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Cohen – Belle du Seigneur

Par Hazel, le 9 mai 2009

Belle du Seigneur est le plus fou des romans d’amour, car il nous retrace l’histoire déchirante, pathétique, fervente, impossible et burlesque d’un amour passionné entre Ariane d’Auble, fille issue de la vieille noblesse de Genève qui s’ennuie profondément avec son époux, et Solal des Solal, fils de juif, riche, beau, extravagant, malicieux et adorateur de femmes. C’est en plus de mille pages qu’Albert Cohen nous présente ce personnage aliéné par l’amour et le pouvoir, se déchirer entre deux amours, celui pour son peuple et celui pour la belle Ariane.

Ce livre est le troisième tome d’une tétralogie, bien qu’il puisse être lu à part. Le premier est Solal (1930) qui raconte l’enfance et la jeunesse de Solal, il est suivi de Mangeclous (1938) qui décrit les périples de la folle famille juive de Solal, et le quatrième est Les Valeureux, un autre tome sur la famille Solal et devant être, à la l’origine, publié dans Belle du Seigneur.

Belle du Seigneur, paru en 1968, nous conte la déchéance d’un couple transi par la beauté que se doivent de préserver les amants. Mais ce livre, qui a reçu le Grand Prix du roman de l’Académie et les louanges des plus grands auteurs, n’est pas seulement l’histoire d’un amour entre deux êtres, c’est aussi l’histoire d’amour entre un écrivain et la langue française, celle aussi et enfin, de tout un peuple, le peuple Juif.

Voilà un petit extrait pour vous mettre l’eau à la bouche :
- Elle m’aime, je l’aime, vous l’aimez, tout le monde s’aime. Que de sucre ! Et quand vous serez mariée, Jacques vous sourira même en se rasant. Et moi je ne veux pas qu’on m’aime. Mon cœur ton cœur son cœur. Ma gondole ton luth son écharpe nos sentiments vos vapeurs leurs passions. Je te chéris tu m’affadis il me fait souffrir vous êtes odieux. Allez-vous-en à vos rêveries. Pas difficile, oui à vos rêveries, de comprendre votre genre de tempérament. Allez, allez, coccinelle ! J’en ai assez de vous voir. Vous rêvez d’une existence héroïque et révoltée et russe, et en réalité elle est ravie d’être la jeune fille du Maussane, et elle trouve que je suis impoli et d’où sors-je et cætera. Allez rêver. Vous si fière, offensez-vous donc au lieu de me regarder avec ces yeux d’hypnotisée. J’imagine que dans votre journal intime il doit y avoir des histoires de ce genre : « les pensées se pressent autour de moi comme le troupeau vers le berger versant le sel savoureux sur la pierre. » Je vous connais. Et je sais le reste. Ce qui ne peut se dire. Ce que vous faites la nuit. Rougissez donc !
Il s’éloigna puis revint, plus mince et si ravisseur violent noir menaçant.
- En réalité, c’est une déclaration d’amour. Va-t’en. Je t’aime. Et tu m’aimes aussi, par le Dieu vivant !

Autres livres d’Albert Cohen sur le Hangar : Le Livre de ma mère

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10 réponses à “Cohen – Belle du Seigneur”

  1. Mel dit :

    C’est un des livres préférés d’une de mes meilleures amies, qui râle beaucoup parce que je ne l’ai pas encore lu.

  2. Je suis en train de le lire, à chaque fois que je finis un livre je me jette dedans, et après vingt pages je retourne un autre.
    Non que ce soit pénible ou quoi, mais voilà.
    C’est même très bien, le style est juste fantastique.

  3. Hic-et-nunc dit :

    je vais faire tache dans le décor…
    Moi aussi, une de mes meilleures amies est absolument amoureuse de ce bouquin. (elle veut appeler son fils-si elle en a un- Solal, c’est pour dire…)
    L’an dernier pour mon cours d’histoire culturelle, je devais le lire (car tableau des années 30)…
    Eh bien, il ya peu de livres qui me sortent par les yeux…Et celui ci en fait partie.

    Le style est evidemment très très ingénieux. Mais moi,l’adepte absolue du minimalisme, des phrases courtes, des idées/sensations pures et exprimées simplement…Cette écriture est une horreur.
    Je n’ai pas pu lu lire en entier. Je me suis forcée jusqu’à la moitié et j’ai abandonné.
    En plus du style « à rallonge » je déplore la mentalité de ces deux jeunes gens (et des l’aristocratie et bourgeoisie pourries dans lesquelles ils baignent), leur aptitude à aller chercher un amour torturé (sous peine que c’est pur, et qu’il faut garder la pureté…)

    Bref, un chef d’oeuvre d’exaspération et de chiantise pour ma part !

  4. mmm j’ai lu des extraits du livre de ma mère…qui est vraiment pas mal…j’acheterais belle-du-seigneur ^^

  5. Azalaïs dit :

    tout à fait d’accord avec Hic et Nunc. J’ai essayé pourtant et plusieurs fois mais j’ai trouvé cette façon d’écrire délirante , tourbillonnante et je n’ai jamais pu m’accrocher aux branches pour en fixer quoi que ce soit;

  6. Novembre dit :

    L’écriture de Cohen, c’est la fabuleuse adaptation de la joie juive à la littérature française, toutes ces descriptions faramineuses et qui finissent sur un mot extrêmement drôle, toutes ces exaltations, etc… Et puis, les deux amants, c’est justement le but, de les faire partir dans un amour immonde, Cohen se joue de l’amour, se joue de son absurdité.

  7. Haowdouyoudou dit :

    Ce livre est une perle. J’ai adoré l’humour et l’ironie qui percent quelquefois ; les passages où l’auteur nous livre les pensées des personnages de façon brute sont une véritable trouvaille. Dans la deuxième moitié du roman, c’est vrai que des longueurs peuvent agacer, mais on pouvait s’y attendre : difficile de faire mieux qu’un début d’histoire tellement savoureux. Voilà ! Un beau roman à déguster !

  8. Hazel dit :

    rajout d’un petit extrait pour vous faire voir un aperçu !

  9. Danalyia dit :

    Je l’ai lu plusieurs fois et adoré. Mais c’est un livre dont on ne sort pas indemne, sombre et tragique, même si on rit beaucoup en le lisant. On rit et on pleure, sur le temps qui abîme la passion, use le coeur des amants et les conduit inexorablement à la mort…

    • Hazel dit :

      en effet, en ce qui me cocerne, ce livre ma pas mal chamboulee (jecris san accets et apostrophes car je suis a letranger et jai un clavier qwerty… desolee) pas tant au niveau de ma ropre perception de lamour mais surtout au niveau de la perception amoureuse litteraire, qui mele tragique ultime et quotidien le plus plus banal tout en laissant paraitre le superflu (les WC dans la salle de bains pour pas quon entende lautre aller aux toilettes… ca ma marque !)et les emotions les plus enfouies du peronnage. Jai bien envie de le relire un jour, meme si je suis tres tres loin davoir le temps pour ca vu la monumentale pile de livre qui mattend eternellement sur mes etageres…

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