Posts Tagged “amour”

Mardi 26 janvier 2010 Par Mélusine dans Littérature

Le Grand Meaulnes – Alain-Fournier

Couverture«Un homme qui a fait une fois un bond dans le Paradis, comment pourrait-il s’accommoder ensuite de la vie de tout le monde ?»

Cet homme, c’est Augustin Meaulnes, surnommé le Grand Meaulnes par ses camarades à l’école. C’est le héros de l’unique roman écrit par Henri-Alban Fournier, dit Alain-Fournier, avant que la Grande Guerre ne le fasse disparaître en 1914, à vingt-huit ans.

François Seurel est le narrateur de cette curieuse histoire : il voit arriver dans sa vie Augustin Meaulnes, dix-sept ans, avec qui il se lie d’amitié. Les autres écoliers sont turbulents : le « grand Meaulnes » est calme et sombre. Et puis un jour, au détour d’un sentier, Meaulnes s’offre une escapade : il ne revient pas en classe. Tous les élèves guettent son retour, le nez collé à la vitre, pendant plusieurs jours. Et lorsqu’enfin il réapparaît, il est plus distant et plus distrait que jamais, et porte sous sa blouse d’écolier un mystérieux gilet de soie. François presse son ami de lui expliquer, et il raconte : perdu dans la forêt, il a assisté à une étrange fête organisée dans un immense domaine. Les enfants courent, les discours n’ont ni queue ni tête, tout le monde se déguise, mais Meaulnes comprend que l’on doit marier un certain Franz. Son regard croise celui d’Yvonne de Galais : il en tombe fou amoureux. « Croise », le mot est bien choisi car ils ne font que s’entrevoir pendant une soirée qui s’achève brutalement : la fiancée s’enfuit, la fête tourne court, Meaulnes doit quitter les lieux.

Après cette aventure, revenir à sa vie d’écolier lui est insupportable. Avec l’aide du loyal François, il se lance dans une quête éperdue : celle du domaine mystérieux et de la belle Yvonne. Mais impossible de se rappeler le chemin.

Ce roman, je l’avais eu entre les mains au lycée. Je l’avais écarté sans même le lire: trop austère pour moi. Quelle erreur ! Il nous entraîne dans une structure vertigineuse où l’on remet en place un par un les éléments d’une étrange aventure qui conjugue la fraicheur d’une escapade buissonnière, la magie d’un coup de foudre, l’impression déroutante d’être passé de l’autre côté du miroir et le réalisme nostalgique des pupitres en bois et des tableaux à craie. La force de ce roman est de tourner et tourner encore autour de sa propre histoire, qui prend forme dans les récits des différents personnages qui disparaissent et réapparaissent les uns après les autres. C’est aussi dans cet onirisme de cette fête carnavalesque, qui peut dérouter parce qu’elle oblige à rester sur sa faim et à accepter un monde absurde, mais qui moi m’a enchantée : ne surtout pas chercher le sens, c’est une fête bohème qui n’en a pas. C’est l’histoire d’une amitié tellement fidèle que François suit Meaulnes dans la recherche de ses rencontres fantômes. C’est l’histoire d’un amour entrevu comme dans un rêve et qui ne peut que pâtir d’être ramené à la réalité. C’est aussi l’histoire d’un garçon à qui il manque quelque chose sans que lui-même sache vraiment quoi. C’est un livre qui ne donne pas de certitude.

Le roman a été récemment adapté au cinéma par Jean-Daniel Verhaeghe, avec Clémence Poésy, Nicolas Duvauchelle et Jean-Baptiste Maunier. Je me languis de voir cela…

grand meaulnes

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Jeudi 7 janvier 2010 Par Hazel dans Littérature

Argentina – Dominique Bona

Je me suis emparée d’un bouquin de Dominique Bona car une personne de mon entourage m’en a dit du bien. Étant plutôt axée sur des livres plus classiques, je me suis dit qu’il serait intéressant de lire pour une fois quelque chose de plus frais, qui n’est pas au programme scolaire et qui pourtant à l’air intéressant (Domique Bona fait tout de même partie du Jury du prix Renaudot, qu’elle a elle-même reçu en 1998).

Et je ne me suis pas trompée. Argentina est une saga merveilleuse publiée en 1984, qui retrace l’histoire de Jean Flamant, un jeune homme de 20 ans sans avenir qui s’échappe de la France détruite par la Première Guerre Mondiale, en Argentine, une terre de richesses de rêves et de promesses. Quelques dizaines d’années de sa vie sont contées dans ces pages à travers lesquelles Dominique Bona nous captive par sa façon originale de raconter l’avancée de Jean, tant sa vie privée que son élévation sociale : le livre est en effet truffé d’ellipses temporelles de quelques années qui ne gâchent en rien l’histoire. Bona nous dévoile souvent Jean à travers les personnages qui l’entourent, sa femme, ses maitresses, ses collègues d’affaires.

