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	<title>Le Hangar - Espace artistique &#187; de</title>
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		<title>Pagnol &#8211; La Gloire de mon père &#8211; Le Château de ma mère</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Nov 2011 18:24:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélusine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avant, quand j’entendais parler de Marcel Pagnol, je pensais aux films un peu kitch, à l’humour potache de Fernandel, au côté France profonde de mes grands-parents dont on nous rebat les oreilles sur France 3 pendant les vacances de Noël en multi-rediffusion. C’est donc sans grandes attentes que j’ai ouvert le premier tome de sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Avant, quand j’entendais parler de Marcel Pagnol, je pensais aux films un peu kitch, à l’humour potache de Fernandel, au côté France profonde de mes grands-parents dont on nous rebat les oreilles sur France 3 pendant les vacances de Noël en multi-rediffusion. C’est donc sans grandes attentes que j’ai ouvert le premier tome de sa si célèbre autobiographie. Je ne m’attendais pas à un tel émerveillement. Un tel débordement d’amour.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://2.bp.blogspot.com/_DTDbRmRgXFU/SmrHldsMT1I/AAAAAAAAASE/zZCEi_SJMWU/s320/la+gloire+de+mon+p%C3%A8re.gif" alt="pagnol" width="168" height="256" />L’enfance de Marcel Pagnol est d’abord une déclaration d’amour à l’école. Son père, instituteur publique, prend son travail extrêmement à cœur dans une époque qui lutte encore contre l’influence de l’église dans l’éducation. Plus qu’une vocation, c’est une véritable dévotion qui le pousse, un sentiment, bien légitime à l’époque, que son travail lui permet de sauver des âmes, voire de sauver des vies.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une déclaration d’amour à ses collines marseillaises. <em>La Gloire de mon père</em>, c’est la gloire de chasseur que Joseph l’instituteur essaye d’acquérir, lui l’intellectuel qui vient de la ville. Dans une maison de vacance achetée de ses maigres deniers pour offrir à sa femme l’air pur qui manque à sa constitution fragile, meublée de bric et de broc, tout est bon pour devenir un vrai père de famille vacancier. Peu convaincant en tant que chasseur, il n’en est que plus attachant dans son éternelle opposition à son fanfaron de beau-frère. Hiboux grand-duc, sangliers, sources cachées, grottes secrètes, pièges, tout devient merveille.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une déclaration d’amour à l’enfance. Son insouciance, sa capacité à <img class="alignright" src="http://imados.fr/history/82/le-chateau-de-ma-mere_couv.jpg" alt="pagnol" width="161" height="247" />s’émerveiller de tout, sa liberté, ses yeux qui transforment la moindre bagatelle en véritable expédition, où tout se prend très au sérieux et en même temps prend les proportions d’un gigantesque jeu. C’est la réalisation du fantasme de s’enfuir dans les montagnes pour rester toujours en vacances. C’est sauter par la fenêtre pour aller à la chasse alors que Papa et Maman ont interdit d’y aller. C’est un petit frère tout fier de faire comme les grands. Ce sont des lettres truffées de fautes d’orthographe qui rassureront les plus complexés. C’est un château qui devient le lieu de toutes sortes de terreurs, de chiens enragés et de militaires au passé glorieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, c’est une déclaration d’amour à ses parents. A son père d’abord, que l’on devine un peu empoté, un peu rat de bibliothèque, mais auquel il voue une admiration sans borne, qu’il veut absolument suivre. Et à sa mère ensuite, fragile, délicate, douce, diaphane, la petite Augustine qu’il veut protéger, parce qu’il est aussi grand qu’elle, alors qu’il est encore un enfant. Qu’il est prêt à défendre contre les terrifiants chiens de la cour du château.</p>
<p style="text-align: justify;">Romancée, son autobiographie ? Je dirai plutôt féérisée avec les yeux d’enfant qui n’avaient pas besoin de console de jeu pour s’émerveiller tant la nature leur offrait le plus merveilleux terrain de jeu. Il a mis toutes ses plus belles étoiles dans ces pages, et rien que pour la chute à la fin du second tome, qui rappelle à quel point nous avons aussi besoin de cette douceur, je place ce livre parmi ceux chers à mon petit cœur de lectrice.</p>
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		<title>Zola &#8211; Les Mystères de Marseille</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Oct 2011 11:00:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gouttesdo</dc:creator>
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<div style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/09/les_mysteres_de_marseille.jpg"><img class="size-full wp-image-3398 alignright" style="margin: 5px;" title="les_mysteres_de_marseille" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/09/les_mysteres_de_marseille.jpg" alt="" width="240" height="351" /></a>Édité pour la première fois en 1867 à Marseille par l’imprimerie nouvelle A. Arnaud, ce  roman de jeunesse de <strong>Zola </strong>est atypique de son œuvre. De l’aveu même de l’auteur, l’idée lui en a été suggérée par le directeur du Messager de Provence, sous forme de feuilleton. Le journaliste comptait fidéliser ses lecteurs par le récit  romanesque  fragmenté  des archives juridiques de la région (l’esprit Tabloïd ne date pas d’hier !) et le jeune Zola trouvait là une rémunération opportune lui permettant de poursuivre la rédaction de Thérèse Raquin. C’est dire qu’aux yeux de l’écrivain, Ces <span style="text-decoration: underline;">Mystères de Marseille </span>ne figurent pas dans les œuvres dont il se sent le plus fier. Pourtant Jeanne Lafitte, éditrice marseillaise qui se consacre principalement à la réhabilitation d’œuvres provençales menacées d’oubli a eu la bonne idée d’exhumer ce curieux ouvrage, et le pur hasard a porté mes yeux sur ce titre, alors que je quittais ma librairie locale, le «  Jardin des Lettres », à mille lieues de penser me replonger dans les délices de ce genre littéraire.Ma dernière  lecture d’un «  Zola » doit  remonter à mes années lycées, c’est dire ! Et pourtant, je n’en ai que d’excellents souvenirs. Les Rougon Macquart ont accompagné mes 15 ans en soulevant en ma jeune conscience de véritables émois et ils ont contribué ô combien à forger le goût des mots, des envolées stylistiques, des images  pittoresques et des récits jubilatoires de destins emblématiques. Entrer dans l’Univers de Zola, c’est comprendre combien la Littérature nous relie aux Hommes. Et cette certitude ne peut s’oublier, même quand on ne lit plus de Zola, elle reste dans la conscience de chaque lecteur récipiendaire de cette formation et  participe donc  à notre jugement de valeur, que nous en soyons conscient ou pas. Le premier contact avec ce roman feuilletonesque fut étrange.  Aux premiers chapitres, j’ai mesuré la désuétude du style, les notations moralisatrices, la menée de l’intrigue par annonce anticipative, tout ce qui paraîtrait de nos jours complètement maladroit et vain dans la construction d’un roman.  À commencer par les titres des chapitres :</div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>I) Comme quoi Blanche de Cazalis s’enfuit avec Philippe Cayol </em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em>II) Où l’on fait connaissance du héros, Marius Cayol</em></span></div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">Ces deux exemples suffiront à vous arracher un sourire, j’en suis bien certaine. Cependant, de caractère tenace, je n’ai pas refermé l’ouvrage et j’en suis fort aise.  L’intrigue est forgée à partir d’archives judiciaires différentes, que l’auteur  s’est fait adresser à Paris et dont  il a habilement combiné les « affaires » pour servir et enrichir son intrigue principale. Très rapidement, le lecteur jugera que le jeune romancier possède cet art particulier de ne pas s’attarder sur les faits-divers pour leur  part de voyeurisme banal, mais qu’il se sert de ces éléments pour tisser une toile où les rapports sociaux occupent déjà la première place.</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Alors me direz-vous, de quoi s’agit-il ? Un jeune homme ambitieux, Philippe Cayol, bourgeois d’origine assez modeste mais audacieux et séducteur, enlève une jeune héritière bien née, au nez et à la barbe de son terrible tuteur, le comte de Cazalis. Or celui-ci ne pourra pas accepter la mésalliance, d’autant que l’on apprend qu’il gère la fortune de sa jeune nièce. En outre Cazalis est député de l’opposition et membre influent de sa caste sociale. Dès le quatrième de ces brefs chapitres, le décor social  et politique du roman est dressé. Nous sommes à la veille de la révolution de 1848, la France hésite encore entre  Régence, République et Monarchie, un brin nostalgique des heures de Gloire Passée, déchirée entre conservatisme légitimiste et progrès Républicain. Quel bouillonnement, quand on pense qu’alors toutes les utopies étaient envisageables !<br />
