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	<title>Le Hangar - Espace artistique &#187; Critique</title>
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		<title>Pagnol &#8211; La Gloire de mon père &#8211; Le Château de ma mère</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Nov 2011 18:24:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélusine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Avant, quand j’entendais parler de Marcel Pagnol, je pensais aux films un peu kitch, à l’humour potache de Fernandel, au côté France profonde de mes grands-parents dont on nous rebat les oreilles sur France 3 pendant les vacances de Noël en multi-rediffusion. C’est donc sans grandes attentes que j’ai ouvert le premier tome de sa [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Avant, quand j’entendais parler de Marcel Pagnol, je pensais aux films un peu kitch, à l’humour potache de Fernandel, au côté France profonde de mes grands-parents dont on nous rebat les oreilles sur France 3 pendant les vacances de Noël en multi-rediffusion. C’est donc sans grandes attentes que j’ai ouvert le premier tome de sa si célèbre autobiographie. Je ne m’attendais pas à un tel émerveillement. Un tel débordement d’amour.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" src="http://2.bp.blogspot.com/_DTDbRmRgXFU/SmrHldsMT1I/AAAAAAAAASE/zZCEi_SJMWU/s320/la+gloire+de+mon+p%C3%A8re.gif" alt="pagnol" width="168" height="256" />L’enfance de Marcel Pagnol est d’abord une déclaration d’amour à l’école. Son père, instituteur publique, prend son travail extrêmement à cœur dans une époque qui lutte encore contre l’influence de l’église dans l’éducation. Plus qu’une vocation, c’est une véritable dévotion qui le pousse, un sentiment, bien légitime à l’époque, que son travail lui permet de sauver des âmes, voire de sauver des vies.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une déclaration d’amour à ses collines marseillaises. <em>La Gloire de mon père</em>, c’est la gloire de chasseur que Joseph l’instituteur essaye d’acquérir, lui l’intellectuel qui vient de la ville. Dans une maison de vacance achetée de ses maigres deniers pour offrir à sa femme l’air pur qui manque à sa constitution fragile, meublée de bric et de broc, tout est bon pour devenir un vrai père de famille vacancier. Peu convaincant en tant que chasseur, il n’en est que plus attachant dans son éternelle opposition à son fanfaron de beau-frère. Hiboux grand-duc, sangliers, sources cachées, grottes secrètes, pièges, tout devient merveille.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est une déclaration d’amour à l’enfance. Son insouciance, sa capacité à <img class="alignright" src="http://imados.fr/history/82/le-chateau-de-ma-mere_couv.jpg" alt="pagnol" width="161" height="247" />s’émerveiller de tout, sa liberté, ses yeux qui transforment la moindre bagatelle en véritable expédition, où tout se prend très au sérieux et en même temps prend les proportions d’un gigantesque jeu. C’est la réalisation du fantasme de s’enfuir dans les montagnes pour rester toujours en vacances. C’est sauter par la fenêtre pour aller à la chasse alors que Papa et Maman ont interdit d’y aller. C’est un petit frère tout fier de faire comme les grands. Ce sont des lettres truffées de fautes d’orthographe qui rassureront les plus complexés. C’est un château qui devient le lieu de toutes sortes de terreurs, de chiens enragés et de militaires au passé glorieux.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, c’est une déclaration d’amour à ses parents. A son père d’abord, que l’on devine un peu empoté, un peu rat de bibliothèque, mais auquel il voue une admiration sans borne, qu’il veut absolument suivre. Et à sa mère ensuite, fragile, délicate, douce, diaphane, la petite Augustine qu’il veut protéger, parce qu’il est aussi grand qu’elle, alors qu’il est encore un enfant. Qu’il est prêt à défendre contre les terrifiants chiens de la cour du château.</p>
<p style="text-align: justify;">Romancée, son autobiographie ? Je dirai plutôt féérisée avec les yeux d’enfant qui n’avaient pas besoin de console de jeu pour s’émerveiller tant la nature leur offrait le plus merveilleux terrain de jeu. Il a mis toutes ses plus belles étoiles dans ces pages, et rien que pour la chute à la fin du second tome, qui rappelle à quel point nous avons aussi besoin de cette douceur, je place ce livre parmi ceux chers à mon petit cœur de lectrice.</p>
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		<title>Malaparte &#8211; La Peau</title>
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		<pubDate>Mon, 23 May 2011 11:47:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hazel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Si la Seconde Guerre était véritablement mondiale&#8230; alors dans ce livre il y a toute l&#8217;horreur et toute la beauté du monde. C&#8217;est dur à lire. Non pas à cause du vocabulaire difficile, de l&#8217;histoire impossible à suivre, non, rien de tout cela. Ce livre est dur à lire car c&#8217;est un scandale, c&#8217;est tout [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/05/peau.jpg"><img class="size-full wp-image-3156 alignleft" style="margin: 5px;" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/05/peau.jpg" alt="" width="260" height="427" /></a>Si la Seconde Guerre était véritablement mondiale&#8230; alors dans ce livre il y a toute l&#8217;horreur et toute la beauté du monde.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est dur à lire. Non pas à cause du vocabulaire difficile, de l&#8217;histoire impossible à suivre, non, rien de tout cela. Ce livre est dur à lire car c&#8217;est un scandale, c&#8217;est tout simplement un scandale de parler des cadavres de la guerre en putréfaction, des enfants napolitains de huit ans qui se prostituent pour du chocolat, du marché des esclaves noirs, des Italiens qui se font tuer par des Italiens, des vierges qui exposent leur virginité aux soldats américains pour un malheureux dollar, des hommes crucifiés en Ukraine sur des troncs d&#8217;arbres, de l&#8217;explosion du Vésuve dont les laves engloutissent des hordes entières d&#8217;hommes, d&#8217;enfants et de femmes. C&#8217;est un scandale d&#8217;en parler avec une telle&#8230; beauté.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai englouti les pages, chaque page. J&#8217;ai lu avec un désir avide le malheur de tout un peuple dont l&#8217;âme était morte, un peuple qui mourrait sous les bombardement, d&#8217;un peuple qui se vend pour des cigarettes, d&#8217;un peuple qui a eu le malheur de se voir exterminer par à la fois les fascistes, les nazis, les américains et le volcan. J&#8217;ai lu tout ceci avec un plaisir atroce et immense, parce que c&#8217;était aussi répugnant, honteux, désolant que splendide.</p>
