Dimanche 7 mars 2010 Par Novembre dans Art pictural, Cinéma

Ghost Writer, un film de Roman Polanski

A voir en VO, les voix françaises sont dignes d’une série B…

C’est le 3 mars 2010 qu’est sorti en France le dernier film de Roman Polanski, tiré du roman de Robert Harris (The Ghost) :  Ghost Writer. L’histoire est intéressante : un ancien Premier ministre britannique, Adam Lang (Pierce Brosnan) veut publier son autobiographie. Mais naturellement, comme tout bon homme politique, il n’a pas un passé totalement blanc et fait appel à un nègre littéraire (Ewan McGregor) pour enjoliver son passé et son parcours politique. Ce dernier, découvre avec stupeur les tréfonds de tout personnage politique et s’aperçoit vite qu’il s’est engagé dans plus compliqué qu’il ne le pensait, malgré la belle prime de 250 000£ promise. En effet, le manuscrit semble vouloir sans cesse échapper à ses mains, et il marche sur les pas de son prédécesseur, Mike McAra, mystérieusement suicidé en laissant un mauvais texte. S’ensuivent des scènes d’action et d’investigation poussées pour notre héros, qui se fera à vite à l’idée que son chemin compliqué va vite tourner au vinaigre…

Polanski nous livre une réalisation parfaite, de très beaux plans filmés sur une île américaine, dans des lieux privilégiés comme cette maison magnifique posée quelque part sur la plage où vont loger les personnages pendant une bonne partie de l’histoire. Pas de grand défaut pour ce très bon film, sinon une intrigue un peu tirée par les cheveux, une naïveté du personnage principal parfois un peu excessive, et surtout l’enchaînement de six coïncidences qui vont brusquer le déroulement de l’histoire (je ne révèle pas lesquelles pour ne pas vous gâcher le plaisir du film) mais que l’on doit sans douter plus au texte de base qu’au choix de Polanski.

On découvre un Pierce Brosnan parfait dans le rôle de l’homme politique bellâtre mais un peu idiot, dont la femme, Ruth (jouée par Olivia Williams) se fait la manipulatrice caractérielle, maîtresse de son cheminement politique à sa propre insu. Le personnage principal joué par Ewan McGregor reste néanmoins le plus intéressant. L’acteur nous livre un bon jeu, ni excessif ni pauvre, simplement bien ancré dans son rôle et conservant une bonne crédibilité.

Un film à voir, car je pense important dans la fin de carrière imposée de Roman Polanski, malgré ses deux heures qui peuvent parfois paraître longues dans les moments d’inactivité de l’intrigue.

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Dimanche 7 mars 2010 Par Novembre dans Art pictural, Cinéma

Shutter Island – Martin Scorsese


Shutter Island est le dernier film de Martin Scorsese, sorti en France fin février. On y voit se dérouler l’histoire du marshal Teddy Daniels, porté volontaire, tout comme son nouveau coéquipier Chuck Aule, pour enquêter sur la disparition d’une dangereuse psychopathe, de l’île-asile sur laquelle elle était enfermée : Shutter Island. Comment cette meurtrière a-t-elle pu déjouer tous les systèmes de sécurité du centre, sortir pieds nus en pleine tempête et s’enfuir dans les reliefs escarpés de l’île ? Nul ne le sait… Entre l’idée plausible d’un piège organisé par les autorités contre lui, et la quête de secrète vengeance qu’il s’est fixé, Teddy Daniels oscille pendant tout le film, pénétrant, petit à petit les longs chemins de la paranoïa… jusqu’à un final déroutant.

