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	<title>Le Hangar - Espace artistique &#187; Musique</title>
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		<title>Arcade Fire, Live @ Le Dôme &#8211; Marseille, 24 Novembre 2010</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Dec 2010 10:52:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Des morceaux de gosses de banlieue ? Peut-être bien, l’impression d’une fin d’été continuelle quoiqu’il en soit, de jeux en plein air dans le quartier. Un album qui fait remonter les souvenirs à la surface ; espèce de prolongement des morceaux Neighborhood de Funeral. Des morceaux sur l’enfance, sur l’adolescence et la découverte musicale comme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.frequence-sud.fr/admin/transfert/data/9185.jpg" alt="Affiche concert" width="256" height="381" /></p>
<blockquote>
<div style="text-align: justify;"><em>Des morceaux de gosses de banlieue ? Peut-être bien, l’impression d’une fin d’été continuelle quoiqu’il en soit, de jeux en plein air dans le quartier. Un album qui fait remonter les souvenirs à la surface ; espèce de prolongement des morceaux Neighborhood de Funeral. Des morceaux sur l’enfance, sur l’adolescence et la découverte musicale comme Suburban War, ou des visions loufoques et nostalgiques avec City with no children, Sprawl I et II, The Suburbs (continued). La pochette, la couleur même de l’album, évoquent le passé, entre années 50/60 et années 80 et l’on traine facilement cette nostalgie qui étreint à chaque nouvelle décennie vécue avec des morceaux comme Half Light en point d’orgue. Au sortir de la musique des années 2000, on ne peut être que curieux à propos de ce que nous réserve les années 10 qui se préparent. Alors qu’une recherche d’identité se fait sentir avec les nouveaux albums de MGMT et Klaxons, Arcade Fire ouvre une nouvelle brèche. Et peut-être que dans 50 ans on se dira qu’un nouvel album ressemble particulièrement à ces groupes, et que ce sera tout à fait rétro. Peut-être que ces albums seront fait par des gosses de banlieue, là encore, bougrement inspirés, bougrement géniaux.</em></div>
<div style="text-align: justify;"><em>L’album est bien plus dense que son prédécesseur. Il ne s’égare pas dans la grandiloquence des morceaux. Efficace jusqu’au bout mais non moins surprenant, l’énergie est retenue, explose toujours au bon moment. Moins ecclésiastique, mais pourtant toujours empreint de mysticisme, comme si il était simple d’aller en terre sainte, comme si la terre sainte était un terrain vague sur lequel on tape dans un ballon. Il s’achève comme un film, avec le thème de l’album repris en générique. Il manquerait plus que les noms de ces génies défilent sur un écran noir. En attendant, au dos de l’album il y a écrit ces quelques mots, qui en disent tellement long : Arcade Fire presents : « The Suburbs ».</em></div>
</blockquote>
<div style="text-align: justify;">C’est ce que j’écrivais, frénétiquement, il y a deux bons mois quand après une vingtaine d’écoutes, sur le dernier album d’Arcade Fire : <em>The Suburbs</em>.</div>
<div style="text-align: justify;">Je ne sais pas si c’est une vénération à proprement parler que je voue à ce groupe. L’impression que leur musique me parle, tout simplement. L’impression que j’ai ressenti avec d’autres groupes, une espèce de magnétisme, ou juste se reconnaître dans des chansons.</div>
<div style="text-align: justify;">Le fait est que la plupart de ces groupes, et personnes, qui me font ressentir ça, je les ai déjà vus sur scène. J’ai déjà presque pu toucher leur paroles comme si le physique rendait solide les paroles. Toujours des moments de purs bonheurs, toujours marqués par ces mêmes odeurs : le parfum, la beuh et la transpiration sur la fin. Que ce soit en été, en hiver, à domicile ou à l’extérieur, ces orgies sonores ont toujours laissé une empreinte vivace en moi. Le fait est que je me souviens rarement des concerts, je ne garde en mémoire que les sensations qu’ils me procurent. Si performance musicale il y a : elle doit m’affecter directement, sinon, je trouverais ça juste vain, inutile.</div>
<div style="text-align: justify;">Lorsque j’ai vu le DVD <em>Miroir Noir</em>, sur la précédente tournée d’Arcade Fire, j’ai su presque intimement que c’était le seul groupe qui, pour le moment, me restait à voir à tous prix. Que ce qu’ils étaient capable de produire sur scène c’était bien plus d’énergie et de puissance sonore que je n’ai pu ressentir jusque-là. Je voulais un concert inoubliable.</div>
<div style="text-align: justify;">C’est sur ces exigences que je suis rentré dans le Dôme le 24 novembre aux alentours de 20h. J’en demandais peut-être trop. La première partie était ahurissante. Un groupe de punk avec un chanteur dégueulasse, mais tellement marrant. Ils s’appelaient Fucked Up. Tout commençait bien.</div>
<div style="text-align: justify;">
<p>Puis, les lumières se sont éteintes, pour de vrai, le silence s’est fait, même pas une seconde, avant la clameur.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://img.over-blog.com/550x309/2/83/57/11/Musique/Arcade-Fire/Arcade-Fire-suburbs-live.jpg" alt="Arcade Fire on stage" width="438" height="247" /></p>
<div style="text-align: justify;"><em>The business men drink all my blood like the kids in art school said they would.<br />
</em></div>
<div style="text-align: justify;">C’est comme ça que ça a commencé : des coups secs de caisse claire, de la guitare à t’en frapper la tête par terre. La machine était lancée, les dés sur le tapis, double six. C’était bon, cette fois ci c’était pour de vrai : Arcade Fire, la foule et moi. Groupie de bas étages, à quatre sous ; drogué par leurs albums en demi-teinte, jamais déprimés toujours nostalgiques. Brut, même dans la beauté.</div>
<div style="text-align: justify;">Il n’a pas fallu grand-chose, une mèche qui s’agite pour que la foule soit en délire : c’était Win, ses deux mètres squelettiques, sa guitare et sa chemise dégueulasse qui ne peut qu’aller aux rockstars. Enchaîné sèchement de <em>Ready to start</em> à <em>Month of may</em>. Ca crie, ça saute.</div>
<div style="text-align: justify;">Alors que les morceaux filent, s’enchaîne un film sur l’écran de stade derrière décroché on ne sait où spécialement pour l’occasion. Des lumières de toutes les couleurs, des ambiances. Les morceaux de <em>Funeral</em> qui prennent encore plus de gueule, <em>Neon Bible</em> feutré et <em>The Suburbs</em> illuminé. La setlist est bonne, cohérente : espèce de voyage en banlieue. Ressemble à la BO de l’errance d’un jour d’été finissant dans la nuit blanche. Le rappel, <em>Keep the car running</em> et <em>Wake up</em> ne peuvent être que des invitations afin que la fête ne s’arrête jamais.</div>
<div style="text-align: justify;">Dans une vidéo de live enregistré au Madison Square Garden à New York, Win disait : « So every time in every show there’s always someone sit behind or front of you who say : « could you please not dance, I try to watch the show ! » So, politely say : « it’s nice to meet you and i respect your personnal space but I’m trying to be a punk in a rock’n’roll show ! » »</div>