Nos fuyards se retrouvent rapidement débordés par leur fuite inconsidérée. L’amour est rarement suffisant face aux réalités sordides de la Vraie Vie.  Blanche de Cazalis est rendue à son terrible tuteur, Philippe est  rapidement emprisonné, il revient au héros principal, Marius Cayol, la lourde tâche de sauver son frère et d’arranger le pénible sort de la pauvre Blanche, séduite, abandonnée… Et enceinte ! Ce noir tableau est heureusement embelli par l’arrivée dans l’intrigue de Fine, la bouquetière du Cours Saint Louis. (Notez au passage le joli mot que nous n’employons plus pour désigner ce charmant métier !).</p>
<p>Bien sûr, tous les éléments de l’intrigue sont terriblement connotés. Je vous disais mon premier mouvement de recul pour ces portraits excessivement stéréotypés. Zola  traitant son récit avec les accents de Ponson du Terrail ! Soit. Nous voilà confrontés à deux camps parfaitement définis : d’un côté, les Bons, entendez les modestes et les vertueux : Marius, frère de Philippe, Fine,   et leurs soutiens l’abbé Chastanier, le bon bourgeois Martelli, et encore la figure originale du Comte de Girousse. Dans le camp opposé, les Méchants : de Cazalis, arrogant et cupide, son âme damnée Mathéus, le perfide représentant du clergé vaticanesque l’abbé Donadéi. Autour d’eux circulent quelques personnages haut en couleur, au gré des nécessités du  feuilleton.  Sur cette trame, je n’en dévoilerais pas davantage. Mais comme vous l’imaginez sans peine, un récit aussi résolument manichéen aboutit forcément à une issue… De bon aloi. Ce n’est donc pas pour l’intrigue que l’on se jettera sur ces pages au goût de confitures grand maternelles :   derrière le caractère désuet des mots, il me semble qu’une petite musique empreinte de fraîcheur ne demande qu’à poindre et que ça nous ferait du bien de lui donner la place et l’ampleur de chasser le cynisme ambiant.</p>
<p>À titre thérapeutique, je vous livre cet extrait (page 159) de la révélation amoureuse entre Fine et Marius :</p>
<p><em style="color: #993300;">«  La bouquetière arriva et s’assit sur le rocher à côté du jeune homme qui lui prit la main sans parler. Devant eux s’étendaient la mer et le ciel, d’un bleu doux et pâle. Le crépuscule tombait. Une sérénité profonde alanguissait les derniers bruits et les dernières clartés. Au couchant, de minces lueurs roses jetaient des reflets tendres sur les rochers de la côte. Il y avait des souffles de tendresse dans l’air, une grande voix frissonnante qui allait en s’éteignant.</em></p>
</div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>   Marius, profondément ému,   gardait dans la sienne la main de son amie. Il continuait son rêve. Les yeux à l’horizon, sur cette brume vague où la mer et le ciel se confondent, il souriait tristement. Et, à voix basse, sans en avoir conscience, ses lèvres dirent tout haut ce que pensait son cœur.</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em>   &#8211; Non, non, murmura-t-il, je suis trop laid…</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em>  Fine, depuis l’instant où Marius lui avait pris la main, souriait de son air tendre et sournois. Enfin son ami allait se décider à parler ; elle devinait cela aux regards plus profonds de ses yeux, à la pression lus étroite de sa main. Quand elle entendit le jeune homme dire qu’il était trop laid, elle parut étonnée et fâchée.</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em>   &#8211; trop laid ! cria-t-elle , mais vous êtes beau Marius !</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em>  Fine avait mis tant d’âme dans le cri qui venait de lui échapper, que Marius tourna la  tête et joignit les mains en la regardant avec anxiété. Elle, comprenant qu’elle avait brusquement livré le secret de son cœur, baissa son front qui se couvrait de rougeur. Elle resta ainsi, muette et embarrassée, pendant quelques secondes. Mais elle n’était pas fille à reculer devant l’aveu complet de son amour ; il y avait en elle trop de franchise et de vivacité pour qu’elle consentît à jouer la comédie hypocrite que jouent les amoureuses en pareille occasion. »</em></span></div>
<div style="text-align: justify;"></div>
<div style="text-align: justify;">Au-delà des touches surannées, notamment le vocabulaire décalé (vous avez noté l’utilisation du mot sournois dans une acception légèrement différente de celle que nous entendons aujourd’hui) cette scène d’aveu amoureux me fait penser à Éric Rommer, le cinéaste du « genou de Claire » ou de « ma nuit chez Maud », et je me dis que le temps n’abolit pas tout…</div>
</div>
<div style="text-align: justify;"><em>Les Mystères de Marseille, Émile Zola</em><br />
<em>Éditions Jeanne Lafitte</em><br />
<em>( Septembre 2010)</em><br />
<em>ISBN : 978-2-86276-482-5</em></div>
<div style="text-align: justify;">Autres livres de Zola sur le Hangar : <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/la-fortune-des-rougon-emile-zola/" target="_blank">La Fortune des Rougon</a>, <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/zola-loeuvre/" target="_blank">L&#8217;œuvre</a>, <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/zola-germinal/" target="_blank">Germinal</a></div>
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		<title>Murakami &#8211; Le passage de la nuit</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Sep 2011 11:00:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gouttesdo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Noctambule insomniaque, témoin curieux sans voyeurisme, quiconque a passé quelques nuits blanches  à meubler sans pitié pour le sommeil en fuite, vous allez reconnaître sans peine une part de votre obscure agitation dans la longue errance de Mari tout au long de cette longue, longue nuit que la jeune fille traverse au long des pages [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<div style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/09/passage-nuit.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-3400" title="passage nuit" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/09/passage-nuit.jpg" alt="" width="300" height="487" /></a>Noctambule insomniaque, témoin curieux sans voyeurisme, quiconque a passé quelques nuits blanches  à meubler sans pitié pour le sommeil en fuite, vous allez reconnaître sans peine une part de votre obscure agitation dans la longue errance de Mari tout au long de cette longue, longue nuit que la jeune fille traverse au long des pages de ce roman.</div>
</div>
<div style="text-align: justify;">Il y avait bien longtemps que je souhaitais «  m’attaquer » à  l’univers  de Haruki Murakami. Je n’ai pas été déçue par le récit que donne l’auteur japonais de l’errance insomniaque de la jeune fille. Jusqu’au bout, l’écrivain préserve une grande part du mystère de son héroïne, en maintenant un voile quasi onirique sur les raisons qui la poussent à fuir sa demeure de banlieue pour s’imposer une séance de lecture dans un restaurant impersonnel. Heureusement pour elle, un curieux garçon, étudiant peu convaincu mais joueur de trombone passionné la reconnaît et décide de lui tenir compagnie, un moment du moins. Aux premiers échanges, le lecteur devine que Mari a un souci concernant sa sœur Éri, sans qu’il soit encore possible de deviner la nature de ce problème. Mais le jeune musicien,   dont nous apprenons plus tard qu’il s’appelle Takahashi,   est à l’origine d’une nouvelle rencontre qui rompt définitivement la solitude  recherchée par Mari. Elle fait la connaissance de Kaoru, avec laquelle elle n’aurait jamais dû échanger trois phrases… Ce n’est pas la moindre des surprises qui attendent l’étudiante au cours de cette nuit blanche dans les rues de Tokyo.</div>
<div style="text-align: justify;">L’originalité du passage de la nuit   tient d’abord  au regard particulier  que Haruki Murakami nous convie à porter  sur les personnages  et les situations qu’il a imaginés. La structure et le ton du roman posent le lecteur en situation d’observateur attentif, comme un scientifique passerait au crible l’examen d’une culture de cellules.  Par la   grâce des incipit de chapitres, nous devenons lecteurs témoins, impliqués dans l’attention portée au déroulement de cette nuit.</div>
<div style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>«  La ville s’ouvre à notre regard.</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em>Ce paysage urbain, nous l’observons à travers les yeux d’ un oiseau de nuit qui volerait très haut dans le ciel. Depuis ce point de vie panoramique, la ville apparaît comme une gigantesque créature… » (Incipit du roman, page 7)</em></span></div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Dès lors, le ton de la narration adopte la rigueur et la neutralité d’un rapport ethnologique :</p>
