; float: left;" src="http://media.paperblog.fr/i/254/2546005/club-incorrigibles-optimistes-jean-michel-gue-L-4.jpeg" alt="" width="190" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>«</em></span><em><span style="color: #993300;"> Je préfère vivre en optimiste et me tromper, que vivre en pessimiste et avoir toujours raison »</span> (Anonyme)</em></p>
<p style="text-align: justify;">Cet exergue en guise de  préliminaire pourrait suffire à résumer la &laquo;&nbsp;substantifique moelle&nbsp;&raquo; de ce roman. Mais ce serait vous priver de moments délicieux passés en tête à tête avec le narrateur et la riche compagnie dont il s’entoure…  Mieux vaut prendre le temps de lire ces pages en les dégustant comme il convient. Il s’agit là encore d’un premier roman édité par un auteur de 59 ans ! En réalité Jean Michel Guenassia n’est pas un débutant en écriture, puisqu’il a signé au cours de sa carrière quelques scénarii  pour la télévision ainsi que des pièces  de théâtre, sans compter un  roman policier publié en 1986. En cela, son écriture est celle d’un écrivain confirmé, au style direct, au poids des mots justement pesé;  au fil des sept cent cinquante pages l’ensemble coule avec beaucoup d’aisance, le roman se quitte à regret.</p>
<p style="text-align: justify;">Le récit s’organise comme la chronique de la vie d’un jeune garçon, d’Octobre 1959 à Juillet 1964. Michel Marini, le narrateur, revient sur les années décisives de son adolescence, après les retrouvailles tardives d’un ami perdu de vue. Cette rencontre ravive le souvenir d’une période capitale dans la formation du narrateur, quatre années riches d’événements historiques et familiaux… Michel habite avec sa famille le quartier latin et suit les cours du fameux lycée Henri IV. Sa mère intransigeante « porte la culotte », son père, plus souple, arrondit parfois les angles, et  Michel souffre d’une éducation où les préoccupations professionnelles de ses parents sont  accentuées par la rigueur ambiante. Il affiche sa rébellion précoce en escapades buissonnières  qui  le mène de son lycée, jusqu’à ce bistrot de la place Denfert- Rochereau, le Balto, où il rencontre les membres de ce  mystérieux Club aux règles tacites et incontournables. Cependant, la vie du jeune Michel n’est pas seulement consacrée au baby-foot   et aux échecs,  ainsi  qu’aux efforts pour éviter le  surveillant général de son sélect lycée; comme tout jeune homme, d’autres émotions le guettent : histoires de famille compliquée,concernée directement par la tournure des événements en Algérie . Michel a un grand frère, Franck, qu’il admire infiniment, comme tout cadet qui se respecte. Pourtant, le parcours de cet aîné et la fréquentation de ses amis Pierre et Cécile constituent également  pour le narrateur une ouverture sur le monde en même temps que la confrontation aux circonstances historiques qui bouleversent la France en cette période particulière. L’adolescent explore les multiples facettes de l’amitié, expérimente à la fois la solidarité et la complicité compassionnelles, la trahison et les meurtrissures de l’amour, autant d’initiations grandeur nature qui forgent son passage à la maturité.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà les éléments qui nourrissent ce récit vif et coloré, sensible et dense.  Si Jean Michel Guenassia saisit le point de vue d’un adolescent, il démontre habilement comment la fréquentation des membres du <span style="text-decoration: underline;">Club des Incorrigibles Optimistes</span> constitue un contrepoint déterminant dans son initiation à la complexité du monde.    Il parvient à embrasser sans fausse naïveté les arcanes de ce groupe d’hommes lestés d’expériences amères, qui tentent de  transmettre leur Optimisme, comme un ultime sursaut contre l’adversité…. De ce fait, le déracinement des membres du Club est  traduit avec véracité aux limites du cynisme et d’une auto-dérision qui rafraîchit le récit et nous attache à ces personnages originaux.</p>
<p style="text-align: justify;">En filigrane de ce récit personnel, Jean Michel Guenassia dresse un tableau percutant de la période, de la fascination pour le rock’n roll aux sursauts engagés des intellectuels, des drames de la décolonisation aux fractures politiques du bloc de l’Est, tout est humainement rapporté par le regard généreux d’un écrivain qui était alors à peine plus jeune que son personnage. Je vous invite donc à la lecture de cet ouvrage dense qui se lit avec passion et qui a obtenu le Goncourt des Lycéens en 2009.</p>