<div style="text-align: justify;">C’était juste avant de lancer <em>Power Out</em>, suivi après un mur du son dantesque par <em>Rebellion (lies)</em>. A Marseille il s’est juste contenté de : « Why French people are you so fucking… » avant de lancer le morceau. Tout était comme une explosion, tout au long du live. De sourires en sourires. Will, le frère, saute de son synthé sur lequel il était monté et se fracasse à la fin de <em>Rococo</em>, frappe comme un demeuré sur son tambour sur lequel il y a écrit « Hit like a two years old ».</div>
<div style="text-align: justify;">Et tout le monde change de rôle, change d’instrument. C’est la folie dans la foule, mais surtout sur scène. Et ça en devient bouillonnant, vivace. Sourires après sourires. Quelques mots placés vite fait en franglais. J’ai rarement vu un groupe vivre autant.</div>
<div style="text-align: justify;">Alors une heure et demi presque deux ce n’était pas suffisant bien sûr. Mais c’est en demander trop, c’est ne pas respecter l’avalanche musicale qui venait de se produire. Avec du recul, tous les morceaux étaient bien placés, enchaînés au millimètre. Lumière, ambiance : tout y était.<em> It was a fucking rock’n’roll show</em>, j’en doute même pas une seconde : un live de gosses de quartiers mal dégrossis qui font vibrer la planète. Alors tout le monde sort avec un sourire immense. Fracture dans le cœur, assommé par tant de rage, de beauté et de tristesse retenue. Humble ils s’en vont avec toujours cette gaieté qui ne semble jamais s’en aller de leur visage. Alors, en fermant les yeux, la danse continue. C’était un grand concert oui.</div>
</div>
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		<title>Joy Division – Unknown Pleasure</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Nov 2010 11:09:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je rentre à la maison, me jette dans ma chambre allume ma chaine hifi. Qu’est ce que c’est que vivre de la musique, pour de la musique, par la musique ? J’allume pas la radio, je me garde de tout ça, je pioche un album dans la discothèque ; c’est déjà peut-être pas mal. Je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;"><img class="alignleft" style="margin: 10px;" src="http://moustach.files.wordpress.com/2009/12/joy.gif" alt="Joy Division" width="250" height="250" /></div>
<div style="text-align: justify;">Je rentre à la maison, me jette dans ma chambre allume ma chaine hifi. Qu’est ce que c’est que vivre de la musique, pour de la musique, par la musique ? J’allume pas la radio, je me garde de tout ça, je pioche un album dans la discothèque ; c’est déjà peut-être pas mal. Je déballe mon sac, sort le courrier international « Avoir 20 ans en 2010 », voilà ce qu’on lit sur la couverture. Comme s’il y avait une réponse.</div>
<div style="text-align: justify;">Instinctivement mes doigts se sont repliés sur un album, un seul. Un album qui caractérise ce gros titre. <em>Unknown Pleasure</em>, Joy Division.</div>
<div style="text-align: justify;">Avoir 20 ans en 2010 ? C’est avoir des jeans troués, des chemises à carreaux, des cheveux longs. Je crois que je parle pour moi. En fin de compte, c’est ne pas être original, c’est se déclarer rock’n’roll. C’est, monter le son, fermer les volets, attendre la nuit, la pluie. Fermer les volets, allumer des bougies et bouger la tête doucement au rythme froid de ce groupe. Et le froid n’a jamais paru aussi brûlant, et les guitares n’ont jamais parues aussi langoureuses.</div>
<div style="text-align: justify;"><em>I&#8217;ve been waiting for a guide to come and take me by the hand. </em>Tout un programme en perspective. Une perspective sans joie, juste dix morceaux, tous aussi sombre les uns que les autres. Et cette voix caverneuse, ces textes abyssaux. <em>Disorder</em> passe vitesse grand v, et ainsi les autres morceaux semblent plus longs, plus mous. Distordus en même temps que la guitare. Le larsen du micro sur <em>Candidate</em> agresse l’oreille. Tant pis, les morceaux se trainent. Se prélassent. Il y a quelque chose, un mysticisme, un ensemble d’odeurs, de nuits pâles, de la cigarette, des joints, des nuits de concert, de la transpiration. Où est l’amour ? Partout ailleurs, mais pas ici. Pas dans ces morceaux ; dans ces chansons, il y a autre chose.  Et ces punchlines qui accrochent l’oreille, qui restent en mémoire comme un goût amer en bouche qui persiste. Celui de la cuite sans doute.</div>
<div style="text-align: justify;"><em>She’s lost control, again.</em> Le rythme s’accélère à nouveau, réveillé peu à peu depuis <em>Insight</em> – <em>Remember when we were young</em>. Mais là c’est bon, on replonge dans la transe, la vraie, la pure. On s’imagine aux prises à l’épilepsie. On s’imagine dormir à même le sol.</div>
<div style="text-align: justify;">Dix morceaux, c’est trois fois rien certains diraient. Enchainé par les bruitages kitsch un peu. Cette basse qui prend aux tripes, et ce rythme, juste ce rythme qui tient plus de la machine que de l’humain. Dix morceaux, c’est trois fois rien.</div>
<div style="text-align: justify;">Sur le lit traine toujours le courrier international, toujours la même question, l’écho de la voix. A vivre dans un passé dont on ne sait rien (vintage à tous les étages) à imaginer un futur de crise économique. Plaisirs inconnues, que ce titre est évocateur, plus qu’un titre d’ailleurs, c’est tout un voyage proposé. Un concentré intense de crasse. Presque un album concept, presque un scénario à suivre. Assurément assourdissant, assurément froid, assurément 80s.</div>
<div style="text-align: justify;">Et être jeune en 2010 ? L’album se finit comme il a débuté, tiré vers l’avant par la voix, puis la guitare, sur <em>Interzone</em> notamment. Et puis le voyage s’achève. <em>I remember nothing</em>. Comme une fin de soirée, un pote qui te dépose devant ta porte. Comme ce que nous sommes. Être jeune en 2010 c’est joli parfois, et il y a des jours où ça ressemble à ça. Alors, prophète ou juste que rien ne se crée, que tout se transforme ? On n’en était pas encore aux baladeurs-cassettes, c’était 1979, c’est une pochette qui a traumatisé des générations entières, jusqu’à aujourd’hui. Est-ce que la jeunesse se transforme ?</div>
<div style="text-align: justify;">Alors que tout s’écroule à la fin de l’album, le trip a été bon. Je ne sais toujours pas ce que c’est, d’avoir mon âge à ce moment même. Mais c’est peut-être éviter les cris de groupies des putes à franches, et monter le volume. Chanter à tue tête « I’ve lost control again ».</div>
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		<title>Oxmo Puccino – Mines de cristal</title>