<p style="text-align: justify;">Le plus horrible c&#8217;est que <em>La Peau</em> est un roman autobiographique. Et on se demande comment peut-on vivre à mi-chemin entre l&#8217;abomination de la guerre et ces magnifiques paysages italiens qu&#8217;il ne se lasse jamais de décrire, dans toute leur rage et dans toute leur majesté. Curzio Malaparte est né en 1898 et à seize ans, fuyant son collège, il s&#8217;engagea volontairement dans l&#8217;armée française. Il a vu et subi les deux guerres, et a eu une vie tumultueuse et remplie de fantaisie et d&#8217;épouvante, je vous invite vivement à ce sujet à lire<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Curzio_Malaparte" target="_blank"> l&#8217;article le concernant sur la page Wikipédia</a> qui est relativement court mais qui donne une très bonne vision de ce personnage aux multiples facettes, toutes brillantes les unes plus que les autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour en revenir à <em>La Peau</em>, je ne saurais pas vraiment quoi dire. Organisé en une douzaine de chapitres qui ne peuvent former qu&#8217;un puzzle complet dans leur totalité &#8211; bien que pouvant être prises à part, l&#8217;image n&#8217;est complète que lorsqu&#8217;on achève la dernière page &#8211; , le livre raconte à travers des prodigieuses images et métaphores ce que les gens ne voulaient pas entendre de la guerre. Le livre fut publié en 1949, dérangea, indigna et dérange et indigne encore. Parce qu&#8217;on y mange des sirènes, parce que les femmes se font belles et blondes pour se vendre aux soldats noirs des USA, parce que des communistes homosexuels organisent des rituels mimant l&#8217;accouchement.</p>
<p style="text-align: justify;">Je voudrais conseiller ce roman à tout le monde car il se situe à la frontière de l&#8217;indicible et du merveilleux. C&#8217;est laid et magnifique en même temps et la sensation qui nous est laissée au fil des pages et tout simplement inexprimable, c&#8217;est pour cela donc qu&#8217;il faut le lire à chacun.</p>
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		<title>Beigbeder – Un roman français</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Jan 2011 01:00:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai reçu Un roman français à Noël. Comme je n&#8217;ai pas voulu être désobligeant, je n&#8217;ai pas remercié mon frère pour ce cadeau empoisonné, me sentant dès lors obligé d&#8217;en parler lors de notre future rencontre. Pourtant ma &#171;&#160;Beigbeder impression&#160;&#187; ne m&#8217;a pas trompé, j&#8217;ai pris quelques heures pour lire une tuile. Beigbeder, peut-être inconsciemment, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/01/9782246734116FS.gif"><img class="size-full wp-image-2856 alignleft" style="margin: 5px;" title="9782246734116FS" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2011/01/9782246734116FS.gif" alt="" width="214" height="337" /></a>J&#8217;ai reçu <span style="text-decoration: underline;">Un roman français</span> à Noël. Comme je n&#8217;ai pas voulu être désobligeant, je n&#8217;ai pas remercié mon frère pour ce cadeau empoisonné, me sentant dès lors obligé d&#8217;en parler lors de notre future rencontre. Pourtant ma &laquo;&nbsp;Beigbeder impression&nbsp;&raquo; ne m&#8217;a pas trompé, j&#8217;ai pris quelques heures pour lire une tuile.</p>
<p style="text-align: justify;">Beigbeder, peut-être inconsciemment, ou en tout cas, indiciblement, se veut le Céline du troisième millénaire. Je crois que c&#8217;est raté. Malgré un vocabulaire cru, qui dans ce livre est parfois relevé de quelques jolies phrases travaillées, il n&#8217;en reste pas moins que le Céline que l&#8217;on connait, développait un cynisme dénonçant. Une honnêteté (pas toujours réelle d&#8217;ailleurs, quand un antisémitisme omis dans certaines de ses œuvres majeures, se révéla dans <span style="text-decoration: underline;">Bagatelles pour un massacre</span>) qui se voulait substantive d&#8217;une société où le &laquo;&nbsp;nihil&nbsp;&raquo;, le non-sens, l&#8217;absurdité pré-sartrienne prenait fonction de vérité. Le cynisme de Beigbeder est en revanche plaintif. Si l&#8217;on doit lire ce livre, dit Houellebecq dans la préface, c&#8217;est notamment pour son honnêteté. Houellebecq est un généreux ami. L&#8217;honnêteté de Beigbeder s&#8217;initie dans ses frasques cocaïnomanes et ne les quitte pas une seule seconde. Rien à voir avec l&#8217;honnêteté mise en avant par les pontes de la théorie autobiographique et appliquée dans des œuvres archi-vieilles et pourtant si peu vieillissantes telles que les <span style="text-decoration: underline;">Mémoires d&#8217;outre-tombe</span> de Chateaubriand, celles de Mauriac, de Lanzmann plus récemment, ou même parfois, celles de notre ami Rousseau tant Beigbeder semble risible. L&#8217;honnêteté intellectuelle. Et non pas, celle de la connerie; comme si le fait de se justifier comme parfait con en rédemption devait permettre d&#8217;appartenir au genre humain. Ou comment écrire l&#8217;inintéressante biographie de quelqu&#8217;un de peu intéressant, se revendiquant comme tel. Mais cela ne s&#8217;arrête pas là (sauf peut être le peu de cynisme), il faut ensuite appuyer l&#8217;auteur dans son idée générale. Laquelle est que la souffrance du bourgeois-aristocrate, le pistonné, le nanti en somme, est égale à celle du pauvre gamin des banlieues. Car si ce dernier souffre de la faim et du manque de confort, biens dont l&#8217;auteur assure n&#8217;avoir jamais manqué, Beigbeder quant à lui souffre de l&#8217;insuffisance de mémoire, et du pauvre manque de confiance inspiré pour lui par son frère Charles, et évoqué pathétiquement dès le début du livre par le mot &laquo;&nbsp;leucémie&nbsp;&raquo; enfantine. Selon lui, le gosse des banlieues qui sniffe est égal au bobo de Neuilly ? La souffrance est égale, les conditions mêmes, les raisons différentes.</p>
