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Modiano, sublime indécision…

Par Distantwaves, le 26 février 2010

Je n’ai pas forcément l’âme d’un critique, alors je me contenterai dans mes articles de vous faire approcher ce qui me touche le plus. Les plus proches de moi s’y reconnaitront j’espère, mais je suppose par avance, que pour venir sur un site à vocation si littéraire, vous ne devez pas être éloignés du dévoreur de bouquins lunetteux qui traîne ses grandes écharpes dans le cinquième arrondissement de Paris by night. Ce que je ne suis absolument pas. Trêve de blablatages.

Patrick Modiano, parce que c’est lui qui vous intéressera ce soir, fait partie de ces rares auteurs que je lis et relis avec le même émerveillement constant à chaque lecture. Pour faire court, les romans de Modiano sont des romans traversés par leurs personnages. D’un bout à l’autre, de jeunes enfants/adultes perdus s’égarent entre Londres et Paris, cherchent, quoi ? quand ? Leur futur ? Si le titre de cet article (décousu, je vous l’accorde) est « Sublime Indécision », c’est bien parce que c’est ce qui caractérise parfaitement, à mon sens, les personnages de Modiano, saisis à l’instant, sans jamais avancer ni arriver nulle part. On s’empare d’un jeune homme qui doute, on le suit, on le laisse là où il a commencé. Rien n’a changé, rien ne s’est amélioré. Les mêmes pluies grises continueront de lui serrer le coeur, il suivra inlassablement la même petite fille trop vite grandie, d’un quartier à l’autre, rive gauche, rive droite.

Les personnages de Modiano passent, se cherchent sans se trouver, se croisent sans se reconnaître, tous éléments d’un même jeu dont ils n’ont pas la moindre idée. C’est un Paris perdu et gris qu’il décrit, sans avenir, sans but, comme ceux qui le parcourent. L’indécision est la clef maîtresse de ceux qui ne feront pas un seul choix. Ils continueront à marcher sans but, tousser, se shooter à l’éther, coucher pour avoir une pension, que sais je.

Je vous ai noté ici un peu en vric et vrac des impressions plutôt qu’un résumé. Comment résumer la beauté d’une histoire qui ne commence nulle part et ne finit jamais ? Je le conseillerai à tous ceux qui comme moi se cherchent sans se trouver et contemplent leur vie défiler devant leurs yeux, passifs et impuissants. Vous allez adorer. A lire de cet auteur : Du plus loin de l’oubli (quel titre sublime !) ou Dans le café de la jeunesse perdue.

« Moi non plus je ne me suis jamais senti au diapason de rien. » (Accident nocturne, Patrick Modiano)

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