Maupassant est un de ces auteurs sur lesquels on a beaucoup souffert en classe. Non que je trouve un plaisir sadique à vous remettre sous les yeux les auteurs qui ont fait vos devoir d’école, mais je reste persuadée que nos « classiques » font d’excellentes lectures plaisir à condition qu’on leur enlève leur étiquette.
Maupassant, donc. Un jeune Normand, disciple de Flaubert (lui aussi, je vous le remettrai sous les yeux, un de ces jours), misogyne, débauché, buveur, bref : le gendre idéal. Il fréquente assidument les prostituées, seules femmes pour lui à ne pas être hypocrites sur leur nature ; l’une d’entre elle lui transmet la syphilis, il en fait une fierté.
De la à voir du biographique dans Bel Ami… Georges Duroy, son héros, porte beau et lisse sa moustache blonde en se demandant comment trouver quelques sous. Il rencontre son vieil ami Forestier, rédacteur à La Vie Française, un journal en vogue. Pour l’aider, celui-ci lui propose d’écrire pour le journal. Mais on ne s’improvise pas si vite journaliste… Forestier lui offre alors l’aide de Madeleine, son épouse. La jolie Madeleine a la plume précise, le mot juste, l’analyse perspicace. L’article est bouclé, et voilà Duroy propulsé dans les salons mondains, parmi les jolies femmes dont le mari est en voyage. Et il les séduit l’une après l’autre pour grimper un à un tous les échelons de la gloire.
Soyons clairs : ce roman, c’est l’histoire d’un salaud. Mais d’un salaud tellement habile qu’on ne peut s’empêcher de le suivre. Duroy est un opportuniste qui n’hésite pas à s’approprier les réussites des autres et qui excelle à assurer ses arrières : qu’il s’agisse d’acheter un appartement pour éviter que sa maîtresse ne le jette dehors, de prendre sa femme en flagrant délit d’adultère le premier, ou d’enlever une jeune oie blanche pour forcer le mariage, tous les moyens sont bons. Il n’hésite pas à épouser Madeleine après la mort de Forestier : ce serait trop bête de laisser passer une occasion pareille ! Même l’argent semble lui venir naturellement, puisqu’après tout, ses maîtresses sont riches, très riches, et il sait où aller chercher la bonne opportunité pour investir. Mais ce que Maupassant dépeint aussi au passage, c’est la toute-puissance du journalisme (et par extension des médias), qui tiennent les hommes politiques à leur merci, puisqu’ils ont l’argent et le pouvoir sur la foule. Quant aux journalistes eux-mêmes, ils ne sont pas mieux traités par notre auteur, lorsque les meilleurs d’entre eux font écrire leurs articles par leur femme, voire se contentent de reprendre les anciens papiers en changeant les noms, et s’entassent dans une salle de rédaction où il y a plus de cartes à jouer et de bilboquets que de machines à écrire ! Facile pour Duroy, dans un tel milieu, de se fondre parmi les magouilleurs afin de remplir son lit et ses poches, et même, qui sait, d’accéder à la députation. C’est une véritable expérience que de lâcher un jeune loup affamé dans un monde corrompu pour voir ce que ça donne : c’est ça aussi, le naturalisme !
Exprimez-vous !


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Ouais, je l’ai en œuvre intégrale et j’ai mon oral blanc ce Lundi… XD
Ah, c’est bien drôle ; Maupassant est mon auteur préféré mais je n’ai jamais eu l’occasion de l’étudier en profondeur en classe… C’est un de ces malheureux hasards qui font que l’herbe est toujours plus verte dans le jardin voisin !
Et en ce qui me concerne, j’adore les histoires de beaux salauds (:
Malheureux hasard en effet: comme j’aimerais trouver un moyen de rendre l’herbe verte dans mon cours!