J’ai cassé
Beaucoup de belles œuvres,
J’ai renversé
Trop de verres d’eau fraîche,
Jeté plein d’or
Par-dessus bord,
J’ai souvent donné
De traîtres objets
Et des cadeaux piégés.
Mais je jure,
Je ne savais pas
Cette œuvre si belle et cette eau si fraîche,
Je ne croyais pas
Que ces cailloux valaient tant.
Et je pensais
Que ces objets étaient précieux
Et les cadeaux, tous les cadeaux
Etaient sincères.
Mais ces cailloux
Dites-vous,
Sont-ils perdus par qu’ils appartiennent désormais à l’immense océan,
Ou parce que personne ne sait plus qu’ils y sont ?
Je sais, certains de mes mots
Ont servi, pour moi,
Ont terni, jusqu’à
L’âme,
Fleur qui fane…
Et tant de fois,
Ont inversé
Le sens des lames
Et jusqu’à toi
Ont tranché.
J’ai menti
Mais je croyais que c’était ça,
J’ai pris ça pour,
La vie.
Je déteste ce qui est là
Pour toujours.
Je supplie
Aujourd’hui
Pour que demain
Vous me croyez encore.
Je vous en prie,
Ce que j’ai pris
Etait vain
Et je vous aimerai plus fort.
Mais mon âme,
Sentez-vous
Quelque réponse qu’elle aurait dû vous donner
Ou pardonnerez-vous parce qu’elle est par-dessus tout, mienne ?
Je n’ai pas toujours voulu
Le mal que j’ai fait,
Je n’ai pas toujours su
Ce qu’il vous fallait.
Je me suis souvent éloignée
De l’image que je donnais
Et j’ai consommé
Des poisons de passion,
Des passions en prison,
Tenté de briser
Des murs, des cloisons
Qui n’étaient que des attentions
Pour m’endormir à leur façon,
J’ai voulu m’enfuir d’un cocon
Parce que je n’ai pas compris,
Je ne l’avais pas vu si…
Bon.
Je me suis haï
D’avoir été moi,
Et parfois,
Je me suis senti
Comme la proie
De tout ça.
Est-ce que tu m’as vu dans cet état ?
Avez-vous cru que j’étais tombée si bas ?
M’as-tu prise pour une autre,
Ou t’es-tu contenté de fermer ta porte ?
A moi et à vous,
J’essaye de dire
Avec nos Mots
Qui seuls peuvent essayer,
Que partout
Même dans le pire,
Sans atteindre le beau,
J’ai voulu le sublime désiré.