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Gombrich – Histoire de l’art

Par Hazel, le 19 novembre 2011

Je me souviens, en Mars, après avoir passé mon test probatoire pour rentrer à l’Ecole du Louvre où je suis cette année, je me suis posée une toute petite et siple question : « c’ets quoi, en fait, l’histoire de l’art » ? J’allais étudier ça pendant trois, cinq voire dix ans, et je ne savais pas ce que j’allais étudier exactement. Alors, je suis allée à Gibert, j’ai feuilleté des livres qui ont pour titre « Histoire de l’art », « Histoire générale de l’art », « l’art », « qu’est-ce que l’histoire de l’art ? », etc. et je suis repartie avec Histoire de l’art de E. Gombrich…

Ernst Gombrich a vu défiler durant sa vie tout le vingtième siècle – né en 1909 et mort en 2001 – et par conséquent toutes les mutations artistiques qu’on s’imagine et qu’on ne s’imagine pas. Je ne sais pas ce qui l’a poussé à devenir historien de l’art – spécialisé dans le XXème siècle -, mais on peut peut-être s’imaginer que l’enchevêtrement de tous les courants artistiques né dès la fin du XIXème l’ont poussé à expliquer ce qui s’est passé depuis les origines au grand public. Le grand public, c’est moi, vous, votre cousine de 13 ans, et votre grand-père de 78, l’amateur et le passionné, l’érudit et le novice.

Personne ne connaît et ne peut connaître sur le bout des doigts ce qui s’est passé non pas en vingt siècles mais avant même le Paléolithique, ces périodes à sept chiffres où l’homme n’était que singe. Dans son Histoire de l’art, Gombrich nous y projette sommairement, dans ces « mystérieux début » comme il les appelle au premier chapitre ; peut être même trop sommairement, diraient ceux qui se sont déjà plus ou moins intéressés la préhistoire et l’archéologie, mais après tout, le « récent » intéresse toujours d’avantage, c’est un fait (et c’est bien dommage..!). Bien évidemment, plus on s’approche de notre époque – le livre s’achève globalement au troisième tiers du XXème siècle – plus les périodes étudiées sont détaillées mais l’auteur essaie vraiment, en moins de 700 pages et plus de 400 illustrations de nous faire faire le tour de l’intégralité de la création artistique. Un sommaire très clair, une bibliographie thématique, une chronologie assez détaillée et des cartes complètent l’ouvrage. Le texte les très bien lisible – le style est simple et accrocheur, les paragraphes jamais longs ; quant aux illustrations, elles sont toutes en couleur et de très bonne qualité. Seize rééditions ont été faites de ce livre sorti en 1950, et réédite pour la dernière fois en 2001, de manière à ce que le texte et les illustrations soient mis à jour de manière optimale.

Pour chaque période, sont présentés les artistes, les courants et les oeuvres majeures, dans trois domaines : la sculpture, la peinture et l’architecture, mais parfois, Gombrich fait un détour par l’orfèvrerie et, quand celle-ci apparaît, la photographie. Bien évidemment, un ouvrage traitant l’intégralité de l’histoire de l’art ne peut être que partial et subjectif ; l’auteur y soutient évidemment des thèses parfois controversées. De très nombreux reproches peuvent être faits à Gombrich : « mais où sont les nymphéas de Monet ? Pourquoi avoir choisi cette oeuvre de Dali plutôt qu’une autre ? Pourquoi avoir autant insisté sur Cézanne ? », pour ne parler que du début du XXème… Mais si l’on accepte le fait que c’est un ouvrage non exhaustif, qui a pour seul but de nous donner un succinct mais large panorama de ce vaste sujet qu’est l’art, alors on peut accepter de ne pas rencontrer dans l’ouvrage un peintre qui nous tient à coeur, au profit d’un architecte qu’on ne connaissait pas.

Si vous faites des études d’histoire de l’art, lisez Gombrich ; si vous n’en faites pas, lisez aussi ! Aussi peu de choses qu’il vous restera en tête, après avoir refermé ce lourd bouquin, vous aurez en fermant les yeux une image très grande ou se ménagerons Titien, Poussin, Magritte et Fra Angelico, des statues grecques, des peintures rupestres et des photographies conceptuelles, des coups de pinceaux précis ou des dégradés de couleurs informes, des visages ou des paysages, mais tout flottera ensemble et certains élément saurons s’associer à d’autres quand vous en sentirez le besoin.

PS : espèrons que cette critique qui sort un peu du commun par rapport aux autres (qui concernent surtout des romans), ouvre un nouveau cycle sur le Hangar, celui des critiques concernant l’art : sculpture, peinture, etc. Nous verrons bien !

Une réponse à “Gombrich – Histoire de l’art”

  1. Mélusine dit :

    Un livre que je pourrais adorer!
    Moi je veux bien en faire, des critiques concernant l’art, mais j’ai peur de faire un peu amateure… Il y a plus calée que moi dans ce domaine!

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