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		<pubDate>Sun, 24 Oct 2010 16:57:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« J’ai choisi d’imaginer Ce que nous aurions pu Pour ne jamais réaliser Que nous ne rions plus Si on avait su ne plus se déchirer Aurions-nous pu sauver Ce qu’on a perdu ? » Ces mots (tirés du texte Nous aurions pu) posés sur une photo noir et blanc de la classe monolithique de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><a href="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/10/mines-de-cristal-oxmo-puccino.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2389" style="margin: 5px;" title="mines-de-cristal-oxmo-puccino" src="http://www.le-hangar.com/wp-content/uploads/2010/10/mines-de-cristal-oxmo-puccino.jpg" alt="" width="273" height="389" /></a><em><span style="color: #993300;">« J’ai choisi d’imaginer<br />
Ce que nous aurions pu<br />
Pour ne jamais réaliser<br />
Que nous ne rions plus<br />
Si on avait su ne plus se déchirer<br />
Aurions-nous pu sauver<br />
Ce qu’on a perdu ? »</span></em></p>
<p style="text-align: justify;">Ces mots (tirés du texte <em>Nous aurions pu</em>) posés sur une photo noir et blanc de la classe monolithique de M. Puccino ôtant son chapeau. Le profil est avantageux, se glisserait presque un rictus. Quand vient l’heure de regarder son passé, autant en rire, comme d’une bonne blague, comme de la mélancolie peu chagrine. Allez quoi, se dire qu’on est le premier rappeur à voir paraître une anthologie de ses textes.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne nous méprenons pas, la parution de <span style="text-decoration: underline;">Mines de cristal</span> ne marque pas la mort de Oxmo Puccino, plutôt un tournant. Alors que je le présentais comme un auteur sur lequel il fallait s’attarder dans <a href="http://www.le-hangar.com/chroniques/musique/lart-urbain-part-3-musique-et-rue-du-slam-au-rap-en-passant-par-la-chanson-francaise/" target="_blank">mon article sur le rap et le slam</a>, ce recueil offre la possibilité de s’immiscer un peu plus dans l’univers du rappeur à la voix de miel.</p>
<p style="text-align: justify;">Le recueil est divisé en chapitres, parties ou sections chacun l’entend comme il veut, qui centre bien les thèmes fondamentaux du rappeur : « Visions de vie », « Entre nous », « Le laid », « Avoir des potes », « 365 jours », « Les unes, les autres ». Le parti pris d’éviter le classement chronologique apporte un plus : sans doute l’impression d’une réflexion littéraire que l’onn’ attendrait pas forcément chez un rappeur. Car, si certains textes ne sont pas forcément les mieux choisis (de mon point de vu de fan) ils montrent tous la qualité d’écriture d’Oxmo. De ses débuts à des textes de son dernier album on voit se profiler ce que l’on ne pouvait que présager dans le flot des albums : une entité, une espèce de creuset dans lequel se forge tous les textes du rappeur.</p>
<p style="text-align: justify;">Je critique toutefois la mise en page que je trouve quelque peu calamiteuse. Volonté d’Oxmo ? N’est pas rendu sur papier le flow du rappeur, ainsi, des césures apparaissent à des endroits déroutants ce qui empêche parfois la lecture. Malgré ce défaut, la lecture de ce recueil est intéressante, ne serait-ce que pour se tenir au courant de ce qui s’écrit et se dit dans le rap français, tout en excluant le côté musical qui en rebute plus d’un.﻿</p>
<div style="text-align: center;"><strong>L&#8217;avez-vous lu ? Qu&#8217;en avez-vous pensé ?<br />
Exprimez-vous !</strong></div>
]]></content:encoded>
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		<title>La Superbe – Benjamin Biolay</title>
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		<pubDate>Sat, 08 May 2010 11:40:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L’idée, c’est de superposer les images tant et tant qu’il ne reste qu’un ensemble ; immense. De l’introduction aux airs de générique de fin, on revient encore et encore au même point. Avec un orgueil en bandoulière, assumé dans le titre. Un voyage, une bande dessinée, une bande son pour faire plus facile. La superbe, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em>L’idée, c’est de superposer les images tant et tant qu’il ne reste qu’un ensemble ; immense. De l’introduction aux airs de générique de fin, on revient encore et encore au même point. Avec un orgueil en bandoulière, assumé dans le titre. Un voyage, une bande dessinée, une bande son pour faire plus facile. La superbe, superbe (la) – on saura contourner tous les jeux de mots un peu douteux sur le titre et la qualité du disque, la comparaison facile n’a que peu d’intérêt. Parlons d’un album qui commence à dater mais dont on se lasse pas de parler.</em></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://aircoba.files.wordpress.com/2009/11/benjamin-biolay_la-superbe.jpg" alt="La superbe pochette" width="400" height="400" /></p>
<p style="text-align: justify;">Autant le dire, je n’aime pas la chanson française mis à part quelques rares exceptions, souvent tirées de l’enfance, souvent des chanteurs morts, ou, bien trop vieux. Non, la chanson française, pour moi, ça se résumait pendant des années aux morceaux de rap que j’écoutais (on pourra toujours discuter de la légitimité ou non de considérer ce mouvement comme héritier de cette scène, mais là n’est pas le propos). La chanson française ? Du « beurk », de la franche rigolade, souvent teintée de parodie pour, généralement, faire enrager ma mère. Au comble du dégoût, il suffisait d’accoler l’adjectif « nouvelle » pour qu’elle me fasse venir des boutons cette chanson française. Très peu pour moi les chansonnettes, les rimes un peu faciles de paroliers qui ont écrit tellement de chansons que tout devient pareil, et de faux poètes qui font des chansons sur des aires d’autoroute.</p>
<p style="text-align: justify;">Benjamin Biolay ? Il y a 6 mois, j’aurais juste dit que c’était un prétentieux. Oh, j’aurais ajouté qu’il ressemble à Benicio Del Toro avec un micro, oui, ça aurait été ça. J’avais tendance à zapper lorsque sur MCM il y avait son clip full black &amp; white Dans la Merco Benz. Non vraiment, Benjamin Biolay très peu pour moi. Puis, on a glissé un morceau comme ça, dans une playlist que j’avais demandé, et, finalement, j’ai trouvé ça accrocheur. Ca s’appelait <em>Ton héritage</em>. Ça murmurait, bien sur, mais bon, en fait, ça allait.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est assez difficile d’avouer que l’on s’est trompé. Surtout lorsque comme moi on passe son temps à se moquer d’une chose à laquelle finalement on adhère. Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ? Peut-être… Mais ce serait trop simple de dire ça. Non, comme j’ai su le faire (à tort parfois si on prend l’exemple de mes visionnages de<em> Twilight</em> afin d’être sur que c’était vraiment nul), j’ai juste pris la peine d’écouter pour une fois. C’est vrai, c’était un après midi pourri, et puis quoi, j’avais plus rien à écouter.</p>
