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Dimanche 25 avril 2010 Par Bloody Lucy dans Art pictural

Edgar Degas – La Classe de Danse (1871 – 1876)

Hilaire Germain Edgar De Gas dit Edgar Degas était un peintre français appartenant au mouvement impressionniste. Je vous présente l’une de ses plus célèbres œuvres, La classe de danse, huile sur toile de 85×75 cm peinte entre 1871 et 1876 et conservée au musée d’Orsay, à Paris, depuis 1986 après être passée de collection en collection (elle fut par ailleurs conservée au musée du Louvre de 1911 à 1947 et dans la galerie du Jeu de Paume de 1947 à 1986).

La classe de danse (Degas)

En plus d’avoir grandi dans une famille de mélomanes, Degas était un grand admirateur des spectacles de danse. Il se rendait très régulièrement à l’Opéra de Paris qui se trouvait à l’époque rue Le Peletier, avant la construction de l’Opéra Garnier. Grâce à un ami musicien de l’orchestre, Désiré Dehau, Degas fréquentait également les coulisses de l’établissement où il assistait aux répétitions des ballerines. Celles-ci devinrent son sujet de prédilection, étudiant ainsi leurs gestes et leurs différentes postures. Degas est cependant davantage intéressé au travail préparatoire plutôt qu’aux spectacles à proprement parler. Dans La classe de danse, la leçon s’achève. Les ballerines sont fatiguées, elles s’étirent, se grattent le dos, rajustent leur coiffure, elles ne sont pas vraiment attentives aux directives du professeur qui est représenté sous les traits de Jules Perrot, authentique maître de ballet.

Paul Valéry, philosophe français contemporain de Degas, a écrit : « Degas est l’un des rares peintres qui aient donné au sol son importance. Il a des planchers admirables. » On peut d’ailleurs remarquer la présence d’un arrosoir en bas à gauche, élément indispensable dans une telle discipline puisque le parquet était humidifié afin que les danseuses ne glissent pas. C’est également ce même plancher que le maître de ballet frappe de son bâton pour maquer la mesure. Le parquet est donc un outil indispensable !

Je ne ferai pas d’analyse de cette œuvre, je vous laisse le soin de tirer les informations nécessaires et n’hésitez pas à partager vos trouvailles en commentaires, ça peut être intéressant !

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Vendredi 26 mars 2010 Par Novembre dans Littérature

Steinbeck – Rue de la Sardine

Toujours sur ma bonne lancée, je suis allé me fournir en romans de Steinbeck, et je dois avouer à tous que je ne suis vraiment pas déçu. Là, il s’agit de Rue de la Sardine, un roman qui expose à son lecteur la petite vie peu banale d’une rue  à Monterey, en Californie. On y retrouve de ces personnages à la fois normaux et étranges, typiques de Steinbeck, avec quelque chose d’attachant, de sensible : Dora et son lupanar, Lee Chong et son épicerie, Doc et son laboratoire, Mack et ses copains, qui résident libres et heureux au Palais des Coups. Pas vraiment d’intrigue principale, comme à l’habitude, sinon la vie du quartier. La force du livre réside dans l’entremêlement de dizaines de courts récits, des petites histoires relatives au quartier ou aux personnages principaux. On suit tout de même l’incroyable motivation de Mack et ses amis à organiser quelque chose de grand pour Doc, car « c’est un chic type ». Mais l’idée se solde bien souvent par un cuisant échec.

Le style Steinbeck est extraordinaire. Il est à lui seul reconnaissable entre tous. Non seulement au niveau de la plume, qui n’a rien à se reprocher, glissant de somptueuses descriptions à des formulations d’un humour sans équivoque, mais aussi dans le scénario : le lieu et la description que Steinbeck en fait, même chose pour les personnages, tout baigne dans une innocence extraordinairement soufflante et attachante. Steinbeck nous montre que les rapports humains, tout comme l’authenticité des caractères ne sont pas tant à déplorer que cela dans ce monde et qu’une alternative à l’empoisonnement de la société est toujours possible en chacun de nous.

Un livre pas comme les autres, donc forcément à lire. Du très bon.

