L’Art Brut est un terme inventé par le peintre français Jean Dubuffet, désignant les œuvres produites par des personnes « indemnes de culture artistique ». Dubuffet recherche ce genre d’artistes dans des hôpitaux psychiatriques ou des prisons, et regroupe leurs oeuvres dans La Collection de l’Art Brut qui est rassemblée dans un musée en Suisse, à Lausanne.
Madge Gill – Visage Mystèrieux
Enfant illégitime née à Londres en 1882, Madge Gill est placée à l’orphelinat à 9 ans. Après le Canada, où elle travaille dans une ferme, à 19 ans elle revient travailler à Londres où elle habite avec sa tante qui l’initie au spiritisme. En 1907, elle épouse son cousin avec qui elle aura trois fils et une fille mort-née, ce qui manque de l’emporter elle aussi : elle reste alitée plusieurs mois et perd l’usage de son oeil gauche. A la fin de sa convalescence, elle se plonge dans une oeuvre médiumnique remarquable. En 1958, à la mort de son premier fils, elle se met à boire et arrête totalement le dessin.
Ce n’est qu’après son décès en 1961, que l’on découvre l’ampleur de son travail : des centaines de dessins (dont certains de plusieurs mètres de long) sont retrouvés dans sa maison. Madge Gill se disait guidée par un esprit du nom de « Myrninerest » (transcription probable de « My Inner Rest » [Self] : Mon Moi Profond). Elle travaillait la nuit, très faiblement éclairée, rapidement, de manière quasiment hallucinée, au crayon noir ou de couleur. Sa manière consiste en un enchevêtrement vertigineux d’ornementations instinctives et proliférantes parsemé de visages féminins (que l’on a pu interpréter comme des autoportraits ou des représentations de sa fille disparue).
Ce n’est qu’après son décès en 1961, que l’on découvre l’ampleur de son travail : des centaines de dessins (dont certains de plusieurs mètres de long) sont retrouvés dans sa maison. Madge Gill se disait guidée par un esprit du nom de « Myrninerest » (transcription probable de « My Inner Rest » [Self] : Mon Moi Profond). Elle travaillait la nuit, très faiblement éclairée, rapidement, de manière quasiment hallucinée, au crayon noir ou de couleur. Sa manière consiste en un enchevêtrement vertigineux d’ornementations instinctives et proliférantes parsemé de visages féminins (que l’on a pu interpréter comme des autoportraits ou des représentations de sa fille disparue).
Henry Darger – ?Henry J. Darger. (1892 – 1973) est un écrivain et peintre américain. Sa principale œuvre, composée tout au long de sa vie solitaire, est un récit épique illustré (15 143 pages) appelé « The Story of the Vivian Girls, in What is known as the Realms of the Unreal, of the Glandeco-Angelinnian War Storm, Caused by the Child Slave Rebellion ». Il y raconte la violente guerre glandéco-angelinienne. Plus de 300 compositions (aquarelle, dessins, collages) l’accompagnent et le complètent, donnant naissance à une œuvre graphique unique et originale.
Son œuvre raconte les aventures des royaumes Abbieannia et Glandelia qui se font la guerre. Ses personnages sont des jeunes filles souvent nues et pourvues d’organes génitaux masculins. Elles sont souvent éviscérées, étranglées ou pendues.Certains passages descriptifs de son livre sont très crus. Ses capacités de dessinateur étant limitées, Darger s’inspire et copie les comics américains qu’il découpe, et fait agrandir et démultiplier. Après ça, il les décalque pour former des compositions souvent très complexes qu’il colorie ensuite. Il manie les contrastes, sachant rehausser des palettes de tons fades, à certains endroits, par des couleurs éclatantes, des rouges sang ou des jaunes vifs.