Rien à voir avec une simple récit de vie monotone, Argentina nous emmène aux quatre coins d’un pays en plein âge d’or, un pays aux mille paysages et aux mille nations, que l’on découvre et qu’on s’aproprie avec le même emerveillement que le héros. C’est un livre de voyages, d’evasions, d’aventures, de rêves et de sensations.

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Dimanche 20 décembre 2009 Par Hazel dans Littérature

Arria Marcella – Théophile Gautier

Arria Marcella de Théophile Gautier

Arria Marcella est une très courte nouvelle fantastique de Théophile Gautier, publiée en 1852. Elle raconte l’histoire de trois amis partis visiter les vestiges de Pompéi détruite par le volcan du Vésuve; le plus jeune des trois personnages, Octavien, tombe amoureux de l’empreinte d’une silhouette de femme laissée dans la lave du volcan. La nuit suivante il se retrouve dans le Pompéi d’il y a 2000 ans à la recherche de cette inconnue dont il est  devenu fou sans même la voir ni la connaître.

C’est une nouvelle très brève, qui se lit en à peu près une heure, remplie d’une certaine poésie et de douceur. Elle est également dotée d’une sorte de mysticité romaine, l’auteur nous contraint avec sa plume à nous souvenir d’une époque que l’on n’a pas connu en nous laissant une pointe de nostalgie dans le cœur… On s’attache avec facilité aux rêves irréalisables d’Octavien, et c’est ce qui nous donne envie de réaliser les nôtres.

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Mercredi 11 novembre 2009 Par Novembre dans Vos oeuvres

Sans Palabres, par Webert

Un court poème nous dévoilant en quelques lignes une facette de l’amour que certains ne connaissent pas et que d’autres tachent de dissimuler : l’amour machinal, « automatique ».

Sans palabres

Te souviens tu
On s’aimait par mot de passe
Nos cœur codés
Comme des machines
Mais la route intermédiaire était trop loin de nous
Vieux fil distant
Mains superposées
Gestes fragiles

On s’aimait comme on va à la banque
Sans rien dire
Sans mots-clés
Sans palabres.

par Webert.

Avis et critiques sont les bienvenus.

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Jeudi 29 octobre 2009 Par Hazel dans Littérature

Les Diaboliques – Barbey d’Aurevilly

Parues en 1874, Les Diaboliques de Barbey d’Aurevilly sont le fruit de plus de 25 ans de travail. C’est un recueil de six nouvelles (dans l’ordre : Le rideau cramoisi, Le plus bel amour de Don Juan, Le bonheur dans le crime, Le dessous de cartes d’une partie de whist, A un diner d’athées, La vengeance d’une femme), qui nous racontent chacune une incroyable histoire où la femme tient le rôle de Diable, où l’amour est le fruit voire la victime de la vengeance, de l’adultère ou bien du meurtre. Toutes ces histoires diaboliques, sont racontées par un autre personnage de l’histoire (exceptée la dernière, La vengeance d’une femme), ce qui les rend encore plus enivrantes. Chaque fin, est inattendue et brusque; les femmes de ces nouvelles – contées comme à voix basse, telles des secrets – ont soif d’aimer pour le meilleur et surtout pour le pire. Le monde de la noblesse, qui règne dans ces récits est décadent, inactuel, ce qui les place dans un contexte passé de mode. Ce sont des mythes, des légendes, savamment écrit par une plume qui fait durer le suspens jusqu’à la dernière phrase tout en vous plongeant dans le magnifiquement sombre langage du romantisme noir.

Ce recueil, son plus célèbre, lui à valu de se voir accusé d’immoraliste, cependant Barbey d’Aurevilly s’est défendu en disant que c’est un roman catholique (en effet, il se considère comme romancier catholique, voir préface d’Une vieille maitresse, 1866), que «le catholicisme est la science du bien et du mal» et qu’il a tenté de montrer dans les Diaboliques «non seulement les ivresses de la passion mais ses esclavages». Pourtant, quatre jours après la parution de ce recueil, il a été retiré de la ventre pour cause d’atteinte à la morale publique.

Cette série de nouvelles devait avoir une suite, nous pouvons lire dans sa préface des Diabliques : « Voici les six premières ! Si le public y mord, et les trouve à son goût, on publiera prochainement les six autres ; car elles sont douze, comme une douzaine de pêches, — ces pécheresses ! », mais ce projet n’a pas abouti – et nous en sommes bien malheureux ! – et les six nouvelles devant faire partie du deuxième recueil n’ont jamais vu le jour.

Le style à la fois impeccable et macabre, l’imagination fantastique et effrayante de l’auteur, ont fait de ce livre un de mes préférés.

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