<div style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></div>
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		<title>Crépuscule, par Fleur de Plume</title>
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		<pubDate>Wed, 27 Jan 2010 11:00:04 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Voici un petit texte sympathique et émouvant que nous envoie Fleur de Plume. Comme elle vous pouvez être publié sur le Hangar, en nous envoyant votre texte par la rubrique &#171;&#160;Contact&#160;&#187;&#8230; Nous vous rappelons que vous pouvez nous envoyer tout type d&#8217;œuvre d&#8217;art numérisée par ailleurs&#8230; Crépuscule Crépuscule, pleine lune ciel d’ancre, Danse des étoiles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #888888;"><em>Voici un petit texte sympathique et émouvant que nous envoie Fleur de Plume. Comme elle vous pouvez être publié sur le Hangar, en nous envoyant votre texte par la rubrique &laquo;&nbsp;Contact&nbsp;&raquo;&#8230; Nous vous rappelons que vous pouvez nous envoyer tout type d&#8217;œuvre d&#8217;art numérisée par ailleurs&#8230;</em></span></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Crépuscule</strong></span></p>
<p style="text-align: center;">Crépuscule,<br />
pleine lune<br />
ciel d’ancre,<br />
Danse des étoiles<br />
sur la toile de nuit</p>
<p style="text-align: center;">mythes merveilleux,<br />
histoires d’enfants<br />
rêve d’antan<br />
espoirs présents</p>
<p style="text-align: center;">je pose un regard sur les astres<br />
petite veilleuse de l’univers<br />
douce lumière,<br />
éclaire l’humanité</p>
<p style="text-align: center;">je sens, frôlement<br />
caresse du vent<br />
je perçois tes pas,<br />
un mouvement<br />
je sais<br />
J’attends,<br />
un parfum<br />
entêtant,</p>
<p style="text-align: center;">un souffle au creux de mon oreille<br />
mon éveil,</p>
<p style="text-align: center;">je ne te vois pas<br />
mais te ressens</p>
<p style="text-align: center;">m’enlaçant tendrement,<br />
Déposant de tes lèvres<br />
un doux baiser au creux de mon poignet,</p>
<p style="text-align: center;">instant ensorcelant,  désir naissant,<br />
fantasme de mon esprit<br />
d’un cœur  bien en vie<br />
espoir vivant… d’un amour veillant…</p>
<p style="text-align: left;">Autre texte de cet auteur : <a href="http://www.le-hangar.com/vos-oeuvres/temps-noir-par-fleur-de-plume/" target="_blank">Temps noir</a></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://flomodado.canalblog.com" target="_blank">Fleur de Plume</a></strong></p>
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		<title>Shaffer – Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Jan 2010 12:33:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gouttesdo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà le petit bijou de l’hiver ! Bien qu’écrit par une Américaine, il émane de ce livre la finesse et l’humour délicieusement décalés qui caractérise souvent la littérature britannique. Est-ce parce que l’intrigue est située en Angleterre et dans les îles anglo-normandes ? Est-ce que parce que l’auteur s’est choisie une héroïne anglaise, de surcroît [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img style="border: 1px solid black; margin: 5px; float: left;" src="http://leslivresdegeorgesandetmoi.files.wordpress.com/2009/05/shaffer2.jpg" alt="" width="222" height="349" /></p>
<p style="text-align: justify;">Voilà le petit bijou de l’hiver ! Bien qu’écrit par une Américaine,  il émane de ce livre la finesse et l’humour délicieusement décalés  qui caractérise souvent  la littérature britannique. Est-ce parce que l’intrigue est située en Angleterre et dans les îles anglo-normandes ? Est-ce que parce que l’auteur s’est choisie une héroïne anglaise, de surcroît  femme de lettres, dont le lien charnel à la littérature est  tissé autour de Charles Lamb?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates</span> dissimule sous son titre étrange une particularité qui explicite son charme :  Non seulement  Mary Ann Shaffer  a choisi la forme épistolaire,   mais elle a situé son action dans l’immédiat après guerre, et le ton adopté s’ajuste parfaitement à  la transcription de l’atmosphère de l’époque.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes donc en Janvier 1946, soit  à peine sept mois après la reddition  de l’Allemagne Nazie. Tandis que l’Europe tente de se relever des horreurs de la guerre, Juliet Ashton, jeune écrivaine anglaise, est en tournée de promotion pour le livre qu’elle a écrit pendant les années de Blitz, afin de participer au maintien du moral de la population.  