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	<title>Le Hangar - Espace artistique</title>
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		<title>Un quai de gare à Toulouse, par Thierry Cabot</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Mar 2010 11:00:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hazel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Vos oeuvres]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est très rare que j&#8217;apprécie un poème à la forme si fixe, moi qui suis un adepte de la déstructuration, des rimes cachées voire oubliées, des lignes hétérogènes&#8230; Et me voilà submergée par ce flot d&#8217;alexandrins qui, ligne par ligne, ont su me rendre presque amoureuse de ce poème. Tout y est : les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #888888;"><em>Il est très rare que j&#8217;apprécie un poème à la forme si fixe, moi qui suis un adepte de la déstructuration, des rimes cachées voire oubliées, des lignes hétérogènes&#8230; Et me voilà submergée par ce flot d&#8217;alexandrins qui, ligne par ligne, ont su me rendre presque amoureuse de ce poème. Tout y est : les rimes riches et belles, les images profondes et douces, l&#8217;histoire triste et belle&#8230; J&#8217;ai vraiment adoré, et apprécié le lire et le relire. Je vous souhaite donc, à vous, lecteurs, une aussi agréable lecture.</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Un quai de gare à Toulouse </strong></p>
<p style="text-align: center;">Sur le quai fauve et noir empli de moiteurs sales,<br />
Les âges se défont au rythme aigu des trains…<br />
Voici longtemps. Peut-être en mai. Comme en rafales,<br />
Des houles de joie ivre incendiaient mes reins.</p>
<p style="text-align: center;">J’avais les yeux ravis et comblés de l’enfance.<br />
La magie à ma lèvre où fusait le bonheur,<br />
Inondait le ciel chaud d’un rêve sans défense<br />
Plus naïvement clair que l’envol d’une fleur.</p>
<p style="text-align: center;">La gare en fièvre s’agitait à perdre haleine ;<br />
Le vent soûl balayait le matin finissant,<br />
Et tout à coup je vis, dans un souffle de laine,<br />
Sourire jusqu’à moi  ton pas resplendissant.</p>
<p style="text-align: center;">Mes bras tendus au point de soulever le monde,<br />
Capturèrent le baume ailé de tes cheveux<br />
Alors que, titubante au bout d’un soir immonde,<br />
Une vieille passait, les doigts fous et nerveux.</p>
<p style="text-align: center;">Nous étions le miroir béni de toute chose ;<br />
Les chatoiements de l’heure embellissaient nos mains.<br />
Irréelle et chantant, la fière ville rose<br />
Alignait ses toits purs et ses féconds chemins.</p>
<p style="text-align: center;">O couple aveugle au temps dont saigne l’ombre infâme !<br />
Ta jeunesse coulait en lumineux accords,<br />
Et nul regard ne vint arracher cette femme<br />
Au néant qui bientôt lui mangerait le corps…</p>
<p style="text-align: center;">Le même quai… plus tard, sans que tu me revoies.<br />
Déjà rien que l’infime écume d’un grand jour,<br />
A peine un blanc fantôme errant le long des voies<br />
Tandis que, chargé d’ans, je titube à mon tour.</p>
<p style="text-align: center;">Ton image que seule a noyé l’amertume,<br />
Est une eau pâle et trouble égarée en mes yeux,<br />
Un murmure de soie enfoui sous la brume,<br />
Une âme frissonnante au bord de vagues cieux.</p>
<p style="text-align: center;">Et le limon obscur des mois et des années<br />
A glacé mon visage et fendillé mon cou ;<br />
Si parfois j’ai bu tant d’espérances bien nées,<br />
J’ai vingt fois du destin essuyé le vil coup.</p>
<p style="text-align: center;">Or là comme jadis, la foule bourdonnante<br />
Gronde avec l’appétit d’un long fleuve qui croît ;<br />
Comme jadis, au loin, charmeuse et fascinante,<br />
Toulouse rit toujours dans le beau soleil roi.</p>
<p style="text-align: center;">Affaibli par cent maux où l’enfer se dessine,<br />
Je longe le vieux quai plein de moites relents<br />
Quand devant moi soudain, ô brûlure assassine !<br />
Pareil au nôtre, un couple unit ses vœux tremblants.</p>
<p style="text-align: center;">Il ne me connaît pas. Les trains vont, à la file.<br />
Une brise d’amour me flagelle et me mord.<br />
Et vaincu, las de tout, pauvre chose débile,<br />
Je m’abats sur le sol en épousant la mort.</p>
<p style="text-align: right;">Par <a href="http://www.p-o-s-i-e.over-blog.net" target="_blank">Thierry Cabot</a>.</p>
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		<title>Sur la route &#8211; Jack Kerouac</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Mar 2010 11:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
				<category><![CDATA[Littérature]]></category>
		<category><![CDATA[Dean Moriarty]]></category>
		<category><![CDATA[Jack]]></category>
		<category><![CDATA[Kerouac]]></category>
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		<category><![CDATA[Sur la route]]></category>

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		<description><![CDATA[Going up the country.