<p><span style="color: #993300;"><em>« Nous sommes dans le restaurant Denny’s . Éclairage banal, efficace néanmoins ; décoration inexpressive et vaisselle neutre ; plan des sols calculé méticuleusement, jusque dans les moindres détails, par des pros en techniques organisationnelles ; musique d’ambiance inoffensive ; employés formés à appliquer fidèlement les procédures décrites dans le manuel. » (pages 8-9)</em></span></p>
<p>Cependant, la sécheresse apparente du relevé précis des éléments du décor nous conduit à devenir attentifs aux failles cachées sous la maîtrise des situations. Ainsi l’ouverture du  chapitre 2 présente la chambre où dort Éri. Comme chaque partie de ce roman, l’ouverture est surmontée d’une horloge dessinée indiquant l’heure du démarrage de la séquence. Il est vingt-trois heures cinquante-sept, minuit moins trois. Nous entrons dans la pièce sur les indications de l’auteur :</p>
<p><span style="color: #993300;"><em>« La chambre est sombre. Notre regard s’habitue peu à peu à l’obscurité. Une femme dort dans le lit. Une belle jeune femme ; Éri, la sœur aînée de Mari. Éri Assaï. Personne ne nous l’a dit  mais nous avons deviné. Un torrent de cheveux noirs déborde de son oreiller.</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em> Nous nous confondons avec un œil qui regarde, ou mieux peut-être, avec un regard caché qui vole l’image de cette femme. Devenu caméra suspendue en l’air, notre œil est apte à se déplacer librement dans la chambre. »</em></span></p>
<p>La force du procédé se révèle abruptement alors que nous avons confortablement accepté notre poste de scrutateur impartial.  Haruki Murakami nous attend au détour du chapitre pour instiller un doute sur l’apparente tranquillité de ce sommeil profond :</p>
<p><span style="color: #993300;"><em>« …Mais la caméra semble avoir perçu une présence par là. Ou bien est-ce un pressentiment . Gros plan sur l’écran. Nous partageons le pressentiment avec la caméra, fixons silencieusement l’écran.</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em> Nous attendons. Retenons notre souffle, tendons l’oreille.</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em> Le réveil affiche 0 :00.</em></span><br />
<span style="color: #993300;"><em> Nous entendons un grésillement d’origine électrique. Au même moment, l’écran acquiert une parcelle de vie et commence à clignoter très légèrement…»</em></span></p>
<p>Évidemment, je me garde de trahir le suspense induit. Car à cet instant, notre raison, qui s’est adaptée au style cartésien du récit, commence à poser des hypothèses. Et la malice de l’auteur nous cueille alors à la croisée des possibles, chamboule notre rationalité, laisse entrevoir des mystères  qui frôlent l’occultisme ou la télépathie, nous obligeant ainsi à plus de vigilance :</p>
<p><span style="color: #993300;"><em>« …Dans cette chambre, quelque chose est sur le point d’arriver. Certainement. Quelque chose sans aucun doute lourd de sens. »</em></span></p>
<p>Impossible dès lors de s’arracher à la suite des événements qui ponctuent la nuit de Mari. En d’incessants aller-retour, nous suivons le grignotage des heures de cette nuit particulière, jusqu’au petit matin,   à l’heure du premier train qui ramène Mari chez elle. Elle pénètre dans la chambre d’Éri…<br />
Mais non, je n’en livrerai pas plus… À votre tour, réservez donc votre prochaine insomnie pour accompagner Mari dans les rues de la métropole nippone.</p>
</div>
<div style="text-align: justify;"><em>Le passage de la nuit, Haruki Murakami</em></div>
<div style="text-align: justify;"><em> 10/18  &laquo;&nbsp;Domaine étrange&nbsp;&raquo; Belfond éditeurs France 2007</em><br />
<em>Édition originale 2004 : After Dark</em><br />
<em>Traduit par Hélène Morita en collaboration avec Théodore Morita</em><br />
<em>ISBN : 978-2-264-04685-7</em><br />
<em>Note : 8/10</em></div>
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		<title>Balzac &#8211; Le Lys dans la Vallée</title>
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		<pubDate>Wed, 11 May 2011 11:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélusine</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Une chose que j’aime au XIXème siècle, c’est que les romanciers cherchent à être à la fois populaires en bons post-révolutionnaires qui revendiquent leur statuts de petites gens, et à la fois nobles en nouveaux représentants de la société française. Et comme je suis une littéraire et pas une historienne, c’est surtout la manière dont cela se voit dans le langage et les intrigues romanesques qui me font sourire.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 5px;" src="http://www.decitre.fr/gi/48/9782253004448FS.gif" alt="valzac" width="230" height="380" />Prenez le <span style="text-decoration: underline;">Lys dans la Vallée</span>. Honoré de Balzac est dans une des périodes les plus productives de sa vie, puisqu’il est lancé dans sa colossale <span style="text-decoration: underline;">Comédie Humaine</span>, lorsqu’il l’écrit. Ce roman s’inscrit pourtant un peu en marge. Roman épistolaire, il s’ouvre sur une lettre d’un certain Félix de Vandenesse à une jeune femme, Natalie, qui, dit-il, le pressait de connaître son passé. Il lui adresse donc un long récit de son enfance : se sentant peu désiré, voir haï, à l’écart dans une famille qui le regarde à peine, il reste longtemps un enfant chétif en mal d’amour, même à l’adolescence. Soudain, à  une soirée, tout s’éclaire : il rencontre une femme qui éveille d’un seul coup ses sens. Il se jette donc sur elle pour l’embrasser dans le cou. Quelle audace, quelle impudeur pour l’époque, rendez-vous compte ! Non point de le faire, (on imagine bien une réalité moins galante que les romans veulent le faire croire), mais de le mettre en scène. Car dorénavant, ce qui poussera Félix auprès d’Henriette de Mortsauf, c’est bien le désir qu’il a d’elle : il languit, il se lamente, il la veut. En témoignent la célèbre composition de ses bouquets, véritable langage érotique qu’il crée pour sa belle :</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>&laquo;&nbsp;Autour du col évasé de la porcelaine, supposez une forte marge uniquement composée des touffes blanches particulières au sédum des vignes en Touraine ; vague image des formes souhaitées, roulées comme celles d’une esclave soumise. De cette assise sortent les spirales des liserons à cloches blanches, les brindilles de la bugrane rose, mêlées de quelques fougères, de quelques jeunes pousses de chêne aux feuilles magnifiquement colorées et lustrées ; toutes s’avancent prosternées, humbles comme des saules pleureurs, timides et suppliantes comme des prières. Au-dessus, voyez les fibrilles déliées, fleuries, sans cesse agitées de l’amourette purpurine qui verse à flots ses anthères presque jaunes  […] Du sein de ce prolixe torrent d’amour qui déborde, s’élance un magnifique double pavot rouge accompagné de ses glands prêts à s’ouvrir, déployant les flammèches de son incendie au-dessus des jasmins étoilés et dominant la pluie incessante du pollen, beau nuage qui papillote dans l’air en reflétant le jour dans ses mille parcelles luisantes ! Quelle femme enivrée par la senteur d’Aphrodise cachée dans la flouve, ne comprendra ce luxe d’idées soumises, cette blanche tendresse troublée par des mouvements indomptés, et ce rouge désir de l’amour qui demande un bonheur refusé dans les luttes cent fois recommencées de la passion contenue, infatigable, éternelle ?&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">En vain cependant. Car sa belle est aussi une madonne. Sortie d’une enfance aussi malheureuse que celle de notre mal nommé Félix, elle est maintenant prisonnière d’un mariage avec un fantasque époux parfois colérique et violent, et auquel elle est retenue par son sacro-saint rôle d’épouse et de mère, dévouée corps et âme à deux enfants chétifs et maladifs, comme… Félix lui-même. Et oui, cette Henriette aimée a quelques paires d’années de plus que Félix, et cette mère débordante d’amour n’envisagera jamais d’aimer Félix autrement que comme une mère, une sœur, une tante, mais restera inaccessible comme amante, trop pure, telle le lys blanc qui lui donne son surnom. Voilà un bel Œdipe qui se dessine.</p>