<p style="text-align: justify;">Après ce genre de discours, quoi de plus simple que de se rendre humain en décrivant des sentiments que tout le monde a connu ? Je préfère tellement Rousseau qui avoue, honteux et malicieux tout à la fois, le vol du Ruban dans les<span style="text-decoration: underline;"><em> Confessions</em></span>, au Beigbeder qui m&#8217;avoue avoir rougi, pivoine, devant chaque fille ou femme qu&#8217;il a aimé, même du temps de son appareil dentaire. Je préfère tellement Descartes qui avoue son béguin pour les femmes &laquo;&nbsp;louches&nbsp;&raquo;, au Beigbeder qui estime normal de s&#8217;envoyer en l&#8217;air avec une fille de seize ans consentante. Je préfère tellement le jeune des banlieues enfermé en garde à vue, frappant contre les barreaux de sa cellule, au Beigbeder la jouant insolent intellectuel devant le commissaire du huitième. Et encore une fois, et c&#8217;est peu difficile à dire, je préfère un écrivain qui la joue honnête, qu&#8217;un Beigbeder qui s&#8217;autocensure pour le compte de son éditeur (Grasset, lauréat de trois Goncourt et trois Renaudot depuis quinze ans), craignant des représailles avec un juge.</p>
<p style="text-align: justify;">La vie de Beigbeder ne m&#8217;a pas intéressé, elle n&#8217;a rien de romanesque et ne suffit en rien au titre de ce bouquin, même de façon dérisoire. Pourquoi ? Parce que la revendication d&#8217;une vie inintéressante dans une autobiographie ne suffit pas à justifier une telle œuvre. Et c&#8217;est justement là qu&#8217;on retrouve la raison première des écrits de Beigbeder, revendiquer le non-sens comme justification à lui-même. Éviter le courage en le remplaçant par un non-courage qui amène à une dite honnêteté. En terminant ce livre, je me demande qui a offert le Prix Renaudot à Beigbeder. C&#8217;est peut-être la seule question qu&#8217;il m&#8217;aura fait me poser.</p>
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		<title>Lagarce – Le voyage à la Haye</title>
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		<pubDate>Thu, 30 Dec 2010 11:00:49 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[“Le jour suivant, je me suis levé, c’était le jour de mon anniversaire. Cela ne me fit aucune impression. J’avais trente-septs ans, je me suis juste dit ça. Aucun des autres ne m’appela, pas même A. mais je n’en fus pas triste, cela n’avait pas d’importance, de nombreuses années déjà que cela n’en avait plus, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/haye.jpg"><img class="size-full wp-image-2660 alignleft" style="margin: 5px;" title="haye" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/12/haye.jpg" alt="" width="237" height="329" /></a>“Le jour suivant, je me suis levé, c’était le jour de mon anniversaire. Cela ne me fit aucune impression. J’avais trente-septs ans, je me suis juste dit ça. Aucun des autres ne m’appela, pas même A. mais je n’en fus pas triste, cela n’avait pas d’importance, de nombreuses années déjà que cela n’en avait plus, j’étais encore enfant, cela ne me concernait pas.”</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le voyage à la Haye est une plongée tranquille d’un instant dans un instant. Le cheminement d’un acteur percé. Aucune fin aucun début dans ce livre, une simple immersion dans la réalité d’un homme, on devient ses yeux, sa conscience, on chemine avec lui le bout d’un instant, un homme détaché, que rien ne semble atteindre et qui est pourtant atteint de tout, vie malade, vie détachée. Ce qui est marquant c’est la simplicité et l’écart entre le ton des paroles et ce qu’il décrit. Le détachement, voilà ce qui est marquant. La beauté de la vie ? Ou simplement peut-être sa simplicité, son effroyable simplicité parfois. Beaucoup du pudeur, aucune complaisance dans le malheur, rien que la réalité décrite avec la simple brutalité de son son œil aiguisé, traquant les situations du quotidien, les malmenant jusqu&#8217;à en détacher la quintessence de l’effroyable, celle de l’absurde. Absurdité de l’existence, des caractères et pourtant beauté, beauté absurde et délicate de cette vie qui s’enfuit qui s’évapore, qui se détache de cette enveloppe malade.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">“On m’a opéré très vite, le lendemain, entre deux opérations plus graves, glissé là, ce qu’on m’a dit. On a voulu à tout prix que je parte dans un fauteuil roulant, en pyjama malgré le froid, traversant la cour, bringuebalé par un type en blouse blanche. J’ai été abandonné une heure dans un bout de couloir et ensuite, on m’a conduit au bloc opératoire après m’avoir affublé de sacs poubelles bleus et jaunes, les pieds, le corps, la tête, j’avais l’air d’un imbécile, il ne faut pas lutter. Une sorte d’infirmière naine très rieuse est venu et m’a préparé, elle m’a dit ça, je vais vous préparer et lorsque j’ai été bien attaché à la table, sous la lampe, un drap en plastique me cachant la poitrine et se relevant au-dessus de mon visage, le chirurgien est venu, sans même me dire un mot, rien, robot, prenant soin d’atteindre la table par l’autre côté, que je ne puisse même le voir. Je vois juste la naine qui me demandait si ça allait, je répondais que ça allait et je ne voyais rien du type. J’attendais. Je savais qu’il me découpait, qu’il ouvrait ce coin-là de ma poitrine, j’entendais les outils métalliques tomber dans une bassine, j’essayais de deviner où il en était, la progression des scalpels, la grandeur de l’entaille, je ne sentais rien, je restais calme, ce que la naine ne cessait de me dire, de rester calme et je me disais que je l’étais. A partir de ce jour-là, je pensais cela, à partir de ce jour-là, j’aurais en moi ce système, métal et plastique, et la maladie se sera définitivement installée, organisée, là comme chez elle.”</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Peut-être que c’est ça le style Lagarce. Un Lagarce à la mode, on joue ses pièces de théâtre dans les milieux branchés de la boboïtude parisienne. Il fascine encore, Largace murmure, Lagarce plait. Et c&#8217;est peut-être, l’amer, la description détachée, sans implication et pourtant cette dénonciation innocente et simple sans venin, des attitudes, des hypocrisies, des colères sans sens. De la simplicité et du non sens de la condition humaine, de l’existence et du vécu. Tout se déroule comme si cet homme était spectateur de sa propre mort, on ne connait pas son nom, on dérive dans une vie entouré de “A.” de la belle inconnue qu’il rencontre, de ce Bel Antoine et son sourire timoré annonciateur de malheur.