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Foenkinos – Le potentiel érotique de ma femme

Par gouttesdo, le 6 janvier 2010

David Foenkinos - Le potentiel érotique de ma femme«Tu verras, c’est amusant, distrayant, original… » Sur ces recommandations attrayantes, j’ai entrepris la lecture de ce roman, favori du lectorat féminin, et qui permet à l’auteur de jouir d’une notoriété ciblée. Édité chez Gallimard en 2004, Le Potentiel érotique de ma femme a obtenu le prix Roger-Nimier cette année-là, octroyant à son auteur le statut privilégié d’écrivain reconnu. David Foenkinos a publié en 2009 La délicatesse, dont le thème poursuit l’observation du phénomène amoureux, fil conducteur de son inspiration.

Le personnage central de ce roman, Hector, souffre de collectionnite aiguë, et le mal est si grave qu’Hector songe sérieusement à en finir avec sa vie de collecteur d’objets de toute espèce, de la boîte à musique à la boîte à fromages. Il se sent vidé de sa substance par ces courses sans fin, et la variété de ses passions successives ne lui procurant jamais la finalité de satiété auquel est en droit de s’attendre celui qui voue toutes ses forces à la possession. En fin de compte, après une tentative de suicide et six mois d’hôpital psychiatrique, Hector réintègre sa vie, déterminé à ne jamais retomber dans l’addiction des collections. Il semble bien réussir son pari de guérison et s’offre même le luxe de tomber vraiment amoureux d’une seule femme, Brigitte, qu’il épouse. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, décrit par l’écriture méticuleuse de David Foenkinos. L’auteur cultive une phraséologie simplissime, une prose apparemment attachée au concret, toute en description pragmatique, étayée par le goût du détail. Cette précision extrême transcrit en réalité une distanciation ironique des faits, en brossant avec la même attention les commentaires psychologiques importants et les digressions futiles : la névrose de sa mère, dépeinte par sa monomanie du potage, est décrite de la même façon que la narration du ménage chez le jeune couple. Le procédé humoristique est alors assez efficace, et le lecteur se prend à sourire des remarques faussement naïves de l’auteur.

Par touches candides, David Foenkinos avance son récit, et nous suivons dès lors les aventures casanières du couple établi. Le bonheur installé libère Hector de ses peurs. Il peut enfin jouir sans retenue de ce nouveau confort moral, jusqu’au moment attendu où Hector découvre le fameux potentiel érotique de sa femme. Ami lecteur, impossible de trahir ici le ressort extraordinaire de la vie sexuelle du couple… Vous saurez cependant qu’à cet instant, un homme n’échappe pas si facilement à son destin. Paradoxalement, c’est à partir de ce moment que l’intrigue me semble perdre son élan distancié. Le ton du Passe-muraille de Marcel Aymé semble prêt à surgir dans cette fable modeste aux prétentions irrévérencieuses. Hélas, l’absurde s’enlise dès que l’élément de plus original de l’intrigue est en place… Reste que le talent de l’auteur donne vie à certaines scènes assez truculentes. Le potentiel érotique de ma femme s’inscrit dans une mouvance d’humour « stand up », les anecdotes ressemblent à des sketches où le lecteur s’amuse sans retenue, oublieux de la tension naturelle qui doit sous-tendre la menée du récit.

J’ai ouvert le roman sans idée préconçue, animée d’une sympathie naturelle puisqu’il est censé être amusant. Malgré des passages réellement divertissants, je l’ai refermé vaguement soulagée de clore un récit qui n’a pas trouvé son souffle. Question de génération ?

Autres livres de Foenkinos sur le Hangar : La délicatesse

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2 réponses à “Foenkinos – Le potentiel érotique de ma femme”

  1. Lunaba dit :

    belle analyse, j’ai aussi trouvé peu de souffle à ce récit ^^

  2. neves dit :

    BONJOUR NOUS VOUS CONTACTONS POUR VOUS SIGNALER UN LIVRE QUE NOUS AVONS BEAUCOUP AIME ET QUI RACONTE L’HISTOIRE AU DEBUT DU SIECLE D’UNE FEMME QUI A DU GOUT POUR SON GENRE. SOUS LE CHARME….. « LES CARNETS D’ALEXANDRA » CHEZ FAYARD ( SORTI CROYONS NOUS AU DEBUT DE L’ETE) UN VRAI PLAISIR…..

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