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Mardi 16 février 2010 Par Mélusine dans Littérature

Maupassant – Bel Ami

Maupassant est un de ces auteurs sur lesquels on a beaucoup souffert en classe. Non que je trouve un plaisir sadique à vous remettre sous les yeux les auteurs qui ont fait vos devoir d’école, mais je reste persuadée que nos « classiques » font d’excellentes lectures plaisir à condition qu’on leur enlève leur étiquette.

maupassant

Maupassant, donc. Un jeune Normand, disciple de Flaubert (lui aussi, je vous le remettrai sous les yeux, un de ces jours), misogyne, débauché, buveur, bref : le gendre idéal. Il fréquente assidument les prostituées, seules femmes pour lui à ne pas être hypocrites sur leur nature ; l’une d’entre elle lui transmet la syphilis, il en fait une fierté.

bel amiDe la à voir du biographique dans Bel Ami… Georges Duroy, son héros, porte beau et lisse sa moustache blonde en se demandant comment trouver quelques sous. Il rencontre son vieil ami Forestier, rédacteur à La Vie Française, un journal en vogue. Pour l’aider, celui-ci lui propose d’écrire pour le journal. Mais on ne s’improvise pas si vite journaliste… Forestier lui offre alors l’aide de Madeleine, son épouse. La jolie Madeleine a la plume précise, le mot juste, l’analyse perspicace. L’article est bouclé, et voilà Duroy propulsé dans les salons mondains, parmi les jolies femmes dont le mari est en voyage. Et il les séduit l’une après l’autre pour grimper un à un tous les échelons de la gloire.

Soyons clairs : ce roman, c’est l’histoire d’un salaud. Mais d’un salaud tellement habile qu’on ne peut s’empêcher de le suivre. Duroy est un opportuniste qui n’hésite pas à s’approprier les réussites des autres et qui excelle à assurer ses arrières : qu’il s’agisse d’acheter un appartement pour éviter que sa maîtresse ne le jette dehors, de prendre sa femme en flagrant délit d’adultère le premier, ou d’enlever une jeune oie blanche pour forcer le mariage, tous les moyens sont bons. Il n’hésite pas à épouser Madeleine après la mort de Forestier : ce serait trop bête de laisser passer une occasion pareille ! Même l’argent semble lui venir naturellement, puisqu’après tout, ses maîtresses sont riches, très riches, et il sait où aller chercher la bonne opportunité pour investir. Mais ce que Maupassant dépeint aussi au passage, c’est la toute-puissance du journalisme (et par extension des médias), qui tiennent les hommes politiques à leur merci, puisqu’ils ont l’argent et le pouvoir sur la foule. Quant aux journalistes eux-mêmes, ils ne sont pas mieux traités par notre auteur, lorsque les meilleurs d’entre eux font écrire leurs articles par leur femme, voire se contentent de reprendre les anciens papiers en changeant les noms, et s’entassent dans une salle de rédaction où il y a plus de cartes à jouer et de bilboquets que de machines à écrire ! Facile pour Duroy, dans un tel milieu, de se fondre parmi les magouilleurs afin de remplir son lit et ses poches, et même, qui sait, d’accéder à la députation. C’est une véritable expérience que de lâcher un jeune loup affamé dans un monde corrompu pour voir ce que ça donne : c’est ça aussi, le naturalisme !

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Samedi 6 février 2010 Par Raspoutine dans Vos oeuvres

Hallucinations matinales en gueule de bois majeure, par Raspoutine


Je crois que ces lignes vacillantes et poignantes écrites par une inconnue se passent de commentaires; je vous laisse donc plonger dans le texte, et vous invite à le relire plus d’un fois car cette « chute du corps » nous entraine avec tant de douceur qu’il est bien agréable d’y replonger encore et encore.