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">“J’ai commandé un couscous royal dont il était évident que je n’arriverais pas à terminer et un dessert à l’orange. Elle a bu du vin. C’était bien. nous avons parlé beaucoup, je lui ai raconté ma semaine, à peu de chose près, en m’arrangeant des détails.”</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Récit marquant, amer qui laisse songeur par sa rapidité et sa force. Style brutale, âpre, dépouillé, empli de récurrence, un récit qui se cherche, une pensée de répétition, de retour arrière. Et la fin qui se glisse souplement, un nouvel épisode du récit, d’une utilité moindre, comme tout, économe, le passage d’une vie, une fin. Et on en reste là, pantois, troublé, abasourdis, désenchanté, accroché au maigre livre comme accroché à cette vie qu’on aurait aimé saisir, bousculer et sauver. La vie de cet homme à la fois l’objet d’un monde qu’il ne maitrise pas et spectateur de cet objet.</p>
<p style="text-align: justify;">Un ovni dans le cru Lagarce.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par </strong><strong>Matta</strong></p>
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		<title>Basquiat au MAM à Paris</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Dec 2010 14:31:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Du 15 octobre 2010 au 30 janvier 2011, le Musée d&#8217;Art Moderne de Paris (16è) nous présente une rétrospective très riche en couleur de l&#8217;artiste américain Jean-Michel Basquiat. Nous n&#8217;avons pu vous en faire le compte rendu avant, nous nous en excusons, en espérant que vous profiterez de ce dernier mois d&#8217;exposition pour découvrir ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Du 15 octobre 2010 au 30 janvier 2011, le Musée d&#8217;Art Moderne de Paris (16è) nous présente une rétrospective très riche en couleur de l&#8217;artiste américain Jean-Michel Basquiat. Nous n&#8217;avons pu vous en faire le compte rendu avant, nous nous en excusons, en espérant que vous profiterez de ce dernier mois d&#8217;exposition pour découvrir ou explorer l&#8217;œuvre de ce renommé artiste du XXème siècle.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.artnet.com/magazine/features/jsaltz/Images/saltz4-19-2.jpg" alt="" width="400" height="231" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Boy and Dog in a Johnnypump<br />
</em>Basquiat n&#8217;aura jamais cessé d&#8217;utiliser la bombe à peinture, son premier outil de création artistique.</p>
<p style="text-align: justify;">JM Basquiat est né en 1960 à Brooklyn (NY). Il est d&#8217;origine portoricaine et haïtienne, ce qui va considérablement se sentir dans ses tableaux. Il commence sa carrière artistique en tant que graffeur, à la fin des années 70, sous le pseudonyme de SAMO (comprenez, &laquo;&nbsp;Same Old Shit&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;toujours la même merde&nbsp;&raquo;). Il peint de façon énergique sur les murs de Manhattan, mettant en scène de nerveuses représentations, pleines de symboles déjà propres à lui-même. Basquiat se fait progressivement repérer par des émissions télévisées traitant d&#8217;art underground, puis par certains journaux et revues, avant de participer à plusieurs expositions collectives de jeunes artistes.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://photos.hexagone.tv/0000006135/photos/La%20toile%20Cadillac%20Moon%201981.jpg" alt="" width="400" height="380" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Cadillac Moon 1981</em> (a été vandalisée au MAM)</p>
<p style="text-align: justify;">Il laisse entendre la mort de &laquo;&nbsp;Samo&nbsp;&raquo; en graffant &laquo;&nbsp;Samo is dead&nbsp;&raquo; dans plusieurs quartiers de New York, où il commence à se faire un nom. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il signe sa première toile par son vrai nom et prend le virage radical de la revendication comme véritable artiste. Après plusieurs expositions personnelles, dont la première est organisée par la galerie Annina Nosei à New York, il entame une collaboration avec Andy Warhol à partir de 1983. Seulement, la critique très dure face au travail des deux artistes poussera Basquiat à s&#8217;éloigner de Warhol et à se recentrer sur son propre cheminement artistique.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://img.over-blog.com/500x374/3/90/11/77/image/pop/Andy-Warhol-and-Jean-Michel-Basquiat-6.99-1985.jpg" alt="" width="400" height="300" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Basquiat &amp; Andy Warhol &#8211; 6.99</em></p>
<p style="text-align: justify;">Devenant peu à peu, plus qu&#8217;une étoile montante, mais une valeur sûre de la scène artistique internationale, son iconographie s&#8217;enrichit et se complexifie à mesure que sa consommation de drogues augmente en flèche. Il révolutionne le support de sa peinture, en laissant de côté les toiles de lin habituelle, et en construisant lui même ses propres toiles, dont les montants sont faits de monceaux de bois trouvés ça et là, ou alors en peignant carrément sur des pans de murs en bois, arrachés à des logis en ruine.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="vertical-align: middle;" src="http://blog.crdp-versailles.fr/hdadomont/public/divers/basquiat_dust_heads.gif" alt="" width="360" height="309" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>Dustheads // Accros à la coke</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il meurt d&#8217;une overdose, à la suite d&#8217;un speedball, en 1988, à l&#8217;âge de vingt huit ans, laissant derrière lui plus d&#8217;un millier d&#8217;œuvres, toiles et dessins compris.