Du point de vue du scénario, le film tient la route, sans être toute fois exceptionnel. Si la fin reste surprenante et bien construite, il est aussi possible de l’envisager dès que l’intrigue se fait un peu plus intéressante. Mais le texte fait appel à des symboles intéressants de l’univers de la folie et du rêve, et si les dialogues ne sont pas vraiment tirés d’un talent littéraire pur, malgré le fait que notre histoire est adaptée d’un livre du même nom (Denis Lehane en 2003), ils ont malheureusement tendance à surtout s’imprimer dans le thriller psychologique américain de base, avec toujours une petite dose d’action vraisemblablement à ne pas négliger. Du genre : « Continue sans moi Johnny, ma femme, en rêve me conseille de… euhan, je ne peux rien te dire… oublie… non, oublie sérieusement. »

Les acteurs sont plaisants : les rôles secondaires corrects, et Di Caprio pas transcendant. Si dans les scènes d’action son jeu passe crème, il est irréfutable que le pauvre « Leo » conserve une dose de ridicule considérable lors des scènes sentimentales, voire lacrymales; sans doute un des effets irrévocables de Titanic. Mais avec le temps, je trouve qu’on a tout de même moins l’impression qu’il pleure à cause de sa colite, et qu’il commence à être crédible.

Au niveau de la stricte réalisation, Scorsese n’éblouit pas, même si les images restent belles, agréables, sans doute grâce au joli cadre choisi pour tourner le film. C’est bien léché, pas de bavures, une caméra extrêmement fluide, mais on sent l’habitude et on ne croise plus de petits clins d’oeil expérimentaux dans la réalisation du maître.

50% de l’esthétique du film réside dans ce regard.

Au final, c’est un assez bon Scorsese, et même si il semble qu’il batte tous les records du réalisateur depuis sa sortie, je ne pense pas qu’il se fera une place dans les annales, car le thème de la folie n’y est, à mon sens, abordé que de façon superficielle et reste très largement analysable au moment du visionnage. Mais comme la réalisation reste bien faite, et que l’intrigue se base sur de bons petits moments d’action, on ne s’ennuie pas et on sort du ciné avec l’impression d’avoir passé un bon moment.

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Jeudi 4 février 2010 Par Novembre dans Littérature

Les cloches de Bâle – Louis Aragon

Les cloches de Bâle, roman écrit par Louis Aragon en 1934, premier tome du cycle du « Monde Réel », dresse le portrait de trois femmes, Diane de Nettencourt, Catherine Simonidzé et Clara Zetkin, à travers l’œil desquels le lecteur verra l’envergure des bouleversements que connut le début du XXème siècle, tant dans son organisation sociale, sur le plan Français, que dans ses relations internationales, sur le plan mondial.

Diane de Nettencourt naît de la petite noblesse, ruinée au cours du XIXème siècle, par la prise de pouvoir bourgeoise et industrielle; cependant, c’est par les hommes et son extrême beauté alliée à sa vivacité d’esprit qu’elle va réussir son ascension sociale la menant tout au haut de l’aristocratie, alors que la particule même de son nom de famille ne valait alors plus grand chose. C’est une nouvelle femme du XXème siècle, elle choisit elle-même ses fiancés, se démarquant des habitudes de la noblesse et assure à elle seule la remontée sociale de toute sa famille. Très bien entourée, maîtresse du grand industriel Wisner, elle ne sera donc pas même inquiétée lorsque l’activité honteuse de son mari, Georges, un usurier, sera dévoilée au grand jour et qu’elle devra, par « morale », le quitter.

Catherine Simonidzé est l’incarnation du féminisme dans le livre. Elle vit, comme sa mère, sur l’argent que leur envoie son père, resté en Géorgie où il gère ses puits de pétroles. Madame Simonidzé a élevé Catherine, mais non pas sa grande soeur Hélène – envoyée dans un pensionnat -, dans la haine du capitalisme et la ferveur donnée, de façon spirituelle en tout cas, au peuple ouvrier. Lors d’un voyage en Suisse, Catherine assiste à la mort d’un ouvrier d’à peine son âge, assassiné par ses patrons assaillis par la grève ; sa haine du patronat n’en sera que plus intensifiée et sa compassion pour le prolétariat en deviendra à ses yeux absolument pur. Mais, lorsqu’à Paris, elle sera directement en contact avec les milieux anarchiste, socialiste, communiste ouvriers, incarnés par Victor ou encore l’anarchiste Albert Libertad, elle ne pourra que constater qu’un fossé la sépare irrémédiablement de ceux qu’elle défend corps et âme : la pension du puits de Bakou, envoyée chaque mois par ce père dont elle ne sait quasiment rien.