Les lettres échangées avec Sidney, son éditeur à Londres, et son amie Sophie, en Écosse, tissent un lien permanent avec les deux personnes qui lui sont les plus proches. Ce qui justifie à la fois le ton informel et personnel des échanges. S’ajoute à ces critères une courtoisie particulièrement « anglaise », ce fond de quant à soi décalé, poli et ironique qui constitue la trame des rapports humains que David Lodge, mon » chouchou « des Lettres Anglaises contemporaines, traduit toujours à merveille. N’allez pas imaginer l’exploitation systématique d’un procédé, évident comme le nez au milieu du visage. Il s’agit plutôt d’une politesse du cœur qui favorise d’emblée le respect et l’affection pour la plume qui témoigne. Dès la première de ces missives, j’ai frissonné d’aise : savez-vous quel adjectif a instantanément traversé  le réseau avide de mes neurones ?<br />
<em> &#8211;  Délicieux…</em></p>
<p style="text-align: justify;">Au rythme soutenu de  ces échanges épistolaires se dessinent de brefs chapitres qui nous permettent de suivre les différents protagonistes. Mary Ann Shaffer choisi délibérément un tempo rapide, peu de lettres excèdent trois pages, et l’auteur modernise le style en glissant quelques textes télégraphiques. Ces ruptures de rythme et la mise en page  aérée, presque dénudée, confère à la menée de l’intrigue une cadence très vivante. Survient assez rapidement une lettre d’un inconnu, Dawsey Adams, habitant de Guernesey. Je me permets d’insérer ici le début de la  première lettre de Dawsey pour éclairer la limpidité du procédé (Lettre de Dawsey Adams à Juliet Ashton, page 19,  édition du NiL.) :<br />
<em></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">- «  Chère Miss Ashton<br />
Je m’appelle Dawsey  Adams et j’habite une ferme de la paroisse de St Martin, sur l’île de Guernesey. Je connais votre existence parce que je possède un vieux livre vous ayant jadis appartenu, Les Essais d’Élia, morceaux choisis, d’un auteur dont le nom véritable était Charles Lamb.(…)<br />
Je n’irai pas par quatre chemins : j’adore Charles Lamb. Aussi, en lisant morceaux choisis, je me suis demandé s’il existait  une œuvre plus vaste dont auraient été tirés ces extraits. Je veux lire ces autres textes. Seulement, bien que les Allemands aient quitté l’île depuis longtemps, il ne reste plus aucune librairie à Guernesey.</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Voilà posé le nœud de l’intrigue. C’est ainsi que Juliet entame une correspondance suivie, non seulement avec Dawsey, mais  également avec les autres membres du cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Guernesey. Durant toute la première partie de l’ouvrage, nous suivons de missive en missive le tableau que les insulaires dressent de leur société et surtout de l’impact de l’occupation allemande sur leur mode de vie.  Ici se tient encore un des intérêts les plus poignants de cet ouvrage : comme Juliet, bien peu d’entre nous connaissent cet aspect des souffrances endurées par les seuls Anglais occupés !  Pendant que les Londoniens se battaient sous les horreurs des bombardements, que le reste de l’Europe faisait le gros dos et résistait de son mieux aux traitements que lui réservait l’occupant, les anglo-normands subissaient un sort identique dans l’indifférence et le secret, coupés du reste du monde par l’insularité, privés brutalement de communication et de marché… L’autonomie sur ces îles minuscules est  fort réduite… Et puisque je prends le parti de vous appâter de quelques extraits, voici un petit caillou extrait de la réponse de Juliet à Dawsey qui pourrait bien vous convaincre de plonger sans plus attendre dans ce petit monde (Juliet à Dawsey, page 22) :</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>(…)  C’est ce que j’aime dans la lecture. Un détail minuscule attire votre attention et vous mène à un autre livre, dans lequel vous trouverez un petit passage qui vous pousse vers un troisième livre. Cela fonctionne de manière géométrique, à l’infini, et c’est du plaisir pur.<br />