<p style="text-align: justify;">A défaut d’être sa maîtresse, Henriette de Mortsauf sera son guide. Avec elle, il va terminer de grandir, mais surtout, elle va lui fournir tous ses conseils pour réussir dans le monde et devenir un homme habile, respecté, un vrai dandy comme il y en a tant chez Balzac, Maupassant et les autres. En un mot, elle va faire de lui un homme, de toutes les façons… sauf celle qu’il voudrait. Et lorsque le garçon, lassé des années de chasteté imposées, va enfin s’encanailler avec une Anglaise moins farouche, elle est la première à en mourir de chagrin façon héroïne tragique.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce roman, c’est donc la sublimation des frustrations sexuelles de ses deux protagonistes. Mais on est chez Balzac. Et on est au XIXème siècle, époque où la littérature rime encore avec poésie. Alors, en ciselant ses descriptions comme des petits bijoux, Balzac va dissimuler cette sensualité bien trop basse encore (Zola et sa <span style="text-decoration: underline;">Nana</span> vont bientôt arriver…) derrière des métaphores et des ornements, et faire de ses descriptions de véritables tableaux impressionnistes, qui correspondent mieux à sa réputation de romancier descriptif.</p>
<p style="text-align: justify;">Soyons bas et populaires, mais ne le disons pas trop fort : nous sommes de nobles poètes, que diable !</p>
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		<title>Maupassant &#8211; Contes de la Bécasse</title>
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		<pubDate>Sat, 07 May 2011 11:00:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hazel</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/05/contes.gif"><img class="size-full wp-image-2995 aligncenter" style="margin-top: 5px; margin-bottom: 5px;" title="contes" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/05/contes.gif" alt="" width="285" height="430" /></a>Maupassant, c&#8217;était pour moi ce gros cliché de la vieillotte littérature française, qu&#8217;on ressort à l&#8217;étranger. Je me souviens de ma grand-mère, ukrainienne, qui me vantait Maupassant et Zola, Balzac et Flaubert, des auteurs avec lesquels je ne me sentais pas capable de lier même de très fins liens. Car moi, je préfère éternellement cette littérature légère de mots, lourde de sens, ou bien celle qui ressemble à une fête foraine : dans les magasins de livres je file du côté de Camus ou de Beckett, de Queneau ou de Vian. Alors, quand on me parlait de ces réalistes pompeux et ennuyants, je me taisais après avoir dit &laquo;&nbsp;j&#8217;aime pas&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: justify;">Sauf que dans ma bibliothèque, j&#8217;ai déniché un vieux bouquin, <span style="text-decoration: underline;">Les Contes de la Bécasse</span> de Guy de Maupassant, que j&#8217;avais vaguement survolé au collège, lorsque je découvrais la littérature. Bien évidemment, à l&#8217;époque je m&#8217;en fichais de l&#8217;exquis de l&#8217;écriture, je m&#8217;ennuyais à mourir devant les deux malheureuses nouvelles de cinq pages que nous avions à lire en sixième. Mais n&#8217;ayant rien à lire je l&#8217;ai sorti. Et je me suis plongée dedans tant et si bien que pour la première fois de ma vie j&#8217;ai raté mon arrêt de bus à force d&#8217;avoir le nez dans les lignes.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce recueil de nouvelles est constitué de 17 courtes histoires aucunement liées si ce n&#8217;est que par la première, que je me permets de vous livrer en version écourtée (par moi) :</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">&laquo;&nbsp;Le vieux baron des Ravots avait été pendant quarante ans le roi des  chasseurs de sa province. [...]<br />
À l’automne, au moment des chasses, il invitait, comme à l’ancien  temps, ses amis, et il aimait entendre au loin les détonations. Il les  comptait, heureux quand elles se précipitaient. Et, le soir, il exigeait  de chacun le récit fidèle de sa journée.<br />
Et on restait trois heures à table en racontant des coups de fusil. [...]<br />
Mais il existait dans la maison une vieille coutume, appelée le « conte de la Bécasse ».<br />
Au moment du passage de cette reine des gibiers, la même cérémonie recommençait à chaque dîner.<br />
Comme ils adoraient l’incomparable oiseau, on en mangeait tous les  soirs un par convive ; mais on avait soin de laisser dans un plat toutes  les têtes.<br />
Alors le baron, officiant comme un évêque, se faisait apporter sur  une assiette un peu de graisse, oignait avec soin les têtes précieuses  en les tenant par le bout de la mince aiguille qui leur sert le bec. Une  chandelle allumée était posée près de lui, et tout le monde se taisait, dans l’anxiété de l’attente.<br />
Puis il saisissait un des crânes ainsi préparés, le fixait sur une  épingle, piquait l’épingle sur un bouchon, maintenait le tout en  équilibre au moyen de petits bâtons croisés comme des balanciers, et  plantait délicatement cet appareil sur un goulot de bouteille en manière  de tourniquet.<br />
Tous les convives comptaient ensemble, d’une voix forte :<br />
— Une, — deux, — trois.<br />
Et le baron, d’un coup de doigt, faisait vivement pivoter ce joujou.<br />
Celui des invités que désignait, en s’arrêtant, le long bec pointu  devenait maître de toutes les têtes, régal exquis qui faisait loucher  ses voisins. [...]<br />
Puis, quand il avait achevé le dernier, il devait, sur l’ordre du baron, conter une histoire pour indemniser les déshérités.<br />
Voici quelques-uns de ces récits :&nbsp;&raquo;</span></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em>S</em>&#8216;en suivent seize histoires, qu&#8217;on imagine racontées au coin du feu après un délicieux et abondant repas. Nous avons affaire dans ce recueil au style réaliste de l&#8217;auteur, qui nous dépeint, à travers ces courts bouts de vie qui s&#8217;enchaînent, un paysage, celui de la Normandie natale de Guy de Maupassant, avec un décor tout à fait paysan, complété par des dialogues incompréhensibles qui nous dévoilent ce qu&#8217;était l&#8217;accent des gens simples de l&#8217;époque.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">&laquo;&nbsp;Charlot, debout sur le seuil de sa chaumière,le regardait passer.<br />
Le soir, au souper, il dit aux vieux :<br />
- Faut-i qu&#8217;vous ayez été sots pour laisser prendre le p&#8217;tit aux Vallin !<br />
Sa mère répondit obstinément :<br />
- J&#8217;voulions point vendre not&#8217; éfant !&nbsp;&raquo;</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">La chasse, l&#8217;argent, la beuverie, l&#8217;amour, sont le train-train quotidien de ce monde à la fois lugubre et tumultueux que Maupassant parvient à poétiser en quelques paragraphes. Leur vie si banale nous semble presque exotique. On s&#8217;étonne de trouver que la majorité des contes, publiés entre 1882 et 1883 dans &laquo;&nbsp;Gil Blas&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Le Gaulois&nbsp;&raquo; (deux quotidiens de l&#8217;époque), comporte des liens, des ressemblances avec la vie campagnarde de nos jours. Certes, toutes ces histoires de trahison et de crime ne sont plus d&#8217;actualité mais l&#8217;atmosphère qui y règne nous rend parfois nostalgique de la petite maison de village où certains passaient leurs étés enfantins et où nos parents, au coin du feu nous racontaient des histories après le repas&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">&nbsp;</p>
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		<title>Enard – Parle-leur de Batailles, de Rois et d’Elephants</title>
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		<pubDate>Thu, 20 Jan 2011 11:00:06 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/01/enard_parle_leur.jpg"><img class="size-full wp-image-2839 alignleft" style="margin: 5px;" title="enard_parle_leur" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/01/enard_parle_leur.jpg" alt="" width="207" height="405" /></a>Parle-leur de Batailles, de Rois et d’Eléphants</span> est un ouvrage de la  rentrée littéraire 2010 ayant obtenu le Prix Goncourt des Lycéens, mais c&#8217;est surtout un véritable coup de cœur. A  Constantinople, au début au XVIe siècle, l’artiste Michel-Ange est  invité par le sultan Bajazet à construire un pont. Alors que le pape  Jules II, pour lequel il doit réaliser une sépulture, ne daigne pas lui  répondre, Michel-Ange voit ici l’occasion de se venger de son silence.  De plus, cadet de 20 ans de Léonard de Vinci qu’il trouve détestable,  Michel-Ange a ici l’opportunité de prouver sa supériorité sur cet  artiste de renom. A Constantinople, il devient ami avec Manuel, son  traducteur, et avec Mesihi le poète. Cependant, son séjour à l’étranger  n’est pas toujours simple : il est dans une ville où il ne maîtrise ni  la langue ni les coutumes. Mais un artiste (un chanteur ou une  chanteuse, le lecteur ne le sait pas immédiatement) intrigue  particulièrement Michel-Ange qui va tenter d’en savoir davantage sur  cette personne. Son ouvrage avance très lentement. Il reçoit une lettre  anonyme dans laquelle on le menace de faire part au pape de ses  activités s’il ne rentre pas immédiatement en Italie.</p>