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;exposition rend compte de ce parcours assez peu commun. On passe par toutes les périodes de Basquiat, à travers une centaine de toiles. Le parcours biographique de Basquiat est expliqué de façon assez exhaustive sur les murs de l&#8217;exposition. On peut cependant déplorer le peu d&#8217;explication sur les œuvres en elles-mêmes, d&#8217;autant que l&#8217;iconographie des peintures de Basquiat est d&#8217;une richesse et d&#8217;une diversité peu communes. Entre références à la drogue, aux milieux urbains, mais aussi aux mythologies telles que le vaudou ou bien à la religion chrétienne et à son iconographie, on vogue au milieu de l&#8217;univers explicite de l&#8217;artiste, plein de couleurs et d&#8217;explosions qui manifestent paradoxalement une innocence presque sombre. Le parallèle troublant, avec l&#8217;Art Brut, ou plutôt les recherches picturales de Jean Dubuffet, après guerre, peut être fait sans aucun doute, car les tableaux qu&#8217;on croise dans cette exposition sont un rien aussi troublants et interrogateurs. L&#8217;exposition est assez longue, c&#8217;est pourquoi on sort, avec un mal de dos, mais aussi beaucoup d&#8217;admiration et de curiosité, si on ne connaissait pas bien Basquiat auparavant. La richesse du catalogue est à mettre en avant, car beaucoup des chefs d&#8217;oeuvres de Basquiat, mondialement connus, sont présents et ont été rapatriés depuis les Etats Unis et des grands musées européens.</p>
<p style="text-align: justify;">Le prix de l&#8217;exposition est dérisoire. Vous paierez 8€ si vous avez moins de 25 ans, et 11€ pour les autres. Profitez-en.</p>
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		<title>Tardieu – Puisque rien ne dure</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Nov 2010 11:00:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hazel</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voici ma seconde rencontre avec Laurence Tardieu et son troisième roman Puisque rien ne dure et j&#8217;ai encore été transportée&#8230; C&#8217;est tellement magique de ressentir une osmose totale avec les émotions d&#8217;une semblable, avec son écriture, et de se dire, avec un peu de jalousie et beaucoup de vanité, qu&#8217;on aurait aimé &#8211; qu&#8217;on aurait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/11/puisque-rien-ne-dure-laurence-tardieu-L-1.jpeg"><img class="alignleft size-full wp-image-2175" style="margin: 5px;" title="puisque-rien-ne-dure-laurence-tardieu-L-1" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/11/puisque-rien-ne-dure-laurence-tardieu-L-1.jpeg" alt="" width="223" height="362" /></a>Voici ma seconde rencontre avec Laurence Tardieu et son troisième roman <span style="text-decoration: underline;">Puisque rien ne dure</span> et j&#8217;ai encore été transportée&#8230; C&#8217;est tellement magique de ressentir une osmose totale avec les émotions d&#8217;une semblable, avec son écriture, et de se dire, avec un peu de jalousie et beaucoup de vanité, qu&#8217;on aurait aimé &#8211; qu&#8217;on aurait dû &#8211; écrire ce roman-là!</p>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #993300;">&laquo;&nbsp;Je meurs voilà ce qu&#8217;elle m&#8217;écrit Vincent je meurs viens me voir viens me revoir une dernière fois que je te voie que je te touche que je t&#8217;entende viens me revoir Vincent je meurs. Et au bas de la feuille, en tout petit , presque illisible, son prénom, Geneviève, tracé lui aussi au crayon à papier, comme le reste de la lettre, de la même écriture tremblante, défaillante, si ce n&#8217;avait pas été ces mots-là on aurait pu croire à l&#8217;écriture d&#8217;un enfant, on aurait pu sourire, froisser la feuille, la jeter à la poubelle et l&#8217;oublier: mais non ce n&#8217;est pas un enfant, c&#8217;est Geneviève qui meurt. Geneviève. J&#8217;essaie de prononcer ton nom. Geneviève. C&#8217;est difficile.&nbsp;&raquo;</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">En lisant ces lignes simples mais douloureuses au dos du livre, j&#8217;ai eu un premier choc. Car je me suis souvent parlé de moi-même en ces termes, m&#8217;imaginant maintes et maintes fois au seuil de ma fin de vie, réunissant tous mes amis et mes amours passées, les remerciant affectueusement, leur rendant malicieusement un dernier hommage: un adieu ultime. Moi qui me suis habituée à faire des adieux depuis mon plus jeune âge, moi qui ai toujours dû quitter des lieux, des enfants, des gens, tourner des pages. Moi qui souffre toujours et encore de l&#8217;incertitude de l&#8217;avenir -puisque rien ne dure&#8230; Oui ces premières lignes m&#8217;ont happée et c&#8217;est le livre entier qui m&#8217;a bouleversée.</p>
<p style="text-align: justify;">Car il s&#8217;agit d&#8217;un retour nostalgique sur le passé, d&#8217;un éclair de lumière sur les années de bonheur de Geneviève et Vincent balayées par la disparition soudaine de leur petite fille Clara, enlevée au retour de l&#8217;école. Car il s&#8217;agit d&#8217;une intrusion dans un déchirement de couple, du constat d&#8217;une résilience inaccessible, et de l&#8217;ineffable solitude au seuil de la mort.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;écriture de Laurence Tardieu est simple, familière, limpide et douloureuse mais pourtant poétique et élégante, évitant habilement la dérive du mélodrame. Ses mots sont justes, bien choisis, pudiques. Ses silences en disent long. Le découpage du livre en trois parties est aussi incisif que la douleur qu&#8217;il décrit selon trois points de vue: celui du présent de &laquo;&nbsp;Vincent (Juin 2005)&nbsp;&raquo;, celui du passé de &laquo;&nbsp;Geneviève (1990)&nbsp;&raquo; et celui de leur impossible avenir &laquo;&nbsp;Ensemble (Juin 2005)&nbsp;&raquo;.  Et enfin ces mots qui devraient apaiser nos tourments: <span style="color: #993300;"><em>&laquo;&nbsp;L&#8217;éternité n&#8217;est pas dans le temps, elle est dans la profondeur.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Par <a href="http://christinem.canalblog.com/" target="_blank">Christine Gouttefarde</a></strong><br />
Autres textes de cet auteur : <a href="http://www.le-hangar.com/vos-oeuvres/idylle-par-christine-gouttefarde/" target="_blank">Idylle</a>, <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/foenkinos-la-delicatesse" target="_blank">Foenkinos &#8211; <span style="text-decoration: underline;">La Délicatesse</span></a></p>
<div style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></div>