<p style="text-align: justify;">Je dois dire que, je n’étais pas vraiment rassuré face au disque… Une pochette à l’écriture moche et ultra kitsch, façon nuage ayant rencontré une tapisserie baroque, la photo de la tête du Benjamin de profil – genre je me la raconte – collée par dessus, noir et blanc de surcroit… Ça sentait la supercherie pour midinette. Ça sentait la drague facile. Puis, plus terrorisant, c’était un double album. J’ai un léger problème face à ce concept, j’estime que, la plupart du temps, un choix plus restrictif de chansons aboutirait sur un album simple plus facile à digérer pour l’auditeur : il ne faut pas se leurrer, rester concentré sur un album pendant plus d’une heure relève de l’exploit, même pour les plus grands mélomanes, même lors d’un après midi d’ennui intense.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, je me décidais tout de même à sauter le pas, ne pas me raviser en si bon chemin. Je me lançais, donc, installé dans mon lit ou je ne sais où. C’était peut-être novembre ou décembre. Je m’attendais à tout, pourtant, cet album a eu la gentillesse de me surprendre.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout commence par des violons, et puis le murmure (« oui, mais ça va » comme je l’ai dit). C’est vrai, ça fait sucré, et puis en tant que garçon parfois on pourra trouver cela lassant. Mais de toute façon il faudra faire abstraction. Les paroles sont douces. 6 minutes et quelques d’introduction. Un morceau éponyme. Oui, une introduction qui sent ces génériques de fin quand la caméra s’enfuit des héros, et puis survole la scène, et que tout s’envole, quand il y a un fondu au noir. C’est osé, c’est surtout réussi ; Peut-être au point de se demander l’intérêt du reste de l’album à la première écoute, tant la sensation procurée par ce premier morceau est intense. Tant tout semble brossé et plus, sublimé.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis le rythme s’accélère un peu, ralentit. Les fluctuations musicales restent toutefois dans un même thème, une espèce de réflexion sur l’amour avec quelques rares écarts – salutaires – pour ce qui est de la première partie donnant naissance à d’excellents morceaux tel que <em>Ton héritage</em>, <em>Night shop</em>… Fluctuations entre clair et obscur ; sans être dancefloor le rythme sait se faire pesant, et les sons un peu plus disco comme dans le morceau <em>Si tu suis mon regard</em>, permettant ainsi de ne pas sombrer dans l’ennui. Les paroles sont travaillées, un peu dépressives mais sans faire dans l’abus. Il semblerait qu’on recolle quelque part avec ce bonheur d’être triste si propre au romantisme sans pour autant s’abandonner à du nian nian. Volontairement érotisées, on pourra noter un besoin lassant, parfois, de parler un peu sexe là où ce n’est pas forcément nécessaire. Malgré ces quelques défauts qui tiennent plus du tic d’écriture que de vrais lacunes, une espèce d’imagerie se tisse au fil des morceaux. Bande son ou bande dessinées comme je l’ai dit en introduction, on ne sait pas vraiment choisir. Les descriptions légères mais précises laissent le cerveau libre d’interprétations, développent l’imagination. Benjamin Biolay décrit un univers parisien un peu gris souvent arrosé, sûrement camé plus que raison les nuits d’ennuis : un panorama romantique au sens littéraire du terme : pas trash, juste touchant, dans lequel il est facile de voyager.</p>
<p style="text-align: justify;">Si cela réussi souvent, on pourra noter quelques longueurs qui sont tout à fait subjective. <em>La toxicomanie</em>, ou <em>Miss Catastrophe</em> sont un peu monotones même si le texte de cette dernière sauve les meubles. Cependant, on peut reconnaître la première partie comme extrêmement dense et parfaitement calibrée avec comme acmé l’envoutant <em>Brandt Rhapsodie</em>, sorte de dialogue sur post-it d’un couple de sa naissance à sa mort. La partie se conclut avec ironie par le morceau <em>L’espoir fait vivre</em>, soulignant toutefois cette volonté de ne pas faire du sombre à tout prix. Cette partie évoque la demi-teinte : le gris plutôt que de l’excès. Les nuances que l’on peut retrouver dans <em>Night Shop</em> notamment – espèce d’hommage à Bashung, sous couvert de description nocturne et vision d’un Biolay plus oui moins sobre où l’illumination mélodique du refrain, et les élancements de la voix sauront réveiller l’auditeur – est le parfait exemple de cette sensation de musique grise.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre détail, les sons souvent kitsch comme annoncés par la pochette, à base de synthés vieillots, de cuivres sentant bon les bandes originales américaines des films des années 90 renforcent à la fois le côté bande son et lumineux. Les dérives du côté sud américain sont appréciables et donnent cette douce impression de voyage. Parfois la musique peut sembler dissonante d’un texte tout en image, pourtant elle participe à la création nuançant les textes, ou plus précisément en les ambiançant plutôt qu’en les accompagnant.</p>
<p style="text-align: justify;">La deuxième partie, quant à elle, s’ouvre sur <em>Prenons le large</em>, comme s’il fallait dépasser la vision d’un album clos sur lui-même que donne la première partie. S’ouvre un volet plus osé moins en demi-teinte. Ici les morceaux clairs s’expriment puissamment, notamment <em>Lyon Presqu’île</em>, <em>Prenons le large</em>, <em>Reviens mon amour</em> (qui trouve la force d’être entrainant dans une thématique dépressive), et comme pendant naturel, la noirceur désespérée d’un morceau tel que <em>Tout ça me tourmente</em> ou <em>Jaloux de tout</em> ne fait que renforcer le côté sombre évident de cette partie. Moins structuré en tant qu’un ensemble, la seconde partie livre une ouverture possible, une suite envisageable du premier volet. <em>15 septembre</em> qui clos l’album (si on ne compte pas le morceau caché) est un écho au morceau<em> 15 Août</em> présent dans le premier album, le morceau s’achevant par une variation des paroles du morceau <em>La superbe</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">La prise de risque au niveau musical est évidente, du très rock<em> Buenos Aires</em> à l’électro de <em>Jaloux de tout</em> ; Biolay force les traits d’ambiances et d’inspirations qui l’habitent. Naturellement, j’ai très peu écouté cette partie en premier lieu avant de m’intéresser de plus en plus. Il faut dire que je n’en voyais pas l’intérêt, tout d’abord, tant je la trouvais caricaturale de la première. Pourtant, on ne peut que reconnaître la puissance des morceaux qui au contraire de la première partie se découpent de l’ensemble, prennent de l’importance et dépassent l’entité de l’album.</p>
<p style="text-align: justify;">A la fin de ce long – très long, périple – on pourra toujours dire qu’on a été largué en route. Je dois avouer qu’il m’a fallu deux mois d’écoutes avant d’écouter tous les morceaux suffisamment pour en avoir un avis. Les morceaux peuvent paraître longs mais on notera cette qualité rare qu’à Benjamin Biolay de trouver au moins une idée originale par morceau.</p>
