Mardi 26 mai 2009 Par Hazel dans Vos oeuvres

Devant la Piscine, par René Bellaiche

René Bellaiche nous offre ici un poème qu’il a écrit en 1972 et retouché en 1993. Une poésie estivale, car cette fille qui va sauter dans la piscine nous met l’eau à la bouche. C’est seulement en quelques vers qu’on a une rétrospection de la vie, si simple et si fraiche, si triste, parfois.

Devant La Piscine
On n’entend bien qu’avec le cœur.
(SAINT TEX, L’oreille intérieure)

Devant la piscine je cherche dans l’eau des vers
dans les yeux des femmes des histoires
des romans d’amour vécus
ou survécus
des illusions éperdues
et perdues

Les grandes douleurs sont muettes
mais le cœur du poète les entend
L’air vibre des sons et lumières du passé
de la vieille demoiselle triste
qui se raconte à rebours le conte de sa vie
qu’elle revoit
dans les yeux brillants des jeunes filles
dans le regard indifférent des hommes…

Une fillette sur le plongeoir
s’apprête à sauter
Je ne sais pas pourquoi
elle me fait penser à toi
Je me dis que tu as eu son âge
son insouciance
Je me dis qu’elle un jour elle aussi
on l’aimera
elle aimera
et qu’elle perdra son indolence

Un jour cette fillette
sera une jeune fille
puis une femme
puis une dame
puis une vieille
dame ou demoiselle
puis elle ne sera plus

C’est la vie
comme on dit
paradoxalement
de la mort…

par René Bellaiche.

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Mardi 26 mai 2009 Par Hazel dans Cinéma

Etreintes Brisées, un film de Pédro Almodovar

Los Ambrazos Rotos (les Etreintes Brisées), est le nouveau film de Pedro Almodovar sorti en France le 20 mai. Il a été présenté au festival de Cannes 2009.

Acteurs : Penelope Cruz (Lena), Lluis Homar (Matheo Blanco alias Harry Caine), Blanca Portillo (Judit Garcia), Tamar Novas (Diego).

Durée : 2h07

Synopsis : C’est un homme aveugle qui se présente à l’écran : un écrivain de scénarios et romans, qui publie ses œuvres sous le nom de Harry Caine, un pseudonyme qu’il a adopté depuis quatorze ans. Il y a quatorze ans, cet homme s’appelait encore Mateo Blanco, réalisateur de films. C’est lors d’un casting pour sa première comédie qu’il rencontre la sublime Lena, une femme mariée à un homme jaloux et possessif, de laquelle il tomba amoureux. Il la perd dans un accident de voiture, où il se sépare aussi de sa vue. C’est cet amour passionné et pur que raconte Harry-Mateo à Diego, le fils de Judit, sa directrice de production qui est une amie très proche.
Ce n’est pas une simple histoire d’amour que nous offre cette fois-ci Almodovar, c’est un éventail de couleurs et de sentiments, une histoire facile a comprendre mais profonde, et remplie de passion inouïe, dont la flamme n’est toujours pas éteinte.

Pedro Almodovar, grand cinéaste espagnol reconnu mondialement, a utilisé dans ce magnifique film le thème de la vision, les premières secondes sont un gros plan sur un œil, l’œil d’une inconnue qui ne restera par plus de cinq minutes à l’écran. mais cet œil n’est qu’un bref aperçu de cette histoire qui va vivre et danses dans les pupilles pendant un peu plus de deux heures, entre l’objectif d’une caméra perverse, le héros non voyant, et la beauté incontestable de Penelope Cruz.

Malheureusement ce film n’a pas eu beaucoup de succès au festival de Cannes 2009, et cependant, débarrassé de la plupart de ses clichés (mis à part sa muse, Penelope), Almodovar nous fait découvrir une histoire bien plus vraisemblable que dans ses autres films, et à mon avis, l’une des meilleures.

Ici, le site officiel du film.

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Lundi 18 mai 2009 Par Hazel dans Vos oeuvres

Églantine.. )et l’adonis_., par Arlie Caelan Poe

C’est son « bouquet de pensées pour commencer un printemps qui tarde cependant à arriver », nous confie-t-elle. Elle aime jouer dans ses courts textes sur les pauses, la ponctuation. Sa poésie est facile, et ces fleurs qu’elle nous offre de bon cœur sentent la légèreté.

Églantine.. )et l’adonis_.