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		<title>Joy Division – Unknown Pleasure</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Nov 2010 11:09:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je rentre à la maison, me jette dans ma chambre allume ma chaine hifi. Qu’est ce que c’est que vivre de la musique, pour de la musique, par la musique ? J’allume pas la radio, je me garde de tout ça, je pioche un album dans la discothèque ; c’est déjà peut-être pas mal. Je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 10px;" src="http://moustach.files.wordpress.com/2009/12/joy.gif" alt="Joy Division" width="250" height="250" /></div>
<div style="text-align: justify;">Je rentre à la maison, me jette dans ma chambre allume ma chaine hifi. Qu’est ce que c’est que vivre de la musique, pour de la musique, par la musique ? J’allume pas la radio, je me garde de tout ça, je pioche un album dans la discothèque ; c’est déjà peut-être pas mal. Je déballe mon sac, sort le courrier international « Avoir 20 ans en 2010 », voilà ce qu’on lit sur la couverture. Comme s’il y avait une réponse.</div>
<div style="text-align: justify;">Instinctivement mes doigts se sont repliés sur un album, un seul. Un album qui caractérise ce gros titre. <em>Unknown Pleasure</em>, Joy Division.</div>
<div style="text-align: justify;">Avoir 20 ans en 2010 ? C’est avoir des jeans troués, des chemises à carreaux, des cheveux longs. Je crois que je parle pour moi. En fin de compte, c’est ne pas être original, c’est se déclarer rock’n’roll. C’est, monter le son, fermer les volets, attendre la nuit, la pluie. Fermer les volets, allumer des bougies et bouger la tête doucement au rythme froid de ce groupe. Et le froid n’a jamais paru aussi brûlant, et les guitares n’ont jamais parues aussi langoureuses.</div>
<div style="text-align: justify;"><em>I&#8217;ve been waiting for a guide to come and take me by the hand. </em>Tout un programme en perspective. Une perspective sans joie, juste dix morceaux, tous aussi sombre les uns que les autres. Et cette voix caverneuse, ces textes abyssaux. <em>Disorder</em> passe vitesse grand v, et ainsi les autres morceaux semblent plus longs, plus mous. Distordus en même temps que la guitare. Le larsen du micro sur <em>Candidate</em> agresse l’oreille. Tant pis, les morceaux se trainent. Se prélassent. Il y a quelque chose, un mysticisme, un ensemble d’odeurs, de nuits pâles, de la cigarette, des joints, des nuits de concert, de la transpiration. Où est l’amour ? Partout ailleurs, mais pas ici. Pas dans ces morceaux ; dans ces chansons, il y a autre chose.  Et ces punchlines qui accrochent l’oreille, qui restent en mémoire comme un goût amer en bouche qui persiste. Celui de la cuite sans doute.</div>
<div style="text-align: justify;"><em>She’s lost control, again.</em> Le rythme s’accélère à nouveau, réveillé peu à peu depuis <em>Insight</em> – <em>Remember when we were young</em>. Mais là c’est bon, on replonge dans la transe, la vraie, la pure. On s’imagine aux prises à l’épilepsie. On s’imagine dormir à même le sol.</div>
<div style="text-align: justify;">Dix morceaux, c’est trois fois rien certains diraient. Enchainé par les bruitages kitsch un peu. Cette basse qui prend aux tripes, et ce rythme, juste ce rythme qui tient plus de la machine que de l’humain. Dix morceaux, c’est trois fois rien.</div>
<div style="text-align: justify;">Sur le lit traine toujours le courrier international, toujours la même question, l’écho de la voix. A vivre dans un passé dont on ne sait rien (vintage à tous les étages) à imaginer un futur de crise économique. Plaisirs inconnues, que ce titre est évocateur, plus qu’un titre d’ailleurs, c’est tout un voyage proposé. Un concentré intense de crasse. Presque un album concept, presque un scénario à suivre. Assurément assourdissant, assurément froid, assurément 80s.</div>
<div style="text-align: justify;">Et être jeune en 2010 ? L’album se finit comme il a débuté, tiré vers l’avant par la voix, puis la guitare, sur <em>Interzone</em> notamment. Et puis le voyage s’achève. <em>I remember nothing</em>. Comme une fin de soirée, un pote qui te dépose devant ta porte. Comme ce que nous sommes. Être jeune en 2010 c’est joli parfois, et il y a des jours où ça ressemble à ça. Alors, prophète ou juste que rien ne se crée, que tout se transforme ? On n’en était pas encore aux baladeurs-cassettes, c’était 1979, c’est une pochette qui a traumatisé des générations entières, jusqu’à aujourd’hui. Est-ce que la jeunesse se transforme ?</div>
<div style="text-align: justify;">Alors que tout s’écroule à la fin de l’album, le trip a été bon. Je ne sais toujours pas ce que c’est, d’avoir mon âge à ce moment même. Mais c’est peut-être éviter les cris de groupies des putes à franches, et monter le volume. Chanter à tue tête « I’ve lost control again ».</div>
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		<title>Clément – Dix mille guitares</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Nov 2010 12:37:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gouttesdo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Littérature et Histoire font-elles bon ménage ? Question récurrente, tant il n’apparaît pas évident que l’érudition nourrisse l’inspiration. Cependant, à écouter Catherine Clément présenter son roman en février dernier, je m’étais prise de sympathie pour son phrasé spontané et direct, cette forme d’élocution sans afféterie, manière élégante de ne pas vanter son savoir… Le contraire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img style="margin: 10px; float: left;" src="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/5/5/0/9782020208055.jpg" alt="" width="220" height="323" />Littérature et Histoire font-elles bon ménage ? Question récurrente, tant il n’apparaît pas évident que l’érudition nourrisse l’inspiration. Cependant, à écouter Catherine Clément présenter son roman en février dernier, je m’étais prise de sympathie pour son phrasé spontané et direct,   cette forme d’élocution  sans afféterie, manière élégante de ne pas vanter son savoir… Le contraire des femmes savantes…</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ainsi que <span style="text-decoration: underline;">Dix mille guitares</span> est venu se ranger dans ma PAL d’été. En file d’attente, bizarrement, le roman m’est apparu moins tentant. Enfin, par scrupule et méthode, je me suis résolue à ouvrir le livre de presque cinq cents pages. Et de fait, j’ai découvert sans effort un roman agréable et vagabond, qui présentait toutes les caractéristiques d’une balade fantaisiste dans un musée à cieux ouverts. En dessinant un nouveau tableau d’une Europe monarchique et familiale entre 1550 et 1689, Catherine Clément nous convie à revoir nos classiques et réviser nos certitudes figées par l’Histoire programmée dans nos écoles. Voilà un premier atout.</p>