<p style="text-align: justify;">Je sais que si je me suis laissé convaincre, beaucoup de gens resteront réfractaire à sa musique car il faut l’avouer, certains de ses tics peuvent se révéler agaçant – que ce soit le murmure, ou cette impression d’essoufflement tel qu’il en oublie le rythme… Mais, si l’on arrive à passer outre, alors il y a cette sensation douce, cette impression de planer qui s’empare de nous. On pourra tenter de comparer Biolay à des milliers d’artistes, mais je ne pense pas que le rapprocher à Gainsbourg, pour n’en citer qu’un, soit pertinent. Inspiré par lui, certes, cela ne reste, cependant, pas une bonne entrée en matière ni une vraie piste d’écoute</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La superbe</em> ne fait pas forcément partie de ces albums qu’on se presse de remettre une fois terminé. Trop long et éprouvant sans doute. Toutefois, il a les capacités hypnotiques de ces albums sortis de nulle part, qui nous tombent au coin de la tête sans qu’on sache comment et auxquels on s’attache. Moment de grâce, moment d’orgueil surtout ; pour le titre, pour la défense un peut vaine de Biolay souvent dans ses paroles. Orgueilleux, et juste magnétique.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"> </span><span style="color: #993300;"><em>« J</em></span><span style="color: #993300;"><em><span style="color: #993300;">e sa</span>vais bien, bébé, que c&#8217;était pas simple, que j&#8217;étais couard, c&#8217;est vrai, et plein d&#8217;absinthe. Qu&#8217;il était tard, je sais, quand vint ta plainte, mais, qu&#8217;à moi comparée, t&#8217;étais une sainte. Je savais bien, bébé, que t&#8217;étais trop belle lorsque tu t&#8217;effeuillais dans la nuit pâle ; jaloux du moindre pédé, du moindre cheval que tu montais, bébé, j&#8217;avais trop mal. Kétamine et cachets de Gardénal, je te mens pas, bébé, je te trouvais sale. J&#8217;étais noué, j&#8217;avais un goût de sel : le bonheur s&#8217;use, c&#8217;est vrai, dès qu&#8217;on l&#8217;appelle<span style="color: #993300;">. </span></em></span><span style="color: #993300;"><em>»</em></span> Jaloux de tout.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>« </em><em>J’ai même pas vu que j’étais nul, que j’étais plus que ridicule : crétin crâneur, cassant crédule. J’ai même pas vu que t’étais braque, que t’étais comme une porte qui claque. Que ce soir là, sur le tarmac tu voulais tant vider ton sac. »</em></span> Tout ça me tourmente.</p>
</blockquote>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>« </em><em>On Reste Dieu Merci à la merci d&#8217;un engrenage, d&#8217;un verre de Campari, du bon vouloir de l&#8217;équipage. Paris est si petit quand on le regagne à la nage : quelle aventure, quelle aventure… »</em></span> La superbe.</p>
</blockquote>
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		<title>L’Art Urbain, Part 3 – Musique et rue : du Slam au Rap en passant par la chanson française</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Jan 2010 11:00:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>A.</dc:creator>
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		<description><![CDATA[« Il s’avère qu’on s’étonne que je sois civilisé : pour un rappeur c’est peu commun ! ‘‘C’est un illuminé !  Un évolué, un rescapé, un repentit, un des nôtres… Encore un pied dans le rap mais il finira bon apôtre. ’’ Et d’ailleurs est-ce encore du rap ? C’est tout ce qu’ils n’espèrent pas. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em><br />
« </em><em>Il s’avère qu’on s’étonne que je sois civilisé : pour un rappeur c’est peu commun ! ‘‘C’est un illuminé !  Un évolué, un rescapé, un repentit, un des nôtres… Encore un pied dans le rap mais il finira bon apôtre. ’’ Et d’ailleurs est-ce encore du rap ? C’est tout ce qu’ils n’espèrent pas. Ils appellent ça du slam quand je fais un a cappella. Ils sont heureux d’apprécier, ça confirme qu’ils sont de gauche quoi, tous ces biens pensants qui en tout cas eux le croient. »</em></span><em> </em>Si peu comprennent, Rocé</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Avec un titre si frondeur, Rocé ne peut que déranger. Cependant, cette chanson (dont je n’ai extrait qu’une seule vérité dans toutes celles énoncées) arrive à toucher une réalité qui s’est instaurée à la fin de la décennie écoulée avec l’émergence d’un style qui a depuis était largement encensé par la critique bobo et les journalistes télé un peu frileux : le Slam. Si cette vague fatigante de la « poésie urbaine » s’essouffle grandement, elle a toutefois réussi à marquer les consciences. Maintenant, le téléspectateur moyen se dit qu’il y a « des gens biens » aussi dans les quartiers, et que ce ne sont « pas ces racailles qui font du rap, battent leurs femmes et ne veulent que fumer des joints toute la journée en parlant de BMW ». Malgré l’orgie médiatique autour du sujet, un fait intéressant, et accablant transpire de ces convictions inébranlables : demandez un peu autour de vous, interrogez vous… Slam, en fin de compte ça veut dire quoi ? Si souvent simplifié en poésie urbaine… Est-ce vraiment le cas ?</p>
<p style="text-align: justify;">Parce que moi aussi, j’étais un peu ignorant, je suis parti à la recherche d’une définition, ou du moins d’une description assez précise de ce qu’est le Slam ou ce qu’il faut appeler. Je suis alors tombé sur une description somme toute assez claire proposée par la Fédération Française de Slam Poésie (<a href="http://www.ffdsp.com/">FFDSP</a>) :</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>Le Slam est un spectacle sous forme de rencontres et de tournois de poésies. Créé à Chicago dans les années 80, il a suscité un engouement populaire et médiatique qui lui permet de se propager dans le monde entier. Le Slam est ainsi un outil de démocratisation et un art de la performance poétique. Le Slam est le lien entre écriture et performance, encourageant les poètes à se focaliser sur ce qu&#8217;ils disent et comment ils le disent. La plupart des scènes Slam se déroulent sans enjeu ni compétition, avec un alibi convivial, &nbsp;&raquo; l&#8217;exception culturelle &nbsp;&raquo; à la française, servant de signe de ralliement aux poètes hexagonaux.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Si l’on reprend la définition, le Slam est donc avant tout un spectacle, et un tournoi de poésie. L’aspect compétition, même si elle est bon-enfant reste une des composantes principales de la discipline. Concrètement, divers poètes vont exposer à l’oral une de leur œuvre tour à tour sur une scène (dans divers lieux, de passant du café à la MJC) et un jury donnera une note à la suite de chaque prestation.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus intéressant, quelques règles de base propre à toute compétition sont indiquées. Parmi l’interdiction de plagiat, l’autorisation à toutes formes ainsi que tout thème de poésie, on lit, noir sur blanc :</p>
<p style="text-align: justify;"><em>L&#8217;utilisation d&#8217;instruments de musique ou de musique pré-enregistrée est interdite.</em></p>
<p style="text-align: justify;">On nous aurait donc menti ? Grand Corps Malade ne serait pas un slammeur ? Sans remettre en cause de l’intégrité de ce dernier en tant que slammeur de formation, il semble que l’on se fourvoie en présentant son disque comme du Slam. Il faut l’admettre, dans un premier temps, que le Slam ne s’apparente qu’à une rencontre, qui ne voit son intérêt que dans l’émulation mutuelle, et de plus ne doit en aucun cas être accompagnée de musique. Par définition donc, un CD ne peut pas être catalogué de Slam car en aucun cas le fruit d’une performance live confrontant divers poète et encore moins dénué d’accompagnements.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors pourquoi pendant deux ans les émissions culturelles ce sont senties obligées à  faire la promotion de ce genre venant de la rue, et apparemment bien plus propre bien moins bandit que le rap ? Tout simplement parce qu’il « vient de la rue ».</p>
