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Lawrence – L’amant de Lady Chatterley

Par Hazel, le 18 septembre 2011

C’est un livre qui m’intriguait depuis longtemps, il trônait sur mon étagère parmi tant d’autres, je l’avais trouvé à moitié prix dans un magasin de destockage alors qu’il était neuf et je me demandais bien comment ce roman assez connu a bien pu atterir là, oublié de tous. Et en même temps, c’était un roman beaucoup apprécié par S. (une amie), à tel point qu’elle a nommé son chat Lady Chatterley, et ça, ça m’intriguait encore plus. Que pouvait-il y avoir dans ce livre d’un demi-milliers de pages – connu de nom par tous mais si peu lu de nos jours ?

En parcourant des yeux la quatrième de couverture, je fus surprise de découvrir qu’il s’agissait d’un roman érotique… Parce que, à vrai dire, de l’érotisme, il y en a peu. Non pas que je sois une assoiffée sexuelle qui attendait des détails croustillants sur les coucheries des deux héros à chaque page, mais ce que j’ai lu me semble plus s’apparenter à de l’amour, l’expression sensuelle, physique, brutale et douce à la fois de l’amour simple et pur. Les scènes de sexe peuvent se compter sur les doigts d’une main et ce fut presque un choc pour moi de savoir que le Lawrence a enduré un procès qui interdit la publication de ce roman en Angleterre jusqu’en 1960.

Hormis ce petit malentendu entre les moeurs de l’époque et ma vision des choses « érotiques », ce roman m’a… plu, et je ne saurais expliquer pouquoi en détails. On se retrouve dans un autre monde, les mille références aux déesses grecques et aux Evangiles font de ce livre une sorte d’absolu, l’écriture un peu défraichie accentue la singularité de cet univers morne et sauvage de l’Angleterre profonde. On s’imagine en détail les tristes et ennuyeuses mines de charbon, si repoussantes, telles que les a connu Lady Catterley. On comprend tout de son ennui, de son envie d’amour, de sexe, au lieu des innombrables thés auprès de son mari estropié et impuissant sexuellement. Ce livre montre un peu la nécessité du sexe dans l’amour, mais au-delà, il montre l’amour lui-même.

Elle et son garde-chasse qui parle en patois sont l’Adam et l’Eve du siècle passé, peut être les derniers Adam et Eve qui ont existé. Ils sont la nature et ne veulent rien d’autre que se fondre à la nature. Qu’a-t-elle a faire, Constance, de son titre de Lady qui sonne si faux pour elle, alors qu’elle a près d’elle son amant qui lui rèpete qu’elle a le cul le plus beau du monde ? Que faut-il de plus à une femme que de se sentir aimée, vivante et aimée toute une nuit, dans une cabane perdue dans la fôret alors que la pluie bat son plein et noie ses cris d’extase ? Cela me choque que ce romain ait été interdit, parce que c’est choquant de savoir que tant de gens se cachent les yeux avec les deux mains lorsqu’on les met en face du sexe. Qu’y a-t-il de honteux à la procréation et à la prise de plaisir dans cette procréation ? C’est la Bible qui en serait choquée.

2 réponses à “Lawrence – L’amant de Lady Chatterley”

  1. Mélusine dit :

    J’avais bien aimé aussi. Et comme toi, je ne l’avais pas trouvé si érotique que cela.

  2. Natasha dit :

    That’s a skillful answer to a diufciflt question

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