<p style="text-align: justify;">Le second attrait du roman réside sans doute dans le point de vue adopté. Comme  Alain Mabankou à l’époque des <span style="text-decoration: underline;">Mémoires du  porc-épic</span>, Catherine Clément confie  le fil directeur de son  récit à un rhinocéros, originaire d’un royaume des Indes nouvellement conquises, offert au souverain du  Portugal en cette fin de XVIe siècle. À partir de cet artifice, le discours se délie et ouvre l’accès à  un ton  fantaisiste et ironique. Le point de vue d’un animal doté d’un organe sexuel impressionnant libère une insolence sans vulgarité, un zeste de trivialité qui donne encore du piquant aux pages de Rabelais, sans recourir à l’érotisme cru et avide dont nous sommes un tantinet saturé.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci posé, me direz-vous, quel est le sujet du roman ? En dehors des tribulations existentielles du Bada, le rhinocéros  promis à l’ornementation des cours européennes,  l’auteure nous intéresse tout d’abord au sort du jeune et fougueux roi du Portugal Sébastien, neveu de Philippe II d’Espagne, petit-fils de Charles-Quint.  Sébastien est présenté comme un souverain décalé, rêvant  de croisade à une époque où ces guerres sont  devenues tellement obsolètes qu’il ne trouve plus de soutien chez ses parents très catholiques. Il y perdra son règne terrestre, mais le mystère de sa disparition permet à Catherine Clément d’imaginer pour lui un destin épuré et magnifié par d’autres accomplissement que le pouvoir.   Le royaume Lusitanien récupéré par Philippe II, le Bada abandonné est transféré à Madrid, où il fait montre d’un si vilain caractère que…</p>
<p style="text-align: justify;">Rien n’arrête cependant le discours d’un Bada réincarnation bavarde d’un Brahmane Bengalais. De sorte qu’à la suite des mémoires du Bada, nous pénétrons la cour de Rodolphe de Habsbourg,  cousin de Sébastien, éphémère  empereur Du Saint Empire Germanique, puis roi de Bohême, obsédé par les  découvertes scientifiques plus que par l’exercice du pouvoir. De Vienne à Prague puis jusqu’à Stockholm, l’auteure nous entraîne dans l’Europe du XVII e siècle et  les remous de l’élaboration des monarchies éclairées. Le portrait de Christine reine de Suède et ses rapports avec Descartes éclairent une période historique tourmentée. Sur fond de guerre de trente ans, Catherine Clément s’attache à démontrer combien les souverains sont déchirés entre leurs devoirs et statuts de despotes et leurs aspirations intellectuelles et spirituelles.</p>
<p style="text-align: justify;">Si les anecdotes égaient le propos, il me semble que ce genre de roman n’appartient pas à la tradition romanesque telle que nous l’entendons habituellement. Point d’intrigue tendue ici, de suspens haletant qui pousse  le lecteur à rogner ses nuits …  Ce roman attaché à un contexte historique bien particulier semble davantage destiné à dresser un tableau des idées qui ont forgé une époque, et plus que cela, l’évolution incessante des sociétés, même si le propos se concentre sur quelques  centres d’intérêt particulier : l’opposition entre les royaumes hyper catholiques d’Espagne et du Portugal face à l’ennemi viscéral qui se développe sur la rive opposée de la Méditerranée. Entre ses certitudes de Preux Chevalier  et l’hospitalité charismatique du cheikh Abdallah, Sébastien tranche par défaut. Confronté à l’angoisse des troubles mentaux de son fils unique, Rodolphe roi despote  éclairé s’en remet aux soins du Maharal, Grand Rabbin de Prague, pourtant représentant une tradition honnie. Christine de Suède abdique par fidélité envers les idéaux qu’elle revendique.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cours de cette balade atypique, le lecteur peut s’interroger sur  la part du véridique, de l’avéré et celle de la fiction ? Catherine Clément s’en est expliquée clairement je crois. <span style="text-decoration: underline;">Dix mille guitares</span> reste un ouvrage amusant et amusé qui ne  prétend ni à la fresque historique ni  à l’émotion romanesque. Mais il véhicule une petite musique humaniste pour nous rappeler que tous les Grands de ce monde ne sont après tout que des humains  comme les autres, habillés de faiblesses et de remords,  en quête de raison de vivre.</p>
<p style="text-align: justify;">Après une carrière riche, dont la création d’une bonne dizaine de livres,Catherine Clément, érudite très ouverte aux philosophies orientales, est actuellement responsable de l&#8217;Université populaire du musée du Quai Branly.</p>
<div style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
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		<title>Morrison – Wilderness</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Oct 2010 11:53:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#171;&#160;BOOM !&#160;&#187; C&#8217;est à peu près ce qu&#8217;a crié ma tête une fois fini le recueil Wilderness de Jim Morrison, le leader des Doors. Je crois que tout ce que j&#8217;ai pu aimer dans la poésie s&#8217;est retrouvé dans ce livre magnifique, publié à titre posthume d&#8217;après des carnets retrouvés après la mort douteuse de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img style="margin: 10px; float: left;" src="http://www.decitre.fr/gi/62/9782267020762FS.gif" alt="" width="220" height="363" />&laquo;&nbsp;BOOM !&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est à peu près ce qu&#8217;a crié ma tête une fois fini le recueil <span style="text-decoration: underline;">Wilderness</span> de Jim Morrison, le leader des Doors. Je crois que tout ce que j&#8217;ai pu aimer dans la poésie s&#8217;est retrouvé dans ce livre magnifique, publié à titre posthume d&#8217;après des carnets retrouvés après la mort douteuse de Morrison. On y trouve une fascination critique pour les Etats-Unis et notamment Los Angeles, mêlée à une narration en vers déstructurés des états d&#8217;âmes de l&#8217;auteur. Le style en lui-même, que vous pourrez retrouver en version bilingue dans cette édition, est étonnamment brillant, montre des qualités de vrai poète qui n&#8217;ont pas été mise en avant dans la vie de Jim Morrison, autrement que dans les textes de ses chansons, qui devaient par ailleurs comporter plus de musicalité pour des raisons évidentes.