Son œuvre raconte les aventures des royaumes Abbieannia et Glandelia qui se font la guerre. Ses personnages sont des jeunes filles souvent nues et pourvues d’organes génitaux masculins. Elles sont souvent éviscérées, étranglées ou pendues.Certains passages descriptifs de son livre sont très crus. Ses capacités de dessinateur étant limitées, Darger s’inspire et copie les comics américains qu’il découpe, et fait agrandir et démultiplier. Après ça, il les décalque pour former des compositions souvent très complexes qu’il colorie ensuite. Il manie les contrastes, sachant rehausser des palettes de tons fades, à certains endroits, par des couleurs éclatantes, des rouges sang ou des jaunes vifs.
Carlo Zinelli – Sans titreCarlo Zinelli (1916 – 1974) était un artiste-peintre italien. Il élabora son œuvre, riche de quelques 2000 peintures, les 15 dernières années de sa vie, interné en hôpital psychiatrique pour schizophrénie.
Ses peintures sont immédiatement reconnaissables, avec leurs silhouettes humaines ou animales percées de trous ou d’étoiles se détachant sur un fond uni. Elles font inévitablement penser aux dessins d’enfants par leur apparente naïveté, les perspectives et les détails. Les spécialistes en psychiatrie ne manquent pas d’y relever nombre d’éléments qu’ils estiment propres à la schizophrénie. Mais il est également intéressant de noter la parenté des peintures de Carlo avec les dessins préhistoriques. Elles peuvent même aller parfois jusqu’à l’abstraction et on peut aussi les voir comme une tentative audacieuse de retranscrire un langage « musical » sur le plan pictural.
Ses peintures sont immédiatement reconnaissables, avec leurs silhouettes humaines ou animales percées de trous ou d’étoiles se détachant sur un fond uni. Elles font inévitablement penser aux dessins d’enfants par leur apparente naïveté, les perspectives et les détails. Les spécialistes en psychiatrie ne manquent pas d’y relever nombre d’éléments qu’ils estiment propres à la schizophrénie. Mais il est également intéressant de noter la parenté des peintures de Carlo avec les dessins préhistoriques. Elles peuvent même aller parfois jusqu’à l’abstraction et on peut aussi les voir comme une tentative audacieuse de retranscrire un langage « musical » sur le plan pictural.
Les tableaux d’Augustin Lesage lui furent dictés par une voix spirituelle qui lui dit « un jour tu seras peintre ». Un an après cette apparition, Augustin prend des cours de spiritisme, et la voix lui revient. Il l’écoute et commande une petite toile, mais en reçois une de trois mètres sur trois. Toujours guidé par sa voix, il ne se décourage pas par la taille et comment sa première œuvre monumentale qu’il peindra pendant deux ans.
Ses tableaux son caractérisés par un symétrie parfaite tant au niveau des formes que des couleurs. À partir de 1913, Augustin interrompt son travail à la mine pour se consacrer à des activités de guérisseur. Des dizaines de malades affirment avoir été guéris par lui. Il est ensuite mobilisé pour la guerre entre 1914 et 1916, où il continue à dessiner des cartes postales. Dès son retour, il reprend la peinture qui ne la quittera désormais plus jusqu’à sa mort.
Ses tableaux son caractérisés par un symétrie parfaite tant au niveau des formes que des couleurs. À partir de 1913, Augustin interrompt son travail à la mine pour se consacrer à des activités de guérisseur. Des dizaines de malades affirment avoir été guéris par lui. Il est ensuite mobilisé pour la guerre entre 1914 et 1916, où il continue à dessiner des cartes postales. Dès son retour, il reprend la peinture qui ne la quittera désormais plus jusqu’à sa mort.
Adolf – Wölfli
Adolf Wölfli (1864 – 1930) est un artiste suisse. Son père alcoolique devient malfaiteur et finit en prison, puis retourne dans son pays natal où il meurt en abandonnant sa famille. Adolf Wölfli prétend, dans sa biographie imaginaire, que ses parents eurent sept fils dont il était le cadet.
En 1872, la famille installée à Bern meurt de faim. En octobre, après que tout ait été vendu, la famille arrive dans sa commune d’origine. L’assemblée communale, place Adolf et sa mère chez un paysan, ils seront séparés en janvier 1873, et sa mère mourra. Adolf vit de ferme en ferme.
