
Le déjeuner sur l’herbe – Édouard Manet
En couverture de l’Œuvre aux éditions Folio.
L‘Œuvre nous plonge dans le Paris artistique du XIXeme avec ses salons et ses vendeurs de tableaux, mais aussi dans la misère de ses artistes dont le talent n’est pas reconnu. C’est à cette dernière catégorie qu’appartient Claude Lantier, peintre provençal venu à Paris chercher la reconnaissance de ses pairs. Sa peinture flamboyante voire criarde dérange, ses motifs incohérents et obscènes invitent au rire. Claude se situe en dehors des conventions de la peinture académique et voit ses tableaux rejetés du Salon. Il prône un art résolument réaliste qui serait une fenêtre sur la vie. Cette vision est partagée par un petit groupe d’amis qui l’entoure : Sandoz l’écrivain et ami d’enfance de Claude souhaitant retranscrire la réalité sociale et politique de son époque, Mahoudeau le sculpteur qui entretien une relation charnelle avec ses productions, Jory le journaliste critique d’art… Tous ces artistes sont plus ou moins confrontés à la misère et à l’incompréhension du public.
L’intrigue majeure de l’ouvrage repose sur la relation amoureuse qu’entretiennent Claude et Christine. Les deux amants s’installent à la campagne où la peinture laisse place à un amour passionnel. Mais Claude devient de plus en plus sombre et tourmenté. Le couple finit par revenir à Paris où Claude songe alors à peindre son œuvre, une perspective du port Saint Nicolas, mais sa nature nerveuse et perfectionniste le plonge dans des hallucinations qui lui seront fatales. Tout l’intérêt de l’ouvrage repose sur la réflexion de l’artiste face à son œuvre. Zola met en scène le doute, l’insatisfaction perpétuelle, « la souffrance abominable qu’est l’enfantement d’une œuvre » . Ces interrogations se transforment en de sombres tortures qui viennent hanter le cerveau névrosé de Claude.
Le second intérêt du roman est sa valeur autobiographique. Comment ne pas reconnaître Zola sous les traits de Sandoz et Paul Cézanne sous ceux de Claude. L’auteur nourrit son roman de l’amitié qui liait les deux hommes. On retrouve notamment la jeunesse provençale d’Emile et Paul, quand armés de plumes et de couleurs, ils battaient la garrigue à la recherche de motifs. Le roman fait aussi référence à l’éclatement du cercle impressionniste qui figure comme la fin de l’amitié entre Cézanne et Zola.
Autres livres de Zola sur le Hangar : La Fortune des Rougon, Germinal, Les Mystères de Marseille
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