La Princesse de Clèves – Madame de Lafayette
Rien n’est plus incontestable dans la littérature française que le chef-d’œuvre paru en 1678 qu’est la Princesse de Clèves. Étudié au lycée ou en classes préparatoires littéraires, blâmé par le Président de la République ou vanté par les professeurs, le livre n’a jamais fait l’unanimité, mais ce roman historique marque le début de l’ère du roman moderne. Premier roman d’apprentissage, premier roman d’analyse, La princesse de Clèves est une œuvre savamment façonnée par Madame de Lafayette. Les caractéristiques de l’esprit classique y règnent dans chacune des phrases écrites et travaillées avec soin, l’héroïne, la princesse de Clèves peut être comparée à la Phèdre de Racine, personnage tragique, déchirée entre la passion et la vertu, entre l’amour et la fidélité, ce roman n’est qu’un théâtre, le regard et la vision y sont omniprésents et nous sommes comme sur scène, jamais indifférents, en train d’admirer Madame de Clèves et son combat incessant contre elle-même.
L’histoire – tragique – est parsemée de moment clés célèbrissimes, qui ont fait l’objet de nombreuses études. En effet, à travers cette oeuvre clé, l’auteur a su meler à la perfection la vie mondaine de la cour d’Henri II à l’histoire fictive de cette princesse à la beauté et à la conduite incontestables, tombée amoureuse malgré elle du plus bel homme de la cour, Monsieur de Nemours. La princesse de Clèves est un personnage en constante évolution psychologique et sentimentale, et elle acquiert à travers les pages, une maturité et une sagesse à travers lesquelles est enseignée une leçon de la bienséance de l’époque.
Il existe deux adaptations en film, la première, quasi fidèle au livre est La Princesse de Clèves de Jean Delannoy, avec Jean Marais et Marina Vladi, et la deuxième, transposée à notre époque dans une cour de lycée, sorti en 2008 : La Belle Personne de Christophe Honoré.
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Le Livre de ma mère (1954), c’est le témoignage troublant d’un homme subitement redevenu ce petit garçon amoureux de sa mère, après la mort de celle-ci. Ce roman autobiographique d’Albert Cohen est sous la forme d’un récit à la première personne, à sa personne, c’est-à-dire l’auteur lui-même, qui nous conte sa merveille de mère, si dévouée et amoureuse de son fils tout comme de la loi juive, si sensible et si drôle, prête à faire n’importe quel sacrifice pour le bonheur de son enfant unique. On se plonge dans l’enfance et l’adolescence de l’auteur, riches en expériences malgré une longue période passée sous les jupons de sa mère. Cohen nous raconte aussi ses regrets, ces disputes qu’il aurait pu lui éviter, les moments où il lui en a voulu, pour si peu, et où il a été méchant avec elle. Derrière cette liaison si passionnelle, on découvre un Cohen extrêmement proche de son personnage Solal (voir 







