Aurélien, c’est l’histoire d’un jeune homme parisien, rentier, brisé par la première guerre, qui ne lui laisse qu’une absence d’identité, une absence de rêves, une absence de vie. Passant ses journées routinières à errer dans le Paris de l’entre deux guerres, Aurélien est mêlé au monde intellectuel flamboyant des années 20, et Aragon nous recompose alors ces années folles, entre Picasso, les dadaïstes, Cocteau et compagnie. Malgré cette activité immobile, Aurélien est poussé malgré lui, à l’amour, qu’il va éprouver pour Bérénice. Mais cet amour est impossible, jeune provinciale, il est plus amoureux de ses apparences, de ses « deux visages » dont il ne connait que la forme et pas le fond. Bérénice, quant à elle, voit dans cet amour impossible, l’apogée de son goût de l’absolu. Mais chemin faisant, elle doit retourner dans sa province, et lui, reste à Paris, amorphe, et plonge dans sa vie de rentier, pauvre en mouvement et riche en habitudes désuettes. Bérénice et Aurélien finiront par se retrouver, dix huit ans plus tard, et ne verront en leur ancien amour le fruit de leurs lubies de jeunesse.
Louis Aragon dresse dans ce roman, quatrième du cycle du Monde Réel, le portrait d’un amour ambigu, à la fois profond et superficiel, mal dirigé, timide, improbable, tout en transmettant l’émotion que peut donner l’espoir, le rêve, la croyance en quelque chose qu’on croit alors plus que réel : absolu. Pour moi, un des plus géniaux romans d’amour.
Autres livres d’Aragon sur le Hangar : Les cloches de Bâle
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J’aime, j’aime, j’aime ce bouquin!
Lu après avoir fait un commentaire de texte en Français sur un extrait qui m’avait beaucoup plue… Je n’ai pas été déçue.
Peut être pas forcément évident à lire, j’ai trouvé ce livre fantastique, magnifique. Une histoire d’amour très bien narrée, des personnages profonds et le tout extrêmement bien écrit… Que demander de plus?
Effectivement, que demander de plus ? C’est un livre, à la fois extrêmement émouvant, dans sa façon de décrire l’histoire d’amour, avec une parfaite cohérence des deux personnages, et très poétique, grâce à Paris et ses lieux mythiques, cette sphère artisto-intellectuelle des années folles.
@Cam – notre premier devoir type Bac avec « La première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide » comme l’un des textes du corpus ?! =) Moi aussi ça m’a trop donné envie. Mais je n’y suis pas encore, j’ai 20 bouquins qui dorment sur mon étagère et qui attendent mes yeux curieux pour être lus !