Hallucinations matinales en gueule de bois majeure

Des bouteilles vides et des cendriers pleins
Un corps pâle et tremblotant en travers du sol
Se relève, un pas, deux, trois, quatre
Une tentative de chute du corps
Deux autres pas et s’effondrant
Des couleurs passent devant les yeux clos
Elles s’assemblent et prennent la forme d’un visage
Qui m’allonge sur le dos.
Un corps comme liquide se répand sur le mien
Je tente de le saisir il se dérobe
J’abandonne il se presse plus fort contre moi
Un frisson
Comme un ressac qui m’emporte
Un va et vient incessant
De l’écume au bord des lèvres
Le ressac me retient
Il se dévoile, me dévoile et nous traversons
J’ouvre les yeux
Seul
Un goût de sel sous la langue.
Je me relève : deux pas.

par Raspoutine.

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Jeudi 4 février 2010 Par Novembre dans Littérature

Aragon – Les cloches de Bâle

Les cloches de Bâle, roman écrit par Louis Aragon en 1934, premier tome du cycle du « Monde Réel », dresse le portrait de trois femmes, Diane de Nettencourt, Catherine Simonidzé et Clara Zetkin, à travers l’œil desquels le lecteur verra l’envergure des bouleversements que connut le début du XXème siècle, tant dans son organisation sociale, sur le plan Français, que dans ses relations internationales, sur le plan mondial.

Diane de Nettencourt naît de la petite noblesse, ruinée au cours du XIXème siècle, par la prise de pouvoir bourgeoise et industrielle; cependant, c’est par les hommes et son extrême beauté alliée à sa vivacité d’esprit qu’elle va réussir son ascension sociale la menant tout au haut de l’aristocratie, alors que la particule même de son nom de famille ne valait alors plus grand chose. C’est une nouvelle femme du XXème siècle, elle choisit elle-même ses fiancés, se démarquant des habitudes de la noblesse et assure à elle seule la remontée sociale de toute sa famille. Très bien entourée, maîtresse du grand industriel Wisner, elle ne sera donc pas même inquiétée lorsque l’activité honteuse de son mari, Georges, un usurier, sera dévoilée au grand jour et qu’elle devra, par « morale », le quitter.

Catherine Simonidzé est l’incarnation du féminisme dans le livre. Elle vit, comme sa mère, sur l’argent que leur envoie son père, resté en Géorgie où il gère ses puits de pétroles. Madame Simonidzé a élevé Catherine, mais non pas sa grande soeur Hélène – envoyée dans un pensionnat -, dans la haine du capitalisme et la ferveur donnée, de façon spirituelle en tout cas, au peuple ouvrier. Lors d’un voyage en Suisse, Catherine assiste à la mort d’un ouvrier d’à peine son âge, assassiné par ses patrons assaillis par la grève ; sa haine du patronat n’en sera que plus intensifiée et sa compassion pour le prolétariat en deviendra à ses yeux absolument pur. Mais, lorsqu’à Paris, elle sera directement en contact avec les milieux anarchiste, socialiste, communiste ouvriers, incarnés par Victor ou encore l’anarchiste Albert Libertad, elle ne pourra que constater qu’un fossé la sépare irrémédiablement de ceux qu’elle défend corps et âme : la pension du puits de Bakou, envoyée chaque mois par ce père dont elle ne sait quasiment rien.

Clara Zetkin apparaît comme l’incarnation d’un socialisme féministe et pacifique, intelligent et engagé. Cependant, si Aragon en fait, de par son regard externe sur son oeuvre, comme un des personnages majeurs des Cloches de Bâle, il n’en reste pas moins que la partie la concernant ne contient que trente pages et surtout juste une ébauche de ce qu’est le héros Clara Zetkin, femme politique allemande des XIXème et XXème siècles, fermement engagée contre la première guerre mondiale et pour la place des femmes dans l’organisation de la société.

Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est la trame de l’histoire, extrêmement bien ficelée par Aragon pour chacune de ses héroïnes : se mêlent volontiers personnages imaginaires et réels, faits inventés et faits historiques, au milieu d’explications très poussées sur les contextes économiques et sociaux de la période du début du siècle. Le romancier réussit par ailleurs à donner à ses personnages des âmes et des parcours très complexes, très réalistes, mais aussi passionnants, puis il les fait tous se rejoindre indirectement, à la fin de son livre, lors du Congrès de Bâle, en 1912.

Autres livres de Louis Aragon sur le Hangar : Aurélien

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