Il y a des œuvres qui traversent les âges en restant toujours jeunes, fraîches et lourdes de sens. Un peu plus de 50 ans après sa parution, Sur la route reste une bible pour jeunes en perditions rêvant d’exils et de mondes à créer : autre part, autrement. La fascination pour des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><img class="alignleft" style="border: 1px solid black; margin: 5px;" src="http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/5/6/6/9782070367665.jpg" alt="" width="280" height="472" />Going up the country.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a des œuvres qui traversent les âges en restant toujours jeunes, fraîches et lourdes de sens. Un peu plus de 50 ans après sa parution, <em>Sur la route</em> reste une bible pour jeunes en perditions rêvant d’exils et de mondes à créer : autre part, autrement. La fascination pour des mythes qui évoquent tout le pittoresque d’un American Dream plus qu’imaginaire, la renonciation à ce monde terrestre pour la marge et la fascination de cette marge est l’étrange alchimie qui compose, lie, ce livre fascinant. Ainsi la lecture file, s’achève. <em>Sur la route</em> est une histoire perpétuelle, qui se renouvelle sans cesse dans une tête mise en ébullition par la lecture. Sans connaître autre chose de l’auteur, à travers les lignes, on sent que Jack Kerouac livre son chef d’œuvre, en bout de course, le sourire fou aux lèvres. Parce que fou, il aimerait l’être : il ne l’est pas. Il a choisi autre chose : être génial.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Sur la route</em> est d’une certaine manière la chronique de l&#8217;immensité ravagée du territoire américain. Ce livre est la fuite raisonnée, d&#8217;abord, puis folle de Sal Paradise étudiant à la faculté en mal d’ailleurs, en mal de choses à écrire, vivre et ressentir. Dans ses voyages, il est accompagné de son &laquo;&nbsp;idole&nbsp;&raquo;, qui peu à peu deviendra son ami : Dean Moriarty véritable fou, délinquant aux airs d’ange qui joue à l’intellectuel.<br />
Si les Etats-Unis sont traversés plusieurs fois selon des itinéraires différents, l&#8217;aller s&#8217;achève toujours à San Francisco : véritable bout du monde car, même si la Frontière de ce territoire n’apparaît que mentale dans la tête de ces jeunes dépravés, elle est belle et bien physique.<br />
<em> Sur la route </em>a le génie de saisir et restituer l’air constamment désabusé qui caractérise la jeunesse. Aux prémices du rock’n’roll – même si le livre est beaucoup plus tourné vers le Jazz – on sent se dessiner les envies tapageuses de destruction et d’autodestruction qui naîtront plus tard dans les cœurs adolescents. Se dessine une jeunesse voulant toujours plus que ce soit dans la vie, dans l’amour, dans le voyage. Lorsqu’on considère, 50 ans plus tard l’histoire de la jeunesse dans cette seconde partie du XXème siècle, on ne peut qu’entrevoir  l’annonce du mouvement hippie qui suivra une décennie plus tard. Peut-être alors encore un peu trop énervés, sans doute moins libres de leurs corps et leurs esprits, les personnages de<em> Sur la route</em> n’adoptent pas cette idée du peace and love, mais n’en demeurent pas moins la première génération de ces vagabonds en puissance à la recherche d’absolu. Et puisque tout mouvement à un nom, un nom qui veut en jeter, faire peur, Jack Kerouac se nomme, nomme ses compatriotes : &laquo;&nbsp;Beat generation&nbsp;&raquo; (génération battue/fauchée).</p>
<p style="text-align: justify;">La narration file, cachin-cahan, entre impro de Jazz et cuite à la bière. On pourra reprocher à la traduction d’être lourde lorsque la folie des jeunes gens file, coule sans reprendre son souffle dans la version originale. <em>Sur la route</em> est une procession de foi, dans un sens un recueillement sur soi-même lorsqu’on le lit dans la puissance de l’adolescence : il faut lui laisser le temps de respirer, cheminer. Des pauses, des reprises sont nécessaires pour ingérer ce texte, et ensuite, se laisser avaler et entrer dans les délires des protagonistes.<br />