<p style="text-align: justify;">L’intérêt de ce  livre provient également du fait que l’auteur nous retranscrit les notes  que Michel-Ange écrit dans son carnet ou les lettres qu’il envoie en  Italie. Il évoque également la guerre et les exécutions publiques.  D’autre part, le lecteur est particulièrement intrigué par un narrateur  mystérieux qui s’adresse à Michel-Ange. De qui s’agit-il ? Cet ouvrage  est vraiment prenant, j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher. Inspiré par  des documents réels, j’ai beaucoup appris sur Michel-Ange. En effet,  comme nous pouvons le lire <em>&laquo;&nbsp;l’œuvre de Michelangelo Buonarroti devra  beaucoup à Istambul&nbsp;&raquo;</em>. De plus, on peut y lire des interrogations de  l’époque qui sont toujours valables de nos jours, comme par exemple :  <em>&laquo;&nbsp;Combien faudra-t-il d’œuvres d’art pour mettre la beauté dans le monde  ?&nbsp;&raquo;</em>. En bref, un ouvrage excellent que je vous recommande vivement.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://decouverteslivresques.blogspot.com ">Anne-Sophie</a></strong></p>
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		<title>Danse : Vancouver versus Vancouver, de F. Ramalingom</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Dec 2010 11:00:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hazel</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">La salle est spacieuse, sombre, étrangement apaisante. Il y a sept ou huit rangs de sièges &#8211; de simples bancs avec des coussins pour être confortablement assis. On s&#8217;assoit, impatients de voir ce qui nous attend, mais sereins toutefois. En face de nous un carré blanc, d&#8217;environ dix ou quinze mètres de cotés : la scène. A droite, au fond de la salle un écran, suspendu dans les airs.</p>
<p style="text-align: justify;">Un homme et une femme, vêtus de rouge entrent en scène, puis, doucement, se tournent entre eux, se séparent, nous observent, et une voix retentit dans la salle. Une voix anglaise, avec la traduction retranscrire sur l&#8217;écran. Une histoire&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>&laquo;&nbsp;ou comment mettre en rapport des éléments de l&#8217;espace de la scène afin d&#8217;écrire une ou des histoires. Comment on regarde / voit sous l&#8217;influence de ce qu&#8217;on entend / écoute. En l&#8217;occurrence, comment on lit la présence des interprètes et leurs actions sous l&#8217;influence de voix préenregistrées, composant ainsi plusieurs niveaux de rapport et d&#8217;adresse. Une suite, dans le sens musical du terme, des bouts de conversation qui font résonner les sens. Et des histoires, des bouts d&#8217;histoires se croisent et se mêlent et font histoire. Créer du sens avec les sens.&nbsp;&raquo;</em></span> nous renseigne le chorégraphe, Fabrice Ramalingom sur ce spectacle qu&#8217;il a monté en 2008.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/vvv2.jpg"><img class="size-full wp-image-2439 aligncenter" title="vvv2" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/vvv2.jpg" alt="" width="267" height="263" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Daelik et Delia sont les directeurs de la compagnie de danse MACHINENOiSY. Danseurs de contact mais acteurs avant tout, ils nous livrent, en 45 minutes leur émotions, qui passe pas tant par leur danse &#8211; tantôt sensuelle tantôt grotesque &#8211; que par la voix off, déstabilisante. Ce sont leur voix, leurs histoires. Lors du solo de Daelik, la voix off, retranscrite sur écran en français nous raconte la mort d&#8217;un homme, nous entendons par moment le nom de Jim Stark, une histoire sanglante, des revolvers. <span style="text-decoration: underline;">La Fureur de Vivre</span>. Ce sont les émotions, tant bien que mal mises en mots que le danseur a écrit en se ressouvenant de ce film des années cinquante, et qui l&#8217;avait beaucoup marqué. Durant la danse, son corps est attaqué par lui-même, sa main, puis l&#8217;autre lui font la guerre, le frappent, le font tomber, et cet homme mort qui résonne dans nos oreilles, tout se lie : le mal-être, l&#8217;agonie.</p>
<p style="text-align: justify;">Le solo de Delia commence doucement, de façon saccadée, ses gestes sont travaillés mais désarticulés, son corps se livre à la danse comme à une tortue qu&#8217;elle  appréhendait, elle tombe, se relève, tremble, traverse la salle en courant, en sautillant pendant que la voix nous demande, d&#8217;un ton menaçant, ironique <span style="color: #993300;"><em>&laquo;&nbsp;pourriez-vous tuer vos enfants ? Dans quelles circonstances pourriez-vous tuer vos enfants ?&nbsp;&raquo;</em></span>. S&#8217;en suit une historie horrible, glauque d&#8217;une mère qui a tué ses gosses, avec une description de l&#8217;assassinat : le coussin pour étouffer le gamin, ses cris, ses membres agités qui se débattaient pour sauver sa vie, la voix off pleure, murmure, mais arrive tant bien que mal à achever son histoire. Delia, il y a quelques années, a vu une pièce de théâtre qui relatait une histoire similaire : une femme qui tue ses enfant. La danseuse n&#8217;a pas tenu jusqu&#8217;au bout &#8211; elle a deux enfant et l&#8217;idée de leur donner la mort lui retournait les tripes &#8211; elle est sortie de la salle en courant et dans le long couloir qui séparait la salle du hall d&#8217;entrée elle entendait encore les voix des acteurs, qui parlaient de l&#8217;infanticide immonde. Elle finit allongée au sol, en face de son partenaire, à quelques mètres de lui : l&#8217;histoire nous raconte qu&#8217;en sortant de la salle elle court dans un magasin pour acheter un chandail rose et un t-shirt rouge.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos yeux circulent de l&#8217;écran à la scène, le temps de lire deux phrases, les acteurs ont déjà changé d&#8217;endroit, de posture. Nous apercevons Daelick qui essaie de s&#8217;évader lorsque Delia raconte &#8211; par sa danse, par le texte &#8211; ses sensations invivables, nous voyons avec surprise Delia qui nous observe pendant que nous &#8211; le public &#8211; essayons en vain de suivre le texte et les mouvement de Daelik. La vue, dédoublée est brouillée par l&#8217;ouïe, le bruit assourdissant et métallique entre deux séquences d&#8217;histoires nous met encore plus mal à l&#8217;aise. Lors des duos nous avons droit a un véritable show de catch, les danseurs se sautent dessus, s&#8217;aplatissent par terre, se tordent les bras dans des position qui font plus que suggérer l&#8217;acte sexuel, c&#8217;est ridicule, la salle rit. Une autre fois, tout à la fin, en un souffle les corps deviennent doux, s&#8217;enlacent, se cherchent, se roulent dessus, debout, assis, allongés, de caressent et se retournent, c&#8217;est presque aussi sensuel qu&#8217;un tango argentin, mais les mouvement sont lent et attentionnés. Il s&#8217;arrêtent l&#8217;un en face de l&#8217;autre, se tournent vers nous, traversent la scène et al lumière s&#8217;éteint.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/vvv3.jpg"><img class="size-full wp-image-2440 aligncenter" title="vvv3" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/vvv3.jpg" alt="" width="354" height="270" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Je ne sais pas si j&#8217;ai bien compris, je ne sais même pas s&#8217;il y a quelque chose à comprendre. Lors de la rencontre avec les deux danseurs et le chorégraphe, juste après la représentation une fille de mon lycée qui fait de la danse a dit qu&#8217;à chaque spectacle elle a l&#8217;habitude de vouloir comprendre les gestes, le choix des costumes, des musique mais que là, elle a <em>vécu</em> la danse et que ceci ne nécessite pas de compréhension. Peut-être avait-elle raison.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le choix des costumes, la réponse est simple, comme tout le reste au final : ils sont canadiens, alors on les habille de rouge et blanc. Ils sont deux, dans l&#8217;intimité du couple et de l&#8217;angoisse, alors il n&#8217;y a qu&#8217;une lumière dans un coin de la scène, une petite veilleuse posée par terre. Quant au titre, <em>Vancouver versus Vancouver</em>, il faut simplement référence aux tension qu&#8217;il y a entre les chorégraphes de cette ville canadienne.</p>