<p style="text-align: justify;">Si on pourra me reprocher d’aller vite en besogne, arrêtons-nous deux minutes sur l’histoire de la « chanson française ». Dîtes-moi la différence entre un Grand Corps Malade parlant sur de la musique et un Gainsbourg ou un Brel s’il ne fallait citer qu’eux (mis à part le fossé entre les textes de l’un et des autres, mais je ne souhaite m’attarder ici sur la forme). Combien la musique française à de chanteurs qui ne chantent même pas vraiment ? Bien souvent, lorsque Grand Corps Malade (oui, je le cite souvent, mais c’est le seul à réellement avoir percé) est interviewé, il dit ne pas être un rappeur, et c’est tout à fait légitime ; ainsi il semble qu’alors que d’un côté on encense Benjamin Biolay qui murmure un double album, on ne considère pas cette mouvance comme intégrée à la musique française mais à part au même titre que le rap.</p>
<p style="text-align: justify;">Le terme même rémanent de « poésie urbaine » revêt tout le côté absurde de cette mode. Soyons franc, depuis quand il existe une poésie de la rue et une autre poésie ?</p>
<p style="text-align: justify;">En s’interrogeant tout simplement sur un phénomène de mode invention, comme beaucoup de « genres » musicaux, de la presse, nous sommes en train de nous interroger sur un malaise plus général qui touche en grande partie la sphère rap et plus largement Hip Hop vis-à-vis des média, de l’image qu’elle véhicule et de son acceptation dans un paysage musical français relativement (et nous pouvons sentir le brin d’ironie qui se profile derrière ce « relativement ») conservateur. Car continuons sur la brèche ouverte plus haut, quelle est la différence entre rap et Slam ? La poésie là encore ? Ne me dîtes pas que vous y croyez vous, que le rap n’est qu’un stéréotype. – Même s’il est vrai que d’un point de vu poésie, on a vu mieux que Diam’s, mais, continuons… –</p>
<p style="text-align: justify;">D’un point de vu historique, le rap est légèrement antérieur au Slam. Il a toujours était intimement lié à l’a cappella à ses débuts : les enregistrements coutant cher tout comme les machines permettant de composer les musiques. Son but était de chauffer les pistes de danses sur les morceaux de funk qui passaient dans les diverses fêtes. Ces bouts de rap pouvaient plus ou moins s’adapter à toutes les musiques, et étaient tout à fait cohérent sans accompagnement ou alors juste soutenu par un rythme réalisé par un beat boxer. Lorsque Rocé explique qu’il ne fait qu’une a cappella et non du Slam, il se réfère à ces origines que l’on a tendance à oublier : le texte étant juste déformé, plus dans son temps, car le rap a prit que plus tard l’aspect revendicatif qu’on lui connait. On remarque de plus que le rap et le Slam ont vécu deux destins tout à fait divers, et ne sont en aucun cas liés.</p>
<p style="text-align: justify;">De manière plus fondamentale, je ne vois aucune réelle différence entre le rap et la chanson française au même titre que le Slam est une espèce d’effet d’annonce au lieu d’être un « genre » musical (le principe en lui-même de genre musical me refroidi souvent) : la volonté de cataloguer des artistes comme Abd Al Malik ou plus récemment Oxmo Puccino comme Slam alors qu’ils s’en défendent est la preuve de l’impasse dans laquelle se retrouvent les gens voulant trop simplifier l’implication artistique de ces chanteurs. Le rap est, pour moi mais surtout pour de plus en plus d’artistes de ce mouvement qu’une nouvelle forme – une évolution – de ce qu’est la chanson française comme le rock à su s’imposer en tant que composante patrimoine français avec, par exemple, Noir Désir ou le facilement dépressif Saez. La victoire de la musique décernée à Sefyu (si tant est qu’elle soit preuve de qualité) montre que le public est « prêt » à accepter cet état de fait – les guillemets voulant juste montrer que l’on n’a pas à être préparé pour trouver quelque chose d’appréciable au rap, mais juste être éloigné du formatage que l’on impose dans les médias.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois, l’évolution des mentalités est encore à ses prémisses : si l’on ouvre plus facilement la porte des émissions télé à des rappeurs, le fait même que l’on les présente comme « rappeur », et non pas « artiste » « compositeur » « interprète » comme on pourrait l’attendre de n’importe quel autre musicien est bien la preuve que le chemin à faire sera long, très long. De plus, ces émissions visent à grossièrement faire une différence entre ce qu’ils estiment le « haut du panier » avec des artistes s’entourant de musiciens pour la plupart de ce qu’ils estiment, à tort « les autres » faisant un amalgame immense et presque grossier. Ce « haut du panier » est d’ailleurs désigné comme « Hip-Hop » et non comme « Rap » ce qui n’a pas vraiment de sens, le hip-hop étant un mouvement artistique incluant la musique rap ainsi que d’autres formes d’expressions.</p>
<p style="text-align: justify;">Je sais que certaines mauvaises langues jugeront mes paroles tout à fait subjectives, et je ne peux pas leur en vouloir. Mais s’il faut leur prouver qu’un grand nombre de textes de rap peuvent dépasser en précision lexicale ainsi qu’en style un bon nombre de paroliers sévissant sur les ondes actuellement, je me fais un plaisir de citer quelques extraits de textes aussi divers du point de vue du thème que des ambiances sur lesquelles ils sont rappés :</p>
<blockquote style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>« T&#8217;es comme une bougie qu&#8217;on a oublié d&#8217;éteindre dans une chambre vide, tu brilles entouré de gens sombres voulant te souffler&#8230; Celui qui a le moins de jouets, le moins de chouchous, celui qu&#8217;on fait chier, le cœur meurtri, meurtrière est ta jalousie. L&#8217;enfant seul se méfie de tout le monde, pas par choix, mais dépit : pense qu&#8217;en guise d&#8217;amis, son ombre suffit. »</em> </span>L’enfant Seul, Oxmo Puccino.</p>