Clara Zetkin apparaît comme l’incarnation d’un socialisme féministe et pacifique, intelligent et engagé. Cependant, si Aragon en fait, de par son regard externe sur son oeuvre, comme un des personnages majeurs des Cloches de Bâle, il n’en reste pas moins que la partie la concernant ne contient que trente pages et surtout juste une ébauche de ce qu’est le héros Clara Zetkin, femme politique allemande des XIXème et XXème siècles, fermement engagée contre la première guerre mondiale et pour la place des femmes dans l’organisation de la société.

Ce qui est intéressant dans ce roman, c’est la trame de l’histoire, extrêmement bien ficelée par Aragon pour chacune de ses héroïnes : se mêlent volontiers personnages imaginaires et réels, faits inventés et faits historiques, au milieu d’explications très poussées sur les contextes économiques et sociaux de la période du début du siècle. Le romancier réussit par ailleurs à donner à ses personnages des âmes et des parcours très complexes, très réalistes, mais aussi passionnants, puis il les fait tous se rejoindre indirectement, à la fin de son livre, lors du Congrès de Bâle, en 1912.

Autres livres de Louis Aragon sur le Hangar : Aurélien

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Jeudi 28 janvier 2010 Par Novembre dans Vos oeuvres

Rejet Momentané par Anjimu

Rejet Momentané

Les sécrétions en vers fluides de mon aiguille âme
Consentent à ciseler comme avec une mince lame
Des dentelles en phrases élancées puis ajourées
De mots bijoux de brocards écarlates et dorées

Souvent elles parviennent à dévorer mes tourments
Qui habitent mes antres et pensées, très légèrement
Sans que je les sente, sans exiger le moindre sacrifice
Grâce à un petit remède intrinsèque en beau bénéfice
Cousu de fils d’or et de plates mailles d’argent pâles
Certainement décrochés d inspirations têtues rafales

Lorsque viennent mes poèmes ils sont en liberté
Ils sont intrépides ne respectent pas les carcans
Des codes carcéraux qui comptent le nombre de pieds
Ou des noms à donner selon les tailles, c’est aberrant

Le monde a si mal qu il n est pas besoin de vaines structures
A part celle de la Loi pour ne pas balancer en cruelle pâture
La quiétude des uns et des autres totalement ignorants
De ce qui se fabrique dans un esprit à la plume écrivant.

par Anjimu.

Avis et critiques sont les bienvenus.

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Mercredi 27 janvier 2010 Par Novembre dans Vos oeuvres

Crépuscule, par Fleur de Plume

Voici un petit texte sympathique et émouvant que nous envoie Fleur de Plume. Comme elle vous pouvez être publié sur le Hangar, en nous envoyant votre texte par la rubrique « Contact »… Nous vous rappelons que vous pouvez nous envoyer tout type d’œuvre d’art numérisée par ailleurs…

Crépuscule

Crépuscule,
pleine lune
ciel d’ancre,
Danse des étoiles
sur la toile de nuit

mythes merveilleux,
histoires d’enfants
rêve d’antan
espoirs présents

je pose un regard sur les astres
petite veilleuse de l’univers
douce lumière,
éclaire l’humanité

je sens, frôlement
caresse du vent
je perçois tes pas,
un mouvement
je sais
J’attends,
un parfum
entêtant,

un souffle au creux de mon oreille
mon éveil,

je ne te vois pas
mais te ressens

m’enlaçant tendrement,
Déposant de tes lèvres
un doux baiser au creux de mon poigné,

instant ensorcelant, désir naissant,
fantasme de mon esprit
d’un cœur bien en vie
espoir vivant …d’un amour veillant…

par Fleur de Plume.

Avis et critiques sont les bienvenus.

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