Quand s’ouvre l’ultime partie du livre, la folie de Dean qui ne cesse de se développer au travers du livre explose, éclate alors  que Sal reste toujours dans cette limite de quasi ivresse. Leur dernier voyage jusqu&#8217;à Mexico apparaît ainsi comme un retour à la sainteté. Empreint de lyrisme, ce voyage voit défiler les images de la vierge dans les yeux de gamines. Seulement ce voyage à un air d’achevé, comme si, pour une fois, les images de la Frontière de ces jeunes et la Frontière réelle se recoupaient pour exposer la rudesse de ce territoire – ce fantasme – et la vie brute qu’elle mène. Et si l’on cherche ne serait-ce qu’une raison motivant le livre, motivant ces héros en guenilles, on comprend dans cette ultime excursion qu’à travers les descriptions des paysages seule la vie (et son sens) ne les intéresse.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis, il est temps de lâcher le livre. Lu en une nuit ou plusieurs mois ; c’était une expérience marquante. Si l’on considère l’épreuve et son achèvement, on ne peut que sourire, satisfait. L’ultime paragraphe que l’on se répète les jours de chagrin : comme un vieux tube, ou plutôt comme une litanie singulière, hérétique :</p>
<blockquote><p><span style="color: #993300;"><em>Ainsi donc, en Amérique, quand le soleil descend et que je suis assis près du fleuve sur le vieux quai démoli, contemplant au loin, très loin, le ciel au dessus du New-Jersey, et que je sens tout ce pays brut rouler en bloc son étonnante panse géante jusqu&#8217;à la Côte Ouest et toute cette route qui y va, tous ces gens qui rêvent dans son immensité ― et, dans l&#8217;Iowa, je le sais, les enfants à présent doivent être en train de pleurer dans ce pays où on laisse les enfants pleurer, et cette nuit les étoiles seront en route et ne savez-vous pas que Dieu c&#8217;est le Grand Ours et l&#8217;homme-orchestre? et l&#8217;étoile du berger doit être en train de décliner et de répandre ses pâles rayons sur la prairie, elle qui vient juste avant la nuit complète qui bénit la terre, obscurcit tous les fleuves, décapite les pics et drape l&#8217;ultime rivage et personne, personne ne sait ce qui va arriver à qui que ce soit, n&#8217;étaient les mornes misères de l&#8217;âge qu&#8217;on prend ― alors je pense à Dean Moriarty, je pense même au Vieux Dean Moriarty, le père que nous n&#8217;avons jamais trouvé, je pense à Dean Moriarty.</em></span></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Les yeux se ferment, ne subsiste qu’une sensation de beauté dans toutes cette horrible Amérique qui est décrite. Et l&#8217;impression que la liberté n&#8217;est qu&#8217;une histoire de choix. Un choix magnifique.﻿</p>
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		<title>Les grands chemins – Jean Giono</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 23:13:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est toujours un étrange sentiment qui nous habite lorsqu’on ouvre un livre que l’on n’a pas vraiment choisi de lire, un livre au programme d’un cours. Secrètement on prie pour qu’il soit intéressant, et, avant même de s’intéresser à lui, on le soupèse, considère sa taille, essaye de découper – partitionner – le roman afin [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;"><img style="margin: 5px; float: left; border: 1px solid black;" src="http://www.deslivres.com/images/products/image/les-grans-chemins.gif" alt="" width="200" height="333" />C’est toujours un étrange sentiment qui nous habite lorsqu’on ouvre un livre que l’on n’a pas vraiment choisi de lire, un livre au programme d’un cours. Secrètement on prie pour qu’il soit intéressant, et, avant même de s’intéresser à lui, on le soupèse, considère sa taille, essaye de découper – partitionner – le roman afin de dire : « je lirai tant de pages chaque jour. » (soyons réaliste, je n’ai jamais su me tenir à ces emplois du temps drastiques et je doute que quelqu’un un jour aie pu le faire). La lecture de la  4ème de couverture est, personnellement, un calvaire car je n’ai jamais réussi à trouver de l’intérêt pour un livre dans ces courts résumés. Entendons nous bien : je suis un traumatisé des lectures obligatoires car, malgré tout l’intérêt que je porte à la littérature il me semble que les profs du lycée se sont toujours acharnés à me bombarder de livres qui à la première lecture m’ont semblé comme des montagnes infranchissables.</div>
<div style="text-align: justify;">C’est donc sans une immense conviction que je me suis lancé dans Jean Giono. Les autres œuvres qui composaient mon programme de littérature du premier semestre étant plaisantes, sans pour autant être des révélations à la première lecture.</div>
<div style="text-align: justify;">J’étais toutefois plutôt motivé pour en finir avec ce roman qui me paraissait un fleuve : le flot de mots ne s’arrête jamais et le texte ne subit aucune coupure de la première à la dernière page. Mais après tout, lorsque l’on considère toutes les rues Jean Giono qui jalonnent la Provence, il faut bien se dire qu’un jour ou l’autre il faudra s’y frotter. Et, un conseil, frottez-vous-y, avec délectation.</div>
<div style="text-align: justify;"><em>Les grands chemins</em> sortent dans le second temps de l’œuvre de Giono. Il se situe très loin du lyrisme de ses premiers roman (avec <em>Regain</em> notamment) mais tâtonne tout de même dans les pages ouvrant le roman entre ces descriptions de la nature dont il était alors friand, et une autre forme d’écriture qu’il avait annoncé quelques années plus tôt et mis en place avec <em>Un roi sans divertissement </em>avant de laisser l&#8217;hiver tuer toute envolée.</div>
<div style="text-align: justify;">Comme je l’ai dit, le texte est un flot de paroles sans fin. Ecrit au présent, on ne sait dans un premier temps comment prendre le texte, comment le décrire. Ce présent bien peu dérangeant de nos jours, est en soit un enjeu littéraire à lui-même tant il était novateur à l’époque de la sortie, en 1951. A ceci s’ajoute une première personne qui ne se dévoile jamais vraiment, sans identité, mais tout de même, débonnaire, amoureux d’une nature qui le lui rend bien. Le narrateur vit, en pleine puissance une sortie d’été à la recherche d’un refuge : vagabond dans l’âme voulant quelque peu repousser l’idée d’un hiver figé mais conscient qu’un jour la balade finira.</div>
<div style="text-align: justify;">Peu à peu une ambiance opaque s’installe, quelque peu ouatée dans les dernières brulures de l’été, dans la Provence Alpine. Le narrateur trouve un village dans lequel s’installer, rencontre un compagnon de route qu’il nommera L’Artiste. Part, dans un autre village. On découvre que L’Artiste est un tricheur. Dans une scène embrouillée il se fait tabasser. Nouvelle fuite. Puis la neige, et l’ennui qui s’installe.</div>
<div style="text-align: justify;">Tout ceci se fait sans vraiment de paroles. Quelques ellipses par ci par là. Le discours est brouillon, sans ponctuation, sans annonce de locuteurs. C’est avec une écriture du vif que Giono retranscrit à merveille ce présent continu qui ne s’arrête jamais vraiment, allant crescendo alors que les pages défilent.</div>
<div style="text-align: justify;">Mais dans ce concert, ce vertige de l’écriture, Les grands chemins se dessine comme un livre immobile qui prend sa naissance dans le paysage informe d’une montagne immaculée. Le narrateur à la recherche d’alcôve, mais d’occupation surtout, se laisse endormir, hiberne presque avant de peu à peu se réveiller tandis que la saison avance. Alors, il recherche peu à peu à retrouver le chemin de la vie, de ressentir à nouveau la nature endormie, de la maîtriser comme il sait si bien le faire. En attendant le retour de l’été, il assouvira son désir de contrôle auprès de L’Artiste, son compagnon qui veut s’en aller mais reste toujours dans le giron du narrateur. Entre eux s’installe une relation ambiguë, entre franche amitié et amour : un jeu de domination constante dans lequel le narrateur gagne à chaque fois.</div>
