S’il est un écrivain que j’aimerais vous donner envie de découvrir, c’est bien Kazuo Ishiguro. Qu’on ne s’y trompe pas, ce Japonais de naissance est en fait un auteur anglais – né en 1954, arrivé en Grande-Bretagne à l’âge de cinq ans.
Je viens de terminer Les vestiges du jour et je suis encore tout émerveillée par la prouesse littéraire que présente ce roman : c’est l’histoire d’un majordome d’une grande maison anglaise dans les années 1930 à 1956. Il part seul pour quelques jours au volant d’une belle voiture (celle de son maître) et s’interroge sur sa carrière et sur sa vie. A-t-il été un majordome parfait ? A-t-il réussi en toutes circonstances à se comporter dignement ? N’est-il pas finalement passé à côté de quelque chose de plus important, qu’il n’a même pas entrevu ? Pour nous, lecteur, il semble bien que oui. Une femme l’aimait et a plusieurs fois essayé de le lui dire, mais il n’était pas en mesure de l’entendre et elle est partie, s’est mariée avec un autre. De longues années après, ils se revoient brièvement et elle lui avoue cet amour. Comme toujours, il reste digne, bien que cet aveu lui brise le coeur… Je n’en révélerai pas davantage.
J’ai parlé plus haut de prouesse : le récit s’adresse à un interlocuteur dont on ne sait pas qui il est – peut-être est-ce le lecteur lui-même ; par ailleurs, l’auteur réussit à nous passionner avec un propos qui, à première vue, peut sembler désuet et ne pas nous concerner. Mais il s’agit avant tout d’une exploration de l’âme humaine, un sujet toujours actuel…
Tous les livres d’Ishiguro sont magnifiques : Auprès de moi toujours, Quand nous étions orphelins, L’inconsolé, Lumière pâle sur les collines et Un artiste du monde flottant : autant de facettes d’un auteur à découvrir d’urgence, au rayon des écrivains de langue anglaise…
Par Danalyia
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J’ai lu Auprès de moi toujours, mais je n’ai vraiment pas accroché. Je suis allé au bout, je reconnais la qualité, mais franchement, je me suis ennuyée. Ce n’est pas du tout mon style.
@Mélusine : Avec les oeuvres d’art comme avec les personnes, il faut être dans des dispositions favorables pour qu’une rencontre ait lieu. Cela m’est souvent arrivé, et même avec de grands auteurs, de laisser un livre parce que je n’arrivais pas à y entrer ; puis de le reprendre des années après et de ne plus pouvoir le quitter jusqu’à la dernière ligne. Mais aussi, comme avec les personnes, il existe des affinités, des préférences et même des antipathies parfois… Peut-être une autre fois aimerez-vous ce livre… ou peut-être n’y aura-t-il pas de prochaine fois. Quoi qu’il en soit, merci de votre commentaire !