(…) Si vous avez le temps de correspondre avec moi, pourriez-vous répondre à quelques questions ? Trois en fait. Pourquoi avoir dû  tenir secret un dîner de cochon rôti ?  Comment un cochon a-t-il pu vous inciter à créer un cercle littéraire ? Et surtout qu’est-ce qu’une tourte aux épluchures de patates, et pourquoi est-elle mentionnée dans le nom de votre cercle ?</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">En découvrant les réponses à ces questions, Juliet va s’attacher à ses nouveaux amis et ne tardera pas à leur rendre visite. Le sort des habitants, les drames humains et les personnalités rencontrées constituent la matière de pages saisissantes par leur humanité, leur intensité dramatique, leur vérité historique et parfois leur cocasserie. La seconde partie de l’ouvrage relate la vie de Juliet sur l’île, sa relation particulière à la petite Kit, fille d’Élizabeth Mac Kenna, figure emblématique de la résistance des insulaires, dont le sort tragique devient un  des fils principaux de la pelote que démêle notre épistolière. Ne comptez pas sur moi pour éclairer davantage vos lanternes… Offrez-vous  sans tarder le plaisir de découvrir les réponses à ces palpitantes interrogations dans ce merveilleux bijou littéraire, écrit très tardivement, malheureusement pour nous, par la délicieuse Mary Ann Shaffer.</p>
<p style="text-align: justify;">À la demande des amis de son club de lecture, qui avait dû repérer ses talents de conteuse, elle a entrepris la rédaction de son unique roman édité peu de temps avant que ne se déclare la maladie  qui devait l’emporter  et elle a dû demander l’aide de sa nièce, Annie Barrows pour en  achever la rédaction.<br />
Mary Ann Shaffer était américaine, née en 1934 à Martinsburg, en Virginie occidentale. En 1979, à l’occasion d’un voyage dans les îles anglo-normandes, elle avait découvert des documents surprenants sur l’époque de l’occupation nazie. N’ayant jamais oublié ces révélations, elle s’en est naturellement servi pour développer son histoire. De ses propres aveux, le style épistolaire s’est imposé de lui-même. Mary Ann Shaffer s’est éteinte en 2008, peu de temps après la publication de son roman, certaine qu’il serait traduit en plusieurs langues… Le rêve de sa vie est devenu réalité.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Zola &#8211; La Fortune des Rougon</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 01:00:19 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Premier volume de l&#8217;immense série des Rougon-Macquart de Zola, la Fortune des Rougon est publié en 1871. Cette œuvre nous plonge dans l&#8217;ambiance de la première moitié du XIXème siècle, et notamment du coup d&#8217;état de Napoléon III en 1851, qui préfacera la période étudiée par Zola, le Second Empire. La trame de l&#8217;histoire, comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2009/12/fdr.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-2356" style="margin: 5px;" title="fdr" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2009/12/fdr.jpg" alt="" width="199" height="328" /></a>Premier volume de l&#8217;immense série des <a href="http://www.rougon-macquart.com/" target="_blank">Rougon-Macquart</a> de Zola, <span style="text-decoration: underline;">la Fortune des Rougon</span> est publié en 1871. Cette œuvre nous plonge dans l&#8217;ambiance de la première moitié du XIXème siècle, et notamment du coup d&#8217;état de Napoléon III en 1851, qui préfacera la période étudiée par Zola, le Second Empire. La trame de l&#8217;histoire, comme dans beaucoup de romans de notre naturaliste préféré, est menée par plusieurs personnages à la fois. Ainsi, on suivra l&#8217;évolution généalogique de la famille, minutieusement décrite de façon scientifique par Emile Zola, cherchant dans l&#8217;hérédité naturelle l&#8217;explication à des faits (ir)rationnels. L&#8217;amour, le sang, l&#8217;avidité, la modestie, tout autant de valeurs contradictoires se mêlent et opposent chacun des personnages à un ou plusieurs autres. Antoine Macquart et Pierre Rougon, demi-frères, divergent sur tous les points : politique, réussite, situation, intelligence, bon sens, prudence&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;">La Fortune des Rougon</span>, c&#8217;est la première pierre d&#8217;une série incroyablement riche, c&#8217;est le tome qui pose les bases des trois familles qui descendent d&#8217;Adélaïde Fouque, et que l&#8217;on suivra tout au long des vingt volumes des <em>Rougon-Macquart</em> : les Rougon, caractérisés par leur faim d&#8217;argent et de reconnaissance; les Mouret, chez qui on pourra observer des séquelles de la folie d&#8217;Adélaïde; et les Macquart, la branche la plus bâtarde, où alcool et violence se mêleront à la folie et en décupleront la puissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur ce fond d&#8217;opposition familiale et politique, on suit aussi l&#8217;histoire d&#8217;amour désillusionnée de deux jeunes gens, Silvère Mouret et Miette, qui participeront aux tentatives de soulèvement des campagnes, qui ont eu lieu lors du coup d&#8217;état de Napoléon III. Tous deux finiront tragiquement dans la mort, à cause de la violence de la répression organisée par le souverain.