<p><span style="color: #993300;"><em>« Une passion lézardée. L&#8217;érosion des années. Mes parents désarmés se séparent. La maison désormais résonne de leurs paroles désolées. Une part d&#8217;ombre est scellée. Pour ne pas rompre, esseulée, chaque jour ma mère se bat. Elle a le monde à soulever et sur ses joues tant de peines me navrent. Goût amer. Je pars quand la foudre en elle parle. Pardon de me sauver. J&#8217;ai mal de voir ce qui m&#8217;attend. Grand besoin de souffler. Pas le cran de la retrouver la tête dans les mains, en quête d&#8217;éléments, de raisons de garder les rangs. Je suis de ceux qui traînent tard, à squatter les bancs tels le fer et l&#8217;aimant. Ma vie se fait de ces moments où on est mieux loin de chez soi. Moments d&#8217;éternité. L&#8217;éternité est un moment mais on l&#8217;oublie l&#8217;un de ces soirs où, en mal de trophée, on refait le monde loin des bras de Morphée, le cœur empreint de cette âme qu&#8217;ont les chœurs en plein stade&#8230; Mais peu importe, le décor s&#8217;ancre, on s&#8217;installe entre stages et intérims. En soi, rien de terrible, on stagne là où des petites filles déjà petites femmes charment des hommes encore mômes fans de Jackie Chan, pendant que des femmes encore petites filles élèvent des mômes déjà durs comme des hommes. J&#8217;espère en l&#8217;espoir perdu, sur les cendres de nos sorts, que leurs voix innocentes ne se joignent pas à l&#8217;ensemble des perdants que nous sommes. D&#8217;autres, se voyant sans songes, s&#8217;en vont, se noyant dans leur sang. L&#8217;eau passe sous les ponts. Il me semble qu&#8217;hier encore, ma mère m&#8217;embrassait sur le front. »</em></span> Comme un aimant, Chien De Pailles.<br />
<em><br />
<span style="color: #993300;">« Il se fait tard, très tard, bientôt le soleil et Moha n’a pas sommeil. Il veille les yeux vides sur le carreau aride au mur de sa minuscule cellule. Une cigarette mal roulée se consume et tremble aux bouts de ses doigts exsangues qui semblent mourir le long de sa jambe. Moha ne bronche pas, les mots sont froids, leur écho se cogne aux parois de cette cage qu’il partage avec un rayon de lune voilée et quelques rats pressés, aux pas vifs et feutrés. »</span></em> Moha, La Rumeur.</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Par ces quelques citations (il y en aurait tellement que je pourrais sans doute faire un article complet là-dessus) je pense avoir montré clairement que la France, en ignorant le rap, en désignant des nouveaux artistes reprenant le flambeau de la tradition française de la chanson, en s’appliquant à le stéréotyper se passe de paroliers doués, tout aussi poète ou du moins écrivain que certains artiste français bien plus lisses.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus généralement, par ces trois articles présentant des artistes ayant la rue comme terrain d’expression, ou comme origine, j’espère vous avoir donné un aperçu de la puissance créative qui peut se dégager de nos villes. J’espère qu’avant de zapper la prochaine fois qu’un rappeur passera à la télé vous vous direz qu’il a peut-être des choses intéressantes à dire, même si il est vrai ce ne sont généralement pas les gens les plus intéressants qui sont invités sur ces plateaux. Mais que voulez vous ? La France, et encore moins les gens du PAF, n’aime pas sortir de ses habitudes.</p>
<p style="text-align: justify;">Autres articles sur l&#8217;art urbain :<br />
- <a href="http://www.le-hangar.com/art-pictural/jr-photographe-urbain-lart-urbain-partie-1" target="_blank">L&#8217;Art Urbain, Part 2 &#8211; JR, Photographe Urbain</a><br />
- <a href="http://www.le-hangar.com/art-pictural/banksy-wall-and-piece-lart-urbain-pt-2" target="_blank">L&#8217;Art Urbain, Part 1 &#8211; Banksy Wall and Piece</a></p>
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		<title>Mano Solo</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Jan 2010 11:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lady Dylan</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le 10 janvier 2010, Mano Solo est mort. Le 11 janvier, j&#8217;ai tapé son nom sur un célèbre site de musique en ligne et je l&#8217;ai écouté pour la première fois. J&#8217;ai été transpercée par cette voix écorchée, tremblante, par ces rythmes lancinants au piano, par les gémissements du violon. Et puis par ces paroles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le 10 janvier 2010, <strong>Mano Solo</strong> est mort.<br />
Le 11 janvier, j&#8217;ai tapé son nom sur un célèbre site de musique en ligne et je l&#8217;ai écouté pour la première fois. J&#8217;ai été transpercée par cette voix écorchée, tremblante, par ces rythmes lancinants au piano, par les gémissements du violon. Et puis par ces paroles terribles, les paroles prémonitoires de <em>Je suis venu vous voir</em> (en 1997, dans l&#8217;album <span style="text-decoration: underline;">Je sais pas trop</span>).</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><em>Mon existence ne tient pas qu&#8217;a ma graisse,<br />
Je suis esprit avant d&#8217;être un corps,<br />
Je suis mort mais rien n&#8217;est fini,<br />
Il reste ma voix et bien peu d&#8217;écrits.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">La mort<em> </em>et sa crainte sont des thèmes assez récurrents dans l&#8217;œuvre de Mano Solo, par exemple dans <em>Il m&#8217;arrive encore</em> (une chanson sur la beauté de la vie, quelque part ?) ou <em>Toujours quand tu dors</em> (sur l&#8217;insomnie et la solitude).</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" style="border: 1px solid black;" src="http://img686.imageshack.us/img686/7897/manosolo.jpg" alt="Mano Solo" width="455" height="304" /></p>
<p style="text-align: justify;">Né en 1963, il était le fils du dessinateur Cabu et d&#8217;Isabelle Monin, des parents très engagés. Enfant turbulent, &laquo;&nbsp;petit teigneux&nbsp;&raquo; selon ses propres mots, il traîne, commence l&#8217;héroïne à 15 ans. A 17 ans, il est guitariste dans un groupe punk ; à 18 ans, petit voyou. A 24 ans, il apprend qu&#8217;il a le sida. Et balance tout ça en passant derrière le micro en 1993, dans <strong>La marmaille nue</strong> &#8211; nom de son groupe éclaté et plus tard nom de sa maison d&#8217;édition.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #993300;"><em>A 15 ans du matin j&#8217;ai pris par un drôle de chemin des épines plein les bras, je me suis troué la peau mille fois<br />
[...]<br />
A 24 ans du matin la mort m&#8217;a serré la main et en me tapant un coup dans le dos elle m&#8217;a dit &laquo;&nbsp;salut, et à bientôt!&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Car Mano Solo n&#8217;était pas seulement chanteur, quoiqu&#8217;il ait surtout été connu pour ça. Il touchait à tout, variant les moyens (peinture &#8211; notamment les pochettes de ses albums &#8211; , écriture&#8230;) pour arriver à s&#8217;exprimer. En 2000, il déclare au magazine Guitar Part : <span style="color: #993300;"><em>&laquo;&nbsp;Mon roman </em>Joseph sous la pluie</span><em> représente tout ce que je n&#8217;ai pas pu faire en chanson, à cause du format&nbsp;&raquo;. </em></p>
<p style="text-align: justify;">Il serait faux et trop rapide de croire que son œuvre, toute torturée qu&#8217;elle soit, est uniquement &laquo;&nbsp;sombre&nbsp;&raquo;. Oui, ses tableaux semblent chargés de souffrance, ou du moins ne sont-ils pas apaisés. Oui, ses paroles sont terribles, ses chansons évoquent des thèmes durs comme l&#8217;héroïne (<em>Au creux de ton bras</em>) ou l&#8217;inceste (<em>Julie</em>) et restent marqués par sa vie difficile et sa séropositivité. Mais quelque part il a de l&#8217;espoir, son message est positif, comme son &laquo;&nbsp;hymne de révolution intérieure&nbsp;&raquo;, <em>Sha la la</em>, ou <em>C&#8217;est pas du gâteau</em>, quoi qu&#8217;elle soit aussi très difficile.</p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #993300;"><em>Même si je gagne pas ma vie<br />