<div style="text-align: justify;">En prenant du recul, on peut considérer ce livre comme un western résolument glacé avec pour décor la montagne plutôt que le désert. Les scènes de café comparables à celles de Saloon, la lenteur des scènes, l’absence de dialogues à proprement parler se rapprochent des westerns de Sergio Leone et plus précisément <em>Pour une poignée de Dollars</em> où le personnage sans nom qu’incarne Clint Eastwood, mystérieux quant à son passé, est à lui seul l’élément perturbateur et de résolution de l’animation d’un village figé (dans l’hiver pour <em>Les grands chemins</em>, dans une guerre sans fin dans <em>Pour une poignée de dollar</em>s).</div>
<div style="text-align: justify;">Les motivations de ces héros dont on ne sait rien ? Le film effleure l’idée au détour de quelques paroles nonchalantes, pour ce qui est de l’œuvre de Giono, il l’a expliqué dans son œuvre précédente : <em>Un roi sans divertissement</em>. Le besoin de divertissement dans l’ennui constant de l’hiver est la clef de cette œuvre, reprenant par la même la théorie du divertissement Pascalien.</div>
<blockquote>
<div style="text-align: justify;">Quelque condition qu’on se figure, si l’on assemble tous les biens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus beau poste du monde, et cependant qu’on s’en imagine, accompagné de toutes les satisfactions qui peuvent le toucher. S’il est sans divertissement, et qu’on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu’il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point, il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent, des révoltes qui peuvent arriver, et enfin de la mort et des maladies qui sont inévitables ; de sorte que, s’il est sans ce qu’on appelle divertissement, le voilà malheureux et plus malheureux que le moindre de ses sujets, qui joue et se divertit.</div>
</blockquote>
<div style="text-align: justify;">Ni rapport, ni procès verbal – encore moins journal – de ce qui est en train de se passer <em> Les grands chemins</em> reste un témoignage pris à la volée d’un roi voulant à tous prix se divertir. D’un roi qui n’est qu’un inconnu sans besoin de passé ni de futur pour vivre et être témoin de sa propre vie. En dehors de cette réflexion, l’œuvre n’en demeure pas moins plaisante à la lecture ; la fin tout particulièrement laisse planer un sentiment trouble de puissance et de virtuosité. La reprise de traits du western dans un folklore provençal ne dérange pas, au contraire, et donne des idées nouvelles du traitement que l’on pourrait faire d’un style qui s’est essoufflé avec le temps. La mise en parallèle de cette œuvre et celles de Sergio Leone, par ailleurs, esquisse une figure plus précise du héros sans nom, solitaire et sans histoire permettant de redécouvrir sous un autre angle les œuvres de ce grand réalisateur.</div>
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		<title>Ghost Writer, un film de Roman Polanski</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 22:07:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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A voir en VO, les voix françaises sont dignes d&#8217;une série B&#8230;



C&#8217;est le 3 mars 2010 qu&#8217;est sorti en France le dernier film de Roman Polanski, tiré du roman de Robert Harris (The Ghost) :  Ghost Writer. L&#8217;histoire est intéressante : un ancien Premier ministre britannique, Adam Lang (Pierce Brosnan) veut publier son autobiographie. Mais [...]]]></description>