</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, un ouvrage dont le style est entraînant et riche, sans être lourd. On peut facilement se laisser emporter sur quelques centaines de pages sans s&#8217;en rendre compte, les intrigues sont extrêmement bien ficelées et on remarque immédiatement toute la justesse et l&#8217;intelligence de Zola. A lire, pour la culture et le plaisir.</p>
<p style="text-align: justify;">Autres livres de Zola sur le Hangar : <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/zola-germinal/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">Germinal</span></a>, <span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/zola-loeuvre/" target="_blank">L&#8217;œuvre</a></span>, <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/zola-mysteres-de-marseille/" target="_blank">Les Mystères de Marseille</a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></p>
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		<title>Teulé &#8211; Le Magasin des Suicides</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Oct 2009 13:49:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hazel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort !&#160;&#187; Tel est le slogan du Magasin des Suicides, boutique que la famille Tuvache tient depuis dix génération, où sont vendus les plus divers outils de suicide, allant de la corde pour se pendre jusqu&#8217;à la panoplie de harakiri. Tout se déroule correctement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="alignright" style="border: 1px solid black; margin: 5px;" src="http://www.geekdelecture.fr/wp-content/uploads/2008/12/magasin-des-suicides.jpg" alt="" width="149" height="246" /><em><span style="color: #993300;">&laquo;&nbsp;Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort !&nbsp;&raquo;</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Tel est le slogan du <span style="text-decoration: underline;">Magasin des Suicides</span>, boutique que la famille Tuvache tient depuis dix génération, où sont vendus les plus divers outils de suicide, allant de la corde pour se pendre jusqu&#8217;à la panoplie de harakiri. Tout se déroule correctement dans cette famille, dans la monotonie et le dégout de vivre, jusqu&#8217;à ce qu&#8217;arrive Alan, le dernier des enfants de la famille.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;idée d&#8217;un monde où le suicide fait partie du quotidien est certes un peu morbide, mais on rentre vite dans le subtil second degré de l&#8217;histoire. Le monde glauque de la famille Tuvache, &laquo;&nbsp;obligée&nbsp;&raquo; de vivre car elle aide les gens à se donner la mort, se moque de l&#8217;acte délibéré de mettre fin à sa propre vie, et surtout de le faire sans raisons particulières. La fin quant à elle, est un peu paradoxale, et illogique, mais je pense que chacun y trouvera son compte.</p>
<p style="text-align: justify;">En somme ce livre de Jean Teulé sorti en 2007 est court et amusant avec une multitude de petites références et anecdotes très intéressantes.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></p>
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		<title>Alfons Mucha</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Sep 2009 22:07:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hazel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[D&#8217;origine tchèque, Alfons Mucha (1860 &#8211; 1939) est un artiste de la Belle Époque  qui est considéré comme le maître de l&#8217;Art nouveau. Refusé à l&#8217;age de dix-huit ans à l&#8217;Académie des Beaux-Arts de Prague, il est pris sous l&#8217;aile d&#8217;un compte qui le charge de décorer les murs d&#8217;un château et qui, impressionné par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">D&#8217;origine tchèque, Alfons Mucha (1860 &#8211; 1939) est un artiste de la Belle Époque  qui est considéré comme le maître de l&#8217;Art nouveau. Refusé à l&#8217;age de dix-huit ans à l&#8217;Académie des Beaux-Arts de Prague, il est pris sous l&#8217;aile d&#8217;un compte qui le charge de décorer les murs d&#8217;un château et qui, impressionné par le talent évident de l&#8217;artiste, lui paye des études à l&#8217;Académie des Beaux-Art de Munich. C&#8217;est après avoir fini ses études en 1890, à 30 ans, que Mucha  s&#8217;installe à Paris et commence à travailler en tant qu&#8217;illustrateur et à graver son nom sur la grande muraille de l&#8217;histoire de l&#8217;Art.