<p style="text-align: justify;">En fait, il n&#8217;y a pas tellement d&#8217;interprétations à faire. La recherche qu&#8217;a fait F. Ramalingom sur le rapport de la danse au texte permet de ne pas se focaliser que sur la danse, il a choisi de faire passer l&#8217;émotion par un texte et non par une musique ce qui restreint le choix de la lecture du spectacle. Je crois que l&#8217;effet désiré est d&#8217;impliquer le spectateur dans ce que raconte la danse, d&#8217;autant plus qu&#8217;à plusieurs reprises les danseurs entre en contact avec le public, par le regard, par des gestes. On pourrait penser que l&#8217;écran où se traduit le texte pourrait être une interférence, mais non, il est d&#8217;autant plus intéressant de ne pas se focaliser seulement sur les danseurs, d&#8217;en perdre quelques bribes car la séquence manquée n&#8217;est pas vide mais remplie par notre imagination grâce à l&#8217;histoire.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/vvv1.jpg"><img class="size-full wp-image-2441 aligncenter" title="vvv1" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/vvv1.jpg" alt="" width="245" height="307" /></a></p>
<p style="text-align: right;">Montpellier Danse.10 &#8211; Agora (cité internationale de la Danse), Studio Bagouet.</p>
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		<title>Histoire de l’Art – Mystère et représentation, ou comment écouter un tableau</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2010 14:23:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je vois bien souvent dans les musées, et c&#8217;est une attitude que j&#8217;ai parfois aussi moi-même, souvent par fainéantise, les visiteurs ne s&#8217;attarder que quelques secondes sur les tableaux que propose une exposition. Considérant naturellement la richesse esthétique comme premier intérêt et atout de l&#8217;œuvre présentée, nous ne prenons pas souvent le temps de nous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je vois bien souvent dans les musées, et c&#8217;est une attitude que j&#8217;ai parfois aussi moi-même, souvent par fainéantise, les visiteurs ne s&#8217;attarder que quelques secondes sur les tableaux que propose une exposition. Considérant naturellement la richesse esthétique comme premier intérêt et atout de l&#8217;œuvre présentée, nous ne prenons pas souvent le temps de nous interroger sur quels messages peut contenir cette dernière. C&#8217;est souvent ce qui explique le certain désintérêt d&#8217;une grande partie des gens pour l&#8217;art contemporain : peu d&#8217;accessibilité esthétique, et encore moins significative. Pourtant, si des siècles et des siècles de peinture nous ont laissé un trésor pictural en constante évolution, la peinture a aussi pris part à son temps, et a su délivrer un certain nombre de messages. Si certains sont très clairement explicites, on peut prendre pour exemple <em>La Liberté guidant le peuple</em> (<a href="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a7/Eug%C3%A8ne_Delacroix_-_La_libert%C3%A9_guidant_le_peuple.jpg" target="_blank">lien ici</a>) de Eugène Delacroix, d&#8217;autres sont néanmoins à déchiffrer au fil du temps et des différents regards des historiens de l&#8217;Art. Depuis les créations et performances, lourdes de sens et de réflexions sur l&#8217;art, de Joseph Beuys dans les années 60/70, ces derniers se sont accordés à définir leur discipline comme interprétation d&#8217;œuvres. L&#8217;interprétation, si elle fait appel à l&#8217;objectif, le fait aussi naturellement au subjectif ; c&#8217;est pourquoi, au lieu de se contenter d&#8217;accorder telle œuvre aux notions biographiques et esthétiques de son auteur, les historiens de l&#8217;art nous donnent aujourd&#8217;hui de nouvelles façons de considérer les tableaux, en prenant en compte l&#8217;évolution de leur regard au fil du temps, et tout le contexte sociétal et le milieu ambiant qui ont entouré leurs créations. Ainsi, on peut aussi dire qu&#8217;il n&#8217;y a plus une seule mais plusieurs interprétations possibles à chaque tableau.</p>
<p style="text-align: justify;">La pratique illustre bien mieux le propos, c&#8217;est pourquoi je me permets de donner à cet article un intérêt pédagogique, en y glissant l&#8217;analyse d&#8217;un tableau de l&#8217;époque Moderne (1492 &#8211; 1789 selon les définitions). Considérez que cet article est la retranscription écrite d&#8217;un exposé que j&#8217;ai eu la chance de suivre à l&#8217;université Paul Valéry de Montpellier, assuré par le maître de conférence en histoire de l&#8217;Art, spécialiste de l&#8217;Art des Temps Modernes, Thierry Verdier.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">L&#8217;œuvre dont je vais retranscrire l&#8217;analyse est la suivante : <em>Les Enfers</em>, de François de Nomé (1593 &#8211; 1634). Le tableau a été peint à Naples en 1622.</p>
<p style="text-align: justify;"><img src="http://www.dol-celeb.com/images/lieux/enfers.jpg" alt="" width="480" height="360" /></p>
<p style="text-align: justify;">Tout d&#8217;abord un petit point biographique sur son auteur. François de Nomé est originaire de Metz. On sait très peu de choses sur lui, sinon qu&#8217;il a fui la Lorraine pour l&#8217;Italie dans les années 1615/1620. L&#8217;essentiel de son activité se concentre dans ce pays. Comme beaucoup d&#8217;artistes, il a quitté sa contrée pendant la Guerre de Trente Ans, et a trouvé refuge d&#8217;abord à Rome, puis à Naples. L&#8217;Italie est alors la patrie artistique de l&#8217;Europe, terre de référence de la Renaissance. A Naples, De Nomé plonge dans un univers artistique davantage fondé sur le culte du ténébrisme (inspiré du travail du Caravage, mais se nourrissant de contrastes plus violents). Souvent, le ténébrisme met en valeur des sentiments tels que la peur, l&#8217;angoisse, retranscrit en quelques sortes une horreur infernale ou guerrière. Cependant, on ne peut limiter le genre à ces simples expositions puisque Georges de la Tour a par exemple utilisé cette technique lors de peintures à la bougie, portraits ou natures mortes.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Les enfers</em> exploite une thématique relativement classique &#8211; pour reprendre les mots de Thierry Verdier : &laquo;&nbsp;has been&nbsp;&raquo; &#8211; lors de la Renaissance. En effet, la peinture religieuse du XVIIème siècle est bien souvent plus axée sur le culte du Nouveau Testament, et donc des scènes reprenant ses thématiques comme le Paradis, les descentes des Anges, le parcours du Christ, telles qu&#8217;on peut en trouver chez Rubens, Velàzquez, ou Vignon. Le choix d&#8217;un thème de l&#8217;Ancien Testament peut donc nous étonner, d&#8217;autant qu&#8217;un peintre qui veut vivre doit parfois être en phase avec la demande générale. Cependant, paradoxalement, le choix du ténébrisme, de cette scène nocturne, n&#8217;est pas archaïque du tout. C&#8217;est, comme on l&#8217;a vu précédemment, un genre qui se popularise tout de suite après le passage du Caravage et se poursuit notamment avec De La Tour.</p>
<p style="text-align: justify;">Esthétiquement parlant, on peut dégager quelques évidences de cette toile : tout d&#8217;abord, la forte impression de lumière, donnée par ces jeux de contrastes incessants, entre le sombre, l&#8217;obscur, et l&#8217;ocre, le jaune, voire parfois un certain blanc, éclatants. Ce dégagement de lumière donne une impression d&#8217;engloutissement, renforcée par les dimensions de la toile, 175cm x 113cm. Au niveau des couleurs, le tableau suit un schéma composé de deux couleurs majeures, l&#8217;ocre/or et le brun/noir. Toutes les nuances de couleurs, nombreuses, se dessinent autour de ces catégories. On remarque une multitude de petits détails (vous pouvez la voir en grand <a href="http://carnetsdepierre.files.wordpress.com/2009/12/francois-de-nome-les-enfers.jpg" target="_blank">en cliquant ici</a>), de petits bonshommes jaunes, des sortes de figures géométriques. Une analyse formelle et iconographique va ainsi nous révéler, petit à petit, le sens que peut prendre ce tableau. Ensuite, il s&#8217;agira de mettre justement en relation l&#8217;interprétation dégagée avec le contexte qui a cerclé la création de l&#8217;œuvre.</p>
<p style="text-align: justify;"><img style="margin: 10px; float: left;" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/11/lesenfers1.png" alt="" width="95" height="102" /></p>
<p style="text-align: justify;">Cette partie, en bas à gauche de la toile, fait appel à une première allégorie. On y voit une femme, de couleur très pâle, assise sur un trône. Se tient à côté d&#8217;elle un homme plutôt vieux, arborant une longue barbe et un trident, dans une attitude sereine, voire décontractée. Naturellement, on reconnaîtra tout de suite Hadès (ou Pluton dans la mythologie romaine) aux côtés de son épouse (un peu forcée) Perséphone (ou Proserpine). Ils se tiennent là, en Enfer, comme dans leur royaume &#8211; la présence du trône le montre bien, tout comme l&#8217;attitude de Hadès. Ils sont à la fois rois et gardiens du lieu.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/11/lesenfers2.png" alt="" width="53" height="200" /></p>