Et même si j’ai le SIDA<br />
Moi ça me coupe pas l’envie<br />
Moi je me dis pourquoi pas<br />
[...]<br />
Mais c’est là que t’as dit<br />
Que la vie c’est pas du gâteau<br />
Et qu’on fera pas de vieux os</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">Mano Solo est mort, mais rien n&#8217;est fini. Il est bien triste que les gens doivent mourir pour que l&#8217;on parle d&#8217;eux, et qu&#8217;on découvre si souvent les chanteurs et les écrivains trop tard. Heureusement, comme il le chantait déjà dans sa chanson prémonitoire : <span style="color: #993300;"><em>&laquo;&nbsp;tant que quelqu&#8217;un écoutera ma voix je serai vivant dans votre monde a la con&nbsp;&raquo;</em></span>.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Esbjörn Svensson Trio</title>
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		<pubDate>Mon, 11 May 2009 19:19:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Novembre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Au Hangar, on aime la musique et moi, particulièrement le jazz. C&#8217;est non sans émotion que je vous présente donc le groupe que je préfère, toutes musiques confondues : Esbjörn Svensson Trio. Ce trio suédois voit le jour en 1990, il est composé du pianiste Esbjörn Svensson, décédé récemment, du contrebassiste Dan Berglund, et du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img class="alignright" style="border: 1px solid black; margin: 5px;" src="http://le-hangar.cowblog.fr/images/esbjornsvenssontrio.png" alt="http://le-hangar.cowblog.fr/images/esbjornsvenssontrio.png" width="250" height="372" />Au Hangar, on aime la musique et moi, particulièrement le jazz. C&#8217;est non sans émotion que je vous présente donc le groupe que je préfère, toutes musiques confondues : Esbjörn Svensson Trio.<br />
Ce trio suédois voit le jour en 1990, il est composé du pianiste Esbjörn Svensson, décédé récemment, du contrebassiste Dan Berglund, et du batteur et percussionniste Magnus Östrom.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis sa création et jusqu&#8217;à la mort de son leader, E.S.T. s&#8217;est imposé comme le groupe révolutionnant la scène jazz européenne et mondiale, en sortant quatorze opus dont la renommée est aujourd&#8217;hui incontestée. Il est quasiment impossible de résumer E.S.T. en quelques lignes. Mais on peut retenir le plus important. La musique du trio est un mélange de diverse influences dont la pop ou même le rock, mais donc aussi le jazz principalement, ou certaines musiques latines. Le groupe utilise beaucoup d&#8217;effets (gérés grâce à des pédales en live et en studio) et sonne ainsi la nouvelle ère de la recherche du timbre, en découvrant des sonorités électroniques jusqu&#8217;ici jamais utilisées en jazz. Les mélodies sont facilement mémorisables mais font pourtant preuve d&#8217;ingéniosité et d&#8217;une grande créativité, alors que les morceaux en eux-mêmes peuvent être marqués par de longs solos très rapides et techniques qui peuvent faire penser au jeu du grand Keith Jarrett. On trouve chez E.S.T. un jeu de batterie et de percussions très marqué par la pop, le batteur, Magnus Östrom se contente souvent de jouer sur la caisse claire et la shirley, tandis que le jeu du contrebassiste forme avec le piano un duo très classique, marqué par des solos parfois joués à l&#8217;archet et créant des atmosphères d&#8217;ambiances assez étranges et qu&#8217;on n&#8217;a pas l&#8217;habitude d&#8217;entendre dans le jazz.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais le mieux est sans doute d&#8217;écouter pour se faire une idée !</p>
<div style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="200" height="20" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="bgcolor" value="#ffffff" /><param name="FlashVars" value="mp3=http%3A//the-hopes-killers.com/hangar/88.mp3&amp;bgcolor=ffffff&amp;loadingcolor=666666&amp;buttoncolor=c0c0c0&amp;slidercolor=c0c0c0" /><param name="src" value="http://flash-mp3-player.net/medias/player_mp3_mini.swf" /><param name="flashvars" value="mp3=http%3A//the-hopes-killers.com/hangar/88.mp3&amp;bgcolor=ffffff&amp;loadingcolor=666666&amp;buttoncolor=c0c0c0&amp;slidercolor=c0c0c0" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="200" height="20" src="http://flash-mp3-player.net/medias/player_mp3_mini.swf" flashvars="mp3=http%3A//the-hopes-killers.com/hangar/88.mp3&amp;bgcolor=ffffff&amp;loadingcolor=666666&amp;buttoncolor=c0c0c0&amp;slidercolor=c0c0c0" bgcolor="#ffffff"></embed></object></p>
<p><em>Eighty-Eight Days In My Veins</em></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="200" height="20" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="bgcolor" value="#ffffff" /><param name="FlashVars" value="mp3=http%3A//the-hopes-killers.com/hangar/viaticum.mp3&amp;bgcolor=ffffff&amp;loadingcolor=666666&amp;buttoncolor=c0c0c0&amp;slidercolor=c0c0c0" /><param name="src" value="http://flash-mp3-player.net/medias/player_mp3_mini.swf" /><param name="flashvars" value="mp3=http%3A//the-hopes-killers.com/hangar/viaticum.mp3&amp;bgcolor=ffffff&amp;loadingcolor=666666&amp;buttoncolor=c0c0c0&amp;slidercolor=c0c0c0" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="200" height="20" src="http://flash-mp3-player.net/medias/player_mp3_mini.swf" flashvars="mp3=http%3A//the-hopes-killers.com/hangar/viaticum.mp3&amp;bgcolor=ffffff&amp;loadingcolor=666666&amp;buttoncolor=c0c0c0&amp;slidercolor=c0c0c0" bgcolor="#ffffff"></embed></object></p>
<p><em>Viaticum</em></p>
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<p><em>A Picture Of Doris Travelling With Boris</em></p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="200" height="20" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="bgcolor" value="#ffffff" /><param name="FlashVars" value="mp3=http%3A//the-hopes-killers.com/hangar/wellwisher.mp3&amp;bgcolor=ffffff&amp;loadingcolor=666666&amp;buttoncolor=c0c0c0&amp;slidercolor=c0c0c0" /><param name="src" value="http://flash-mp3-player.net/medias/player_mp3_mini.swf" /><param name="flashvars" value="mp3=http%3A//the-hopes-killers.com/hangar/wellwisher.mp3&amp;bgcolor=ffffff&amp;loadingcolor=666666&amp;buttoncolor=c0c0c0&amp;slidercolor=c0c0c0" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="200" height="20" src="http://flash-mp3-player.net/medias/player_mp3_mini.swf" flashvars="mp3=http%3A//the-hopes-killers.com/hangar/wellwisher.mp3&amp;bgcolor=ffffff&amp;loadingcolor=666666&amp;buttoncolor=c0c0c0&amp;slidercolor=c0c0c0" bgcolor="#ffffff"></embed></object></p>
<p><em>The Well-Wisher</em></p>
<p><em> </em></p>
</div>
<p style="text-align: justify;">Ces morceaux sont tous extraits de l&#8217;album Viaticum, qui pour moi est de loin le meilleur et que vous pouvez trouver<a href="http://www.priceminister.com/offer/buy/5561578/Est-Viaticum-CD-Album.html" target="_blank"> par ici</a> moins cher qu&#8217;en magasin.</p>
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