Après plusieurs tentatives de viol sur de très jeunes filles, il est emprisonné en 1890, puis, après une dernière récidive, il est déclaré irresponsable et interné en 1895 à l’asile d’aliénés de la Waldau, près de Bern où il demeure jusqu’à sa mort. En 1899, il commence à dessiner, écrire et composer de la musique. Pendant trente ans, Adolf Wölfli accumule 1 300 dessins, 44 cahiers où sont exposées ses nombreuses théories scientifiques et religieuses, au travers de longues anaphases où les mots sont déformés ou créés, l’orthographe transformée, les voyelles et les consonnes doublées ou triplées pour accentuer le rythme des phrases et sa biographie imaginaire de 25 000 pages, « La Légende de Saint Adolf », dans laquelle il affirme une connaissance nouvelle, quasi encyclopédique.
En 1872, la famille installée à Bern meurt de faim. En octobre, après que tout ait été vendu, la famille arrive dans sa commune d’origine. L’assemblée communale, place Adolf et sa mère chez un paysan, ils seront séparés en janvier 1873, et sa mère mourra. Adolf vit de ferme en ferme.
Après plusieurs tentatives de viol sur de très jeunes filles, il est emprisonné en 1890, puis, après une dernière récidive, il est déclaré irresponsable et interné en 1895 à l’asile d’aliénés de la Waldau, près de Bern où il demeure jusqu’à sa mort. En 1899, il commence à dessiner, écrire et composer de la musique. Pendant trente ans, Adolf Wölfli accumule 1 300 dessins, 44 cahiers où sont exposées ses nombreuses théories scientifiques et religieuses, au travers de longues anaphases où les mots sont déformés ou créés, l’orthographe transformée, les voyelles et les consonnes doublées ou triplées pour accentuer le rythme des phrases et sa biographie imaginaire de 25 000 pages, « La Légende de Saint Adolf », dans laquelle il affirme une connaissance nouvelle, quasi encyclopédique.
Collection de l’Art Brut
Lausanne, Suisse.
www.artbrut.ch/
Lausanne, Suisse.
www.artbrut.ch/


Bonjour,
Il serait intéressant, plutôt que de raconter uniquement l’histoire – ce qui n’enlève absolument rien de l’intérêt de votre article – de se demander aussi pourquoi finalement ces dessins ont accédé au statut d’art et comment.
Au-delà de cet extraordinaire coup de pouce du collectionneur Wilhelm Uhde au début du siècle pour les naïfs et celui de Dubuffet dans les années ’50 qui a déposé le nom de sa collection d’art brut pour en faire un véritable musée (dont l’Etat français n’a pas voulu), aujourd’hui il existe une pléthore d’artistes dits singuliers en français, raw artists en anglais.
Au nom de l’autodidaxie et de l’automatisme, recherchent dans leur art l’état vierge de la conscience de l’enfant: sans canons esthétiques, sans normes de perspective, sans vraiment de but en soi. Leur statut est parfois violemment remis en cause…
La question qui peut se poser: qu’est-ce que l’art?
actuartlyon
Personnellement, je me pose beaucoup cette question précise : « qu’est-ce que l’art ?» Car la définition de l’art dans les dictionnaires englobe le plus souvent les mots « esthétique» et « création» , oh, nombre de choses ne sont pas ôtée de l’esthétique à proprement parler. Il faudrait creuser chaque mot de la définition du mot « art» , puis chaque mot de la définition de chacun des mots décrivant l’art pour seulement comprendre ce qu’est sensé être l’art à la base. Il faut ensuite voir à quel point certains artistes ou certaines formes d’art se décalent de la définition et des critères imposés pour utiliser ce mot et ensuite juger si oui ou non l’artiste est un artiste, si son œuvre est un œuvre d’art et au final : si l’art est l’art.
C’est en tout cas une question qui m’a depuis toujours laissée perplexe, et les milliers de possibilités de réponses et d’analyses me donnent l’envie d’écrire un traité sur l’art de quelques milliers de pages…
nul