<p style="text-align: justify;">Toujours à gauche, mais cette fois, au dessus du couple, on peut observer une sorte de construction souterraine. On remarque des colonnes, des voûtes et pilastres gothiques. On peut reconnaître une église. Une église au beau milieu de l&#8217;Enfer si vous voulez. Cette représentation peut impliquer l&#8217;idée qu&#8217;il y a alors en enfer un royaume construit, et non simplement une grotte affreuse traversée notamment par le Styx et l&#8217;Achéron. On peut donc voir, en quelques sortes, une forme de symétrie entre le royaume des vivants et celui des morts, la société entourant François de Nomé, et les Enfers. D&#8217;autant plus que la royauté en tant que telle est une forme de construction, d&#8217;évolution. On a ici l&#8217;impression d&#8217;assister au spectacle d&#8217;un outre-monde parfaitement parallèle au monde des vivants.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><img style="margin: 10px; float: left;" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/11/lesenfers3.png" alt="" width="103" height="300" /></p>
<p style="text-align: justify;">Tout juste à droite de ces deux premiers plans se tient un grand frontispice. Mis en relation avec l&#8217;Eglise alors juste à gauche, on peut dégager la présence d&#8217;une chapelle grâce à certains éléments constitutifs. Tout d&#8217;abord, en bas de l&#8217;image, remarquez un autel sur lequel repose, dévoré par des corbeaux, un cadavre squelettique, sans doute d&#8217;un cheval. Au dessus, sur le frontispice, deux sculptures assez mortifères : à gauche un squelette drapé portant une faux, allégorie de la mort, qui va en contradiction avec les statues habituellement présentes dans les chapelles, à savoir des Saints ou des protecteurs. A droite, une figure plus féminine, en décomposition assez morbide, portant une torche. Cette allégorie, moins nette que la précédente, est représentative de ce qu&#8217;on appelle en latin &laquo;&nbsp;fortuna&nbsp;&raquo;, à savoir la destinée. La présence de cette allégorie en décomposition est-elle le signe d&#8217;une disparition de la destinée en enfer ? On remarque aussi, juste en dessous de l&#8217;autel, la roue qui accompagne habituelle la &laquo;&nbsp;fortuna&nbsp;&raquo;. Or, celle-ci est brisée : le symbole est donc très nette. La mort, l&#8217;enfer, marque la fin de la vie et du destin. Juste au dessus de nos deux statues se dresse une sorte de fronton sur lequel sont entreposés, trois cadavres, accompagnés en lieu et place des trophées de guerre et croisades habituellement présents dans une chapelle, de monceaux de corps, de membres, d&#8217;ossements. Cela nous annonce donc un triomphe, oui mais lequel&#8230; celui de la mort, et non de la victoire et de la vie. Toute cette signalétique met en avant un monde de disparition et de détresse. On ne trouve pas d&#8217;armes parlantes, autrement dit, d&#8217;objets signalant l&#8217;appartenance à un titre de noblesse : sommes-nous donc tous égaux face à la mort ? Ce frontispice nous montre donc un véritable cheminement symbolique qui aboutit alors sur quatre blasons. Des études menées par des historiens de l&#8217;Art démontrent qu&#8217;ils appartiennent à de grandes familles napolitaines, possiblement les commanditaires de ce tableau.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><img style="margin: 10px; float: left;" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/11/lesenfers4.png" alt="" width="200" height="218" /></p>
<p style="text-align: justify;">Venons en maintenant à la partie droite du tableau. Nous ne nous y attarderons que brièvement car elle est moins chargée de symboles que les précédentes. On peut cependant y voir une multitude de détails, représentations logiques de l&#8217;image qu&#8217;on a de l&#8217;Enfer à cette époque. Les imaginaires collectifs ne pouvaient alors se baser que sur plusieurs littératures (en effet, si beaucoup de gens vont en Enfer, peu en reviennent assez entiers pour livrer leur témoignage !) : l&#8217;évocation de l&#8217;Enfer dans la mythologie grecque, dans la mythologie latine sous Auguste où l&#8217;image de l&#8217;Enfer se précise un peu plus (apparition de plusieurs créatures comme le Cerbère, ou des fleuves infernaux), dans la Bible, et enfin dans la Divine Comédie de Dante. On remarque donc beaucoup des images que l&#8217;on retrouve dans toutes ces références : des cadavres nus, des pendus, des personnages jetés au fleuve à l&#8217;eau trouble, des espèces de toiles d&#8217;araignées, Charon et sa barque, le Cerbère, des hommes ébouillantés. Tout n&#8217;est que vision d&#8217;horreur et de morbidité. On trouve cependant une plus nette illustration de la littérature pré-augustine que chrétienne. En haut à droite de la toile se trouve alors un des symboles les plus frappants du tableau. On peut y remarquer une sorte de construction rappelant le frontispice et son Eglise. On peut en effet penser qu&#8217;il s&#8217;agit là d&#8217;une église ou d&#8217;une cathédrale, à la différence près que celle-ci est en feu et en ruines. On remarque des arcs brisés, une rosace ruinée, des piliers et des ogives anéanties au milieu de ce qu&#8217;on pourrait croire être une explosion de lave. Une image donc assez terne, bien que haute en couleur, du lieu principal du rachat des âmes. Cette église fait le lien entre le monde des vivants et les Enfers. Elle donne l&#8217;impression que le cheminement obligatoire de tout chrétien va se tourner automatiquement vers l&#8217;Enfer. Voilà une problématique intéressante&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><img style="margin: 10px; float: left;" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/11/lesenfers5.png" alt="" width="200" height="85" /><br />
Enfin, pour finir, attardons nous un instant sur l&#8217;image de ces trois vieillards, sous l&#8217;autel, accompagnés d&#8217;un petit phylactère parcheminé portant l&#8217;inscription &laquo;&nbsp;Heu mihi quia inferno nulla est redempto.&nbsp;&raquo; Pauvre de moi, parce qu&#8217;en enfer nul n&#8217;est pardonné.&nbsp;&raquo; (Pardonnez moi si je suis inexact dans la traduction.) Cette phrase est cependant tirée de l&#8217;office de Pâques, elle est donc typiquement religieuse et fait référence à la Passion du Christ dans la Bible. Les trois vieillards, lors de la Renaissance, représentent les trois âges de la philosophie : Platon ou Socrate illustrent l&#8217;Antiquité, Ptolémée la philosophie dite &laquo;&nbsp;arabe&nbsp;&raquo; ou mathématique, et enfin Saint Augustin la philosophie chrétienne. Ces trois étapes de la pensée humaine marquent une continuité qui est abouti par la relation entre le laïque, le sacré et le surnaturel (ou le nombre).</p>
<p style="text-align: justify;">Au final, on voit donc que la toile de François de Nomé est une sorte de brassage. Elle se veut un syncrétisme universel. Elle prend en elle religion, hommes, mythologies, philosophie et les mets au même niveau. On a donc face à nous, non pas une toile sans intérêt, &laquo;&nbsp;has been&nbsp;&raquo; comme on pouvait le penser au début, mais une vision bel et bien novatrice, dépassant l&#8217;imaginaire antique des Enfers. Ce tableau apparaît comme une critique presque hérétique de la société ultra-religieuse de la Renaissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors la question que l&#8217;on doit se poser pour mettre un terme à ces recherches est : Pourquoi ? Qu&#8217;est ce qui explique autant de symboles dans cette œuvre ?</p>
<p style="text-align: justify;">Rappelons tout d&#8217;abord que <em>Les enfers</em> a été peint à Naples. Or, dès 1620, la cour napolitaine a permis le rassemblement d&#8217;esprits hostiles au christianisme. En effet, la tendance religieuse propre à la ville et surtout à sa cour tendant vers l&#8217;ésotérisme. A savoir, un monde créé par le malin, le diable. En effet, cette réflexion part d&#8217;un constat qui se suffit à lui-même : si Dieu avait réellement créé la vie, nous vivrions dans un monde admirable, plein d&#8217;amour, sans horreurs et sans guerres. Quelle importance d&#8217;une présence de l&#8217;enfer alors que c&#8217;est justement l&#8217;enfer sur Terre. En effet, nous sommes alors en pleine période de guerres européennes, des guerres qui ravagent, font des milliers de morts et de blessés, plongent les états dans la pauvreté. Monde de mensonge ! Cette certitude est fondée sur un certain scepticisme qui est plutôt à la mode à cette époque, on le retrouve notamment chez Descartes et ses méditations (bien que l&#8217;idée de la Création reste fortement ancrée chez ce dernier). On peut donc se demander si François de Nomé n&#8217;a pas été l&#8217;instrument de ce cénacle napolitain dont on parlait.