Orwell – 1984
George Orwell est un auteur extraordinaire; il arbore une vie en forme de kaléidoscope : fils d’une famille bourgeoise anglaise, il vit une scolarité mitigée, touchant tantôt à l’excellence, tantôt à la médiocrité ; policier dans les Indes britanniques, il vit ensuite sans-abri à Paris, puis participe à la guerre d’Espagne, et entame une carrière de journaliste à la B.B.C. et ceci n’est encore qu’un faible résumé, tant la liste de ses aventures est pleine de détails que seule une bonne biographie saurait faire croustiller. 1984 paraît en 1948, après le succès de la Ferme aux animaux (1945), fable animalière déjà fortement engagée. Il s’agit d’un roman qu’on peut qualifier de science-fiction, imaginant le monde tel qu’il pourrait l’être selon Orwell en 1984. L’auteur nous expose alors un condensé de Stalinisme et de capitalisme, ayant rendu les hommes esclaves d’un système pré-établi, espionnés de très prêt par le fameux Big Brother, fichés, dans leurs moindres gestes, interdits d’amour et non de procréation, interdits d’accès aux livres et non à la propagande. Le monde dans 1984 n’est plus celui tel que l’a connu Orwell, il est divisé, depuis les grandes guerres nucléaires des années cinquante, en trois grandes régions qui se font continuellement la guerre. Au milieu de cela, le héros Winston Smith, est sans doute le seul à avoir garder une conscience réelle, car toute la population est droguée par la haine que diffuse Big Brother. Le seul ? Pas vraiment, car Winston va rencontrer une femme qui changera sa vie parmi les ovidés et l’histoire d’amour qui en découlera donnera par la suite sa dimension tragique au livre… A lire absolument.
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Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline, publie Voyage au bout de la nuit en 1932. Ce livre raconte l’histoire de Ferdinand Bardamu, fortement inspiré par l’auteur lui-même, un jeune homme étudiant en médecine, qui participe à « l’abattoir international » qu’est la guerre 1914-18. Céline lui-même ayant vécu cette guerre exprime à travers son livre tout son dégoût pour le conflit, pour le genre humain conquérant. Du point de vue de l’engagement, Voyage au bout de la nuit est une merveille. Bardamu est un lâche, pour lui, la guerre n’a pas lieu d’être, elle est le fruit de l’absurdité de l’homme, du monde, et pour lui, et c’est d’ailleurs une idée que Céline affirme résolument : pour résister à cette folie, il faut être un lâche. Alors nous voilà face à un personnage débordant de lâcheté, affirmée, revendiquée, puisqu’il va même jusqu’à se faire interner, et qui pourtant nous devient extrêmement vite attachant. On se met dans la peau de Bardamu, qui extirpe toutes nos idées patriotiques stéréotypées sur le courage. Une œuvre antipatriotique donc mais pas seulement, car le périple de Bardamu est long et sinueux, ainsi son passage en Afrique dénonce le colonialisme, son voyage aux Etats-Unis dresse une critique affolante de la société capitaliste et de son fordisme. En plus de ces idées fortement engagées s’ajoute la dimension politique du personnage de Bardamu, qui refuse fermement toute autorité. Un tantinet anar’ le Bardamu.







