Beckett – En attendant Godot

En attendant Godot, écrite par Samuel Beckett entre 1948 et 1949, et publiée en 1952 est une pièce de théâtre en deux actes s’inscrivant dans le courant du théâtre de l’absurde. C’est l’œuvre la plus célèbre de l’écrivain. Vladimir et Estragon, deux vagabonds, attendent un certain Godot, un homme qui a promis de leur aider, mais qui ne vient pas. Les deux amis se demandent s’ils sont au bon endroit et au bon moment du rendez-vous. Derrière ce Godot, qui tarde à venir, nous pouvons voir God, Dieu, ce dieu qu’ils attendent sans trop d’espoir; cependant Beckett s’est toujours opposé à cette interprétation, « Si j’avais voulu faire entendre cela, je l’aurais appelé Dieu, pas Godot ». A sa sortie, la pièce fut l’objet d’un véritable scandale. Lors des premières représentations, la moitié du public quittait la salle à la fin du premier acte. L’autre moitié huait les comédiens. Et c’est grâce à cela que la pièce est devenue célèbre, les gens allaient voir le scandale.
En attendant Godot occupe la 12ème place dans le classement des 100 meilleures œuvres littéraires du XXème siècle établi par la Fnac et le monde en 1999. Sur la quatrième de couverture, qui est une lettre de Beckett adressée a Michel Polac (critique, romancier et cinéaste français) nous pouvons lire ceci : « Je n’ai pas d’idées sur le théâtre. Je n’y connais rien. je n’y vais pas. [...] Je ne sais pas plus sur la pièce que celui qui arrive à la lire avec attention. [...] Je ne sais pas plus sur les personnages que ce qu’ils disent, ce qu’ils font et ce qui leur arrive. [...] Je ne sais pas qui est Godot. Je ne sais même pas, surtout pas, s’il existe. »
Voilà un extrait de la pièce :
ESTRAGON. – Je suis fatigué. (Un temps.) Allons-nous-en.
VLADIMIR. – On ne peut pas.
ESTRAGON. – Pourquoi ?
VLADIMIR. – On attend Godot.
ESTRAGON. – C’est vrai. (Un temps.) Alors comment faire ?
VLADIMIR. – Il n’y a rien à faire.
ESTRAGON. – Mais moi je n’en peux plus.
VLADIMIR. – Veux-tu un radis ?
ESTRAGON. – C’est tout ce qu’il y a ?
VLADIMIR. – Il y a des radis et des navets.
ESTRAGON. – Il n’y a plus de carottes ?
VLADIMIR. – Non. D’ailleurs tu exagères avec les carottes.
ESTRAGON. – Alors donne-moi un radis (Vladimir fouille dans ses poches, ne trouve que des navets, sort finalement un radis qu’il donne à Estragon qui l’examine, le renifle.) Il est noir !
VLADIMIR. – C’est un radis.
ESTRAGON. – Je n’aime que les roses, tu le sais bien !
VLADIMIR. – Alors tu n’en veux pas ?
ESTRAGON. – Je n’aime que les roses !
VLADIMIR. – Alors rends-le-moi.
Estragon le lui rend.
ESTRAGON. – Je vais chercher une carotte.
Il ne bouge pas.
VLADIMIR. – Ceci devient vraiment insignifiant.
ESTRAGON. – Pas encore assez.
Silence.
VLADIMIR. – Si tu les essayais ?
ESTRAGON. – J’ai tout essayé.
VLADIMIR. – Je veux dire, les chaussures.
ESTRAGON. – Tu crois ?
VLADIMIR. – Ca fera passer le temps. (Estragon hésite.) Je t’assure, ce sera une diversion.
ESTRAGON. – Un délassement.
VLADIMIR. – Une distraction.
ESTRAGON. – Un délassement.
VLADIMIR. – Essaie.
ESTRAGON. – Tu m’aideras ?
VLADIMIR. – Bien sûr.
ESTRAGON. – On ne se débrouille pas trop mal, hein, Didi, tous les deux ensemble ?
VLADIMIR. – Mais oui, mais oui. Allez on va essayer la gauche d’abord.
ESTRAGON. – On trouve toujours quelque chose, hein, Didi, pour nous donner l’impression d’exister?
VLADIMIR (impatiemment). – Mais oui, mais oui, on est des magiciens. Mais ne nous laissont pas détourner de ce que nous avons résolu. (Il ramasse une chaussure.) Viens, donne ton pied. (Estragon s’approche de lui, lève le pied.) L’autre, porc ! (Estragon lève l’autre pied.) Plus haut ! (Les corps emmêlés ils titubent à travers la scène. Vladimir réussit finalement à lui mettre la chaussure.) Essaie de marcher. (Estragon marche.) Alors ?
ESTRAGON. – Elle me va.
L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
Exprimez-vous !







J’ai beaucoup aimé cette pièce, ou dumoins ce quelle dégage. Ses relents vaporeux et mélancoliques de clown tristes. On ne sait guère s’il faut rire ou pleurer, et je crois que c’est ce que j’aime dans cette oeuvre si singulière de Beckett.
à Lire ! surtout si vous avez tendance à ne pas savoir prendre des initiatives
J’ai beaucoup aimé. Entre tragique et comique, on est à la fois tendri et effrayé. Cette pièce peut dérouter, mais il faut accepter de lire des oeuvres qui ne fournissent pas de réponse.