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;autre part, le début du XVIIème siècle marque le renouveau des sciences occultes et notamment de l&#8217;alchimie (cela consiste, pour résumer, à pratiquer des expérimentations afin d&#8217;atteindre la gnose, le savoir supérieur universel fondé sur la connaissance du monde, de la magie naturelle et de la magie cérémonielle) qui est une science hérétique et abolie. On constate en Europe, et notamment en Belgique, en Angleterre ou à Prague, un net regain de ces pratiques. Beaucoup de personnages tout à fait spéciaux apparaissent (finissant souvent sur un bûcher) avec des théories toutes aussi extravagantes. On peut citer pour exemple Isaac Newton, qui en dehors de ses heures de sieste sous un pommier, pratiquait en grand nombre des expériences alchimiques. François de Nomé est donc quelque part dépositaire de ce monde d&#8217;alchimistes.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Nous avons donc vu à travers ce commentaire, comment une œuvre à priori commune, pouvait recéler de nombreux trésors et marquer ainsi bien plus l&#8217;intérêt de ses spectateurs. Il est nécessaire pour bien comprendre une œuvre de lever le voile, le mystère qu&#8217;elle contient. Et pour cela, il faut aussi la placer dans un milieu parfois méconnu, que l&#8217;on doit avant tout comprendre et reconnaître, celui de sa création. Notamment pour l&#8217;étude d&#8217;œuvres du XVIIème, siècle confus, mêlant courants et contre courants, Réforme et Contre-Réforme, religion et hérésie, triomphes royaux et libres penseurs.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><em>Je tiens avant de vous souhaiter une bonne journée, espérant que cette lecture vous aura plu, vous rappeler que ce travail est le fruit de l&#8217;exposé de Thierry Verdier et que je n&#8217;en suis que le modeste rapporteur.</em></p>
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		<title>Le faiseur de bulles, par Zen*</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Nov 2010 11:00:26 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Il occupait toujours la même place. Au fond de la rue, ce petit coin toujours ensoleillé même par les jours de grands orages. On dirait que son ciel n&#8217;était jamais gris. Je passais toujours par là, même si des fois mon chemin était du côté inverse, je faisais le détour juste pour le voir. Il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il occupait toujours la même place. Au fond de la rue, ce  petit coin toujours ensoleillé même par les jours de grands orages. On  dirait que son ciel n&#8217;était jamais gris.</p>
<p style="text-align: justify;">Je passais toujours par là, même si des fois mon chemin était du côté inverse, je faisais le détour juste pour le voir. Il devinait toujours mon humeur et sans broncher adaptait son sourire au degré de mes angoisses.  Il était petit, au visage rouge et au regard lointain. Il ne se rasait que pour les occasions.  C&#8217;était le faiseur de bulles. Mon faiseur de bulles, mon ange gardien, mon Père Noël de tout les jours.  Il avait toujours des histoires à raconter, sur des voyages  innombrables qu&#8217;il n&#8217;avait probablement jamais effectué, il me décrivait  des pays lointains comme si il y avait vécu. Je le croyais moi,  pourtant je savais que c&#8217;était juste des rêves et que des pays pareils, ça n&#8217;existait pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Chacune de ses bulles avait le pouvoir de me transporter,  de m&#8217;emmener loin de mes angoisses, vers les pays qu&#8217;il me décrivait  sans cesse. Et à chaque fois que j&#8217;essayais de les toucher comme pour  vérifier si elles étaient réelles, elles disparaissaient avant même que  je puisse m&#8217;assurer, comme si elles n&#8217;avaient jamais existé.  Des fois, je suis tellement triste, que ça nécessite des milliers et des milliers de bulles pour que ça aille mieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y avait les petites bulles, celles qui m&#8217;éclaboussaient  le visage, m&#8217;atteignaient en pleine figure, telle une gifle qui me  permettait de réaliser que mes petits malheurs de tout les jours  n&#8217;étaient autres que des petits cailloux parsemés ici et là, qui  ajoutaient à mon itinéraire une saveur exotique.  Il m&#8217;expliquait tout en soufflant que sans ces petits malheurs, la vie n&#8217;aurait pas de sens.</p>
<p style="text-align: justify;">Les grandes bulles, c&#8217;était du sérieux.  C&#8217;était pour les journées grises ou j&#8217;arrivais chez lui déjà en  pleurs, avec un regard tellement triste et un cœur qui battait à peine.  Alors il faisait mine de m&#8217;ausculter avec son stéthoscope rouillé, qu&#8217;il  avait trouvé jeté quelque part… et en faisant mine de ne pas entendre  les battements de mon cœur, il s&#8217;affairait à augmenter la quantité de  savon et soufflait encore plus fort afin que les bulles atteignent une  dimension énorme.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces bulles là avaient un pouvoir magique, elles  n&#8217;éclataient jamais. Je pouvais entrer dedans et elles m&#8217;enveloppaient  d&#8217;un certain silence, d&#8217;une certaine sérénité qui calmait toutes mes  angoisses.  &laquo;&nbsp;Ça se voit que tu es une fleur&nbsp;&raquo; disait-il, tu es tellement fragile,  tellement sensible que j&#8217;ai l&#8217;impression que par mon simple souffle tu  pourrais t&#8217;envoler…</p>
<p style="text-align: justify;">Alors il me permettait de garder une de ces bulles. &laquo;&nbsp;Pour  cette fois j&#8217;accepte de te la prêter, tu rentres avec, elle  t&#8217;envelopperait d&#8217;un calme et d&#8217;une aura d&#8217;espoir comme jamais  auparavant.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Et comme par magie, je continuai mon chemin dans la bulle  de savon. Dedans, j&#8217;entendais l&#8217;écho de mon souffle entrecoupé par des  sanglots, et mes larmes tombaient silencieusement pour s&#8217;écraser enfin  sur les parois transparentes telles une pluie de diamants.</p>
<p style="text-align: justify;">Et seulement à ce moment bien précis, où j&#8217;entendais  résonner l&#8217;écho de mes propres pensées,  mes idées les plus noires  prenaient comme par magie la couleur cristalline de la bulle.  Cela suffisait déjà à me calmer.  J&#8217;avais l&#8217;impression de flotter, de voler plus haut que mes chagrins, d&#8217;atteindre les nuages.</p>
<p style="text-align: justify;">Il appelait cela, &laquo;&nbsp;l&#8217;effet bulle de savon&nbsp;&raquo;.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par Zen*</strong></p>
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		<title>Temps noir, par Fleur de Plume</title>
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		<pubDate>Mon, 22 Nov 2010 19:36:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>non-inscrit</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Temps noir Une aube grise plane sur le village oublié Ombre de fantômes torturés, Ruines délabrées de murs de mort sang invisible, crime sans taches, folie inhumaine, inoxydable. Esprit errant condamné, aux horreurs des hommes sans cœur. chemises brunes, marche robotique être sans visage, pantins animé par le plaisir pervers de tuer corps décharné, sans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Temps noir</strong></span></p>
<p style="text-align: center;">Une aube grise plane sur le village oublié<br />
Ombre de fantômes torturés,<br />
Ruines délabrées de murs<br />
de mort<br />
sang invisible, crime sans taches,<br />
folie inhumaine, inoxydable.</p>
<p style="text-align: center;">Esprit errant condamné,<br />
aux horreurs des hommes<br />
sans cœur.</p>
<p style="text-align: center;">chemises brunes,<br />
marche robotique<br />
être sans visage,<br />
pantins animé par<br />
le plaisir pervers<br />
de tuer</p>
<p style="text-align: center;">corps décharné, sans vie<br />
forme squelettique<br />
aux abîmes.</p>
<p style="text-align: center;">humiliation des êtres<br />
violation des âmes<br />
lente déchéance<br />
que de souffrance<br />
sans fin</p>
<p style="text-align: center;">pire bête sauvage, qu’est l’humain<br />
traquant ses semblable<br />
aucuns remord ni pensée<br />
véritable machine<br />
à tuer.</p>
<p style="text-align: center;">réalité noire<br />
et salie<br />
d’un temps sans oubli</p>
<p style="text-align: center;">folie<br />
incontrôlable,<br />
d’un animal enragé<br />
guide fanatique, d’une guerre cruelle<br />
et inhumaine.</p>
<p style="text-align: center;">dans l’aube grise du matin<br />
nos mémoires<br />
se raniment<br />
et malgré ses cris<br />
il faut vivre…</p>
<p style="text-align: left;">Autre texte de cet auteur : <a href="http://www.le-hangar.com/vos-oeuvres/crepuscule-par-fleur-de-plume/" target="_blank">Crépuscule</a></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://flomodado.canalblog.com/" target="_blank">Fleur de Plume</a></strong></p>
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