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<div id="allocine_blog" style="margin: auto; width: 420px; height: 335px; text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="100%" height="100%" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.allocine.fr/blogvision/18945885" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="100%" height="100%" src="http://www.allocine.fr/blogvision/18945885" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></div>
<div style="margin: auto; text-align: center;"><em>A voir en VO, les voix françaises sont dignes d&#8217;une série B&#8230;</em></div>
<div style="margin: auto; text-align: center;"><em><br />
</em></div>
<div>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est le 3 mars 2010 qu&#8217;est sorti en France le dernier film de <strong>Roman Polanski</strong>, tiré du roman de Robert Harris (The Ghost) :  <strong>Ghost Writer</strong>. L&#8217;histoire est intéressante : un ancien Premier ministre britannique, Adam Lang (<strong>Pierce Brosnan</strong>) veut publier son autobiographie. Mais naturellement, comme tout bon homme politique, il n&#8217;a pas un passé totalement blanc et fait appel à un nègre littéraire (<strong>Ewan McGregor</strong>) pour enjoliver son passé et son parcours politique. Ce dernier, découvre avec stupeur les tréfonds de tout personnage politique et s&#8217;aperçoit vite qu&#8217;il s&#8217;est engagé dans plus compliqué qu&#8217;il ne le pensait, malgré la belle prime de 250 000£ promise. En effet, le manuscrit semble vouloir sans cesse échapper à ses mains, et il marche sur les pas de son prédécesseur, Mike McAra, mystérieusement suicidé en laissant un mauvais texte. S&#8217;ensuivent des scènes d&#8217;action et d&#8217;investigation poussées pour notre héros, qui se fera à vite à l&#8217;idée que son chemin compliqué va vite tourner au vinaigre&#8230;</p>
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<p>Polanski nous livre <strong>une réalisation parfaite</strong>, de très beaux plans filmés sur une île américaine, dans des lieux privilégiés comme cette maison magnifique posée quelque part sur la plage où vont loger les personnages pendant une bonne partie de l&#8217;histoire. Pas de grand défaut pour ce très bon film, sinon une intrigue un peu tirée par les cheveux, une naïveté du personnage principal parfois un peu excessive, et surtout l&#8217;enchaînement de six coïncidences qui vont brusquer le déroulement de l&#8217;histoire (je ne révèle pas lesquelles pour ne pas vous gâcher le plaisir du film) mais que l&#8217;on doit sans douter plus au texte de base qu&#8217;au choix de Polanski.</p>
<p>On découvre un <strong>Pierce Brosnan</strong> parfait dans le rôle de l&#8217;homme politique bellâtre mais un peu idiot, dont la femme, Ruth (jouée par <strong>Olivia Williams</strong>) se fait la manipulatrice caractérielle, maîtresse de son cheminement politique à sa propre insu. Le personnage principal joué par <strong>Ewan McGregor</strong> reste néanmoins le plus intéressant. L&#8217;acteur nous livre un bon jeu, ni excessif ni pauvre, simplement bien ancré dans son rôle et conservant une bonne crédibilité.</p>
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<div style="text-align: justify;">Un film à voir, car je pense important dans la fin de carrière imposée de Roman Polanski, malgré ses deux heures qui peuvent parfois paraître longues dans les moments d&#8217;inactivité de l&#8217;intrigue.</div>
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<p></p>