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dans <span style="text-decoration: underline;">Wilderness</span>, le regard du poète n&#8217;est jamais en manque, on vacille entre des images très belles, à fleur de peau, et des tableaux parfois crus, à l&#8217;objectivité acérée, au milieu d&#8217;un être aux raisons de vivre parfois complexes, une chaise à bascule entre la joie de vivre et le désespoir le plus profond. On ne loupe rien de Morrison, sans doute parce qu&#8217;il ne réservait pas ces écrits à une publication de son vivant, les textes convergent vers la drogue, l&#8217;alcool, la sexualité, mais aussi vers l&#8217;enfance, la croissance à travers l&#8217;âge et la société qui devient difficile à vivre. Morrison est un enfant : celui qui a le regard précis et sans subjectivité, l&#8217;enfant qui a souffert et traîné après lui le fardeau de son existence. Pourtant ce n&#8217;est que ce regard qu&#8217;on pourrait jugé parfois troublant, car le reste de l&#8217;œuvre est tout simplement émerveillant. Un recueil qui plaira probablement à notre ami A., tant sa fascination exacerbée pour l&#8217;Amérique surprend, ses thèmes LA et Highway sont récurrents. On plonge dans le monde de  la nuit, de la musique, de l&#8217;aventure, on retrace la vie de quelqu&#8217;un qui a <em>su</em> vivre malgré un esprit lourd et qui a su même, utiliser cette complexité d&#8217;âme brillante pour en sortir une vision du monde à toute épreuve (poétique). Un recueil à lire, très bon pour découvrir le visage de Morrison, si vous êtes fan des Doors, ou tout simplement pour connaître une poésie peu commune, une poésie faite pour n&#8217;être pas encore lue.</p>
<div style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
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		<title>Zola – Germinal</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Oct 2010 21:06:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mélusine</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je n&#8217;ai découvert Zola que tardivement, sur les conseils d&#8217;une amie fan du roman Thérèse Raquin. J&#8217;avais été séduite par la manière dont l&#8217;auteur mélangeait la tragédie la plus noire et la crasse la plus commune. Pour moi, Zola, c&#8217;était les Rougon-Macquart, autrement dit vingt-cinq pavés qui décrivait la société dix-neuvièmiste dans toute sa noirceur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 10px;" src="http://www.livredepoche.com/photos-couvertures/LGFLIVREDEPOCHE/2008/9782253004226-G.JPG" alt="germinal" width="175" height="284" />Je n&#8217;ai découvert Zola que tardivement, sur les conseils d&#8217;une amie fan du roman <span style="text-decoration: underline;">Thérèse Raquin</span>. J&#8217;avais été séduite par la manière dont l&#8217;auteur mélangeait la tragédie la plus noire et la crasse la plus commune. Pour moi, Zola, c&#8217;était les <a href="http://www.rougon-macquart.com/" target="_blank">Rougon-Macquart</a>, autrement dit vingt-cinq pavés qui décrivait la société dix-neuvièmiste dans toute sa noirceur et sa nonchalance,  bref: de quoi s&#8217;ennuyer un maximum. Jusqu&#8217;au jour où cette même amie me propose de m&#8217;atteler au plus célèbre et au plus redoutable d&#8217;entre eux (ne serait-ce que par son nombre de pages) : <span style="text-decoration: underline;">Germinal</span>. Il me fallait au moins ce défi lancé pour ouvrir ce pavé dont je repoussais toujours la lecture.</p>
<p style="text-align: justify;">La claque. Mais la claque! Les mots &laquo;&nbsp;crise industrielle&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;chômage&nbsp;&raquo; m&#8217;ont paru d&#8217;une actualité brûlante dès que le roman les fait intervenir, c&#8217;est-à-dire tout de suite. Etienne Lantier, devenu mineur par nécessité, viré après avoir frappé son patron et surtout après une bonne cuite, m&#8217;a immédiatement happé: pourquoi faut-il que ce personnage soit criant de vérité? Très vite, Zola sait mobiliser le pathos qui sommeille en chacun de nous: impossible de rester insensible face à la famille Maheu, dont le père descend tous les jours à la mine avec ses deux aînés, Zacharie et Catherine, tandis que sa femme la Maheude reste à la maison pour s&#8217;occuper des cinq autres enfants dont la dernière n&#8217;a que trois mois. Et tous crèvent littéralement de faim. La prose de Zola est poignante, à la fois poétique et ordurière pour décrire ce véritable monstre qu&#8217;est la mine, qui avale chaque jour sa dose de chair humaine pour la recracher à la fin de la journée. Soudain, raisons économiques obligent, les patrons frappent: baisse de salaire. Aussitôt, la mine s&#8217;organise. C&#8217;est la grève, une grève au sens le plus dur qui soit: on s&#8217;arrête de travailler, on empêche les mines de fonctionner, on marche jusqu&#8217;à la maison du patron et ça dure, ça dure, les gens meurent. Ce n&#8217;est plus ce dix-neuvième siècle mélancolique et descriptif que Zola nous colle sous les yeux, c&#8217;est le monde moderne en pleine naissance, c&#8217;est ce monde que l&#8217;on croit si loin du notre et qui pourtant n&#8217;a pas bougé d&#8217;un poil jusqu&#8217;à aujourd&#8217;hui. C&#8217;en est écœurant.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai pris une claque avec ce livre. Ne jugez pas un livre à son nombre de pages.</p>
<p style="text-align: justify;">Autres livres de Zola sur le Hangar : <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/la-fortune-des-rougon-emile-zola/" target="_blank"><span style="text-decoration: underline;">La Fortune des Rougon</span></a>, <span style="text-decoration: underline;"><a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/zola-loeuvre/" target="_blank">L&#8217;œuvre</a></span>, <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/livres/zola-mysteres-de-marseille/" target="_blank">Les Mystères de Marseille</a></p>
<div style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
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