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: xx-small;"><em><img class="aligncenter" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 5px; vertical-align: middle;" src="http://scienceblogs.com/aardvarchaeology/upload/2007/02/mucha_job.jpg" alt="" width="300" height="397" /><br />
Alfons Mucha &#8211; Affiche publicitaire pour le papier à cigarettes Job<br />
</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">La majorité de ses œuvres ce sont des affiches de théâtre (qu&#8217;il réalise pour Sarah Bernhardt, grande comédienne française, ce qui assure sa réputation) ou publicitaires (notamment pour le papier à cig<span style="font-size: small;">arettes </span>Job, mais aussi pour le champagne Moët, Nestlé&#8230;), mais il peint également des tableaux, dont une série connue intitulée <em>L&#8217;épopée des Slaves</em>, comportant 20 tableaux de 6m sur 8 représentant des scènes religieuses mystiques qu&#8217;il mit 18 ans à réaliser. Alfons Mucha, à travers ces tableaux, exprime son fort attachement à ses origines et met son talent au service de sa dévotion à la gloire des peuples slaves.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black; margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" src="http://static.ulike.net/img/01_Apothesis_of_the_Slavs.jpg" alt="" width="296" height="351" /></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: xx-small;">Alfons Mucha &#8211; L&#8217;apothéose des Slaves<br />
(dernier tableau de la série L&#8217;Epopée des Slaves) </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: xx-small;"><span style="font-size: small;">Il reçoit en 1900 la médaille d&#8217;argent pour le décor du pavillon de la Bosnie-Herzegovine pour l&#8217;Exposition Universelle. Il s&#8217;occupe aussi de l&#8217;illustration de livres, de la création de bijoux et de meubles et objets d&#8217;art ainsi que de billets de banque. Il est également engagé pour la cause religieuse, il crée notamment un vitrail (en 1931 pour une cathédrale de Prague) et illustre Notre Père.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size: xx-small;"><span style="font-size: small;">Alfons Mucha, cet artiste au talent multiforme à marqué l&#8217;histoire de l&#8217;Art avec l&#8217;originalité, la diversité et l&#8217;engagement de ses œuvres.</span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: xx-small;"><span style="font-size: small;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black; margin-top: 5px; margin-bottom: 5px; vertical-align: middle;" src="http://www.cab.u-szeged.hu/cgfa/m/mucha2.jpg" alt="" width="194" height="477" /></span></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="font-size: xx-small;"><span style="font-size: small;"><span style="font-size: xx-small;">Alfons Mucha &#8211; The Emerald</span><br />
</span></span></p>
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		<title>Hesse &#8211; Le Loup des Steppes</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Jun 2009 14:52:40 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le loup des steppes à été pour la première fois publié en 1927. Interdit sous le régime nazi, ce roman est un véritable chef-d&#8217;œuvre du XXème siècle. Le personnage principal, Harry Haller, est un homme d&#8217;une cinquantaine d&#8217;années à double facettes. En effet, il se considère comme possesseur de deux âmes complètement contradictoires, celle de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignright" style="border: 1px solid black; margin: 5px;" src="http://www.decitre.fr/gi/32/9782253002932FS.gif" alt="" width="202" height="334" /><span style="text-decoration: underline;">Le loup des steppes</span> à été pour la première fois publié en 1927. Interdit sous le régime nazi, ce roman est un véritable chef-d&#8217;œuvre du XXème siècle. Le personnage principal, Harry Haller, est un homme d&#8217;une cinquantaine d&#8217;années à double facettes. En effet, il se considère comme possesseur de deux âmes complètement contradictoires, celle de l&#8217;homme et celle du loup des steppes, qui se haïssent et s&#8217;entretuent sans cesse dans son corps. C&#8217;est cette personnalité qui l&#8217;a rendu infréquentable et incapable de vivre en société; alors il vit seul. C&#8217;est le jour où il rencontre un vieil ami qui l&#8217;invite à diner le soir même que Harry songe sérieusement au suicide. Mais voulant retarder le moment où il rentre chez lui, il décide d&#8217;aller se réfugier dans un bar où il fait la connaissance d&#8217;une jeune femme, qui va le sauver de son désespoir&#8230; pour un temps.</p>