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		<title>Shutter Island – Martin Scorsese</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Mar 2010 23:45:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="211" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/xaf2yn" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="211" src="http://www.dailymotion.com/swf/xaf2yn" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/xaf2yn_shutter-island-bande-annonce-traile_shortfilms"></a></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Shutter Island </strong>est le dernier film de Martin Scorsese, sorti en France fin février. On y voit se dérouler l&#8217;histoire du marshal Teddy Daniels, porté volontaire, tout comme son nouveau coéquipier Chuck Aule, pour enquêter sur la disparition d&#8217;une dangereuse psychopathe, de l&#8217;île-asile sur laquelle elle était enfermée : Shutter Island. Comment cette meurtrière a-t-elle pu déjouer tous les systèmes de sécurité du centre, sortir pieds nus en pleine tempête et s&#8217;enfuir dans les reliefs escarpés de l&#8217;île ? Nul ne le sait&#8230; Entre l&#8217;idée plausible d&#8217;un piège organisé par les autorités contre lui, et la quête de secrète vengeance qu&#8217;il s&#8217;est fixé, Teddy Daniels oscille pendant tout le film, pénétrant, petit à petit les longs chemins de la paranoïa&#8230; jusqu&#8217;à un final déroutant.</p>
<p style="text-align: justify;">Du point de vue du scénario, le film tient la route, sans être toute fois exceptionnel. Si la fin reste surprenante et bien construite, il est aussi possible de l&#8217;envisager dès que l&#8217;intrigue se fait un peu plus intéressante. Mais le texte fait appel à des symboles intéressants de l&#8217;univers de la folie et du rêve, et si les dialogues ne sont pas vraiment tirés d&#8217;un talent littéraire pur, malgré le fait que notre histoire est adaptée d&#8217;un livre du même nom (Denis Lehane en 2003), ils ont malheureusement tendance à surtout s&#8217;imprimer dans le thriller psychologique américain de base, avec toujours une petite dose d&#8217;action vraisemblablement à ne pas négliger. Du genre : &laquo;&nbsp;Continue sans moi Johnny, ma femme, en rêve me conseille de&#8230; euhan, je ne peux rien te dire&#8230; oublie&#8230; non, oublie sérieusement.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: justify;">Les acteurs sont plaisants : les rôles secondaires corrects, et Di Caprio pas transcendant. Si dans les scènes d&#8217;action son jeu passe crème, il est irréfutable que le pauvre &laquo;&nbsp;Leo&nbsp;&raquo; conserve une dose de ridicule considérable lors des scènes sentimentales, voire lacrymales; sans doute un des effets irrévocables de Titanic. Mais avec le temps, je trouve qu&#8217;on a tout de même moins l&#8217;impression qu&#8217;il pleure à cause de sa colite, et qu&#8217;il commence à être crédible.</p>
<p style="text-align: justify;">Au niveau de la stricte réalisation, Scorsese n&#8217;éblouit pas, même si les images restent belles, agréables, sans doute grâce au joli cadre choisi pour tourner le film. C&#8217;est bien léché, pas de bavures, une caméra extrêmement fluide, mais on sent l&#8217;habitude et on ne croise plus de petits clins d&#8217;oeil expérimentaux dans la réalisation du maître.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black; margin: auto;" src="http://mos.totalfilm.com/images/l/leonardo-dicaprio-on-shutter-island-05-420-75.jpg" alt="" width="250" height="167" /></p>
<p style="text-align: center;"><em>50% de l&#8217;esthétique du film réside dans ce regard.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Au final, c&#8217;est un assez bon Scorsese, et même si il semble qu&#8217;il batte tous les records du réalisateur depuis sa sortie, je ne pense pas qu&#8217;il se fera une place dans les annales, car le thème de la folie n&#8217;y est, à mon sens, abordé que de façon superficielle et reste très largement analysable au moment du visionnage. Mais comme la réalisation reste bien faite, et que l&#8217;intrigue se base sur de bons petits moments d&#8217;action, on ne s&#8217;ennuie pas et on sort du ciné avec l&#8217;impression d&#8217;avoir passé un bon moment.</p>
<p style="text-align: justify;">
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