Quand tu t’absinthes je chrysanthème.
Quand tu hellébores je me mauves dans mes ancolies,
au liseron de tes traits orchidées.
Quand tu es lys mon sourire
tu me trouves si amarante.
Alors je centaurée d’un bois
J’aster aussi à tes regards et ne me bourrache plus le cœur
J’ai mimosa dans tes deux bras et
magnolia dans ton jardin
Oui et mélisse attendent toujours
jacinthe encore les gentianes.
Je fritillaire mais personne vient

par Arlie Caelan Poe.

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Samedi 9 mai 2009 Par Hazel dans Littérature

Cohen – Belle du Seigneur

Belle du Seigneur est le plus fou des romans d’amour, car il nous retrace l’histoire déchirante, pathétique, fervente, impossible et burlesque d’un amour passionné entre Ariane d’Auble, fille issue de la vieille noblesse de Genève qui s’ennuie profondément avec son époux, et Solal des Solal, fils de juif, riche, beau, extravagant, malicieux et adorateur de femmes. C’est en plus de mille pages qu’Albert Cohen nous présente ce personnage aliéné par l’amour et le pouvoir, se déchirer entre deux amours, celui pour son peuple et celui pour la belle Ariane.

Ce livre est le troisième tome d’une tétralogie, bien qu’il puisse être lu à part. Le premier est Solal (1930) qui raconte l’enfance et la jeunesse de Solal, le second est Mangeclous (1938) qui décrit les périples de la folle famille juive de Solal, et le quatrième est Les Valeureux, un autre tome sur la famille Solal et devant être, à la base, publié dans Belle du Seigneur.

Belle du Seigneur, paru en 1968, nous conte la déchéance d’un couple transi par la Beauté que se doivent de préserver les amants. Mais ce livre, qui a reçu le Grand Prix du roman de l’Académie et les louanges des plus grands auteurs, n’est pas seulement l’histoire d’un amour entre deux êtres, c’est aussi l’histoire d’amour entre un écrivain et la langue française, celle aussi et enfin, de tout un peuple, le peuple Juif.

Voilà un petit extrait pour vous mettre l’eau à la bouche :
- Elle m’aime, je l’aime, vous l’aimez, tout le monde s’aime. Que de sucre ! Et quand vous serez mariée, Jacques vous sourira même en se rasant. Et moi je ne veux pas qu’on m’aime. Mon cœur ton cœur son cœur. Ma gondole ton luth son écharpe nos sentiments vos vapeurs leurs passions. Je te chéris tu m’affadis il me fait souffrir vous êtes odieux. Allez-vous-en à vos rêveries. Pas difficile, oui à vos rêveries, de comprendre votre genre de tempérament. Allez, allez, coccinelle ! J’en ai assez de vous voir. Vous rêvez d’une existence héroïque et révoltée et russe, et en réalité elle est ravie d’être la jeune fille du Maussane, et elle trouve que je suis impoli et d’où sors-je et cætera. Allez rêver. Vous si fière, offensez-vous donc au lieu de me regarder avec ces yeux d’hypnotisée. J’imagine que dans votre journal intime il doit y avoir des histoires de ce genre : « les pensées se pressent autour de moi comme le troupeau vers le berger versant le sel savoureux sur la pierre. » Je vous connais. Et je sais le reste. Ce qui ne peut se dire. Ce que vous faites la nuit. Rougissez donc !
Il s’éloigna puis revint, plus mince et si ravisseur violent noir menaçant.
- En réalité, c’est une déclaration d’amour. Va-t’en. Je t’aime. Et tu m’aimes aussi, par le Dieu vivant !

Du même auteur : Le Livre de ma mère

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Lundi 4 mai 2009 Par Hazel dans Littérature

Irving – Le Monde selon Garp

John Irving, avec une quinzaine de romans à son actif a su plonger dans le monde de la littérature dès 26 ans. Cependant il doit son succès international à un livre en particulier : Le monde selon Garp, publié en 1978. Il est impossible de résumer cette histoire pleine d’authenticité en une phrase, ni en une page. Le monde selon Garp nous conte deux histoires : celle de S.T. Garp, le personnage principal, un écrivain qu’on suit de sa naissance à ses derniers instants, et celle de sa mère, devenue écrivain féministe malgré elle. Tout y est programmé à l’avance et pourtant on le dévore, on en a soif. C’est la vie d’un personnage humain qui y est racontée, pas d’un héros de roman. S’y entremêlent libertinages et catastrophes, voyages et angoisses, amour et humour. Ce récit, en partie autobiographique, nous donne l’impression, après l’avoir enfin terminé, d’avoir assisté à une vie entière et non d’avoir lu un bouquin. Cette histoire est aussi vivante que l’aurait voulu le personnage principal.

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