Zola – La Fortune des Rougon
Premier volume de l’immense série des Rougon-Macquart de Zola, la Fortune des Rougon est publié en 1871. Cette œuvre nous plonge dans l’ambiance de la première moitié du XIXème siècle, et notamment du coup d’état de Napoléon III en 1851, qui préfacera la période étudiée par Zola, le Second Empire. La trame de l’histoire, comme dans beaucoup de romans de notre naturaliste préféré, est menée par plusieurs personnages à la fois. Ainsi, on suivra l’évolution généalogique de la famille, minutieusement décrite de façon scientifique par Emile Zola, cherchant dans l’hérédité naturelle l’explication à des faits (ir)rationnels. L’amour, le sang, l’avidité, la modestie, tout autant de valeurs contradictoires se mêlent et opposent chacun des personnages à un ou plusieurs autres. Antoine Macquart et Pierre Rougon, demi-frères, divergent sur tous les points : politique, réussite, situation, intelligence, bon sens, prudence…
La Fortune des Rougon, c’est la première pierre d’une série incroyablement riche, c’est le tome qui pose les bases des trois familles qui descendent d’Adélaïde Fouque, et que l’on suivra tout au long des vingt volumes des Rougon-Macquart : les Rougon, caractérisés par leur faim d’argent et de reconnaissance; les Mouret, chez qui on pourra observer des séquelles de la folie d’Adélaïde; et les Macquart, la branche la plus bâtarde, où alcool et violence se mêleront à la folie et en décupleront la puissance.
Sur ce fond d’opposition familiale et politique, on suit aussi l’histoire d’amour désillusionnée de deux jeunes gens, Silvère Mouret et Miette, qui participeront aux tentatives de soulèvement des campagnes, qui ont eu lieu lors du coup d’état de Napoléon III. Tous deux finiront tragiquement dans la mort, à cause de la violence de la répression organisée par le souverain.
Au final, un ouvrage dont le style est entraînant et riche, sans être lourd. On peut facilement se laisser emporter sur quelques centaines de pages sans s’en rendre compte, les intrigues sont extrêmement bien ficelées et on remarque immédiatement toute la justesse et l’intelligence de Zola. A lire, pour la culture et le plaisir.
L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
Exprimez-vous !







La Fortune des Rougon est, bien que je ne connaisse pas encore tous les romans de la série, l’un de mes préférés ; parmi ceux que j’ai lus, j’arrive à partager les Rougon-Macquart en trois catégories un peu vagues : les bien dans le genre de Germinal, les bien dans le genre d’Au bonheur des dames (qui font un peu ancêtres des Feux de l’amour en fait, mais comme Zola est considéré par les « intellectuels » comme étant de la littérature, on pardonne l’un et on fustige l’autre… c’est complètement con, et j’ai honte de le faire aussi), et les pas très bien ennuyeux (Le Rêve… les autres ne me viennent pas là maintenant)
Malgré cette dernière catégorie, j’estime qu’Emile Zola est mon deuxième auteur préféré (:
(voilà, j’ai commenté, au risque qu’on me dise que c’est pas bien de catégoriser…)
@APhie – C’est déjà exceptionnel, chez les jeunes en tout cas, qu’Emile Zola se retrouve dans le top 3 des auteurs préférés ! Je suis plus ou moins d’accord avec ton classement, en fait ce qui me gêne, ce n’est pas les « pas très bien ennuyeux », mais les « qui font un peu ancêtres des Feux de l’amour », surtout pour Au bonheur des dames, qui est avant tout une forme critique, ou du moins d’observation objective du monde commercial, des débuts du « marketing » et de la consommation de masse. En fait je crois que chez Zola, l’histoire du personnage qui je pense dans ton analyse s’apparente aux Feux de l’amour pour Au bonheur des dames, est en fait de second plan, et contrairement à ce qui est visible, ils servent avant tout à illustrer ce qui même dans le sous-titre donné par Zola à sa série (Histoire naturelle et sociale d’une famille sous le second Empire) paraît secondaire : le second Empire et ses contextes socio-économique, culturels et politiques.
Enfin, c’est moi avis quoi
Sauriez-vous m’expliquer ce que vous aimez dans l’ oeuvre de Zola (ou certaines) ? Est-ce avant toute chose ce qui ressort du commentaire de Novembre, c’est-à-dire la démonstration en arrière plan de tous les « ressorts » d’un certain milieu social ? Aspect critique malgrè tout. Conjugué au style et à une histoire bien établie de A à Z ?
Sonia, je ne te répondrai que lorsque j’aurai lu un Zola. Oui, j’ai tout ensemble la fierté et la honte de n’y avoir jamais touché…
@Sonetchka – Comme tu l’as bien compris, pour ma part il s’agit surtout de l’étude du contexte social, économique et politique du Second Empire, que je trouve passionnante. Mais il est également indéniable, pour moi, que les trames des histoires de Zola sont passionnantes, car il forge des personnages qui par leurs défauts et leurs qualités, leur réalisme et leur authenticité, deviennent très proches du lecteur, ce dernier s’y attache en fait automatiquement.
J’aime beaucoup cet écrivain, j’ai adoré l’histoire de cette famile racontée au travers des 20 volumes que j’ai en édition livre de poche, qu’il me plait de relire souvent.
Belle année 2010, qu’elle vous soit riche d’évènements artistiques et autres.
Ce travail monstrueux sur l’hérédité, sur les ressemblances physiques et morales entre les personnages, sur le contexte socio-politico-économique comme l’a dit Novembre, l’analyse, le style, les histoires, tout cela fait que Zola est, sans hésitation aucune, mon écrivain préféré.
Vous finirez par trop me donner envie de le lire… Mais je résiste encore !
Tu succomberas, Hazel ! (: