Vendredi 13 novembre 2009 Par Novembre dans Vos oeuvres

Le bel ailleurs, par Angèle

Angèle nous offre ici un très beau poème, qui vaut la peine d’être lu à vois haute car sa musique plaît aux oreilles, et ses mots nous emmènent au loin, dans nos songes.

Le bel ailleurs

Mes mots explosent
Et s’envolent

Tant de couleurs
Tant de parfums

Sur la varangue le soir
La lune se lève
Dans le ciel tendre
Une goutte de sueur
Je soupire

La clameur du village
L’ylang odorant
Les makis funambules
Et la pirogue sereine.

Par Angèle.

Avis et critiques sont les bienvenus.

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Mercredi 11 novembre 2009 Par Novembre dans Vos oeuvres

Sans Palabres, par Webert

Un court poème nous dévoilant en quelques lignes une facette de l’amour que certains ne connaissent pas et que d’autres tachent de dissimuler : l’amour machinal, « automatique ».

Sans palabres

Te souviens tu
On s’aimait par mot de passe
Nos cœur codés
Comme des machines
Mais la route intermédiaire était trop loin de nous
Vieux fil distant
Mains superposées
Gestes fragiles

On s’aimait comme on va à la banque
Sans rien dire
Sans mots-clés
Sans palabres.

par Webert.

Avis et critiques sont les bienvenus.

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Samedi 31 octobre 2009 Par Novembre dans Littérature

Gide – Les Faux Monnayeurs

Lorsqu’on commence les Faux-monnayeurs, roman écrit par André Gide et publié en 1925 aux éditions de la Nouvelle Revue Française, on devient extrêmement vite soit ennuyé, soit absorbé. C’est qu’il s’agit d’être alerte, ou non, à toutes les techniques nouvelles que Gide a développé dans ce roman, et qui peuvent paraître au lecteur, un peu trop poussées. On croise plusieurs genres narratifs peu communs tels que le journal intime, ou les relations épistolaires, primordiales au sein même du roman. Mais à la relecture, on prend conscience de l’extrême minutie qu’a employé Gide dans la construction de son récit, mais aussi dans celle de ses personnages, et de son histoire en général. Ce roman mêle plusieurs intrigues à la fois : l’histoire de Bernard Profitendieu, fils « bâtard » qui va fuir sa famille, celle d’Olivier Molinier, qui poursuivra la quête de son amour impossible pour son oncle, Edouard, qui lui-même, sera en fait, le personnage central de l’histoire, mais on pourra aussi suivre les parcours de plusieurs autres personnages, plus secondaires. Il est impossible de résumer simplement l’organisation des personnages des Faux-monnayeurs tant elle est riche et complexe.
Mais si cette organisation est si riche, c’est que chaque personnage, chaque événement est un expiatoire pour Gide. Dans les Faux-monnayeurs, cet auteur, qui fut un des premiers à assumer son homosexualité en public, sa haine contre la religion protestante, fait le procès de tout ce qui a pu amenuiser sa personne, tout au long de sa vie. Ainsi, dans le roman sont décriées les pratiques de la psychanalyse, les préjugés contre l’homosexualité, la pédérastie décriée, le monde littéraire et la bourgeoisie décadente, la justice partiale et dangereuse plus encore pour les jeunes que les influences d’intellectuels névrosés, la religion protestante et son impact décalé sur la jeunesse… Gide fait dans ce qu’il considère comme son « premier roman », une sorte de confession intime, un recueil de doutes et de dégouts, une réelle satire de la société.
On peut considérer ce roman comme précurseur de la vague du Nouveau-Roman, et c’est tant pour son style novateur que pour sa vision aigüe de la société, qu’il demeure à travers les âges comme une oeuvre majeure du XXe siècle.

Vous pouvez retrouver un dossier complet sur la satire de la société dans les Faux-monnayeurs de Gide, dans les annexes.

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
Exprimez-vous !

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Jeudi 8 octobre 2009 Par Novembre dans Littérature

Aragon – Aurélien

Aurélien, c’est l’histoire d’un jeune homme parisien, rentier, brisé par la première guerre, qui ne lui laisse qu’une absence d’identité, une absence de rêves, une absence de vie. Passant ses journées routinières à errer dans le Paris de l’entre deux guerres, Aurélien est mêlé au monde intellectuel flamboyant des années 20, et Aragon nous recompose alors ces années folles, entre Picasso, les dadaïstes, Cocteau et compagnie. Malgré cette activité immobile, Aurélien est poussé malgré lui, à l’amour, qu’il va éprouver pour Bérénice. Mais cet amour est impossible, jeune provinciale, il est plus amoureux de ses apparences, de ses « deux visages » dont il ne connait que la forme et pas le fond. Bérénice, quant à elle, voit dans cet amour impossible, l’apogée de son goût de l’absolu. Mais chemin faisant, elle doit retourner dans sa province, et lui, reste à Paris, amorphe, et plonge dans sa vie de rentier, pauvre en mouvement et riche en habitudes désuettes. Bérénice et Aurélien finiront par se retrouver, dix huit ans plus tard, et ne verront en leur ancien amour le fruit de leurs lubies de jeunesse.

Aragon dresse dans ce roman, quatrième du cycle du monde réel, le portrait d’un amour ambigu, à la fois profond et superficiel, mal dirigé, timide, improbable, tout en transmettant l’émotion que peut donner l’espoir, le rêve, la croyance en quelque chose qu’on croit alors plus que réel : absolu. Pour moi, un des plus géniaux romans d’amour.

Autres livres de cet auteur sur le Hangar : Les cloches de Bâle

L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?
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Lundi 28 septembre 2009 Par Novembre dans Vos oeuvres

Sans titre, par Marian

Cela fait bien longtemps que nous n’avons pas reçu de vos textes, chers lecteurs, et enfin un de vous se lance, et c’est avec un beau et doux poème, en accord avec la nouvelle  saison qui arrive et emporte toute l’année passée dans un cafouillis de feuilles et de goutes de pluie, que nous fait valser Marian.

Paris frémit et respire
Un vertige d’automne

Tout est achevé ta nuit
La mienne
Et l’aube transperce les volets
Et mes yeux
Et mon coeur

Car vous déroberez
toi et cet autre, cette effusion
de nous, ce soupçon
de mutuel dégoût

Dans quelques heures,
jours, semaines.
il ne restera que mes pleurs
autant que je ne m’en souvienne

Partez, toi et tes fausses promesses
quittez ce lit pour que d’autres
accaparent votre place au plus vite

Paris frémit et respire
Un vertige

une nausée.

Par Marian.

Avis et critiques sont les bienvenus.

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