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Houellebecq – Les particules élémentaires

Par Novembre, le 21 janvier 2010

Photo de HouellebecqQuand on m’a proposé ce livre, j’ai grimacé, le personnage Houellebecq, c’est pas mon fort, et ses quelques apparitions télévisées ont suffit à me donner envie de ne pas le lire. On voit quelqu’un qui parle lentement, avec un certain air hautain, et une volonté irrépressible de développer dans leur perfection tous les détails de sa vie. Pourtant, je ne l’avoue même pas à contre-cœur, ce livre, je l’ai aimé. Voire, je crois même qu’il m’a mis une sacrée claque…

Les particules élémentaires, c’est l’histoire de Michel et Bruno, demi-frères, fils d’une libertine de la révolution sexuelle des années 60/70, et de pères différents mais semblables dans leur absence. Michel est incapable d’aimer, il est chercheur en biologie et trouve sa voie dans la recherche expérimentale de ce qui pourrait donner naissance à une nouvelle espèce bien particulière. Bruno, quant à lui, est un obsédé sexuel, frustré par son plaisir qui se limite souvent aux jeunes adolescentes. Pendant toute la première partie du livre, on observe ces personnages se mouvoir lentement dans une eau douteuse et franchement triste, Houellebecq dépeint avec brio les changements de la société pendant l’ère soixante-huitarde, en accusant la révolution sexuelle de la violence qu’on connait aujourd’hui, et de l’impossibilité de trouver un amour véritable, toujours obstrué par la sexualité dévergondée ou la timidité que celle-ci peut engendrer. On s’attache extrêmement vite à nos deux frères, ils ont en eux une certaine forme de pitié qu’on réserve en général aux animaux. Mais lorsque Houellebecq décide de donner une note de lumière, poussant petit à petit les deux personnages vers leur réalisation de soi, tout s’éteint subitement dans la mort, et on les voit sombrer petit à petit vers le néant.

Houellebecq est un nihiliste, il détruit tout type d’humanisme, expose une vision clairement sombre de l’homme. Les âmes sensibles peuvent et devraient s’abstenir de cette lecture, on y trouve des descriptions assez épouvantables de scènes d’une violence gratuite et très crue. De même, si vous ne vous sentez pas aptes à explorer de façon littéraire, les tréfonds de la sexualité de l’homme, vous pourriez être choqués par cette lecture. Au final, on trouve cependant ce livre unique, et très désespérant. On n’est pas forcé d’aimer, mais je pense qu’il est difficile de se passer de réactions après cette lecture, qui a d’ailleurs reçu le Prix Goncourt 2010.

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5 réponses à “Houellebecq – Les particules élémentaires”

  1. Lady Dylan dit :

    Je l’ai lu il y a un moment déjà. Quoique je fus assez jeune à l’époque et que je me considère comme une « âme sensible » (mais tout est relatif…), il ne m’avait pas choqué. Par contre, je l’avais trouvé assez inintéressant, personnellement il m’a laissé sans réaction, peut-être parce que je n’ai pas vraiment réussi à « rentrer dedans ». Je n’ai pas trouvé le truc qui donne l’envie de tourner la page ; je l’avais terminé, mais sans grande conviction.

  2. Hazel dit :

    Bon, tu me le prêteras hein !

  3. khaled haddad dit :

    un sujet délicat certe, et dpnt souffre bien des populations :roll:

  4. Ayari Wahid dit :

    L’art de dénuder les humains..les âmes sensibles allez-y, c’est le seul moyen d’exorciser vos états d’âmes fébriles!

  5. Francky 01 dit :

    Bien que j’avais la version poche depuis des années (en fait 2000), je viens juste de le lire. Je ne sais pourquoi j’ai attendu si longtemps. Mais à la veille de partir en vacances, j’ai fouillé ma bibliothèque et je l’ai pris, comme une évidence.
    Et quel choc ! Certes M.H est un nihiliste mais il possède un réel « regard » original sur le monde. Je n’avais jamais lu de livre qui décrit avec autant de justesse notre société de consommation et surtout ses mutations humaines alors engendrées : affectives, sociales, sexuelles, relationnelles. C’est noir, très glauque même surtout quand il parle de sexualité. Mais en même temps, c’est tellement vrai.
    En narrant la vie de Michel et Bruno, les 2 héros, c’est toute la société française des années 60 à 80 qui est  passé au scalpel analyste de Houellebecq. O.K, on peut lui reprocher sa crudité, son désespoir maladif, son pessimisme envers tout !!! Mais comme le dit Ayari Wahid ci-dessus, M.H à « L’art de dénuder les humains« .
    C’est peut être cela qui choque tant. Comme si Houellebecq, avec ces livres, tendait un miroir en face des lecteurs…….Dur, dur de s’y voir à nue, sans artifice, totalement dépouillé.
     
    « Les particules élémentaires » ou le miroir de notre société !!!!

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