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CC2010 – Il était deux fois

Il était deux fois… – par Matteo

Il y a toujours de la musique dans l’air, mais en cette nuit de novembre, le silence est d’or, je peux percevoir les plus petits bourdonnements des minutes qui passent. Je me retrouve seul, médusé entre un bonheur radieux et une peur inouïe. J’ai perdu pied depuis bien longtemps, je n’ai plus de prise sur rien, je suis devenu un pantin orphelin au pays des jouets. Et cette musique qui n’est pas là… J’essaie de trouver une éventuelle quiétude pour ne pas faillir au moment M car j’ai décidé d’assister au combat. J’ai réservé ma place au premier rang depuis des mois déjà. Mon portable ne sonne plus, la fatigue de ses appels se fait maintenant cruellement sentir. Je fais les cents pas le long des corridors blancs désertiquement désertés, et je n’ai pas pris mon dessert, misère…

La machine à café est devenue mon amie d’une nuit. Je me délecte de son nectar caféiné pas trop serré. 1h43… J’imagine ma mère luttant pour ne pas sombrer au pied de ses oliviers tandis que je goûte à mes derniers instants d’enfant. Plus que quelques heures et je deviendrai un père, je ne serai plus qu’un fils. Il me tarde de percer le secret de la vie que moi même j’ai créé… Mes yeux veulent se fermer à double tour mais mon cœur fait face, il s’emballe à chaque cri de ma belle aimée… Je suis un homme parmi les hommes, au milieu de nulle part et j’attends mon tour…

2h37… Je me mets alors à me rappeler de ces souvenirs oubliés, de ces journées au soleil le rire au vent, aux bras de mes parents, la tête blonde et la peau brunie. Je revois le ballon secouer les filets et les balles passer par dessus celui-ci. Je me souviens de tout à présent, j’ai retrouvé la clé du coffre… Enfin ! Tiens, mon frère est là aussi, assis à côté de toutes ses filles qu’il a aimé, je suis si fier d’avoir été à ses côté pendant toutes ces années. Je replonge jusqu’à manquer d’air, jusqu’au bout de la vie, je suis bien. Le grand saut arrive, fenêtres ouvertes et à toute allure ! Tout devient confus, effrayant et si excitant. Je vais devenir un autre moi, j’espère être à la hauteur…
Un dernier café et je dois me rendre sur l’aire d’arrivée… Il est 3h40… Et la nuit devient unique, magique, féérique ; je peux entendre une musique inédite à mes oreilles, ma plus belle composition…

Elle commence ainsi : Il était deux fois…

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