<p style="text-align: justify;">A travers ce roman psychologique, très riche en réflexions sur la vision de la vie, nous découvrons aussi la personnalité de l&#8217;auteur. En effet, les noms semblables de Hermann Hesse et de Harry Haller, ainsi que l&#8217;age (Hesse avait environ 50 ans lorsqu&#8217;il écrivit ce livre) et des traits de caractère du personnage principal tels que les idées suicidaires, ou un état d&#8217;esprit dépressif sont autant de points communs entre l&#8217;auteur et son personnage. Hermann Hesse expose ici, dans son plus célèbre roman sa philosophie : son personnage maitrise la vie qu&#8217;il mène sans pour autant la vivre en tant que tel. C&#8217;est un roman riche d&#8217;enseignements qui nous montre à quel point la quête d&#8217;une harmonie entre l&#8217;esprit et le corps est importante pour l&#8217;intégralité d&#8217;un homme.</p>
<p style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Verlaine &#8211; Poèmes Saturniens</title>
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		<pubDate>Sat, 13 Jun 2009 22:02:03 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le premier recueil de l&#8217;un des Princes des Poètes &#8211; titre officieux qu&#8217;on a décerné aux plus grand poètes français &#8211; a été publié en 1866, lorsque celui-ci avait 22 ans. Il s&#8217;intitule Poème Saturniens en référence à Saturne, planète de la mélancolie, sentiment qui se rencontre tout au long du recueil et voile ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft" style="border: 1px solid black; margin: 5px;" src="http://aviquesnel.free.fr/Direlire/Images/verlaine_poemes%20saturniens.jpg" alt="" width="192" height="309" /></p>
<p style="text-align: justify;">Le premier recueil de l&#8217;un des Princes des Poètes &#8211; titre officieux qu&#8217;on a décerné aux plus grand poètes français &#8211; a été publié en 1866, lorsque celui-ci avait 22 ans. Il s&#8217;intitule <span style="text-decoration: underline;">Poème Saturniens</span> en référence à Saturne, planète de la mélancolie, sentiment qui se rencontre tout au long du recueil et voile ses poèmes de tristesse et de douceur. Le recueil est séparé en six parties ayant chacune un nom à la manière des recueils de Charles Baudelaire; la majorité de son contenu a été écrite quand Paul Verlaine était au lycée, âgé de 16 ans. Les <span style="text-decoration: underline;">Poèmes Saturniens</span> ont longtemps été critiqués à cause de la simplicité de certains poèmes (vu le jeune âge de Verlaine lorsqu&#8217;il les a écrit), ils s&#8217;inspirent beaucoup des <span style="text-decoration: underline;">Fleurs du Mal</span> de notre cher Charles : des annotations dans le livre font référence à tel ou tel vers de Baudelaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais malgré le strict respect des règles de poésie que s&#8217;imposait alors le jeune Verlaine, et quelques naïves idées, le recueil se lit d&#8217;un trait, et nous laisse une douce sensation de légèreté dans la tête. Je vous laisse apprécier un extrait ci-dessous.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;"><span style="text-decoration: underline;">Soleils couchants<br />
</span></span></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><span style="color: #993300;">Une aube affaiblie<br />
Verse par les champs<br />
La mélancolie<br />
Des soleils couchants.<br />
La mélancolie<br />
Berce de doux chants<br />
Mon cœur qui s&#8217;oublie<br />
Aux soleils couchants.<br />
Et d&#8217;étranges rêves<br />
Comme des soleils<br />
Couchants sur les grèves,<br />
Fantômes vermeils,<br />
Défilent sans trêves,<br />
Défilent, pareils<br />
À des grands soleils<br />
Couchants sur les grèves.</span></em></p>
<p style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></p>
]]></content:encoded>
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